Nous n’verrons pas le Cotopaxi…

Ce matin, je me lève et je m’habille sans faire de bruit. Il est 6h, mes colocs dorment encore… Mais pour moi, c’est pas l’heure de traîner. Ce matin, je pars voir le Cotopaxi, le volcan qui domine Quito à près de 5897m. Bon, pour l’heure, j’entends surtout la pluie qui tambourine sur les tôles ondulées du toit…

J’ai rendez-vous devant l’hôtel avec 3 Belges, Roxanna, Steven et Jorun, mes co-aventuriers du jour, et Marco, notre guide. On commence tout de suite par les choses sérieuses, on se jette sur un pantagruélique petit déj… Salade de fruits frais, pancakes, sirop d’érable… pas très équatorien tout ça mais tellement bon ! Et puis, le temps de monter les vélos sur le toit de la jeep et en voiture Simone ! Ah oui… je vous ai pas dit : le Cotopaxi, on va y monter à pieds et redescendre à vélo, c’est bien plus rigolo…

Mais avant de se lancer dans le grand n’importe quoi, on a d’abord une grosse heure de route pour rejoindre l’entrée du parc national Cotopaxi. Tout le long du trajet, Marco nous cite tous les volcans qu’on est censés voir et qui sont bien emmitouflés dans les nuages… Les essuie-glaces battent la cadence sans discontinuer, nous, on sert les dents, ça promet… Après un énième virage, Marco, qui pourtant nous promet depuis le début que le Cotopaxi va être dégagé, finit par abandonner : « Non les gars, désolé, c’est pas aujourd’hui qu’on verra le sommet… ». Bon. Bien. Bah… de toute façon, maintenant qu’on est là, on va quand même grimper dessus, hein ! Encore une grosse demi-heure de piste après être entrés dans le parc et enfin, nous y voici ! On est au pied du volcan. Et il est dans la purée de pois. Mavéis bon, au moins, il a arrêté de pleuvoir…

Alors que ceux qui croient que ça y est, j’ai viré accro aux sommets et aux crampons, se détendent… Aujourd’hui, je ne grimpe pas au sommet. Je n’essaye même pas. On monte juste jusqu’au glacier, y a à peine 350m de dénivelé depuis le parking. Quoiqu’à plus de 4500m, ça compte ! Et dans les petits graviers de lave qui roulent sous les pieds aussi ! D’ailleurs, on va bien mettre une heure et demie mais au bout du compte, on se retrouve nez à nez avec une grosse crevasse qui vient mourir devant nos pieds… wow ! énorme ! Et en plus, on a touché les 5000m ! Mais comme il se met à grêler (oui parce qu’à 5000m, il ne pleut pas, il grêle…), on reste pas longtemps, on fait demi-tour et on va se mettre à l’abri au refuge qui sert de camp de base à l’ascension du sommet. Et là, c’est la meilleure partie de la journée : on a droit à un chocolat chaud brûlant qui nous fait presque oublier qu’on a même pas aperçu ce foutu volcan…

Mais la journée n’est pas finie ! Il nous faut encore redescendre au parking et de là, dégringoler toute la montagne jusqu’au lac Limpiopungo, ou tout du moins ce qu’il en reste après que les éruptions successives aient remplies le trou. Et oui ! Parce que le Cotopaxi est un volcan actif, messieurs-dames ! Et qu’il entre en éruption tous les 100 ans. A peu près. Et là, il se trouve qu’il a pas loin de 28 ans de retard… Ça pourrait donc bien arriver aujourd’hui… Mais comme on ne peut pas non plus tout le temps avoir la poisse, on va s’épargner ça pour cette fois. Non, cette fois, on va juste se concentrer sur les freins arrières de nos montures qui sont plus que fatigués. La descente de la piste gravillonnée et défoncée pendant 45 minutes les doigts crispés sur les freins, la tête rentrée dans les épaules et des sueurs froides nous coulant dans le dos chaque fois que nos roues arrières s’approchent un peu trop près du ravin sera un vrai cauchemar… Et encore moi, j’ai pas le mal des montagnes contrairement à mes petits camarades qui eux, ont la tête à 2 doigts d’exploser et les joues pleines de feuilles de coca ! Non vraiment, ce fût un véritable enchantement ! Et pourtant, juste au moment où on remonte les vélos sur la voiture et où on s’apprête à mettre les voiles, un coup de vent bienheureux nous dévoile un tout petit bout du volcan. C’est magique : la lave rouge, les roches grises, la glace étincelante… pfff ! qu’est-ce que ça doit être quand le ciel est bleu !

Et puis c’est pas le tout mais il commence à faire faim ! Marco nous ramène en ville et nous emmène déjeuner dans un petit resto où on tombe sur nos assiettes comme si on n’avait pas mangé depuis 15 jours. Un vrai régal ! Du coup, on s’autorisera même une micro-sieste sur le trajet du retour…

Et puis, comme d’habitude, la nuit tombant, on se retrouve cantonnés à l’hôtel mais après une journée pareille, on ne fait pas durer la veillée très tard…

Le lendemain, je décide que puisque je suis en Equateur, je vais aller le voir. L’équateur. A 22kms de Quito se trouve la cité de la Mitad del Mundo (la moitié du monde pour ceux qui n’ont pas mon niveau en espagnol) où est matérialisée la fameuse ligne. Ça fait partie des « à ne pas manquer » du Lonely. C’est donc que ça vaut le coup… et puis ça a intérêt parce que je mets pas loin de 2 heures pour y aller. Bon en même temps j’avais le choix : 2 heures et 50 centimes en bus ou 30 minutes et 40 dollars en taxi. Des fois, dans la vie, faut faire des choix. Bref, je manque louper l’arrêt (en même temps, tout le monde monte et descend n’importe où n’importe comment, parfois même sans que le bus ne s’arrête alors…) et je me retrouve sur un énorme rond-point au milieu de nulle part. Et là, je vois ça…

Alors je me dirige vers cette étrange sculpture, je paye mes 3 dollars d’entrée et… rien ! Y a rien d’autre ! Enfin si. Toute une panoplie de boutiques de souvenirs toutes plus kitsch les unes que les autres et deux restos déserts et hors de prix. Je hurle au scandale. Dans ma tête. Et d’un pas furieux, je prends la direction de la sortie. Tout en me demandant comment je vais bien pouvoir attraper le bus pour rentrer. Heureusement, en arrivant sur le rond-point, un bus s’arrête et il va dans la bonne direction : sauvée ! Là, allez comprendre pourquoi, le trajet retour me coûte 40 centimes contre 15 à l’aller. Désolée, j’ai pas compris les explications du type qui collecte les sous… Et puis après ça, je reprends encore un autre bus qui me ramène en centre-ville. Il est 13h, je viens de perdre 4 heures de ma vie… Et je suis franchement agacée. Du coup, je me venge, je vais manger une bonne grosse pizza pleine de fromage et d’origan ! Et na ! « A ne pas manquer » ? Pfff… j’t’en collerais du « à ne pas manquer », moi… Histoire de ne pas partir fâchée, j’irai quand même visiter la Basilica del Voto Nacional, une des plus grandes églises de la ville, ornée de tortues et d’iguanes… une petite touche locale.

Et puis je trouve refuge dans les canapés de l’hôtel pour laisser filer la fin de l’après-midi en attendant d’aller prendre le bus. Quito, c’est déjà fini. Cette nuit, direction le sud. Demain matin, je serai à Cuenca.

Photos ici.

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