AL sur le toit du Costa Rica

Pour aller à San Gerardo de Rivas, non seulement il faut avoir envie mais il faut aussi avoir le temps. D’abord, il faut prendre le bus à San José au terminal Musoc (oui, chaque compagnie a son terminal, c’est bien plus marrant). 3 heures plus tard, on arrive à San Isidro. Au terminal Musoc de San Isidro, évidemment. Il faut donc changer de terminal et aller au marché. Parce que c’est de là que partent les bus locaux. Il faut donc poireauter un petit peu, en profiter pour faire quelques emplettes pour les prochains jours, bavarder avec l’alcoolo du coin et monter dans le bus pour San Gerardo. Vu que ce bus-ci met 1h30 pour arriver à destination, on peut penser qu’il y a pas loin de 80kms. Mais non ! Pas du tout ! Il y a 20kms. Et un arrêt tous les 300 mètres. Là, il faut faire bien attention et demander au chauffeur de s’arrêter au bureau des rangers du parc Chirripo. Parce je suis pas là pour enfiler des perles ! Oh que non ! Si je suis venue me perdre dans la pampa (la forêt tropicale plus précisément), c’est pour grimper sur le toit du Costa Rica, le mont Chirripo, 3820m, depuis le sommet duquel on peut contempler l’océan Atlantique et l’océan Pacifique. En même temps.

Mais pour grimper là-haut, il faut d’abord acheter un ticket en bas. Et le nombre de tickets par jour est limité. Heureusement, on n’est loin d’être en haute saison, j’achète donc un ticket sans problème. Le ticket comprend également la nuit dans le refuge du sommet. Parce qu’il est hors de question de faire l’aller-retour dans la journée. 15kms et 1700m de dénivelé entre le village et le refuge, le Crestones Base Lodge situé à 3400m d’altitude où il n’y a ni chauffage, ni eau chaude, ni demi-pension. Il faut donc hisser jusque-là son sac de couchage, son réchaud et ses provisions. Mais bon, j’ai nagé avec des requins, dormi en tente sur le mont Ishinca, c’est pas un malheureux petit trek de 2 jours qui va me faire peur ! Avant de s’attaquer à la montagne, je dois déjà rejoindre à pieds mon camp de base, la Casa Mariposa. Tout est super à la Casa Mariposa. Tout sauf le fait qu’elle est située à 2kms à pieds du bureau des rangers et que le chemin grimpe sévère. Avec mes 28kgs sur le dos, je mets près de 45 minutes… ça promet pour demain ! En attendant, il est l’heure de faire son sac, d’apprendre à se servir du réchaud et d’avaler une bonne plâtrée de pâtes et un gros morceau de brownie (quoi ? il faut des calories à brûler pour demain !).

Le lendemain justement, le départ est prévu à 5h30. Pleine d’enthousiasme et de bonne volonté, je me lance donc sur la route qui mène au départ du trek. Après avoir marché 10 minutes, j’aperçois un panneau qui indique que le sentier est à 500 mètres… dans l’autre direction ! Bien. Bien, bien, bien. Heureusement qu’il est indiqué partout que le sentier est super bien balisé parce que sinon, j’aurais pu le louper, hein ? Bon, en fait, y avait un énorme panneau, j’avais juste le nez en l’air, my fault

Me voilà donc partie sur le bon chemin. Et je comprends vite qu’il s’agit du bon chemin puisqu’il n’arrête littéralement pas de grimper. Du kilomètre 0 au kilomètre 12, sans discontinuer, la pente s’élève sous mon nez dans lequel les mouches essayent de s’engouffrer par milliers. C’est LE gros point noir de la journée. Jusqu’au kilomètre 12, le sentier serpente dans la forêt et en plus d’essayer de ne pas s’enfoncer dans la bouillasse jusqu’aux genoux, il faut esquiver les mouches. Après ça, on attaque la caillasse et là, y a plus l’ombre d’une mouche. Y a plus l’ombre de rien du tout d’ailleurs. Et après 7 heures d’effort intense et avoir cherché un moyen d’exterminer les mouches de la surface de la terre, enfin, la Terre Promise, le Crestones Base Lodge apparaît. Il était temps en fait parce que bientôt, c’est la pluie qui fait son apparition.

La fin de la journée est vite expédiée : une petite sieste, un dîner à 18h et au lit ! Demain, le réveil va sonner à 2h30 parce qu’en plus d’aller admirer les océans, il est question de le faire au lever du soleil.

Et quand le réveil sonne, il me faut déployer des trésors de volonté pour m’extraire de la chaleur de mon sac de couchage et me faufiler dans les couloirs déserts et glacés du refuge. J’avale un petit déjeuner rapide, j’ajuste la housse de pluie sur mon sac au cas où et j’ouvre la porte… qui me revient en pleine face poussée par une violente rafale de vent doublée d’un délicieux crachin. Et pas breton le crachin. Pas du genre léger qui mouille pas vraiment. Non, non. Du genre froid et qui mouille pour de vrai. Mais bon, maintenant que je suis levée et surtout que j’ai grimpé jusque-là, ça serait quand même dommage d’abandonner ! Alors vaille que vaille, la frontale vissée sur la tête, je me jette dans le noir.

La pluie aura raison de ma volonté au bout de 20 minutes : je suis trempée et surtout, j’ai bien compris que même si j’arrive au sommet, je ne verrai rien du tout puisqu’il est dans les nuages… Je décide donc de faire demi-tour et de retenter ma chance un peu plus tard. Le temps de régler mon réveil un peu plus tard et de redéballer mon sac de couchage et me revoilà dans les bras de Morphée.

A 5h du matin, 2ème tentative. Là, je m’épargne le déplacement jusqu’à la porte : un coup d’œil par la fenêtre et la lumière du jour qui commence à poindre m’apprennent que ce n’est pas la peine de sortir de mon sac de couchage…

chirripo

Avec un peu de bol, j’aurais pu voir ça…

Finalement à 6h, la pluie s’arrête. Sauf que le sommet est toujours noyé dans une épaisse couche de nuages gris. Bien. Il semblerait donc que la montagne ne me veut pas… Je réemballe donc toutes mes affaires et je prends le chemin du retour. Et c’est parti pour 15kms de descente sur un chemin encore plus détrempé que la veille avec des mouches toujours aussi énervées… Et à 11h, j’atteins enfin la maison. Mes genoux et mes cuisses n’en peuvent plus, je suis lessivée.

Après avoir un peu récupéré, il est temps de passer à la logistique : douche, lessive, réempaquetage de toutes mes affaires… L’après-midi coule doucement. Tout comme la pluie qui, finalement, est descendue jusqu’ici et tambourine maintenant contre la tôle ondulée du toit. Et là, tombe l’info qu’il aurait peut-être été judicieux de connaître 24 heures plus tôt : en juillet, au Costa Rica, c’est la saison des pluies…

Photos ici.

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