Où il faut remettre son pull

Après avoir traînassé presqu’une semaine sur le sable et bondi (oui, désormais, je bondis) entre les rouleaux, je commençais à me lasser. Il était donc temps de remettre le cap à l’ouest, d’autant plus que la fin de mon séjour costaricain approchait. J’ai donc décidé de finir en beauté par un passage par les 2 villes les plus touristiques du pays : Monteverde et La Fortuna.

Mais reprenons l’épopée du début. Il a d’abord fallu quitter la délicieuse et bouillasseuse côte de la péninsule de Nicoya. Comme d’hab dans ce fichu pays, j’ai bien galéré côté itinéraire et il m’a fallu une bonne journée et 4 bus différents pour retrouver la civilisation : GuionesNicoya, NicoyaLiberia, LiberiaLas Juntas et enfin… Las JuntasMonteverde ! Tout ça pour m’apercevoir qu’en fait j’aurais pu faire directement NicoyaLas Juntas si mon niveau d’espagnol dépassait le minimum de survie… Enfin bref, 12 heures de transport plus tard, je débarque à Monteverde, le soleil est en train de se coucher et oh ! … mais va falloir ressortir son pull, là ! C’est qu’en plus d’avoir quitté la plage, j’ai aussi repris un peu d’altitude. Pas de quoi y laisser ses poumons mais j’ai la chair de poulette…

A Monteverde, y a des hordes de touristes. Ça pourrait vite être pénible mais après ma semaine au bout du monde, c’est presque sympa. Et en plus, c’est plein de Québécois. Et le Québécois est définitivement sympa. Et même s’il n’est pas vraiment sympa, tu ne peux pas t’empêcher de rigoler quand il parle. Du coup, je décide d’aller visiter la réserve Curi-Cancha le lendemain avec 2 de mes nouveaux amis. La réserve Curi-Cancha fait partie du ultra famous (si, si) Parque Nacional de Monteverde où tout le monde se précipite et où les jolis oiseaux deviennent du coup un peu difficiles à observer. Mais à Curi-Cancha, y a personne et en plus, il semblerait que ce soit notre jour de chance : on a LE guide qui tue (le gars qui te débusque un colibri à 600 mètres dans la forêt la plus touffue du monde), le temps qui tue (pas un nuage, le soleil qui passe à travers les arbres et qui nous permet de scruter la canopée) et les oiseaux qui tuent (non pas un, mais deux quetzals qui se prélassent dans les branchages, ma bonne dame !!). Bref, on s’amuse comme des p’tits fous !

Et comme je sens que je suis en veine, je ne m’arrête pas là. J’enchaîne avec une balade à cheval avec un guide qui ne parle pas 3 mots d’anglais et qui me raconte tout plein de trucs sur sa grande passion, le rodéo, et qui nous emmène galoper sans les mains (youhou ! je suis prête pour les grandes plaines du Montana !) dans la campagne environnante. Bon, évidemment, il faudra 2 jours à mon fessier pour s’en remettre…

Le lendemain, je quitte Monteverde et ses centaines de touristes pour La Fortuna et ses milliers de vacanciers… Pour rejoindre La Fortuna, il faut prendre un minibus où on entasse les sacs et les passagers au mieux, un bateau où on a 30 bonnes minutes pour se prendre en photo avec le fameux volcan Arenal en arrière-plan puis un autre minibus où on refait une partie de Tetris en essayant d’empiler intelligemment tout le chargement. C’est pourtant pas donné de faire le trajet de cette façon mais c’est beaucoup moins long que de prendre juste le bus. Alors tous les Québécois le font. Et les Français aussi… Ah, les Français… Pour mon plus grand plaisir, les revoilà en vacances. Du coup, y en a plein partout… Et devinez quoi ? … Ils trouvent qu’il y a trop de pluie, leurs ados tirent la tronche et tout ce petit monde râle en cœur… En grande forme, ces Français quoi ! Cela étant dit, à peine arrivée à La Fortuna, la météo leur donne raison : une pluie torrentielle transforme rapidement la moindre ornière en baignoire et ça va durer près de 20 heures d’affilée… Autant dire que ça ne va pas me laisser le temps d’y faire grand-chose et qu’en plus, je suis à 2 doigts de m’y mettre aussi à pester contre les nuages, les moustiques et tout le reste !!

Avec tout ça, le temps file et il est déjà temps de se remettre en route pour San José. Bah oui, demain, je prends mon avant avant dernier vol de ce looooong voyage et je rejoins Miami. Après avoir attendu une accalmie entre 2 déluges, je me dirige donc vers la estacion de bus. Et là… c’est le drame… un trottoir défoncé, une cheville vacillante, 30kgs de bagages sur le dos… je m’étale de tout mon long dans une immense flaque… Impossible de me relever, les sacs sont trop lourds, je gigote comme une tortue sur le dos quand un bon samaritain décide d’arrêter sa voiture pour venir m’aider. Outre la vague humiliation de m’être vautrée comme une crêpe a beau milieu de la rue et d’être trempée sur toute ma moitié gauche, j’ai surtout mal. Très mal. Ma cheville droite a sévèrement morflé. Oui, la droite. Celle-là même qui m’a valu le survol en hélico du parc des Ecrins il y a 2 ans… Et en plus, je me suis écorchée la main et je saigne… Bouhouhou, rien ne va plus.

Heureusement, le bon samaritain m’aide à porter mes affaires jusqu’au bus (20 mètres, j’étais à 20 mètres !) et là, j’essaye de constater plus précisément l’ampleur des dégâts. Ma cheville a déjà commencée à enfler et la paume de ma main est incrustée de petits graviers. Je règle le problème des petits graviers, je désinfecte avec un bon coup de salive (oui, maintenant j’ai un système immunitaire qui dézingue même la kryptonite) et je me mets à fixer ma cheville avec angoisse. Une belle entorse, voilà ce que je me suis fait ! Et évidemment, soigner une entorse quand on passe son temps à se balader à droite à gauche, qui plus est avec moults sacs à dos, … c’était parfaitement inclus dans mon programme !!

Du coup, mon retour à San José est assez lent… et claudiquant. Tout juste le temps d’envoyer un message à ma maman pour lui demander de m’apporter mon atèle de cheville. Parce que oui ! Demain, à Miami, je retrouve ma mère et mon frère qui viennent passer leurs dernières semaines de vacances sur les côtes de Floride… Mais ça, c’est l’histoire de demain !

Photos ici.

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Comment choper un coup de soleil en pleine saison des pluies…

Ah les transports au Costa Rica… on n’en parle pas assez ! On parle des bus boliviens pourris, des trains indiens pleins de cafards, des ferrys thaïlandais over chargés, des bus péruviens ultra conforts… mais honnêtement, jusqu’à aujourd’hui, je n’ai jamais eu de souci à me déplacer d’un point A à un point B. Les trajets des compagnies de bus suivent une logique relativement simple (ils suivent les grand axes et s’arrêtent dans les villes touristiques) et au besoin, j’ai toujours trouvé quelqu’un disposé à jouer les taxis moyennant finance. Il était temps de tomber sur un os.

En cette belle matinée du 30ème jour du mois de juillet, j’ai l’intention de rallier Santa Teresa dans la péninsule de Nicoya. Sur la carte, à vol d’oiseau, je table sur un bon 100kms. C’est simple, y a 5 étapes : un premier bus de Manuel Antonio à Quepos, un deuxième bus de Quepos à Jaco, un speed boat de Jaco à Montezuma, un troisième bus de Montezuma à Cobano et un quatrième bus de Cobano à Santa Teresa. Easy…

Je démarre plutôt bien : je me hisse dans le bus pour Quepos après avoir attendu à peine 10 minutes et arrivée là, j’apprends que le bus suivant part à 9h30 pour Jaco, soit dans moins de 30 minutes. Impec. Sauf que. Ce petit bout de trajet qui ne devait durer « que » 1h30 va durer 3 heures… bah oui, quand on s’arrête tous les 300m pour faire monter ou descendre 2 sacs d’orange et 3 mamies, on n’avance pas. Moralité, en arrivant à Jaco, j’apprends que je viens de louper le SEUL bateau de la journée pour Montezuma… je suis donc condamnée à passer 24 heures ici. Alors certes, j’aurais pu prendre encore 8 bus différents, faire un détour de 450kms et espérer arriver à destination avant la nuit mais, que voulez-vous, il semblerait que je me ramollisse, je choisis donc de traîner 24 heures sur place. Officiellement, Jaco est LA grande ville de la région. Hum, hum… je boucle l’exploration du centre-bourg en 20 minutes, fais une découverte intéressante en la présence d’une libraire qui vend des bouquins en français (je suis un peu à court…) et vais m’échouer sur la plage qui, franchement, mérite à peine d’être mentionnée ici. Une demi-heure plus tard, des trombes d’eau s’abattent sur la ville et pof ! c’en est fini de ma séance bronzette. Après la pluie, le beau temps les moustiques finissent d’achever mon moral et je file me réfugier derrière une bonne moustiquaire et quelques épisodes de The Office.

Le lendemain matin, j’ai rendez-vous à 10h avec Tito qui doit m’emmener à la plage d’où part le fameux bateau. A 10h, pas de nouvelles de Tito. A 10h15 non plus. A 10h20, je commence à m’énerver (et pourtant, Dieu sait que c’est pas mon genre…) et j’appelle l’agence qui m’a vendu le billet. Ah ? Oui ? Non, pas de problème, Tito va venir. Mais si jamais il est pas là dans 10 minutes, faudrait mieux que je les rappelle, hein ? Grrr… Heureusement Tito déboule 2 minutes plus tard dans une grosse jeep au pare-brise tellement fendillé qu’il est obligé de regarder parfois par la fenêtre pour vérifier qui vient en face… Bon, Tito, il croit qu’il a 2 personnes à embarquer alors il passe un coup de fil à l’agence qui lui raconte je sais pas quoi et finalement, on repart direction la plage. C’est que j’ai pas l’intention de le laisser passer 2 fois, moi, ce bateau ! Là, un autre type vient m’annoncer que le bateau va avoir un peu de retard parce que la mer est assez mauvaise et qu’on est donc obligés de longer la côte pour ne pas se prendre d’énormes vagues en pleine face. Et puis aussi, du coup, on ne va pas nous déposer à Montezuma (entre temps, j’ai trouvé d’autres compagnons de transport) mais ailleurs. Où ? J’en sais rien… Bref, on ne s’affole pas, on emballe nos sacs à dos dans de grands sacs poubelles sur les ordres de l’équipage (moyenne d’âge 14 ans et demi…), on grimpe dans le speed boat et en route pour l’autre rive ! En chemin, on croise quelques dauphins qui jouent et sautent dans le sillage du bateau : des fois, je sais pas pourquoi je m’obstine à aller dans des endroits où je suis censée voir des bestioles alors qu’il est bien plus facile d’en voir là où ça n’est pas prévu… Et une bonne heure plus tard, le bateau s’échoue sur une plage. Là, tout le monde descend et on charge les sacs dans un minibus supposé nous conduire à Montezuma. Mais après avoir parlementé quelques minutes avec le chauffeur, il accepte de conduire certains d’entre nous jusqu’à Santa Teresa. Et bah voilà ! C’est pas si mal après tout !

J’arrive donc en début d’après-midi à Santa Teresa. Officiellement, le bout du monde. Dans la vraie vie… ça pourrait bien être le bout du monde. La seule et unique route qui s’étend derrière la plage n’est qu’une piste de terre creusée d’ornières et parsemée d’hôtels et de cabanes pour touristes plus ou moins dissimulés derrière des rangées de palmiers. Quelques vagues restos, 2-3 surf shops… de toute façon, on ne vient pas à Santa Teresa pour l’animation et la vie culturelle… on vient pour la plaaaaage. Oui. La plaaaaage. Parce qu’elle est longue. Très longue. Et que pour les surfeurs émérites (comme moi), on y trouve bon nombre des plus beaux rouleaux du Pacifique. Bon. J’ai pas voulu foutre la honte à tous les Kelly Slater en herbe qui se la jouaient en scrutant l’horizon alors je suis restée tranquille sur ma serviette à me contorsionner et à m’enduire de crème solaire. Parce que l’air de rien, entre 2 pluies diluviennes, le soleil tape. Fort. Même derrière les nuages. La preuve, j’ai pris une jolie teinte écrevisse en à peine 20 minutes. En pleine saison des pluies.

J’ai donc passé le reste de ma semaine à errer de plage en plage le long de la côte. Santa Teresa, Samara, Guiones… le plus compliqué n’étant pas de choisir un point de chute mais plutôt de rallier ces spots soi-disant ultra touristiques puisque les plages de la côte Pacifique du Costa Rica sont censées être parmi les plus belles plages du monde… Et bah je sais pas, je suis peut-être devenue un peu snobinarde (non pas que je ne l’étais pas déjà un petit peu avant mais pas tellement sur le rayon plage) mais moi, ces plages, je les ai pas trouvées si extraordinaires que ça. Je veux dire, Goa, la Thaïlande, l’Australie… c’est très nettement le niveau d’au-dessus !

Alors après avoir fait le plein de sable entre les orteils et avoir laissé 4 de mes 5 culottes à la laverie (oui, une petite erreur à la redistribution du linge… pas vraiment dramatique pour le gars qui était censé s’occuper de mes petites affaires mais clairement catastrophique pour moi !), j’ai décidé qu’il était grand temps de retourner là-haut… dans la montagn-euh ! Direction donc Monteverde.

Photos ici.

Manuel Antonio

Après le fiasco (si, on peut le dire) du parc Marino Ballena, je compte bien me rattraper dans le parc national le plus petit et/mais le plus visité du pays, le parc Manuel Antonio.  En fait de parc, ici aussi, c’est une portion de la côte avec quelques plages planquées dans la jungle qui m’attend. Mais officiellement, il y a là des tas de bestioles à observer et une des plus belles si ce n’est LA plus belle plage du pays. Avec une pub pareille, je me suis dit que je ne pouvais pas me planter.

Et bah si.

Alors reprenons. Après le déluge des dernières 48 heures, le soleil fait enfin son apparition. Et c’est pas pour faire semblant : ce matin, il fait facile 35°C à l’ombre et les immenses flaques qui s’évaporent font monter le taux d’humidité à peu près 350%. Peu importe, j’attends le bus. Je sue et je ne suis pas la seule. Un couple d’Américains du Wisconsin (ça ne s’invente pas) se liquéfie également à mes côtés. Le bus est sensé passer à 9h. A 9h30, on admet qu’il ne passera pas. Le suivant est 2 heures plus tard… Et là, comme par hasard, un bon samaritain se présente et nous propose de nous emmener jusqu’à Dominical, à quelques 20kms de là. C’est la destination de mes colocs d’arrêt de bus et moi j’ai une chance d’y attraper un bus pour Quepos, on dit banco ! On a beau être dimanche, le bon samaritain n’est pas fou, il nous demande donc de payer 5$ par personne, facile 5 fois le prix du bus mais bon, vu le bon fonctionnement des transports publics dans le coin, on se dit que mieux vaut tenir que courir et qu’en plus, on n’a pas toute la journée.

On charge nos sacs dans le bolide de notre nouvel ami Yvan (qui étrangement, est en aussi bon état que celui de mon ancien ami Vladimir, le taxi de Paracas pour les intimes…) et c’est parti. Yvan est très bavard et nous fait donc la conversation. C’est charmant mais c’est en espagnol, Yvan ne parle pas un mot d’anglais et notre espagnol étant limité au minimum de survie, ça se transforme bientôt un long monologue ponctué de mes nombreux hochements de tête et froncements de sourcils… Mais ça n’a pas l’air de perturber beaucoup l’ami Yvan. 20 minutes plus tard, nous voilà à Dominical. Quand Yvan comprend que moi, je ne m’arrête pas là, ni une ni deux, le cœur sur la main et la main sur sa liasse de dollars, il me propose de me conduire jusqu’à Quepos. Moi je veux bien mais Quepos c’est quand même à 40kms de là, je voudrais pas me faire dépouiller abuser de sa gentillesse… On attend que mes amis du Wisconsin quittent la voiture, on négocie, on négocie et on tombe d’accord pour 5$ supplémentaires. Et nous voilà repartis. Yvan papote, papote… tout seul… j’ai beau essayer de me concentrer, je chope 1 mot sur 25 et le temps que je traduise, j’ai déjà loupé les 3 phrases suivantes… et j’arrive donc à Quepos avec un bon début de migraine. Je dis au revoir à mon nouvel ami, je lui fais comprendre que non, je ne vais pas prendre son numéro de téléphone, ça ne sert à rien, je ne vais pas retourner à Uvita et je saute dans la voiture de quelqu’un d’autre qui va en direction du parc Manuel Antonio. Ils sont comme ça les gens ici : quand ils voient quelqu’un qui poireaute à l’arrêt de bus, ils s’arrêtent et ils demandent s’ils peuvent te déposer quelque part. Ça te coûte toujours un peu d’argent mais t’attends pas le bus pendant 10 ans. Et je finis donc par arriver à mon nouveau camp de base. Il est 11h30, je n’aurais jamais pu arriver à cette heure-là avec le bus et j’ai l’après-midi devant moi. Et ça tombe plutôt bien parce que figurez-vous que je viens de m’apercevoir que le parc est en fait fermé le lundi et que si je veux aller admirer les fameuses plages, bah… c’est maintenant !

Je décide donc de ne pas attendre le bus qui va jusqu’à l’entrée du parc (j’ai bien compris que le dimanche n’est pas un jour idéal pour se déplacer en bus) mais plutôt de marcher jusque-là. Idée fantastiquement extraordinaire puisqu’il fait toujours 35°C à l’ombre, que je marche toujours comme une petite vieille de 80 ans, que la route est à peine assez large pour les voitures et que les gens roulent comme sur un circuit de F1. Mais à cœur vaillant rien d’impossible, j’atteins enfin les grilles du parc. Après avoir payé mon ticket d’entrée (10$), j’ai la possibilité de « louer » un guide naturaliste pendant 1 heure pour observer quelques bestioles. Vu le monde qui arpente les sentiers, je me dis que je vais prendre l’autre option : je vais errer de groupe en groupe en laissant traîner mes oreilles et mes yeux et en souriant poliment au passage (si, je sais faire ça, c’est pas parce que je n’en abuse pas dans la vie courante que mes zygomatiques sont rouillés)… Mais il faut croire que la saison des pluies n’est pas extrêmement favorable à l’observation de la faune dans le coin. Les guides que je croise ont tous d’énooooormes longues vues qu’ils installent ça et là pour leurs groupes, je les entends râler et  je ne croiserai que 2 grenouilles et 3 petits singes en 3 heures de promenade. Alors, emportée par la foule (si, si, y a foule) je finis sur la plage. Ou plutôt LA plage. Ouais. Bien. Bof. OK, certes, c’est une jolie plage et y a la jungle en arrière-plan ce qui lui confère un certain charme mais franchement… pas de quoi se déboiter la mâchoire. Je commence à me poser des questions : est-ce que c’est moi qui suis devenue difficile après toutes ces plages de rêve au Cambodge, en Thaïlande et en Australie ou est-ce que les gens n’en feraient pas juste un peu trop sur les plages costaricaines ?

En attendant, je sautille quand même dans les vagues pendant un moment avant de sombrer dans l’inconscience sur le sable. Quand je rouvre les yeux, il fait nuit. Il est 16h et il fait nuit. Ou presque. Le ciel est tout noir, les oiseaux volent bas et la foule est en train de déserter. Du coup, je suis le mouvement. Et je grimpe dans le bus qui me ramène à l’hostel au moment où le déluge s’abat sur nous. Des éclairs gigantesques, des coups de tonnerre fracassants, les gouttières qui débordent et l’eau qui ruisselle le long de la colline et qui transforme le chemin en un ruisseau boueux… bien calée dans un canapé, je contemple le spectacle. Les plages sont peut-être un poil décevantes mais les orages sont magnifiques.

Le lendemain, le soleil est revenu. Je m’offre donc un petit tour en ville pour constater qu’ici aussi, les t-shirts souvenirs sont « made in china », que le salon de beauté du coin n’avait clairement pas prévu d’avoir de cliente aujourd’hui (et bah si ma p’tite dame, faut faire chauffer la cire, la mode du mollet poilu n’est pas d’actualité aux dernières nouvelles…) et qu’être dans un patelin touristique, ça a parfois du bon puisque je m’offre pour le déjeuner un sandwich au speck et au gorgonzola… mmmh ! Ah non. Je ne veux rien entendre. « Gnagnagna… c’est pas très local tout ça… » Non mais oh ! Vous avez déjà entendu parler de la gastronomie costaricaine ? Non ? Bah y a une raison. Franchement, ça se résume à riz-haricots-poulet et c’est pas bon. Voilà, c’est dit.

Et puis, encore une fois, avant que le ciel ne se déchaîne, je regagne mon nid. Incroyable la quantité d’eau qui tombe ici chaque jour !

Photos ici.

AL et les baleines

Tout au long de ma vie (fort longue, comme tout à chacun sait), j’ai manqué un certain nombre de rendez-vous avec les baleines. D’abord il y a eu l’Islande, où ma famille avait décidé d’aller voir les baleines la veille de mon arrivée (et pas question d’y aller 2 fois, bien sûr…) et où j’ai dû donc me résigner à ne voir des baleines qu’un steak rouge et tendre à souhait accompagné d’une délicieuse purée de pomme de terre… Puis, il y a eu Kaikoura en Nouvelle-Zélande, où la mer était si agitée que toutes les sorties d’observation des cétacés avaient été annulées pendant les 48 heures de mon auguste présence sur place… Enfin, il y a eu le canal Bolivar, aux Galapagos  où « it’s not uncommon to see 40 or more whales sailing together » (dixit le bouquin sur la faune et la flore locale) et où l’on n’a pas aperçu l’ombre de la queue d’une baleine. Deux options : soit j’ai vraiment pas de bol, soit c’est moi qui les fais fuir… Choisissez. Mais choisissez bien.

Il n’est évidemment pas dit que je vais rentrer sans avoir vu une baleine. J’ai donc décidé de mettre toutes les chances de mon côté et d’aller visiter le parc Marino Ballena, au sud du Costa Rica sur la côte pacifique. Je quitte donc de bon matin les hauteurs du parc Chirripo sous la grisaille et j’atteins à la nuit tombée le petit village d’Uvita sous des hallebardes… Oui, non seulement il me faut toute la journée pour faire les 100kms qui me séparent de la côte mais en plus, j’ai manifestement le climat contre moi. Peu importe, je suis à Uvita, l’hostel est plein de chats (cool !) et de moustiques (pas cool !) et la pluie qui crépite violemment sur la tôle ondulée du toit durant toute la nuit fait presque plus de bruit qu’un avion au décollage… ah, on est bien !

Le lendemain matin quand j’ouvre mes petits yeux, je sens bien qu’il y a un problème : mon œil droit ne s’ouvre pas. Et pour cause ! un de ces petits vicelards de moustiques a cru bon de me piquer sur la paupière qui du coup, non seulement me fait ressembler à un boxeur mais en plus, me démange furieusement. Mais ce n’est pas un œil en moins qui va m’empêcher d’aller voir les baleines alors je file à la plage pendant que la marée est encore basse (à marée haute, on ne peut plus accéder à la partie « intéressante » du parc), bien décidée à scruter l’horizon de mon unique œil de cyclope et à enfin apercevoir les fameux cétacés.

… ???

Je sais. Le suspense est insoutenable, vous vous demandez si j’ai enfin vu la queue d’une baleine… et bien oui ! j’ai même marché dessus ! Parce que la seule queue de baleine que j’ai vue, c’est celle que forme la plage à marée basse… (oui, cette plage a une forme un peu bizarre, je vous l’accorde). Alors soyons très clairs : 1/ j’ai passé 4 heures sur la plage à me cramer la rétine sur l’horizon… rien ! 2/ entre mon œil en berne et mes cuisses que j’avais visiblement laissées sur les pentes du mont Chirripo, j’avais une de ces dégaines, j’vous raconte pas ! 3/ payer 10$ pour aller marcher sur une plage certes immense et protégée mais franchement pas siiiiiii démente que ça… mouais, bof !

marino ballena.jpg

Alors oui, bien sûr, j’aurais pu me payer une excursion « whale watching » à 70$ par tête de pipe pour passer 20 minutes sur un rafiot et éventuellement surfer sur une baleine à bosse. Mais franchement, j’ai décidé que ça ne valait pas le coup. Et puis à peine le temps de me traîner jusqu’à l’hostel que le délicat tambour de la pluie reprend de plus belle… Et tout ce que je me suis offert, c’est donc une après-midi chamac (avec des chats dans un hamac).

Damned ! Encore raté !

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AL sur le toit du Costa Rica

Pour aller à San Gerardo de Rivas, non seulement il faut avoir envie mais il faut aussi avoir le temps. D’abord, il faut prendre le bus à San José au terminal Musoc (oui, chaque compagnie a son terminal, c’est bien plus marrant). 3 heures plus tard, on arrive à San Isidro. Au terminal Musoc de San Isidro, évidemment. Il faut donc changer de terminal et aller au marché. Parce que c’est de là que partent les bus locaux. Il faut donc poireauter un petit peu, en profiter pour faire quelques emplettes pour les prochains jours, bavarder avec l’alcoolo du coin et monter dans le bus pour San Gerardo. Vu que ce bus-ci met 1h30 pour arriver à destination, on peut penser qu’il y a pas loin de 80kms. Mais non ! Pas du tout ! Il y a 20kms. Et un arrêt tous les 300 mètres. Là, il faut faire bien attention et demander au chauffeur de s’arrêter au bureau des rangers du parc Chirripo. Parce je suis pas là pour enfiler des perles ! Oh que non ! Si je suis venue me perdre dans la pampa (la forêt tropicale plus précisément), c’est pour grimper sur le toit du Costa Rica, le mont Chirripo, 3820m, depuis le sommet duquel on peut contempler l’océan Atlantique et l’océan Pacifique. En même temps.

Mais pour grimper là-haut, il faut d’abord acheter un ticket en bas. Et le nombre de tickets par jour est limité. Heureusement, on n’est loin d’être en haute saison, j’achète donc un ticket sans problème. Le ticket comprend également la nuit dans le refuge du sommet. Parce qu’il est hors de question de faire l’aller-retour dans la journée. 15kms et 1700m de dénivelé entre le village et le refuge, le Crestones Base Lodge situé à 3400m d’altitude où il n’y a ni chauffage, ni eau chaude, ni demi-pension. Il faut donc hisser jusque-là son sac de couchage, son réchaud et ses provisions. Mais bon, j’ai nagé avec des requins, dormi en tente sur le mont Ishinca, c’est pas un malheureux petit trek de 2 jours qui va me faire peur ! Avant de s’attaquer à la montagne, je dois déjà rejoindre à pieds mon camp de base, la Casa Mariposa. Tout est super à la Casa Mariposa. Tout sauf le fait qu’elle est située à 2kms à pieds du bureau des rangers et que le chemin grimpe sévère. Avec mes 28kgs sur le dos, je mets près de 45 minutes… ça promet pour demain ! En attendant, il est l’heure de faire son sac, d’apprendre à se servir du réchaud et d’avaler une bonne plâtrée de pâtes et un gros morceau de brownie (quoi ? il faut des calories à brûler pour demain !).

Le lendemain justement, le départ est prévu à 5h30. Pleine d’enthousiasme et de bonne volonté, je me lance donc sur la route qui mène au départ du trek. Après avoir marché 10 minutes, j’aperçois un panneau qui indique que le sentier est à 500 mètres… dans l’autre direction ! Bien. Bien, bien, bien. Heureusement qu’il est indiqué partout que le sentier est super bien balisé parce que sinon, j’aurais pu le louper, hein ? Bon, en fait, y avait un énorme panneau, j’avais juste le nez en l’air, my fault

Me voilà donc partie sur le bon chemin. Et je comprends vite qu’il s’agit du bon chemin puisqu’il n’arrête littéralement pas de grimper. Du kilomètre 0 au kilomètre 12, sans discontinuer, la pente s’élève sous mon nez dans lequel les mouches essayent de s’engouffrer par milliers. C’est LE gros point noir de la journée. Jusqu’au kilomètre 12, le sentier serpente dans la forêt et en plus d’essayer de ne pas s’enfoncer dans la bouillasse jusqu’aux genoux, il faut esquiver les mouches. Après ça, on attaque la caillasse et là, y a plus l’ombre d’une mouche. Y a plus l’ombre de rien du tout d’ailleurs. Et après 7 heures d’effort intense et avoir cherché un moyen d’exterminer les mouches de la surface de la terre, enfin, la Terre Promise, le Crestones Base Lodge apparaît. Il était temps en fait parce que bientôt, c’est la pluie qui fait son apparition.

La fin de la journée est vite expédiée : une petite sieste, un dîner à 18h et au lit ! Demain, le réveil va sonner à 2h30 parce qu’en plus d’aller admirer les océans, il est question de le faire au lever du soleil.

Et quand le réveil sonne, il me faut déployer des trésors de volonté pour m’extraire de la chaleur de mon sac de couchage et me faufiler dans les couloirs déserts et glacés du refuge. J’avale un petit déjeuner rapide, j’ajuste la housse de pluie sur mon sac au cas où et j’ouvre la porte… qui me revient en pleine face poussée par une violente rafale de vent doublée d’un délicieux crachin. Et pas breton le crachin. Pas du genre léger qui mouille pas vraiment. Non, non. Du genre froid et qui mouille pour de vrai. Mais bon, maintenant que je suis levée et surtout que j’ai grimpé jusque-là, ça serait quand même dommage d’abandonner ! Alors vaille que vaille, la frontale vissée sur la tête, je me jette dans le noir.

La pluie aura raison de ma volonté au bout de 20 minutes : je suis trempée et surtout, j’ai bien compris que même si j’arrive au sommet, je ne verrai rien du tout puisqu’il est dans les nuages… Je décide donc de faire demi-tour et de retenter ma chance un peu plus tard. Le temps de régler mon réveil un peu plus tard et de redéballer mon sac de couchage et me revoilà dans les bras de Morphée.

A 5h du matin, 2ème tentative. Là, je m’épargne le déplacement jusqu’à la porte : un coup d’œil par la fenêtre et la lumière du jour qui commence à poindre m’apprennent que ce n’est pas la peine de sortir de mon sac de couchage…

chirripo

Avec un peu de bol, j’aurais pu voir ça…

Finalement à 6h, la pluie s’arrête. Sauf que le sommet est toujours noyé dans une épaisse couche de nuages gris. Bien. Il semblerait donc que la montagne ne me veut pas… Je réemballe donc toutes mes affaires et je prends le chemin du retour. Et c’est parti pour 15kms de descente sur un chemin encore plus détrempé que la veille avec des mouches toujours aussi énervées… Et à 11h, j’atteins enfin la maison. Mes genoux et mes cuisses n’en peuvent plus, je suis lessivée.

Après avoir un peu récupéré, il est temps de passer à la logistique : douche, lessive, réempaquetage de toutes mes affaires… L’après-midi coule doucement. Tout comme la pluie qui, finalement, est descendue jusqu’ici et tambourine maintenant contre la tôle ondulée du toit. Et là, tombe l’info qu’il aurait peut-être été judicieux de connaître 24 heures plus tôt : en juillet, au Costa Rica, c’est la saison des pluies…

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San José

Si ce voyage m’aura appris quelque chose, c’est qu’il ne faut pas débarquer en pays étranger un dimanche. Le dimanche, c’est tout pourri. En particulier dans ces pays d’Amérique latine où le dimanche est vraiment le sacro-saint jour du Seigneur, où tout est fermé, et où les bus circulent comme si c’était un jour férié. En particulier si tu t’es choisi un hôtel bien loin du centre-ville et que ledit hôtel n’a même pas le wifi. Certes, t’as pas fait exprès mais moralité, tu te retrouves coincée. Du coup, tu te retrouves à reprendre tes bonnes vieilles habitudes du dimanche : tu glandouilles sur le canapé. Bon, c’est bien gentil 2 minutes mais rapidement, tu t’ennuies. Surtout quand t’as pas le wifi. Alors histoire de ne pas perdre plus de temps dans les jours à venir, je planifie la suite du voyage. Un peu de volcan, une bonne dose de plage, une ou deux balades à cheval, beaucoup de bons petits restos, quelques animaux à observer, à priori, ici, on ne devrait pas s’ennuyer.

Après donc une première journée plus que palpitante, il était temps de reprendre les choses en main. D’abord, changer d’hôtel. Et une fois mon paquetage déposé dans ma nouvelle maison, faire le tour de cette ville qu’on m’a dépeinte comme « pleine de drogués ». Pas très engageant dit comme ça mais j’ai bien l’intention de me faire ma propre opinion. Je pars donc arpenter les rues de cette ville parfaitement perpendiculaires les unes aux autres et sibyllinement nommées Avenida 1, 2, 3, etc… et Calle 1, 2, 3, etc… Comme qui dirait, j’ai l’impression d’avoir déjà vu ça quelque part… Et moi, des drogués, j’en vois pas. Ou alors ils sont cachés. Par contre, je vois des galeries d’art, des petits restos un peu bobos où tu peux manger des toasts au saumon fumé et acheter des confitures (non merci, mon sac pèse déjà son pesant de confitures…) et des tas de gens qui donnent à bouffer à des pigeons idiots (sans leur donner des coups de pieds pour de faux). Bref, pas renversant mais tout de même plus folichon que Quito. Du coup, comme je me sens d’humeur généreuse (après tout ce saumon fumé, c’est bien normal), je vais même jusqu’à l’Alliance Française leur refourguer un Tour du Monde en 80 Jours qui est bien en train de le faire, le tour du monde, puisque je l’avais acheté à Cuenca.

En fin de journée, après avoir préparé la logistique des prochains jours en profitant d’une connexion internet enfin décente, je ressors de mon sac mes chaussures de randonnée.

Demain, direction San Gerardo de Rivas au sud du pays. Il est temps de reprendre les choses sérieuses.

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AL et les aéroports

Il y a fort fort longtemps, quand j’avais le cœur pur et plein de bonnes résolutions, j’avais décidé que pendant ce voyage, je ne prendrai l’avion que lorsque ce serait absolument nécessaire. Et puis, j’ai voyagé et j’ai constaté que parfois, prendre le train, c’est sympa mais prendre l’avion, ça fait gagner du temps et même parfois de l’argent.

Seulement parfois, prendre l’avion, c’est n’importe quoi. Ce vendredi soir, quand j’arrive à l’aéroport de Quito, je me dirige tout droit vers le comptoir d’enregistrement du vol pour… Lima. Oui mesdames et messieurs. Sachez que pour faire QuitoSan José, le chemin le plus court est apparemment de faire QuitoLimaMiamiSan José. Y a visiblement un détail qui m’échappe…

Sachez également que la vie étant généralement bien faite, ce trajet va me prendre au bas mot 27 heures. Pour rallier 2 villes séparées d’un millier de kilomètres à vol d’oiseau, c’est un record. Finalement, on peut se dire que j’aurais aussi bien fait de prendre le bus. Mais non ! Figurez-vous que la Panaméricaine, cette fameuse route censée traversée tout le continent est en fait coupée au nord de la Colombie. Non pas qu’elle soit en travaux, elle n’a jamais existée. Elle devrait en fait traverser une forêt remplie de narcotrafiquants et de plantations de trucs qui font un effet bizarre et bouzillent le cerveau et bizarrement, bah… y a pas de route. Il ne m’était donc pas possible de faire le trajet en bus. D’où mon marathon aérien.

Quand on sait qu’on va passer les prochaines 24 heures dans des aéroports, on met son pantalon-pyjama-passe-partout et prend son mal en patience. Et on prie pour que les zones de duty free ne soient pas trop pourries. Bon, à Quito, c’est plutôt raté. Mais bon, à peine le temps de me parfumer et de refuser poliment les avances mercantiles de la vendeuse qu’il est déjà l’heure de grimper dans l’avion. Et hop ! 2 heures et un sachet de chips de bananes plantin plus tard, me revoilà Lima. Si la vie était bien faite (et on sait qu’elle l’est, généralement), je n’aurais eu qu’à sautiller à travers le terminal pour regrimper aussi sac dans l’avion suivant. Mais non. Il se trouve que ce n’est pas la même compagnie aérienne qui effectue la suite de mon parcours. Et que mon escale à Lima dure plus de 7 heures. Je suis donc bonne pour remplir un petit formulaire, faire tamponner mon passeport, récupérer mon sac, passer la douane, passer la nuit sur un banc de l’aéroport en me ligotant mes sacs aux chevilles, réenregistrer mon sac, refaire tamponner mon passeport et retourner en zone duty free. Heureusement, l’aéroport de Lima est une catastrophe sur le plan logistique (mes sincères excuses à Roissy que j’ai maudit si souvent…) et il me faudra près de 2 heures pour enfin m’échouer sur un banc devant le panneau qui annonce les départs. Il est alors presque minuit et mes chips de bananes sont loin. Quelques épisodes de la saison 5 de The Big Bang Theory plus tard, la batterie de mon ordinateur rend l’âme et j’en suis quitte pour un Big Mac et des vraies frites. Il est 2 heures du matin et c’est pas aujourd’hui que je vais dormir…

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A 4h30, les feignasses d’hôtesses d’American Airlines ouvrent enfin le check-in. Au moment de me donner ma carte d’embarquement, l’hôtesse me demande si j’ai bien fait mon vaccin contre la fièvre jaune. Ca par exemple ! Je savais bien qu’à un moment ou un autre ce petit carnet jaune finirait bien par me servir ! Normalement, c’est pas du tout nécessaire pour le Costa Rica. Mais en fait, il paraît que quand on vient du Pérou, ça l’est. Moi, je me dis que puisqu’entre temps je passe par les Etats-Unis, y a une chance sur un milliard pour que le type de la douane à San José me pose la question mais bon. C’est sûrement ma seule chance de sortir mon petit carnet jaune.

Un muffin et un chai latte du célébrissime Starbucks de l’aéroport de Lima plus tard (oui, il est 6h30, mon dîner n’est pas si loin mais mieux vaut tenir que courir…), je monte enfin dans l’avion. Direction Miami à 6 heures de là. J’eus pu en profiter pour dormir me direz-vous. Mais non ! Dormir c’est triché. Du coup, je flotte un peu quand j’arrive à destination. Tellement que quand le douanier me demande dans quel quartier il peut trouver un hôtel pas trop cher à Paris, je lui réponds : « Heu… dans le 15ème ? ». Cela étant dit, ça fait longtemps que j’y ai pas mis les pieds, peut-être que c’est plus très cher ? Bref, je complète ma collection de tampons dans mon passeport (ah oui, parce que, aux Etats-Unis, même quand vous n’y êtes que pour une connexion, vous vous tapez le tampon dans le passeport, le bagage à récupérer, la douane à passer, le bagage à refourguer et les rayons X qui vont bien) et je me mets à faire le pied de grue devant le tapis à bagages. Et j’attends… j’attends… Bon, le côté rassurant c’est que je suis pas toute seule à attendre. En fait, y a un petit problème avec nos bagages qui se sont visiblement égarés sur le tarmac (un jour, faudra que quelqu’un m’explique comment fonctionne un aéroport parce que des bagages qui s’égarent, c’est un truc qui m’échappe). Certains commencent à s’impatienter, faut dire que tout le monde n’a pas la chance d’avoir à nouveau 5 heures d’escale devant soi… Mais tout vient à point à qui sait attendre, mon sac à patates préféré se met à tourner sur le tapis et quelques rayons X plus tard, j’atteins enfin une zone duty free digne de ce nom. J’en profite pour avaler une salade et je me mets en quête d’une prise électrique pour ressusciter mon ordinateur. Me voilà donc à tourner autour de tous les poteaux du terminal, mon adaptateur à la main. Finalement, je trouve que l’aéroport de Miami n’est pas très computer friendly : 4 prises dont 2 qui ne marchent pas et le wifi est payant. Bof. J’arrive quand même à confirmer le transfert de l’aéroport à l’hôtel à San José (oui c’était pour ça que j’avais besoin de l’ordi, pas pour The Big Bang Theory !) et enfin, je remonte dans l’avion. Pour arriver enfin, 3 heures et un sachet de cookies plus tard à San José, Costa Rica, où, tout est bien qui finit bien, mon sac m’a suivie.

Une si belle journée ne pouvait finir qu’en apothéose, le type supposé venir me chercher n’est pas là et devant les supplications des taxis, je finis par abdiquer et laisse un de ces malheureux porter mon sac jusqu’à sa voiture. Il est 21h, j’arrive enfin à l’hôtel après une conversation plus qu’approximative en espagnol avec mon chauffeur (contrairement à l’anglais, il semblerait que quand t’es très fatigué, tu parles un espagnol tout pourri). Mais mes nouveaux colocs de chambrée sont français et eux aussi, en tour du monde alors au lieu de me rouler en boule sous mon drap, c’est reparti pour quelques heures de bavardage jusque l’un d’entre nous s’écroule donnant (enfin !) le signal que j’attends depuis près de 24 heures… c’est l’heure du dodo !

Demain, j’attaque le Costa Rica.

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