Varanasi, la ville où les gens viennent pour mourir…

Alors oui, dit comme ça, ça donne pas spécialement envie d’aller y faire un tour…

MAIS ! Les hindous (ceux qui pratiquent l’hindouisme), ils sont ravis de mourir à Varanasi ! Parce que ça leur assure de filer droit au paradis et de pas se taper une énième réincarnation. Et ça, ça rend pas triste.

Varanasi est donc une ville sacrée, au confluent de 2 fleuves sacrés : la Yamuna River (celle qui passe à Delhi) et le très célèbre Gange… Sur les bords du fleuve, il y a donc tout plein de ghats. Les ghats, ce sont des escaliers sacrés qui descendent dans le fleuve et sur lesquels les pèlerins se lavent, prient, font des ablutions diverses et variées et bien sûr, se font brûler (une fois qu’ils sont morts, hein, bien entendu…).

Comme tous les hindous ont très envie d’aller au paradis, dès qu’ils sentent que la fin approche, ils se rendent (ou au moins ils essayent) à Varanasi. Du coup, la ville est pleine de mourants. Sauf que, petit détail qui a son importance, tu dois payer toi-même (ou ta famille) le bois de ton bûcher. Que dans l’idéal, faudrait du bois de santal (c’est sacré). Et que ça coûte la peau des fesses. Donc, la ville est pleine de mourants qui font la manche pour acheter du bois de santal. Et même du bois tout court.

Je ne sais pas si vous avez lu Le Tour du Monde en 80 jours de Jules Verne. Et bien, Phileas Fogg et son pote passent par Varanasi, je crois. Et ils sauvent une charmante veuve du bûcher. Oui, parce que la tradition, c’est que quand ton mari meurt, tu te jettes sur son bûcher de crémation (et ça, même si il n’a pas la présence d’esprit de mourir à Varanasi). Sympa, non ? J’ai entendu l’histoire d’un maharaja, dont les 22 épouses ont eu la chance de se jeter dans les flammes lors d’une très chouette cérémonie qui s’appelle la Sati. Tu mets ta robe de mariée, tes plus beaux bijoux et tes plus jolies chaussures et hop ! tu sautes sur le bûcher ! Et une, deux, trois, … quatorze, … vingt-deux ! Bon, aujourd’hui, ça ne se fait plus, hein ?

Mais bref, je ne suis pas là pour raconter des histoires morbides mais plutôt pour vous faire rire avec mes mésaventures dans cette ville un peu étrange…

Après avoir passé 14 heures dans le train le plus ponctuel de l’Inde (et c’est pas une blague), je suis donc arrivée à Varanasi de bon matin. Comme d’habitude, c’est la cohue à la sortie de la gare entre les rickshaws, les taxis, les gens qui s’enjambent les uns les autres et quelques bonnes grosses vaches avec 2 de tension (oui, elles sont revenues !). Je veux aller dans la vieille ville, à 4 ou 5kms de la gare. Je chope donc un rickshaw driver qui ne veut pas baisser son prix en dessous de 100 roupies… je suis fatiguée, j’ai envie de me coucher, j’accepte. Je sais pourtant que le rickshaw ne pourra pas m’emmener jusque devant la guest house parce que les rues sont beaucoup trop étroites et tortueuses et que je devrai donc marcher un peu. Et ben voilà, je me suis pas trop faite arnaquer jusqu’à maintenant mais là, c’est du grand art !! Le type me dépose à un angle de rue en me disant : « Bah voilà, là c’est à gauche et au bout de la rue, y a la guest house ». Sauf qu’en fait, pas du tout ! Je marche depuis 5 minutes quand je repère un type qui me suit (ça arrive tout le temps, jusque là, rien d’anormal). Il commence à me parler et quand je lui dis le nom de la guest house, il répond : « Ah bah oui, bien sûr ! Pas de problème, suis moi ! » Je devais vraiment être dans le cirage… je le suis. On se met à slalomer dans un dédale de ruelles parsemées de bouses de vaches et de tas d’ordures… Au bout d’un moment, je me dis que je n’arriverai jamais à revenir en arrière s’il m’emmène juste visiter son shop (parce que comme par hasard, il a un shop, il vend des écharpes, very cheap price for you my friend !). Mais non ! On arrive bien à la guest house ! Bon, là, il veut que je pose mon sac et que je vienne voir son shop mais bon… je m’en fous, je suis arrivée !

En attendant que ma chambre à 600 roupies (ce qui est plutôt cher pour le coin) soit prête, on me propose une autre chambre toute petite et sans fenêtre. M’en fous, je me jette sur le lit (enfin pas trop fort parce que le matelas est tellement fin que je risque d’exploser la porte qui sert de sommier) et je dors jusqu’à midi. Là, on me donne royalement les clés de ma soi-disant fantastique chambre (et encore, ils m’en donnent une encore meilleure que celle qui était prévue au départ, je sais pas pourquoi). En arrivant dans la chambre, le type m’ouvre les volets d’un geste théâtral en disant : « The balcony… » … ??? … Mouahahahaha !! Ça ? Un balcon ? En vérité, les volets touchent le mur de la maison d’en face quand tu les ouvres et si tu te démontes le cou, tu peux apercevoir un rayon de soleil et les poubelles du voisin (parce que je peux pas croire que ce soit son toit…). Je retourne donc expliquer au patron que je suis flattée qu’il me donne une de ses meilleurs chambres mais que je préfère payer 400 roupies et pas avoir de fenêtre plutôt que de payer 600 roupies pour voir (et sentir) les ordures du voisin. Il comprend pas, de toute façon pour 600 roupies je pouvais pas espérer avoir la vue sur le Gange, blablabla… Bref, je lui rends ses clés et je retourne dans ma petite chambre sans fenêtre… et sans eau ! Car au moment où je me dis qu’après tout ça, je vais pouvoir enfin me débarrasser de la poussière de Delhi, je découvre en même temps que ma voisine de palier qu’il n’y a plus d’eau ! Mais elle, c’est pire parce qu’elle a une chambre à 250 roupies et qu’elle partage donc la salle de bain avec le personnel de l’hôtel… Enfin la salle de bain… une pièce de 2 m² avec un trou dans le sol qui sert de toilettes et un autre d’évacuation pour la douche. Oh ! Et les toilettes sont bouchées… Ce qui me permet de relativiser mes propres petits soucis…

Bref, ils finissent par nous remettre un peau d’eau (froide, cela s’entend), un peu de lumière (mais faut tripoter l’ampoule parce que y a un faux contact…) et une fois que j’ai l’air à peu près présentable (en fait, j’en sais rien, j’ai pas de miroir), je sors dans la rue à la recherche d’une autre chambre…

Et j’avoue que c’est plutôt impressionnant. Les ruelles sont si étroites que si une vache a décidé de passer, faut t’aplatir sur les murs (non, faut pas regarder les murs, faut déjà essayer de sauver tes pieds). Impossible de marcher le nez en l’air : 1/ faut soigneusement choisir l’endroit où tu poses tes pieds (bouses, crachats, restes de bouffe, chiens endormis, gens endormis pour la sieste ou peut-être de façon indéterminée, y en a pour tous les goûts…) 2/ dès que tu regardes un panneau, 12 types te tombent dessus en te proposant un resto, un tour en bateau, la visite d’un temple, de visiter leur shop, et on enchaîne avec le classique d’où-tu-viens-t’es-mariée-t’as-quel-âge ? Je fais donc juste un petit tour, juste assez pour trouver un autre endroit où dormir les 2 nuits suivantes et ne pas encore trop me perdre.

En revenant à la guest house, je me file un coup de pied aux fesses : « Non mais oh ! t’es pas une mauviette ? on va pas se laisser impressionner par une tripotée d’Indiens même si certains sont particulièrement sales et édentés et ça va quand même pas t’empêcher d’aller assister aux cérémonies qui se déroulent sur les ghats ? Allez ! Hop hop hop ! On se ressaisit ! » Parce que je suis sûre que cette ville vaut le coup. Et que rien de plus terrible que marcher sur un mort ne peut m’arriver. Et franchement, s’il est vraiment mort, il sentira rien.

Photos ici.

Statistiques

Quand j’ai commencé à parler de mon ma génialissime idée de tour du monde, j’ai eu parfois droit à : « Pfff… comme tout le monde ! En ce moment, je sais pas ce que vous avez, tous… »Et bah justement, 2 gars très sympas, qui ont fait un tour du monde il y a quelques temps, ont fait quelques statistiques sur nous autres, les tourdumondistes

Bon, ça ne concerne que les voyageurs français mais ça donne ça :



Et moi, avec mes 29 ans, mes 14 vols (20 si on rajoute les vols indiens) et mes 16 mois de congés… bah, je suis à deux doigts de me sentir comme un ovni…

A Delhi…

… la vie coule lentement… Y a pas non plus 500 millions de trucs à visiter alors j’y vais tranquille-tranquille.

Je suis donc allée visiter le National Museum (oui, une petite dose de culture de temps en temps, ça ne fait pas de mal). Bof… y avait plein de choses sûrement très intéressantes mais pas mal de galeries étaient fermées pour rénovation et d’autres juste à clef. Pour des raisons d’économies d’énergies (what else ?), la lumière n’était pas allumée partout donc les collections de pièces de monnaie étaient un peu difficiles à apprécier… Et certaines très chouettes statues n’avaient tout simplement pas d’étiquette donc je ne saurai jamais ce que c’était… Indian style quoi !

Le musée étant le long du Rajpath, j’en ai profité pour me balader sur l’avenue ces Champs Elysées locaux. L’avenue est immense et bordée par des grandes pelouses où les gens viennent pique-niquer ou jouer au cricket. Alors peut-être parce que c’était dimanche ou peut-être parce que j’ai glissé dans une dimension parallèle sans m’en apercevoir, les rues étaient dé-ser-tes. A Delhi ! Complètement dingue ! Quelques personnes étaient rassemblées autour de l’India Gate (l’arc de triomphe du coin) avec un tas de vendeurs de glaces et de ballons mais la ville était plutôt étrangement calme. Et le brouillard omniprésent rajoutait encore à l’atmosphère un peu étrange du jour.

Mais heureusement, en fin de journée, on a eu droit à un concert de musique traditionnelle rajasthanie avec danseurs, organisé sur le toit de la guest house. Encore l’occasion de rencontrer plein de gens et de finir la soirée très tard…

Je suis aussi allée au zoo (oui, c’est ma spécialité, je n’y vais jamais en France, c’est surfait, je n’y vais que dans les capitales étrangères…). Bon alors là, encore une vaste blague indienne : ils te donnent un petit plan à l’entrée… mais, ensuite ils ont changé tous les animaux de place et à toi de retrouver qui est où ! C’est tellement plus fun ! Et puis sinon, 1 cage sur 2 est vide. C’est donc un zoo avec 1 lion, 1 tigre, 1 crocodile, 2 girafes, 1 très gros rhinocéros et des dizaines de poules… C’est original…

Je suis aussi allée visiter le Qutb Minar (celui qui arrive à prononcer ça sans postillonner a gagné). Ce sont les ruines d’une ancienne mosquée et plusieurs tombeaux qui datent d’il y a quelques siècles et qui avaient été construits avec les pierres des temples hindous que les musulmans avaient détruits en arrivant dans le quartier. Oui, ici, on recycle, c’est important…

C’est très joli ! Si ce n’est toujours le brouillard qui perturbe un peu la photogénie des vieilles pierres…

Bon, je vous rassure, je n’ai pas fait que me culturer à Delhi. J’ai fait du shopping. Bien obligée, mon jean a eu la bonne idée de créer de nouvelles aérations placées de façon assez inopportune…  Du coup, j’ai découvert LE bon plan indien : les jeans sont à 30 euros chez Levi’s. Pas la peine de me demander de vous en rapporter, j’ai pas la place, mais n’hésitez pas à vous acheter un aller-retour Paris-Delhi pour venir faire vos courses de Noël, le Christmas shopping à New York, c’est dépassé…

Photos ici.

Delhi ByCycle

Bon, ça va faire 3 jours que je suis à Delhi et à part régler mes petits tracas administratifs, qu’ai-je donc fait pour mériter ça ? (là, si quelqu’un voit l’allusion, je lui tire mon chapeau) pour occuper mes journées ?

Ben tout d’abord, j’ai fait connaissance avec mes colocs. J’ai notamment dîné avec G., un français en tour du monde (original me direz-vous…) après 8 ans d’expatriation à Dallas (la classe…) et avec qui on s’est rué chez Pizza Hut (parce qu’on n’arrive plus à faire la différence entre le masala et le butter masala).

Je suis allée visiter le tombeau de Humayun, « le site le plus merveilleux de Delhi » dixit nos Lonely amis. Bizarrement, ça m’a fait penser à un autre truc… Enfin, vous me direz ce que vous en pensez.

J’ai observé la faune locale… et découvert que les perroquets, ça ne vit pas qu’au zoo.

Et puis ce matin, je me suis dit qu’il fallait prendre son courage à 2 mains et plonger dedans pour de vrai. Et me voilà partie pour un tour de la ville à vélo. Rendez-vous donné à 6h30 (Hein ? Quoi ? 6h30 ? Du matin ? Vous rigolez ? Non ? Ah bon…) parce qu’après « la circulation est trop dense et ça devient compliqué d’apprécier la balade » (sans blague…). Première surprise : quand tu mets les pieds dans la rue à 6h du matin, 1/ y a personne donc y a pas de bruit et c’est suffisamment rare pour être signalé, 2/ il fait froid… genre vrai froid (comme qui dirait)… genre il fait 15°C (bah si, pour la région, c’est froid).

Bref, c’est un peu la galère pour trouver un rickshaw mais je finis par en trouver un encore tout endormi et tout emmitouflé dans une grande couverture en laine qui se trompe de 100 roupies dans le prix de la course parce qu’il est encore trop tôt donc je saute dedans !

Le point de ralliement des malades du vélo est au fond d’un parking tout noir et plein de chiens qui aboient… Bizarre… Mais les vélos sont bien là, les guides avec leurs K-way oranges aussi et à 6h45, tout le monde est en selle et c’est parti mon kiki ! Non, sans rire, Delhi ByCycle est un super tour operator et puis ça permet de voir la ville autrement qu’à travers le pare-brise d’un tuk-tuk et ça, ça change ! On traverse donc Old Delhi à l’heure où les camions déversent des montagnes de quartiers de chèvre et de pieds de buffle bien sanguinolents, où les gens se lavent et se brossent les dents en groupe devant les pompes à eau,  où les plus pauvres font la queue devant les temples pour avoir un petit-déjeuner et où les enfants partent à l’école, entassés à 15 dans un rickshaw qui, pour la peine, est fermé par des grilles pour ne pas perdre son chargement. On fait également un petit tour en barque sur la Yamuna River qui traverse Delhi… Alors quand je disais que j’avais pas envie de me baigner dans la Seine… je vais peut-être changer d’avis ! L’eau de la Yamuna est si noire qu’on ne voit même pas le bout des rames ! La rivière est sacrée et le plus grand crématorium de Delhi se situe au Nord de la ville. Dans le temps, les gens se faisaient incinérer avec du bois de santal (sacré, lui aussi) mais aujourd’hui, les gens n’ayant pas les moyens de s’offrir un joli bûcher en bois de santal, on ne met qu’une seule buchette en santal et le gaz fait le reste du boulot. Par ailleurs, les femmes ne sont pas admises dans le crématorium : leurs pleurs et leurs lamentations pourraient troubler les âmes au moment du grand départ… Bref, les cendres sont toutes balancées dans la Yamuna dans laquelle se déverse aussi les égouts de la ville et on comprend vite pourquoi, après Delhi, la rivière n’est plus qu’un immense ruban de détritus noirâtre… Depuis quelques années, le gouvernement dépense des fortunes pour tenter des actions de dépollution mais visiblement, y a encore du boulot !

Bref, après avoir pédalé pendant plus de 3 heures, en évitant les vaches, les chiens, les enfants, les tas d’ordures, les charrettes qui viennent à contre-sens et les fils électriques qui sont suspendus à 1m50 du sol, on finit par aller prendre le petit déj dans un très fameux restaurant de Old Delhi, le Karim’s. Le restaurant est tout petit, existe depuis presqu’une centaine d’années  et sert des naans tout frais et tout chauds. Au menu, chèvre marinée et bouillie pendant 7 heures, curry de légumes et bien sûr, un peu de dhal. Dé-li-cieux !

Après tout ce sport et cette culture, il était temps de se ramollir un peu le cerveau et j’ai donc fait la même chose qu’une bonne majorité d’Indiens à Delhi le samedi après-midi, je suis allée au mall faire du lèche-vitrine. Très drôle de voir toutes ces marques connues, ces cosmétiques de luxe et ces boutiques de chaussures quand on sait que la majorité des Indiens sont en tongs, achètent leurs vêtements dans la rue et ne mettent pas crème anti-rides. Pourtant, il y a un monde fou, les gens ont les bras chargés de sacs et le food court est plein à craquer. J’envisage une très sérieuse épidémie d’obésité en Inde dans les 20 prochaines années. Les franchises américaines pullulent (KFC, McDo, Pizza Hut, …) et les gens mangent à longueur de journée des trucs archi sucrés, frits et bien gras. Cela étant dit, ça ne concerne que ceux qui sont capables de s’offrir un repas à plus de 300 roupies et rapporté au 1,2 milliards de gens vivant dans ce pays, c’est peut-être finalement pas énorme.

Pour finir ce samedi en beauté, j’ai été invitée à une soirée très sympa sur un roof-top avec plein d’expats qui vivent et qui travaillent à Delhi. Tout le monde demande à tout le monde « Et toi ? tu fais quoi ici ? » et c’était plutôt drôle de répondre : « Moi ? Rien ! Je tourisme professionnellement… ». Tout ça en grignotant des brochettes de bœuf (sacrilège !!) et en sirotant des vodka-cranberry… Un petit morceau d’ancienne vie en quelque sorte !

Photos ici.

Se frotter à l’administration chinoise en Inde ou… pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ?

C’est vrai, après tout, pourquoi ?

J’aurais pu faire une demande de visa pour la Chine à Paris, où j’aurais eu accès à une photocopieuse, une imprimante, des fonctionnaires mal lunés mais qui parlent français, et trois fois moins de paperasse à remplir. Mais franchement, est-ce que ça aurait été rigolo ? Non.

Alors que là, j’ai dû entrer en contact avec l’ambassadeur de France en Inde, l’ambassadeur de Chine en Inde, trouver un endroit pour faire photocopier mon passeport sous toutes ses coutures mais en un seul exemplaire (oui, parce que si j’en avais voulu 100, ça aurait été un jeu d’enfant, mais pour une seule photocopie… faut chercher), me faire envoyer des attestations d’assurance en-anglais-s’il-vous-plaît, passer quelques heures sur internet et traverser tout Delhi pas moins de 4 fois. Bien plus amusant, tout ça !

Bon alors, pour commencer, j’avais un gros problème : je ne pouvais pas prouver que j’allais bien sortir de Chine à un moment donné. Mon vol suivant partait de Singapour et le billet de train pour le Vietnam n’était pas réservable depuis l’étranger ni par une tierce personne (merci HC pour avoir tenté le coup !). J’ai donc contacté l’ambassade de Chine en Inde en expliquant mon problème. Ils m’ont répondu en m’envoyant la liste des documents à produire pour la demande de visa et en me disant qu’ils comprenaient bien ma situation, que je devais expliquer tout ça dans la lettre de motivation que je devais rédiger à l’attention de l’ambassade et qu’au final, l’ambassadeur déciderait si oui ou non il m’accorderait le visa. Bref, je n’étais pas plus avancée. Si ce n’est qu’ils ont rajouté une petite ligne : pour les personnes demandant un visa depuis un territoire tiers (autrement dit, depuis un autre pays que leur pays de résidence… et devinez qui est dans ce cas ?), il fallait un courrier de ma propre ambassade expliquant ce qu’on faisait là et pourquoi on faisait la demande depuis un autre pays. Ni une, ni deux, j’ai contacté l’ambassade de France en Inde. Qui a commencé par me répondre qu’ils n’avaient jamais fait de courrier de ce type et qu’ils ne souhaitaient pas créer un précédent et que de toute façon, puisque j’étais résidente en Inde ( ???), je n’avais pas besoin de ce document. Après avoir dissipé le léger malentendu sur le motif de ma présence en Inde (hé ho ! je vis pas ici moi ! je vi-si-te !!),  ils ont finalement accepté de me faire ce fameux courrier que je devais passer chercher à l’ambassade (bah ouais, ils filent quand même pas des courriers racontant n’importe quoi à n’importe qui n’importe comment…). Sauf qu’évidemment, s’est posé un petit problème de timing : je comptais déposer ma demande de visa le 1er novembre à mon arrivée à Delhi. Mais mon ami de l’ambassade est un petit rigolo, il a posé des congés et n’est pas là avant lundi prochain. Ce qui faisait que je ne peux récupérer ce f***ing courrier qu’à partir du 5 ! Ce qui aurait potentiellement retardé le dépôt de mon dossier chez les Chinois d’autant et m’aurait obligé donc à rester à Delhi à pester contre l’administration…

Mais heureusement, l’histoire s’est déroulée tout autrement…

Après avoir rempli 2 formulaires (au stylo bic noir et en lettres majuscules s’il vous plaît !), fait des tas de photocopies de tout un tas de trucs différents, fais des tas de réservations d’hôtels que j’ai annulées dans la foulée et rédigé une très jolie lettre de motivation manuscrite, j’ai pris le métro, plein d’optimisme, direction Patel Chowk et le Chinese Visa Application Service Center (on l’appellera le CVASC, c’est son nom officiel, pour la suite de l’histoire). Le CVASC, donc, est censé se trouver au 2ème étage d’un building appelé Le Méridien (c’est un hôtel). En arrivant, je me fais refouler par le vigile concierge à l’entrée qui me dit que oui, oui, c’est bien là mais merci de passer par l’entrée de service parce que là, c’est pour les gens importants avec de belles voitures et pas pour les filles qui se sont pas brossées les cheveux le matin. Bref, je fais le tour de l’immeuble et là, je trouve un autre type qui fait la sécurité (très gentil celui-là) à qui je demande si c’est bien là, le CVASC ! Et il me fait un grand sourire en me sortant un papier qui dit… « Désolé, mais on a déménagé il y a 3 jours ! Notre nouvelle adresse c’est D-2, Satek District. A+ ! »

Je vous expliquerai plus tard comment fonctionnent les adresses à Delhi, ce n’est pas le sujet du jour et pourtant c’est infiniment intéressant… Donc reprenons. Toujours pleine de bonnes résolutions, je lève le bras en gesticulant au milieu de la rue hèle un rickshaw avec distinction et je lui donne la nouvelle adresse : D-2, Satek District. Là, il commence à chouiner négocier en m’expliquant que c’est à 25kms, qu’il va jamais trouver de client pour revenir et que donc, ça va me coûter un bras. Mouais… je commence à connaître la chanson… mais étant donné que je n’ai aucune idée de l’endroit où est Satek District et encore moins D-2… je grimpe dans le rickshaw. Et effectivement, c’est loin… En fait, je retraverse toute la ville dans l’autre sens pour finir par m’apercevoir que Satek District, c’est à 3kms de GK1 et que j’aurais pu y aller directement depuis la maison si j’avais vérifié l’adresse sur le site internet du CVASC !

Sauf que… arrivée là, je m’aperçois que j’ai oublié de coller une photo sur mon formulaire… Heureusement, les Chinois ont pensé à tout et ils me tirent le portrait vite fait bien fait. Résultat : les pires photos d’identité que j’ai jamais faites… Mais bon, tout ce que je veux c’est déposer ma demande donc, je ferme les yeux et je colle une de ces horreurs sur mon formulaire.

Je me présente ensuite au guichet. Un fonctionnaire indien (étrangement, y a aucun Chinois dans ce bureau…) commence à regarder mes papiers… La pression monte… Et là, c’est le drame : un de mes formulaires est en français ! Mais heureusement, il a un exemplaire en anglais sous le coude que je remplis illico presto. Puis il me fait signe qu’il va sortir de son guichet pour venir me parler directement… ooooh non ! qu’est-ce qui ne va pas encore ?

Bon, bah, c’est très bien ma p’tite dame mais la lettre de motivation, il nous la faut tapée à l’ordinateur et pas manuscrite et puis surtout… il vous manque la lettre de votre ambassade… J’essaye de jouer la blonde (Ah bon ? Une lettre de l’ambassade ? Mais pour quoi faire ? Non, ce n’est pas marqué sur votre site internet…) mais ça ne marche pas ! Il me fait un grand sourire et il me dit : « C’est pas grave ! Allez à l’ambassade et revenez demain ! » Aaaaargh ! Si, c’est grave ! Je viens de perdre une journée !

Bon, je me dis que je tente le coup quand même et je fonce à l’ambassade de France (… à l’autre bout de la ville, bien sûr, quoisiment à côté du Méridien…). Bien sûr, il est 14h, et la pause déjeuner dure jusqu’à… 15h !!!! Je poireaute donc, assise dans l’herbe devant la grille en compagnie d’un groupe de moines du Ladakh (Julley !!) qui reviennent de Grenoble (???) et on rigole en comparant nos points de vue sur nos 2 pays (ils en reviennent pas qu’on utilise des machines pour laver la vaisselle…) et Grenoble est si propre et si calme…

Bref, je finis par me retrouver dans la salle d’attente du service consulaire et là, devinez qui vient presque m’enguirlander de pas avoir prévenu que je passais ? Mon ami que j’avais eu par mail et qui était censé être en congé ! Oui parce qu’en fait, aujourd’hui, y a tournois de pétanque inter-services à l’ambassade (l’administration française… ça fait pas rêver ?) et du coup, il est venu quand même et j’ai bien de la chance qu’il soit passé par son bureau et bon, ben, puisque je suis là, il va me le faire ce courrier !!

Et comme en fait, c’est un gars sympa, il m’indique même qu’au fond du hall, bien cachée, y a une boulangerie qui vend des baguettes…

Et je repars donc de l’ambassade toute guillerette avec mon courrier tout bien tamponné et ma baguette sous le bras. Je suis tellement contente que j’en offre même un bout au rickshaw driver qui me ramène jusqu’au métro !

Le lendemain matin, avec mes tout nouveaux courriers et pleine d’assurance, je me repointe donc au CVASC. Et là… le même type qui m’a expliqué la veille que j’ai très bien fait de demander un visa double entrée puisque je compte passer par Hong-Kong (ce qui est considéré par les autorités chinoises comme une sortie du territoire… va comprendre !), m’explique alors que comme j’ai actuellement un statut de touriste en Inde, je ne peux pas postuler pour un visa double entrée mais seulement simple entrée et valable 1 mois… Je souris… Je ne dis rien, je souris… Et intérieurement, je fulmine… Mais extérieurement, je souris… JE L’AVAIS DÉJÀ HIER LE STATUT DE TOURISTE, TÊTE DE *** !!!

Mais mon dossier est déposé, je récupérerai mon passeport dans 5 jours et je vais pouvoir aller m’entraîner chez les moines Shaolin pour botter les fesses des fonctionnaires du monde entier !

Oh, j’oubliais ! Maintenant que je sais que je vais récupérer mon passeport le 7 novembre (qui est définitivement une date qui compte), j’ai voulu réserver mon billet de train pour aller à Varanasi. Bien sûr, tous les trains sont complets. Heureusement, il reste des places en quota touriste (ouais, là aussi, encore une bizarrerie indienne mais c’est vraiment très long à expliquer). Mais devinez quoi ? Bah… pour réserver un billet en quota touriste… FAUT MONTRER SON PASSEPORT AU GUICHET DES RÉSERVATIONS !! Mouahahahahaha…

PS : Désolée pour mes lecteurs fonctionnaires, mais là, trop… c’est trop !

Back to Delhi

Allez, finies les vacances, je suis de retour dans la poussière et le chaos indien.

Je sais, vous avez grincé des dents quand j’ai dit : « finies les vacances ». Vous croyez peut-être que je suis en vacances perpétuelles et que donc, je me paye légèrement votre tête. Je tiens à remettre les choses au clair : je ne suis pas en vacances au sens premier du terme. Je ne passe pas mon temps les doigts de pieds en éventail (ah si, ça, je le fais mais je fais pas exprès, mes orteils sont naturellement aérés…) au bord d’une piscine à siroter des cocktails en lisant Glamour. D’abord, c’est pas toujours de tout repos de ne pouvoir compter que sur moi-même (même si je suis Wonder Woman et malgré le fait que je ne porte pas de petit short vert…) pour organiser mes déplacements, chercher tous les soirs ou presque un nouveau lit, porter mes 23kgs de sacs, faire ma lessive tous les soirs et négocier âprement tout ce qui peut être négocié. Et parfois, être méchante tout le temps, c’est fatigant.

Oui, bon, je vais pas me plaindre non plus, hein ! Je suis parfaitement ravie d’être là où je suis et pas ailleurs. Mais c’est pas que des vacances ! Et puis tenir le blog à jour et mettre les photos en ligne, c’est aussi un job à plein temps (… OK, à quart temps).

Bref, je suis donc de retour à Delhi après ma petite parenthèse récréative à Goa. N’ayant pas le cœur de faire 36 heures de train pour regagner la capitale, j’ai donc pris l’avion (oui, bon, je sais, c’est pas très So’Eco-tout-ça mais 2h30 de vol contre près de 2 jours en compagnie de tout un tas de bestioles en sleeper class, le choix a été vite fait !). Et me voici donc pour la 3ème fois à l’aéroport de Delhi mais cette fois, je ne peux pas fuir la ville. L’objectif principal et quasi unique du séjour est d’obtenir mon visa pour la Chine afin de poursuivre le voyage. Ce qui m’oblige donc à rester à Delhi pour une petite semaine.

Le premier contact est…  grandement facilité parce qu’un chauffeur de taxi  trop gentil m’attend à l’aéroport pour m’emmener directement à la maison, chez Bed & Chaï. Bed & Chaï, c’est un peu le « home away from home »… C’est une auberge de jeunesse située dans Greater Kailash I (GK1 pour les intimes…) dans le Sud de Delhi. C’est plutôt bien desservi par le métro (enfin… la station est à moins de 20 minutes à pied ce qui est considéré comme bien) et le quartier est plutôt tranquille pour ce que j’en vois pour l’instant.

Et comment ai-je atterri là vous demandez-vous ? Une des gérantes n’est autre qu’une copine de ma cousine, ce qui me garantit de dormir dans de beaux draps, hihihi !Mais blague à part, l’appartement est vraiment génial (c’est tout neuf), l’accueil hyper sympa, les matelas sont les meilleurs que j’ai jamais eu en Inde et y a même du vrai fromage dans le frigo… Si ça c’est pas le bonheur !

Pour ce premier soir, je ne verrai pas grand-chose de la ville. Il fait nuit et la circulation est… indienne (what else ?). Pour l’instant, ça ressemble à une autre très grande ville indienne avec sa poussière, ses klaxons, ses tas d’ordures qui brûlent et ses chiens qui trainent en meute.

See you tomorrow !

AL, apprentie yogi

Je crois que je commence à comprendre pourquoi certaines personnes arrivent à Goa et ne repartent jamais…

La plage est extraordinaire, la mer jamais en dessous de 26°C, les petits restos les pieds dans le sable sont parfaits pour laisser filer les heures les plus chaudes et le soleil se couche tous les soirs en laissant dans le ciel des trainées multicolores…

Voilà donc ma nouvelle routine : le matin, je me lève à 7h30 pour aller à mon cours de yoga, je prends ensuite un petit déj en regardant les bateaux partir en mer puis je me trouve un petit coin à l’ombre sur la plage pour ma première tournée de « rien ». A midi, je rentre faire la sieste dans mon hamac me mettre au frais sous le ventilateur de ma terrasse puis vers 16h, je retourne faire du « rien » vérifier si le sable n’est pas trop mouillé et une fois que le soleil est couché, je vais choisir le poisson que je mangerai grillé en sirotant un jus de mangue… La librairie a un stock de bouquins en français me permettant de passer allégrement les 4 prochaines années à rêvasser sous les palmiers, la tentation pourrait être grande de m’exiler quelques temps dans ce petit coin perdu !

Mais revenons au cours de yoga (j’ai bien vu que vous avez levé les sourcils en lisant ce passage). Il ne faudrait pas croire que je ne suis à Goa que pour le farniente. Palolem est LA capitale des cours de yoga. A Rome, fais comme les Romains, je me suis donc mise au yoga. Le maître yogi est très chouette. D’abord il a un look d’enfer avec son petit pagne noué autour de la taille et ensuite, il nous raconte des histoires pendant tout le cours en se calant un pied au-dessus de l’oreille ou en se passant la tête entre les genoux. Pendant ce temps, les apprentis yogi sont sensés l’imiter et tenir la pose pendant plusieurs minutes… Mouais… exactement ce qui me permet de faire la démonstration de ma souplesse et mon équilibre légendaires. Surtout quand les moustiques viennent me chatouiller le nez. Cela étant dit, je ne suis pas la seule à m’écrouler de temps en temps sur mon tapis en grognant. On est une petite dizaine à s’infliger cette séance de torture matinale mais il faut croire qu’on aime ça parce qu’on revient tous les matins faire le cobra ou des sun salutations et avec le sourire en plus !

Bon je ne fais pour l’instant aucune différence entre le yoga hatta et le yoga vinyasha, je ne mange pas encore de pépins de raisin et je n’ai aucune idée de ce que raconte mon maître yogi mais c’est plutôt rigolo. Et l’air de rien, c’est un vrai sport, on transpire à grosses gouttes. Ça me donnerait presqu’envie de m’inscrire à un cours en rentrant !

Allez, namaste, je vais réciter mes mantras en me mettant de la crème solaire. Et il se pourrait que je prolonge un peu mon séjour dans le coin…

Photos ici.

Etre seule en Inde… (ben ouais, à un moment, va bien falloir qu’on en parle)

Bon alors… ça fait presque 2 mois que je traîne mes chappals en Inde et je vais vous donner mon avis (qui n’est qu’un avis) sur le fait d’être une touriste en Inde.

D’abord, tu peux avoir l’impression d’être une star… les gens te dévisagent (des fois, dans le bus, ça peut durer 7 heures d’affilée… si, si !), t’interpellent (d’ailleurs, je me demande s’ils n’ont pas été colonisés par les Allemands parce qu’ils disent « Hallo ! » tout le temps… on nous aurait menti ?), veulent te prendre en photo 50 fois par jour , te serrent la main, tu crois que tu es Lindsay Lohan !

Parfois, tu causes des accidents : les mecs se tordent le cou pour te regarder et… paf ! un vélo rencontre une vache ou une moto part dans le fossé… Des fois, t’as envie de rigoler mais tu te retiens et tu continues ton chemin la tête haute et le regard perdu dans le lointain…

Tout le monde te parle (enfin… tous les mecs te parlent. Tous. De 5 à 105 ans. Les filles, elles, elles te sourient. Ou alors c’est qu’elles veulent te vendre quelque chose.). Et la conversation est à chaque fois sensiblement la même : « How are you ? Where are you from ? How old are you ? Are you only ? ». Arrêtons-nous un instant sur cette dernière « Are you only ? »… En fait la veritable question est « Are you alone ? » Ouais… parce qu’une femme qui se balade toute seule, c’est suspect. Et potentiellement, c’est du gibier à chasser.

Alors là, tu choisis :soit tu dis la vérité (« I’m alone, I have no boyfriend, I am not married even if I am 29 and I’m fine, thank you. ») soit tu commences la broderie. Alors bien sûr, au début, je disais la vérité mais j’avais parfois vraiment du mal à me débarrasser de certains de mes interlocuteurs qui se mettaient à m’inviter chez eux ou à vouloir me faire visiter la ville ou à me prendre la main… Alors, rapidement, j’ai compris que si je ne voulais pas passer ma journée à refuser poliment de boire le thé, il fallait que je laisse mon délicieux caractère s’exprimer pleinement et  que je devais parfoisne pas sourire et répondre « No, thankyou » de façon un peu péremptoire.

Evidemment, j’imagine bien que TOUS les Indiens ne voient pas les touristes occidentales comme des morceaux de viande sur un étal du bazaar mais si j’empilais le nombre de gars qui ont manqué avoir un accident parce qu’ils se retournaient pour me regarder, on pourrait faire un tas aussi haut que la tour Eiffel. Et encore, je ne me balade pas en mini-short.

On peut quand même noter que le phénomène est plus marqué dans le Nord que dans le Sud de l’Inde, excepté au Ladakh où ils s’en foutent complètement et où tu retombes dans l’anonymat le plus complet.

Et ça fait partie des trucs qui rendent l’Inde parfois un peu agaçante. Ca, et le fait que quand quelqu’un te parle, tu ne sais jamais si c’est pour t’extorquer quelques roupies ou juste discuter simplement.

Mais tout ça n’empêche pas de faire de belles rencontres comme certains tuk-tuk drivers (comme Amar au Rajasthan), certaines familles avec qui tu partages une couchette dans le train ou certains chauffeurs de bus. Ils te prennent alors sous leur aile et tu peux passer de très chouettes moments.

Moralité, être seule en Inde, ça prend du temps (bah ouais, quand tu poses pour les paparazzis à chaque coin de rue, ça ralentit ta moyenne) mais c’est pas difficile. Il suffit de faire confiance à son instinct et il faut quand même le dire, la majorité des gens est quand même very friendly.