Palolem Beach

L’état de Goa est minuscule : genre 80kms à tout casser du Nord au Sud. Mais évidemment, les liaisons sont… indiennes ! Pour aller d’Anjuna à Palolem, il me faudra donc pas moins de 4 heures et 4 bus différents. N’ayant pas très très bien anticipé le trajet (enfin, la durée du trajet), j’arrive donc à Palolem à la nuit tombée. La rue principale est bordée des mêmes échoppes que partout ailleurs mais les restaurants ont l’air plutôt sympas et il y a même une librairie avec des livres en toutes les langues.

Je prends donc une des premières chambres que je trouve en me disant que je chercherai mieux le lendemain. En attendant, je vais dîner avec B., qui passe sa dernière semaine indienne sur la plage d’à côté, et L., une allemande qui termine ses vacances à ne rien faire.

D’ailleurs, il semble que « ne rien faire » soit l’activité favorite des gens qui viennent ici. Et il faut dire que le coin s’y prête : la plage est une immense étendue de sable blanc, la mer transparente clapote gentiment, les palmiers se dressent en arrière-plan et le soleil cogne trop fort pour qu’on s’énerve à faire quoi que soit. Le lendemain matin, après avoir pris mon petit déj sur la plage, je me dis que je pourrais louer un scooter pour visiter les environs as free as a bird. Je préviens le loueur que je n’ai jamais conduit de scooter de ma vie et qu’il ferait mieux de m’apprendre 2 ou 3 trucs avant de me laisser partir. Aucun problème, on monte ensemble sur un scooter et en avant Guingamp ! Ou presque… je manque de nous jeter par terre 4 fois sur 200 mètres et je tourne la poignée des gaz dans le mauvais sens 1 fois sur 2. Et j’oublie de rouler à gauche. Bref, après concertation, on convient qu’il vaut mieux ne pas me laisser de scooter entre les mains, je suis plus dangereuse que les Indiens. Tant pis pour le « as free as a bird », ça me donne une bonne excuse pour me vautrer sur la plage en regardant les nuages. Entre temps, je change de guest house pour n’avoir plus à me traîner que sur 50 mètres avant de m’échouer sur le sable. Et me voilà partie pour les 4 prochains jours. ..

Oh, désolée, j’avais oublié que chez vous, c’est l’automne, il pleut, il fait froid, les jours raccourcissent et vos prochaines vacances sont à Noël… Je vous déconseille donc de regarder les photos qui sont là, ça va vous faire du mal…Sooooo sorry !

Photos ici.

Arrivée à Goa

Goa, Goa, Goa… Je sais pas vous, mais moi, quand j’entends Goa je pense plage de sable fin, palmiers, mer turquoise et bons hippies coincés dans les années 70 qui fument des joints en faisant du yoga et en dissertant sur la paix dans le monde. Je peux aussi entendre groupes d’Israéliens fraîchement délivrés du service militaire qui viennent faire la fête et fumer des joints (à tel point que le gouvernement indien pose désormais des restrictions aux visas pour les Israéliens) ou gros Russes ivres morts qui picolent de la vodka dès le petit déj, qui sont tous rouges et qui beuglent jusqu’à 4 heures du mat. L’un n’empêche pas l’autre.

Evidemment, Goa, ce n’est pas que ça. Déjà, Goa, c’est un état, pas une ville. On ne peut donc pas dire : « je vais à Goa ». C’est grammaticalement incorrect (et Dieu sait si on est tatillon sur la grammaire sur ce blog…). C’est donc un tout petit état, certes, mais qui a été colonisé par les Portugais, une exception dans l’Inde britannique, ce qui saute aux yeux tant en terme architectural que culinaire ou musical et qui fait donc son charme et sa particularité.

Et pour ceux qui se posent la question : fumer, c’est mal et la drogue, c’est illégal. Même à Goa. Bon, c’est pas très difficile d’en trouver mais si t’as envie de visiter les cellules des prisons indiennes, ça te regarde, chacun sa vision du tourisme.

Bon, on n’arrive pas comme ça à Goa, genre « youhou !  je débarque, je vais me la couler douce pendant une semaine ». Non. On se tape d’abord 16 heures de bus… Oui madame. 16 heures. Dans un bus sans clim et sans couchette. Parce que les couchettes, ça sert à rien, de toute façon, la route est trop défoncée et le chauffeur est trop indien et qu’avec la clim, il fait trop froid, t’es obligé de sortir un pull de ton sac et ça, c’est no way.

Puis, une fois que tu es arrivé en Goa (puisque c’est comme ça qu’il faut dire) et plus précisément à Mapusa, tu prends encore un petit bus local pour atteindre la plage de tes rêves à Anjuna dit Anjuna-la-hippie, ça tombe bien. Bon, le chauffeur du bus pour Anjuna, il a pas du tout comprendre au concept de « hippie » parce qu’il fait tourner en boucle Justin Bieber à fond les ballons. Après une nuit blanche et à la 17ème heure de trajet, ça m’a valu une belle crise de fou rire avant de chanter avec le chauffeur « Baby, baby, baby, ooooooh ! ». Incredible India !

Après m’être installée dans une petite guest house qui fait aussi resto, salon de beauté, loueur de vélos et cybercafé, je pars donc avec ma serviette sous le bras, fermement décidée à rattraper mon bronzage backpacker ridicule (c’est-à-dire que j’ai les bras et le visage noirs, la marque des tongs sur les pieds et tout le reste d’une pâleur à rendre jaloux un lavabo… mais pas indien le lavabo, hein ? parce que là aussi, ils aiment la faïence flashy).

Première constatation, les touristes occidentaux sont bien là. Rien qu’à la terrasse de la guest house, je trouve un Suisse (trop bizarre d’ailleurs…), 2 racailles québécoises (kromeugnon l’accent québécois sur le langage 9-3), 2 Israéliennes, un couple d’Allemands, un couple d’Anglais, et une Américaine et une Espagnole venue faire un stage de yoga.

En arrivant sur la plage, petit moment de solitude avec ma serviette : y a pas de plage, y a juste une falaise ! Pour la plage, faudra attendre la marée basse… et de toute façon, y a que des rochers. Je marche donc le long de la falaise histoire de choisir le meilleur bar pour le coucher de soleil (c’est pas compliqué, ils s’appellent tous Sunset, ça devrait m’aider…). Les sentiers sont bordés d’échoppes de fringues, de sacs, de tentures et de sandales pour touristes. Les invitations pleuvent : « Come see my shop ! », « No shopping, just looking ! », « Promise you come back tomorrow ! ». Mais ma volonté est inflexible ! Je finis par trouver la plage, une petite bande de sable coincée entre 2 rochers. Là, on se croirait à Saint Trop’ : un très esthétique alignement de bars, musique à fond, et demoiselles rouges fluo en bikini entourées d’Indiens qui font des photos. Occidentales, les demoiselles. Et russes (c’est facile à reconnaître les Russes : ça hurle des trucs qui ont l’air très méchants tout le temps). Les Indiennes se baignent en jeans, elles.

Mais je ne suis pas venue à Anjuna que pour la plage (heureusement…) ! Le mercredi, il y a le « fameux » flea market qui déplace les foules depuis bientôt 3 ou 4 décennies.Bon alors en fait de flea market, ce sont les mêmes échoppes qui se déplacent juste 300 mètres plus loin pour se rassembler sur un terrain vague avec 3 ou 4 vaches… Clairement décevant.

La vérité, c’est que je ne reste pas à Anjuna. Trop de touristes, trop d’échoppes pour touristes tenues par des touristes qui ne sont jamais repartis, trop de d’Indiens qui essayent de t’extorquer quelques roupies… Je descends dans le Midi. A ma connaissance, personne ne rentre chez lui, là-haut dans le brouillard. Conquérir des plages vierges de tout Russe et grignoter du poisson grillé. Ça, c’est la vraie vie.

Photos ici.

Finalement, Mumbai…

C’est pas si mal…

J’ai donc exploré cette immense cité un peu impressionnante à pieds malgré l’insistance des chauffeurs de taxi (oui parce qu’à Mumbai, y a pas de tuk-tuks en centre-ville, allez savoir pourquoi et non, ce n’est pas pour diminuer la pollution sonore…) et à l’heure où j’écris ces lignes, ils me le font payer (mes pieds). Genre sévèrement. Mais passons ! D’abord, c’est déjà la 3ème fois que je mets les pieds dans cette ville (décidément). Bon les 2 premières fois c’était juste en transit à l’aéroport mais quand même ! Je me permets donc d’asséner une bonne grosse généralité : à Mumbai, il fait toujours gris. Pas genre il va pleuvoir (quoique ça doit bien arriver entre juillet et septembre) mais plutôt genre c’est tellement pollué qu’on ne voit jamais le soleil et qu’on ne fait pas d’ombre sur les trottoirs. Déconcertant quand on vient de passer 1 mois sous un ciel bleu fluo sans voir un nuage… Mais rassurez-vous, il fait quand même 38°C…

J’ai donc démarré ma balade par le sud de la ville où se concentre le gros des activités économiques et culturelles et tous les jolis bâtiments néo-gothiques ex-coloniaux et tutti quanti qui bordent les grandes artères. Par moment, je me serais cru rue de Rivoli avec toutes les arcades le long de la rue ou boulevard Haussmann le long des grands magasins. Bon évidemment, la comparaison ne tient pas compte de l’état du trottoir, ce que je ne faisais pas une seconde puisque je marchais le nez en l’air et l’œil dans le viseur de l’appareil photo. Comme quoi je n’apprends pas grand-chose de mes erreurs : TOUJOURS GARDER UN ŒIL LÀ OÙ ON MET LES PIEDS !!! Parce que, bien sûr, ça n’a pas loupé, j’ai délicatement posé mon pied gauche dans une bouse… OK, ça porte chance mais là, c’est bon, j’ai de la chance pour les 3 000 ans à venir ! En plus c’est dingue, j’ai vu une seule vache en 2 jours (ou 2 mais franchement rien à voir avec la densité de population bovine citadine rencontrée jusqu’à maintenant !). Bref… j’ai donc arpenté la ville en long, en large et en travers et je suis même passée par Central Park (OK, c’est pas Central Park, c’est 100 fois plus petit mais même principe, les gens s’y retrouvent pour pique-niquer et faire du sport, jouer au cricket en l’occurrence).

Ah, j’ai oublié de vous dire qu’on est dimanche et qu’est-ce qu’on fait le dimanche ? On va au ciné et à la plage. Et oui ! Et puis on est quand même dans la capitale du cinéma indien ! Bollywood les gars ! Ce sont eux qui ont inventé les films qui durent 3 heures avec un script de 4 lignes et des acteurs qui dansent et qui chantent sans arrêt avec des chorégraphies dignes de la Star’Ac. Le tout avec un réalisme à toute épreuve. Bien sûr.

Je suis donc allée voir un film en hindi quoi s’appelle Student of The Year. Oui, je sais, ça laisse rêveur… Pour ceux qui connaissent (et je sais que vous êtes nombreux même si vous n’osez pas l’avouer), c’est dans le genre de Elle Est Trop Bien. Voui, voui, voui… L’histoire c’est donc : 2 copains de lycée qui sont amoureux de la même fille (mais y en a un qui-lui-a-pas-dit-et-qui-est-le-confident-du-couple-et-qui-souffre-en-silence, c’est bien plus dramatique) et qui se retrouvent à se battre pour gagner le titre de « Student of The Year ». On croit que ça va mal finir parce que celui-qui-souffre-en-silence finit par embrasser la fille et comme par hasard celui-qui-est-officiellement-le-boyfriend passait devant la porte à ce moment-là… MAIS… heureusement, ils se réconcilient à la fin parce qu’on ne laisse pas une histoire de filles séparer les meilleurs amis du monde. Si c’est pas bô… J’ai encore failli pleurer… Mais le plus drôle (à part les innombrables scènes de danse) c’est le nombre de gros plans sur les corps de ces 2 très très charmants acteurs (si, il faut le dire, ils sont tout à fait délicieux). Parce que comme le réalisateur ne peut pas faire de gros plans sur les filles (nan, c’est pas bien, bouh !), il se venge sur les mecs. Honnêtement, on se serait cru dans une pub Tahiti version testostérone.

Ou alors, le réalisateur était gay. Au choix !

Après ce divertissant intermède, j’ai repris ma balade et je suis allée à la plage. Quand je serai grande, j’habiterai dans une ville où il y a la plage, c’est trop la classe. Et Paris-plage ça compte pas.

Et comme LE truc à faire à Mumbai, c’est de manger une glace dans un café le long de la plage, je me suis pas laissée abattre. Alors accrochez-vous, voici le avant / après (comptez 12 minutes entre avant et après) :

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Avant…

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Après !

J’étais bien obligée de rentrer à pieds après ça… Je suis donc allée admirer le coucher de soleil sur le front de mer (… euh, correction : j’ai regardé le ciel gris s’assombrir progressivement…) et c’est là que je me suis perdue… NDLR : ne pas compter sur les cartes du Lonely Planet qui ne représentent que des micro-portions de quartiers et ne pas compter sur les autochtones qui ne connaissent pas les noms des rues même si c’est celui de la rue d’à-côté… D’où quelques kilomètres superflus en tongs (oui, ça se compte en kilomètres et non, je ne suis pas marseillaise, pas cette fois) et des orteils qui hurlent à la mort…

Le lendemain, direction Mahalaxmi Dhobi Ghat, the largest outdoor laundromat of the world ! Impressionnant : des centaines de blanchisseurs battent du linge en plein air. Il paraît que près de 80% du linge de la ville passe ici. Ensuite un petit tour dans une mosquée posée sur la mer (enfin « posée »… à marée haute, ils essaient de nous faire croire qu’elle est posée mais à marée basse, le petit chemin qui mène jusqu’à l’entrée ressemble plutôt à la Cour des Miracles (et kicéka pas de bras ? Et kicéka pas de jambe ? Et kicéka pas d’yeux ? Et kicéka aucun des trois ?) ! Et puis pour finir, encore une bonne balade le long de la mer d’Oman avant de monter dans le bus, direction Goa pour une bonne semaine de feignasserie sur la plage. 13 heures de bus quand même…

Oups, j’ai oublié de dire que j’ai relevé la 1ère manche du défi culinaire : manger un Mc Do caractéristique de chaque pays. Et un Mac Chicken Maharaja, un ! (Honnêtement ? C’est pas terrible…)

Moralité, Mumbai, c’est pas si horrible que ça. La misère, la pauvreté, je pensais me les prendre en pleine face puissance 1000 mais en fait, c’est pas pire qu’ailleurs. Les enfants qui essayent de te vendre des barrettes de cheveux multicolores sont peut-être un peu plus nombreux et un peu plus insistants qu’ailleurs mais rien qui m’ait renversé le cœur.

Mumbai, ça peut même être franchement sympathique le dimanche devant une bonne glace.

PS : En relisant ce dernier paragraphe, je me dis que je frôle le politiquement incorrect. Ce blog est tout à fait subjectif et ne tient compte exclusivement que de MON avis. Je sais que certains sont particulièrement impressionnés par ce qu’ils voient en Inde et je ne remets pas en question leur émotion. Je n’ai simplement pas été confrontée à des situations très choquantes jusqu’à maintenant.

Photos ici.

Welcome to slum city !

J’arrive donc à Mumbai après 6 heures de train. Ça devait probablement être un express… Un quart d’heure avant d’arriver, je m’aperçois qu’en fait, le train ne s’arrête pas à Mumbai Central mais dans une gare de banlieue à une bonne dizaine de kilomètres de la ville. C’est pas grave, de toute façon, j’avais décidé de prendre un taxi pour rejoindre l’hôtel dans le quartier de Colaba. De toute façon et comme d’habitude, à peine descendue du train, une vingtaine de chauffeurs de taxi me saute dessus. Alors là, c’est du délire : les prix vont du simple au triple ! « AC madame ! »… mais j’en ai rien à faire du AC moi ! Je suis acclimatée, qu’est-ce qu’ils croient ! Bref, en voiture Simone (une vraie, avec 4 roues) ! Et me voilà partie pour plus d’une heure d’embouteillages dans la banlieue de Mumbai. Pour que ça vous parle mieux, c’est comme si j’avais décidé de faire Lognes – Issy les Moulineaux un soir à 18h… Sauf qu’il fait 40°C et que la nuit est grise… de pollution. Non, vraiment, c’est charmant cette ville.

 


Bon, cela étant dit, j’arrive à Mumbai avec de vraiment très gros aprioris. Que tous ceux qui sont dans la vibe n’ont pas vu Slumdog Millionnaire lèvent le doigt ! OK, filez dans vos chambres, regardez le film et vous comprendrez pourquoi j’appréhende un tout petit peu le quartier… Ensuite, tous les gens que j’ai croisé m’ont dit qu’ils avaient détesté Mumbai… Enfin, mon ami le Lonely explique bien qu’il est difficile d’échapper au harcèlement et aux arnaques dans cette délicieuse cité et qu’il faut faire bien attention à ses affaires… Si après ça, je suis pas dans les meilleures dispositions, faut peut-être pas trop s’étonner…Première constatation, cette ville pue. Je veux pas dire par là que ça craint (même si ça craint probablement dans certains coins comme dans toute bonne ville de plus de 2000 habitants) mais je veux dire par là que ça sent mauvais. Très mauvais. Au point que je reste en apnée par moment… Mais à part moi, les autres gens n’ont pas l’air de trouver ça très pénible.

 


Deuxièmement, le chauffeur du taxi essaie de m’arnaquer de 50 roupies au moment de payer sous prétexte que le trajet était plus long que prévu… Grrr ! Alors là, je sors les canines et je suis à 2 doigts de le bouffer tout cru ! Si tu voulais te faire payer au temps et au kilomètre, fallait mettre en marche le compteur et pas négocier un prix au départ mon grand ! Who the hell does he think he is ? Je fais un scandale, je refuse de descendre de la voiture tant qu’il m’a pas rendu mes roupies et il finit par se lasser. Haha ! C’est qui la plus forte ? Non mais oh ! Bon, il m’a quand même fait bien rire quand son portable a sonné pendant le trajet. Parce que globalement, les sonneries des portables indiens sont sensiblement les mêmes que les nôtres (à 2 ou 3 succès bollywoodiens près). Sauf que lui, il avait… la Truite de Schubert ! Entendre ça à plus de 8 000kms de la maison, ça m’a fait tout drôle !

 


Bon, l’hôtel que j’ai choisi (Bentley’s Hotel) est dans un quartier qui me fait penser à Gramercy à New York. Ouh, je vous entends d’ici : vous trouvez que je me la raconte un peu là avec New York… Tout ça pour dire que le quartier est plutôt sympa avec des grandes rues très propres bordées d’arbres et de très grandes et belles maisons. Et qu’en plus, un des meilleurs resto de chicken tikka est à 2 pas. Autant vous dire que ce soir, c’est festin de brochettes et que je décide que finalement, Mumbai, c’est pas si mal… Mais avant de prononcer un avis définitif, attendons de voir ça en plein jour…


Photos ici.

La traversée du Gujarat – part 2

Oui, bon alors finalement, je ne suis pas allée voir Champaner et Pavagadh : des heures et des heures de bus pour voir un caillou, certes un gros caillou mais un caillou quand même… posé au milieu de nulle part qui plus est. Par contre, j’ai profité de mon séjour à Vadodara pour assister 2 soirs de suite aux festivités de Navratri.

C’est quoi Navratri ? C’est la fête des Neuf Nuits. On rend hommage aux divinités féminines en général et à Durga, Lakshmi et Saraswati en particulier. Les célébrations se déroulent sur les places, dans la rue où des sanctuaires spéciaux sont installés. Les habitants, vêtus de leurs plus beaux atours, se lancent dans des danses endiablées jusqu’au petit matin. Au dixième jour de Navratri, on célébre Dussehra, la victoire du Bien sur le Mal, et ça, partout en Inde.

En arrivant à Vadodara, j’ai un peu galéré à trouver un hôtel : tout était plein. Autant dire qu’au bout d’un moment, la notion de « pas cher » est sortie de l’équation ! J’ai donc une belle grande chambre climatisée, un room-service de folie et ma fenêtre donne sur la rue juste au-dessus d’une petite scène dressée devant un temple kromeugnon avec plein de néons dessus. Je savais que Navratri avait commencé depuis 2 ou 3 jours mais je n’avais pas encore eu l’occasion d’assister aux célébrations.

Vers 19h, la musique démarre (pas du live, hein, juste une sono qui beugle à fond). Fort. De jolies chansons indiennes qui font saigner des oreilles au bout de 20 minutes. Sauf que là, ça dure, ça dure, ça ne s’arrête jamais… Et il n’a pas l’air de se passer grand-chose.

En fait, la fête commence vraiment vers 22h. Les gens se sont amassés dans la rue, les femmes au milieu et les hommes assis sur les côtés ou aux balcons. Et la farandole démarre. En fait, seules les femmes dansent, formant une sorte de ronde tout le long de la rue. Apparemment, tout le monde connaît la choré : une sorte de madison revisitée à la sauce hindi. Le rythme est toujours le même, les mélodies varient à peine mais entretemps, la musique est devenue live (bien meilleur…). C’est assez bon enfant, tout le monde rigole, l’ambiance est plutôt détendue et ça dure effectivement jusqu’au petit matin… Genre à 4h, tout le monde est toujours là, à tournoyer (d’ailleurs, elles doivent être dans une sorte de transe), des petites filles jusqu’aux arrières grand-mères.

Et ça, tous les soirs pendant 9 jours.Quand t’habites à côté, t’es content…

Bref, Vadodara c’est gros comme un confetti donc on va pas y passer 100 ans ! Me revoici dans un train, direction Mumbai. Oui, je retente le train de jour. Mais en 3rdAC, s’il vous plaît ! Autant dire que c’est la même chose qu’en sleeper class sauf qu’il y a la clim ce qui diminue nettement la présence de mes amis les cafards… Bon, du coup, ça m’a permis de découvrir que les trains indiens hébergent aussi des souris. On n’est vraiment pas sectaire ici…

Petite réflexion en aparté parce qu’il est temps qu’on en parle : c’est franchement pas étonnant le nombre de bestioles qui trainassent dans les trains vu l’état du wagon après 12 heures de trajet. Ceci pourrait faire l’objet d’un post à part entière d’ailleurs. Le concept de poubelles est totalement inexistant. Partout. Je veux dire, à part dans mes chambres d’hôtel (et encore), je n’ai jamais vu de poubelles. Nulle part. Tout simplement parce que les Indiens n’en n’ont pas besoin : ils jettent tout littéralement par les fenêtres. Ou par terre. Faut dire qu’il y a des gens qui vivent du ramassage et du « recyclage » de ces déchets (enfin, ils revendent ce qui est récupérable). Du coup, les rues, les gares, enfin partout, il y a des détritus qui jonchent le sol (et ne pas oublier les bouses sacrées au milieu de tout ça, hein !). Et donc, bien sûr, dans le wagon du train. Ce qui n’empêche personne de mettre toutes les valises sous les banquettes (moi y compris) puisque de toute façon, y a pas de place ailleurs, et de jeter par terre les gobelets en carton avec un fond de chaï (ça colle mieux au sol), les épluchures d’oignon (oui, certains font la cuisine dans le train), les bouteilles en plastique (alors là, c’est carrément du délire le nombre de bouteilles qui restent dans le train à la fin du trajet) et tout le reste ! Je dois avouer que les premières fois, ça choque un peu de voir les gens balancer leurs trucs par la fenêtre (ah oui, j’ai oublié de vous dire qu’il n’y a pas de carreaux aux fenêtres en sleeper class) comme si c’était normal, mais c’est parce qu’en fait, c’est normal. Et puis même si je prends bien soin de garder tous mes déchets jusqu’à ce que je trouve un vrai endroit pour m’en séparer (parce que c’est pas parce qu’on est en Inde qu’on doit tout faire comme les Indiens), je ne sursaute plus quand ma voisine balance la couche du bébé ou crache par la fenêtre sous mon nez. Oui, ils font ça aussi… Quand je vous disais qu’on n’est pas obligé de « comprendre » les autres cultures…

Photos ici.

La traversée du Gujarat – part 1

J’ai quitté Udaipur en bus en début d’après-midi pour Ahmedabad. Et je change d’état, j’arrive au Gujarat. C’est pas bien loin, genre 250kms. Soit 5 heures de bus. Ben oui, c’était un « express », le bus.

Ça m’a donné l’occasion d’admirer un superbe coucher de soleil sur la route et de découvrir Ahmedabad à la nuit tombée. J’ai d’abord cru qu’il y avait du brouillard… mais mes bronches m’ont vite fait comprendre qu’il s’agissait plutôt d’un mélange bien épais de poussière et de pollution… A tel point qu’on aperçoit à peine les gens de l’autre côté de la rue… Impressionnant !

Quand le bus s’arrête, je suis donc in the middle of nowhere, dans la poussière. Je récupère mon sac dans la soute du bus et je grimpe dans un tuk-tuk. La circulation est hyper dense, les sens de circulation ne sont pas très clairs, ça roule à gauche, à droite, au milieu, où ça peut et pour la première fois, je vois des policiers faire la circulation aux carrefours. Très drôles d’ailleurs, ils sifflent, ils s’agitent mais personne ne fait attention à eux et comme d’habitude, c’est le plus téméraire qui passe.

En fait, le bus nous a déposés à 7kms de la ville et j’ai donc droit à une des plus longues courses que j’ai jamais faites en tuk-tuk sur des routes où parfois, il manque juste… l’asphalte !! La vieille ville est immense, le bazaar est encore archi-bondé à cette heure et les vaches sont déjà endormies au milieu des routes.

Je finis par arriver à l’hôtel, il est 20h, les chambres sont bien plus chères que prévues et les draps bien plus sales mais franchement, j’ai juste envie de prendre une douche et j’ai faim donc… let’s take it ! Pour me consoler, je vais dîner dans un très chouette resto qui ne sert que le fameux thali gujarati. Alors le thali, c’est quoi ? c’est un plat traditionnel qui est en fait une multitude de plats végératiens (currys de légumes, dhals, légumes confits), servis dans une grande assiette voir un plat en métal, accompagnés de riz, de plusieurs sortes de pain et de tout un tas de chutneys et autres piments et assaisonnements.  Le thali n’est pas un plat uniquement gujarati, mais pour les Gujaratis, c’est bien entendu le meilleur du monde. Et qu’est-ce qu’on boit avec ça ? Du babeurre… Oui, ça, c’est le truc un peu moins sympa… La cérémonie du service du thali vaut presque la cérémonie du thé japonais ! D’ailleurs, c’est tellement compliqué, qu’à l’entrée du restaurant, ils donnent un petit dépliant pour te dire comment tu dois faire.

Sur la terrasse du restaurant, je rencontre D., une anglaise en vadrouille en Inde, aussi perdue que moi avec le mode d’emploi et avec qui nous échangeons nos points de vue sur l’Inde et les Indiens. Et on est bien d’accord sur une chose : on ne peut pas « comprendre » totalement la culture indienne de même que, eux, sont parfois incapables de comprendre notre raisonnement. L’Inde, c’est parfois déroutant. Au point qu’il arrive de se demander ce qu’on fait là, ce qu’on est venu chercher. Mais après tout, l’idée, c’est pas de « comprendre » le monde, c’est déjà de le voir et de le respirer, de le manger et puis de simplement se confronter à autre chose que notre routine policée et prévisible.

Bref, une chouette rencontre ! J’en oublie presque la plus élémentaire des précautions et j’avale un verre d’eau qui était sur la table et dont je ne connais pas la provenance (traduire : je ne suis pas sûre que ce ne soit pas de l’eau du robinet… Argh !).

Le lendemain matin, je me dis que je vais quand même faire un tour en ville avant de reprendre le bus. Il y a, paraît-il, une très chouette visite audio-guidée organisée par un des plus vieux hôtels de la ville. Mais quand j’arrive à la réception, le gars refuse de me louer l’audio-guide parce que, à partir de 10h, y a trop de bruit et je vais rien entendre à l’audio-guide… Et en plus, y a trop de trafic, ça peut être dangereux… Mouais… là encore, je suis pas complètement sûre de tout comprendre aux Indiens…

Bref, comme je n’ai pas de plan de la ville et que honnêtement, elle ne m’a pas l’air plus sympa que ça, je ne m’attarde pas et je reprends le chemin de la gare routière. Next destination : Vadodara, 2 heures plus au Sud, à proximité des sites de Champaner et Pavagadh classés au Patrimoine mondial de l’Unesco.

PS : Et pour ceux qui s’intéressent à la philanthropie de l’ouvrier charpentier… non, je n’ai pas été malade… Cette eau devait provenir d’une bonne bouteille !

Photos ici.

Udaipur ou l’art de prendre son temps

Je quitte Pushkar de bon matin (et sans regret) et je grimpe dans un bus direction Udaipur. Enfin, dit comme ça, ça a l’air facile, mais en fait j’ai poireauté plus d’1h30 à la gare routière parce que le gras de l’hôtel ne savait pas lire l’heure et qu’au passage, je pense qu’il s’est octroyé une commission de 100 roupies sur mon ticket de bus… Bref, il était temps de quitter Pushkar

J’arrive donc à Udaipur en fin d’après-midi et installe mon camp de base au Minerwa Hotel, chaudement recommandé par Voyagesetc. L’emplacement est super (en plein milieu de la ville, à 2 pas de tout ce qu’il y a à voir et à faire) et la chambre est très bien. J’y découvre même une nouvelle espèce de cafard à rayures, très joli…

Bref, comme ça fait 2 semaines que j’ai pas mangé de viande et qu’on est tout de même des carnivores bordel ! il faut bien se faire plaisir de temps en temps, je m’offre un dîner à l’Ambrai, un resto plutôt chic au bord de l’eau avec vue sur le City Palace et surtout le fameux Lake Palace (qui ne se visite pas, c’est un hôtel pour gens qui ont une carte Gold…). Au menu : merveilleuses brochettes de poulet mariné et petit cocktail maison… Je suis une princesse !

Arrêtons-nous un instant sur Udaipur. Petite ville (à peine 400 000 habitants) occupant un des emplacements les plus romantiques du Rajasthan (voir même de l’Inde !!) sur les rives du lac Pichola (si pas pô mignon…), Udaipur abrite de fabuleux palais, temples et havelis, accessibles par une multitude de ruelles tortueuses. Fondée en 1568 par le maharaja Udai Singh II (d’où Udai-pur, la ville d’Udai…) sur un site beaucoup moins vulnérable que l’ancienne capitale Chittorgarh, la cité, devenue capitale du Mewar, a longtemps résisté aux envahisseurs avant de finir sous protection britannique au début du XIXème siècle et de devenir depuis une des principales destinations touristiques de l’Inde.

Le lac Pichola fut agrandi après la construction de la ville par l’inondation du village de Picholi (décidément, ils ont une imagination débordante ces Indiens…). Le lac est peu profond et s’assèche lorsque les pluies de la mousson sont trop faibles. Cependant, selon la légende urbaine, il hébergerait quelques crocodiles ce qui rend toute baignade impossible (mais impossible n’est pas un mot indien apparemment…).

L’ensemble du City Palace s’étend sur près d’1 km le long de la rive. Le maharaja Jagat Singh II (un descendant du susmentionné Udai) fit construire sur la totalité de l’île Jagniwas (1,5 ha tout de même…) une petite résidence d’été qui a fini par être transformée en palace dans les années 60. Le Lake Palace apparaît dans le film de James Bond, Octopussy, ainsi qu’une bonne partie d’autres édifices de la ville et toutes les bonnes guest-houses diffusent le film régulièrement sur leurs terrasses.

Le lendemain matin, je pars visiter le City Palace. Même genre que les Jaisalmer Fort et compagnie, avec un audio guide très bien fait mais là, c’est la foule (indienne et occidentale) des grands jours ! Un gentil Indien que je rencontre à l’entrée et qui parle français avec l’accent toulousain m’explique qu’on est dimanche et que tous les Indiens du coin viennent passer leur dimanche au bord du lac et visiter le palais. Je le recroise au pied de mon hôtel où, hasard ou coïncidence, il possède une boutique qui vend des vrais cachemires (aka pas ceux qu’on trouve partout ailleurs… lui seul vend les vrais cachemires que tu trouves chez Bompard… soi-disant). Du coup, il me raconte sa vie, qu’il a habité à Toulouse pendant 8 ans (ceci explique cela), qu’il a travaillé dans un restaurant d’abord comme plongeur puis comme sous-chef puis comme manager (ah la promotion interne… ça fait rêver !) mais que quand même, dans la restauration, on fait trop d’heures, c’est fatiguant, donc il a décidé de rentrer en Inde vendre des vrais cachemires, c’est mieux payé et comme c’est lui le patron, il décide quand il bosse ou pas. Il m’invite à boire le thé, à revenir plus tard, à aller dîner dans son resto (ah oui, il a ouvert un resto avec un ami aussi…), bref, j’arrive pas à m’en défaire ! Je suis obligée de prétexter un rendez-vous pour déjeuner pour qu’il me laisse partir mais en promettant de repasser pour discuter…

C’est malin, je me retrouve coincée parce que comme il est assis devant la porte de l’hôtel, je sais pas comment trouver le moyen de sortir sans me faire alpaguer…

Et puis, je me suis laissée prendre par la torpeur d’Udaipur… Rester des heures à paresser sur les coussins de la terrasse, lire un bouquin en sirotant un lassi… Comme j’ai décidé de jouer la princesse jusqu’au bout, je m’offre même un petit ayurvedic massage. Après avoir passé une bonne heure à me faire malaxer au point de penser que j’étais en train de passer sous un camion (d’ailleurs, j’ai beau être une princesse, il a failli m’arracher une larme ou deux ce bourrin de masseur !), je file jusqu’à la terrasse du Dream Heaven admirer le soleil couchant et surtout dîner avec B., que j’ai rencontré dans le Ladakh et qui passait dans le coin, et 2 de ses nouveaux amis.

Comme on est tous les 4 à Udaipur pour quelques jours, on décide de s’inscrire à un petit cours de cuisine 2 jours plus tard, histoire d’impressionner notre monde quand on rentrera à la maison.

En attendant, moi je me suis prévue un full day horse ride dans la campagne d’Udaipur. C’est l’occasion de rencontrer U. et V., un couple germano-indien très rigolo, installé à Udaipur depuis 10 ans et propriétaire de la ferme Princess Trails qui organise les horse rides. Ils élèvent des chevaux marwanis, une race spécifique du Rajasthan, qui ont de drôles d’oreilles biscornues qui se touchent et qui sont très jolis par ailleurs. U. m’expliquera d’ailleurs que c’est pas très difficile d’apprendre à conduire en Inde, il suffit de faire attention au informal traffic : vaches, chiens, poulets, enfants qui courent au milieu de la rue…

Comme je n’ai toujours pas compris la leçon concernant les chevaux, j’ai donc choisi de passer la journée entière au pas, au trot et au galop sur mon fidèle destrier Moumal (ma fidèle destrière en réalité) à arpenter les environs d’Udaipur qui sont extraordinairement verts et luxuriants par rapport à l’ouest du Rajasthan. C’est qu’ici, la mousson a été plutôt généreuse les 3 dernières années provoquant même des inondations, contrairement au reste du Rajasthan. Je rentre avec les dos, les genoux, les cuisses et les fesses en compote (je commençais tout juste à me remettre du chameau…) et en soupçonnant les poils de chevaux d’être responsables des 127 éternuements qui m’ont pris pendant la journée. Et puis entre vous et moi, j’ai toujours peur des chevaux en fait…

Bref, pour me remettre de mes émotions, je décide d’aller dîner dans le restaurant d’un hôtel très chic et de faire le plein de poulet (mange mon petit… tu sais pas quand les petits cochons te mangeront) avant de rentrer en me traînant et en marchant comme un cow-boy jusqu’à mon lit.

Pendant que je feuillette distraitement les pages de mes guides de voyage, je sens un petit chatouillis sur mon bras gauche. D’une main distraite, je chasse l’importun quand je m’aperçois que l’importun n’est autre qu’un… CAFARD !!!! Je bondis hors de mon lit, j’attrape une tong et je me mets à chasser l’imprudent qui a osé se risquer à grimper sur ma royale personne jusqu’à ce que je le coince contre un mur et abrège sa misérable existence. NON MAIS OH ! Il s’est cru où celui-là ? Ça va pas bien dans sa tête ou quoi ? Qu’il se promène dans la salle de bain autant qu’il veut si ça l’amuse mais sur MOU ? Ça, jamais !!

J’avoue que j’aurai un peu de mal à m’endormir, même après avoir inspecté ma chambre dans tous les recoins et que je serai réveillée en sursaut plusieurs fois dans la nuit par le bruissement du rideau soulevé par le ventilateur… Mais à part ça, tout va bien, je suis détendue…

Le lendemain matin, je traîne sur la terrasse de l’hôtel après le petit déjeuner et j’en profite pour commencer à préparer mon dossier de demande de visa chinois… Un chouette moment en perspective… Mais ça fera l’objet d’un prochain post, pas de panique ! En vérité, ça me prendra une bonne partie de la journée. Mais tout le monde vous le dira, Udaipur, c’est la ville où il fait bon prendre son temps en 2 verres de chaï.

Pour finir ce petit séjour au Rajasthan sur une note gastronomique, je me suis donc inscrite à un cours de cuisine. Je retrouve donc B. et M. au Sashi Cooking Class. Le rendez-vous est à 17H30 et c’est parti pour près de 5 heures de cuisine pour réaliser pas moins de 14 plats, et que du healthy et du végétarien s’il vous plaît !! Bon, on se retrouve parfois dans le noir (on est en Inde… l’électricité est… aléatoire !) mais malgré tout, on devient experts de la cuisson des naans et du pilonnage de graines de cumin et ça, c’est bien le plus important ! Sashi est un étonnant petit bout de bonne femme (qui connaît le nom de tous les légumes en 7 ou 8 langues) et elle nous mène à la baguette ! Elle ne donne des cours de cuisine qu’aux touristes étrangers parce que les Indiens seraient capables d’ouvrir un cooking class concurrent si elle leur apprenait ses secrets… On papote, elle nous demande ce qu’on fait dans la vie et elle éclate de rire quand je lui dis que je bosse dans la restauration… But I have nothing to do with cooking !!

On finira la soirée le ventre plein et les mains parfumées au garam masala, cardamome et autres épices. Je pense qu’il va se passer un peu de temps avant que je ne mette tout ça en application mais pour la prochaine animation « Inde », pas de problème, je vous fais le show !!

C’est donc à nouveau l’heure de boucler mon sac, de reprendre le bus et de quitter Udaipur et le Rajasthan. Direction le Gujarat et Ahmedabad, « mégacité » ultramoderne ayant à priori peu d’intérêt si ce n’est d’être sur la route de Mumbai et d’avoir abrité l’ashram du Mahatma Gandhi… Oui… un peu de méditation et de spiritualité ne nous feront pas de mal…

Photos ici.

Pushkar, la belle arnaque oui !

Tout bon hindou doit, au moins une fois dans sa vie, aller se baigner dans le lac sacré de Pushkar. Il semblerait que Brahma, assis sur un nuage, ait laissé tomber une fleur de lotus exactement à cet endroit, distrait par la beauté de Gayatri, ce qui aurait fait surgir le fameux lac… Sa femme, Saraswati, étant un peu vexée qu’il la quitte pour une autre, lui aurait jeté un sort pour qu’il ne soit vénéré dans aucun autre lieu et donc Pushkar abrite un des seuls temples dédiés à Brahma. Cela étant dit, les 2 autres temples de la ville sont dédiés à Saraswati, donc, et à Gayatri, la briseuse de ménage.

Mouais… c’est déjà pas très clair ct’histoire…

Mais reprenons, j’ai donc quitté Jodhpur en bus en début d’après-midi, pensant mettre 5 heures à atteindre Pushkar. Les infos du Lonely Planet étant parfois à updater, j’ai en fait mis presque 7 heures… et pour la première fois depuis un mois, l’hôtel dans lequel j’avais prévu d’aller était full… Grrrr…

Mais je décide de ne pas mettre ça sur le compte de mon amie La Poisse parce que je trouve aussitôt un autre hôtel tout aussi bien dans la rue d’à côté et j’arrive même à négocier une remise de 25%. Une immense chambre et une salle de bain hyper clean pour 11€ la nuit, je me débrouille pas si mal !

Bref, il est tard, j’en ai plein les pattes et je rêve de me laver les cheveux donc je remets l’exploration du quartier au lendemain. De toute façon, Pushkar est une toute petite ville (à peine 15 000 habitants, un hameau à l’échelle indienne !) donc j’aurai largement le temps d’y traîner mes chappals de long en large en une journée.

Le lendemain, après avoir fait ma lessive (oui ma bonne dame, je suis devenue une pro de la lessive sous la douche) et avoir ingurgité des toasts with nutella (oui, je sais, mais j’aimerais vous y voir à avaler du masala tous les matins !) et un mango juice, je me jette dans la rue. J’évite de justesse 2 vaches qui marchent de front et j’arrive jusqu’au bazaar. En fait, la ville entière n’est qu’un bazaar. Pas très alimentaire d’ailleurs, beaucoup de choses destinées aux touristes, fripes, bracelets, sacs, tissus… Toutes les échoppes se ressemblent mais ça marche : la fièvre acheteuse m’attaque et je me retrouve avec 1 pantalon, 2 t-shirts et 13 bracelets…

Je rentre avec mes emplettes pour trouver un peu de fraîcheur dans ma chambre et j’essaie mes achats. Et là… c’est le drame : le pantalon est 20 cm trop court et les t-shirts sont transparents ! OK, j’aurais peut-être pu m’en rendre compte avant… no comment ! Je viens de jeter 350 roupies par la fenêtre…

Dans l’après-midi, je retente ma chance dans les ruelles qui bordent le lac en allant observer les Indiens qui font leurs ablutions rituelles sur les ghats (un avant-goût de Varanasi ? A l’échelle 1/1 000 000 je crois…). En chemin, je croise un petit garçon à vélo qui m’offre des fleurs parce que, soi-disant, aujourd’hui c’est festival et qu’il faut aller les jeter dans le lac en faisant un vœu pour sa famille. Du coup, on va au lac ensemble et là… je me fais alpaguer par un type très gentil qui commence à m’expliquer comment fonctionnent les ablutions et autres prières à Brahma. Et puis il m’apporte une petite coupelle avec du riz, du sucre et des poudres de couleurs et me bénit le tout pour que j’aille le jeter dans le lac. Il va finir par m’extorquer 500 roupies ( !!!???) de donation pour nourrir les pauvres du coin… Pfff… je le voyais venir gros comme une maison et je me crois maligne d’avoir limité la casse parce qu’il voulait que je donne 6 x 20 euros pour les 6 membres de ma famille… Mais non ! il croit qu’il a trouvé une bonne pigeonne, alors il va ensuite me demander 1000 roupies pour sa famille parce que maintenant, il va prier tous les jours pour moi… Alors là, je rigole, je lui dis qu’il aurait dû m’en parler avant et que je lui aurais donné un partie des 500 roupies qu’il a déjà embarquées. Mais lui, ça le fait pas trop rigoler et du coup, il m’abandonne aussi sec.

Le petit garçon vient aussitôt me voir et me dit un truc pas très clair sur le fait que je ne dois pas dire aux autres touristes combien j’ai « donné » parce qu’ils ne comprennent pas que c’est pour le bien de leur future réincarnation et que je vais leur faire peur…

Moralité : même s’il a 10 ans, ne jamais faire confiance du premier coup à un Indien… On ne peut pas dire que je n’étais pas prévenue mais je me sens couillonne pendant 10 minutes…

Pour finir en beauté et ne pas laisser ces arnaqueurs en herbe me gâcher la journée, je m’offre un mango lassi en terrasse en admirant le coucher du soleil avant d’aller dîner en compagnie de C., tourdumondiste fraîchement arrivée en Inde et bloggeuse elle aussi. On a globalement le même itinéraire et donc forcément plein de points communs. D’ailleurs, vous pouvez aller jeter un œil sur www.candicetdb.wordpress.com.

Allez, demain, direction Udaipur sur lequel je fonde de grands espoirs puisque tous les voyageurs que j’ai rencontrés jusque-là en parlent comme étant LA ville du Rajasthan, celle qui donne envie de poser son sac un peu plus longtemps que prévu et de se laisser vivre au rythme indien. Namaste !

Photos ici.

Jodhpur-la-ville-bleue

Je quitte donc Jaisalmer par le train de nuit pour arriver de bon matin (5h30…) à Jodpur. L’occasion de rencontrer C., allemand, en tour du monde depuis 5 mois et qui possède l’intégralité des Lonely Planet en version pdf…

Dans le train je retrouve aussi D. et on décide de tenter notre chance à la Hill View Guest House, perchée, comme son nom l’indique, en haut de la colline juste sous le fort de Jodhpur. Evidemment, à cette heure-là, on réveille les propriétaires qui nous couchent sur des matelas et nous disent de dormir en attendant que les gens libèrent les chambres quelques heures plus tard…

La vue depuis la terrasse est impressionnante et on aperçoit même au loin un immense palais qui ressemble fort au fameux Taj Mahal… mais de maisons bleues, on n’en voit pas le début du commencement d’une… En fin, j’exagère, y en a un peu, mais franchement pas de quoi se dire « Oh ! La belle bleue ! On sait où sont passés nos impôts ! »

Bref, il y a 2 choses à voir à Jodhpur : la tour de l’horloge et l’immense bazaar qui serpente tout autour et le Mehrangarh (le fort de Jodhpur). Je passe donc la première moitié de la journée à me perdre dans le dédale de ruelles de la vieille ville en évitant les bouses sacrées et en refusant poliment les millions de bracelets, sarees, babioles et tranches de pain grillées (oui, ici, on vend des tranches de pain grillées, sur une charriote au beau milieu de la rue) qu’on tente de me faire acheter ; et après une petite lessive et une micro-sieste aux heures les plus chaudes, je pars à l’attaque du Mehrangarh.

Ah oui, le Mehrangarh est délicatement posé au sommet d’une colline et le petit chemin pour y accéder est en grandes pierres bien glissantes et en pente à 20 degrés… Autant vous dire que je surkiffe la grimpette jusqu’en haut sous les regards inquisiteurs insistants intrusifs des Indiens qui se reposent là en profitant de la vue (de la ville, bien entendu…)

D’ailleurs, je me fourvoie : le Mehrangarh n’est pas « posé » sur cette colline, il est « creusé dedans ». Pour être sûr que les méchants n’allaient pas casser les murailles, le maharaja s’est dit qu’il valait mieux creuser le fort dans la pierre d’un seul tenant plutôt que faire monter des parpaings… Alors, oui, c’est plutôt impressionnant… D’autant qu’à l’intérieur des murailles (qui sont ma foi, fort banales), les façades du fort sont extrêmement finement sculptées et l’intérieur du palais fort coquet (il savait arranger son home sweet home, le maharaja). Et enfin… la voilà la vue que vous attendiez tous (enfin surtout moi) !! La voilà, Jodhpur-la-ville-bleue !! La ville s’étend à mes pieds, dans le soleil couchant, une mosaïque de cubes bleus et blancs à perte de vue… Bon, bah voilà, ça valait le coup quand même !!

Pour ceux que ça intéresse, l’audioguide compris dans le billet d’entrée est très bien fait…

Bref, après cette journée riche en culture, il était temps de passer à la confiture à des nourritures plus terrestres. Je suis donc allée dîner avec D. et Y., singapourienne, fancy backpackeuse, avant de finir sur la terrasse de notre guest house à tirer des feux d’artifice pour célébrer… ben oui, tiens… pour célébrer quoi au fait ? Pfff… on en sait rien mais le feu d’artifice se passe de motif. Il ne tarde pas à prouver qu’il se suffit à lui-même…

Photos ici.