Le Canyon del Colca

A 6h du matin et sous un grand soleil, Cruz del Sur nous dépose à Arequipa. Arequipa, c’est le début de notre acclimatation à l’altitude. La ville est située à 2335m d’altitude. C’est aussi le début de la partie sportive de notre programme. Parce qu’on n’est pas venu à Arequipa pour enfiler des perles. Non, non. On est venu là pour aller explorer le Canyon del Colca, le canyon le plus profond du monde, celui qui fait 3400m de profondeur et qui fait passer le Grand Canyon pour une vaste blague.

Après avoir posé nos paquetages au Home Sweet Home et avalé un petit déj de champions (tartines, pancakes, œufs et jus de fruits frais… ah ! enfin un petit déj digne de ce nom !), on part donc à la recherche de l’agence qui nous proposera la meilleure formule pour descendre dans le canyon. Finalement, on opte pour la formule proposée par l’hôtel qui est la formule la plus classique mais qu’on a réussi à négocier à un prix plutôt intéressant. On va donc partir pour 2 jours : le premier jour, descente dans le canyon, nuit tout au fond et le lendemain, aux aurores ou même avant, remontée jusqu’au point de départ. Ça sent le circuit bien touristique à plein nez mais on n’a pas vraiment le temps de galérer à trouver tous les transports par nous-même (y a quand même pas loin de 4 heures de route pour accéder au canyon) et au final, ça ne nous reviendrait pas beaucoup moins cher.

En attendant, on visite Arequipa, une jolie ville coloniale où on trouve une église ou un couvent à chaque coin de rue. Comparée à Lima, la ville nous semble ravissante. En arrivant sur la Plaza de Armas, des gens sont en train d’installer une estrade et des chaises devant la basilique. Tout autour de la place, des groupes scolaires sont en train d’étaler des bâches et de réaliser des dessins au sable coloré. Ce soir, c’est la fête de Corpus Christi. M-mmh ? Ce soir, y a messe géante célébrée par l’archevêque et défilé de toutes les écoles et aumôneries de la ville. Bah, on va pas louper ça ! Mais il nous reste un peu de temps avant la cérémonie, on va donc visiter le couvent le plus célèbre de la ville, le couvent de Santa Catalina. Le couvent est vieux de plus de 500 ans et au début, les sœurs qui s’enfermaient là-dedans avaient plutôt la belle vie. Elles appartenaient à la haute bourgeoisie, avaient 4 à 5 esclaves chacune et la possibilité de continuer à mener le train de vie auquel elles avaient été habituées. Et puis, à un moment, tout ça a changé et est devenu plus monacal mais le couvent est resté gigantesque et un vrai labyrinthe où chaque cellule possède sa propre cuisine. Les couleurs sont en tout cas magnifiques et même si seules quelques chapelles sont encore aujourd’hui en activité (quelques sœurs vivent encore là mais ne croisent pas les visiteurs), le lieu est chargé d’histoire et plutôt bien conservé.

Et puis comme on était dans le thème, on est donc retourné sur la Plaza de Armas faire coucou à l’archevêque.

Plaza de Armas - Arequipa

Plaza de Armas – Arequipa

Mais bon, la messe ça donne soif alors on a grimpé sur un balcon pour mieux apprécier le show tout en sirotant un pisco sour. Et puis la messe c’est sympa mais ça donne aussi faim alors on est allé finir la soirée dans une petite trattoria à manger du risotto de quinoa. De toute façon, il fallait qu’on rentre tôt, on devait préparer nos affaires pour partir dans le Canyon.

Le lendemain, à 5h, les yeux encore tout collés, on a grimpé dans un minibus qui a pris la route du Canyon. On a eu beau essayé de finir notre nuit, la route tortueuse et le froid (il a gelé à l’intérieur du minibus !!) ont eu raison de nous. Quand le soleil a fini par se lever, on a découvert d’abord la vallée de Colca. De grand champs de quinoa, de blé, de maïs et de petits villages qui parsèment le tout. La vallée se resserre peu à peu et le canyon s’enfonce d’un coup, si profond qu’on n’en voit pas le fond justement. C’est là qu’on peut voir des condors des Andes planer à la recherche d’une petite carcasse fraîche à suçoter. Mais on n’est pas les seuls à être venus admirer les condors ce matin ! Des dizaines de minibus se suivent le long de la route. Et à chaque arrêt, des vendeuses de bonnets-chaussettes-pulls en poil de chat alpaga sont là, harcelant les centaines de touristes qui déferlent toute la journée. Pas ma partie préférée mais comment reprocher aux locaux d’essayer de tirer leur épingle du jeu et de vouloir profiter de tous ces touristes plein aux as (tout est relatif) qui déboulent chaque matin dans leur vallée ?

Bref, Norma, notre mini-guide (quoi ? elle fait 1m30 les bras levés, j’y suis pour rien) nous explique que les condors, ça vole jusqu’à 10h pétantes. Après, la tour de contrôle ne doit plus leur donner l’autorisation de planer au-dessus du canyon… Elle nous raconte aussi que le condor est un animal particulièrement romantique. Comme un certain nombre d’oiseaux, le condor est monogame. Si Madame Condor meurt avant Monsieur, de désespoir, Monsieur s’envole haut, très haut, si haut qu’il finit par ne plus avoir assez d’oxygène et qu’il meurt à son tour… Par contre, si c’est Monsieur qui meurt en premier, Madame est assez pragmatique et se cherche un nouveau partenaire. Bah oui, c’est comme ça la vie, c’est pas juste. En tout cas, nous, des condors, on en voit plein et c’est vrai que c’est une sacrément grosse bestiole. Norma, elle nous demande juste de ne pas essayer de voler : « And you don’t want to be food for the condors… »

On finit par quitter la foule des grosses feignasses qui ne sont venus jusque-là que pour sortir leurs téléobjectifs. Nous, on est des vrais, des durs à cuire, rien ne nous fait peur alors on va descendre dans le canyon. C’est Norma qui nous y emmène. Elle est vraiment rigolote Norma, quand on fait 3 pas, elle en fait 10 (OK, ça, c’est pas de sa faute) et elle fait bien attention à ne laisser personne traîner derrière. Elle nous dit aussi de faire bien attention quand on croise des mules et de bien se coller à la paroi parce que la mule, d’un coup de hanche bien placé, elle pourrait nous expédier au fond du canyon plus rapidement que prévu. « And you don’t want to be food for the condors… » Et on descend. Encore et encore. Et encore. Ça semble ne jamais s’arrêter. Ça va d’ailleurs nous prendre la journée. Plus on descend, plus il fait chaud. Il y a quand même quelques villages perchés le long des falaises et dans ces oasis, on fait pousser des arbres fruitiers, pommiers, avocatiers, poiriers, … Ici, il ne fait jamais aussi froid qu’en haut, sur l’Altiplano. On est quand même bien contents d’arriver au fond, peu de temps avant qu’il ne fasse nuit. Et quand la nuit tombe, le ciel qu’on aperçoit juste au-dessus de nos têtes entre les falaises se couvre d’un bon million d’étoiles. C’est chouette.

Juste le temps d’avaler une bonne soupe et Norma nous envoie nous coucher. Demain, départ à 5h pour remonter tout ça. La mauvaise surprise c’est que le petit déj, c’est en haut. Plus de 1000 mètres à grimper dans la nuit avec le ventre vide… On râle mais bon, de toute façon, on n’a pas le choix !

Alors à 5h, la frontale vissée sur la tête, on entame l’ascension. Il fait froid, il fait faim alors on ne s’arrête pas et en un peu plus de 2 heures, on ressort la tête de ce foutu canyon. Comme par hasard, à l’arrivée, une petite dame vend quelques fruits. On se jette sur un régime de bananes que le soleil n’a pas encore eu le temps de faire décongeler. Ce sont les meilleures bananes qu’on n’a jamais mangées… La pauvre Norma, elle, ne sortira du canyon qu’une bonne heure et demie plus tard traînant derrière elle un couple de Brésiliens qui jure qu’on ne l’y reprendra plus.

Après avoir englouti le petit déj tant promis, on reprend le minibus direction Arequipa. Avant de quitter la vallée, on s’arrête dans 2 petits villages soi-disant typiques mais où on nous attend encore pour essayer de nous soutirer quelques billets…

Clairement, on est de mauvais clients… On refuse même de faire une donation à l’église où pourtant un petit monsieur insiste lourdement. La dernière arnaque concerne le déjeuner, non inclus dans notre forfait « Canyon ». On nous a dit qu’on s’arrêtait à Chivay, le village à l’entrée de la vallée. Nous, on s’était dit, OK, pas de problème, on achètera quelques empañadas, ça nous fera bien attendre le dîner. Sauf qu’en fait, on ne s’arrête pas exactement à Chivay mais dans une auberge un peu à l’écart où si on veut manger, y a pas le choix, faut prendre un menu à 15 soles… Ça, ça agace…

Sur la route qui nous ramène à Arequipa, on traverse une réserve naturelle où paissent quelques troupeaux de vigognes, guanacos, lamas et alpagas. Pas toujours facile de reconnaître qui est quoi. Norma, elle nous dit qu’on a vraiment beaucoup de chance de voir tout ça, c’est pas tous les jours.

En arrivant à Arequipa, on se jette sous la douche avant de se précipiter au resto. Ce soir, on tente les spécialités de la cuisine arequipeña : piment farci et cochon d’Inde grillé… Curieux et pas vraiment un succès…

Voilà, Arequipa, c’est déjà fini. Demain, on reprend le bus et on file plein est direction le lac Titicaca (encore ? oui, encore, les autres, ils n’y sont pas allés, eux !).

Photos ici.

Gauliard Tour in Perù !!

En ce lundi matin mon réveil sonne à 3h45. Mais pourquoi ? Et bien parce qu’à 4h15, je dois prendre le taxi pour aller à l’aéroport. Mais pour quoi faire ? Et bien pour aller accueillir comme il se doit Gauliard Tour qui débarque à Lima à 5h. Oui, effectivement, on n’a pas idée de prendre un vol qui arrive à 5h du matin…

Et ouiiiii ! Pour la première fois dans son histoire, Gauliard Tour s’exporte ! Bon, la logistique n’est pas encore complètement au point, le décalage horaire n’est pas encore complètement maîtrisé et le passage de la douane leur prend près d’une heure mais les voilà !! Gauliard Tour me rejoint au Pérou pour 3 semaines et on n’est pas là pour enfiler les perles.

Dans le Metropolitana - Lima

Dans le Metropolitana – Lima

D’ailleurs, à peine le temps d’avaler un café au Starbucks de l’aéroport, Jaime vient nous chercher. Jaime, c’est un contact d’Anne qui fait du business avec des asperges. Comme il est très sympa, il nous consacre sa journée et va nous emmener manger, visiter une plantation d’asperges et de clémentines où on fait aussi des tests de dynamite (oui, on peut tout faire dans le même champ, c’est pas un problème), visiter une usine de conditionnement d’asperges et d’avocat, manger, et nous ramener à la maison. Jaime, il est rigolo. Il passe son temps au téléphone, à acheter, expédier et vendre des asperges en même temps qu’il conduit d’une main à 160km/h et il boit de l’Inca Cola avec son ceviche. En tout cas, grâce à lui, on découvre que l’asperge est une spécialité du pays et mettre les asperges en bottes, c’est un métier.

Jaime, il a vécu dans le sud de la France quand il était jeune (il est pas très vieux, hein, il a 40 ans et du coup, il parle français, ça aide), puis il est retourné au Pérou, il a flairé le bon filon des asperges (parce que les Péruviens, eux, ils en mangent pas des asperges, ils les font pousser seulement) et il est devenu trafiquant d’asperges. Il nous raconte le Pérou d’il y a 20 ans, l’inflation galopante, le terrorisme, le Sentier Lumineux, comment l’industrie agro-alimentaire essaye aujourd’hui de se placer comme exemple au niveau mondial, et pourquoi on n’envoie pas les asperges par avion à l’autre bout du monde. On rigole bien, ça change des visites habituelles de musées et moi, ça me permet de me rappeler comment on met une blouse et une charlotte… souvenir, souvenir…

Bref, pour fêter l’arrivée de Gauliard Tour à Lima, le soir, on s’est fait un dîner de rois : saucisson fraîchement importé sous le manteau, camembert coulant à souhait et un peu d’avocat pour donner une touche exotique à tout ça… que du bonheur !

Le lendemain matin, on est allés visiter le centre (enfin re-visité en ce qui me concerne) de la ville et papoter avec les gardes qui s’ennuient devant le Palais du Gouverneur.

Devant le Palais du Gouverneur - Lima

Devant le Palais du Gouverneur – Lima

Puis, comme j’en n’avais pas encore marre du Punto Azul, on est allé manger des fruits de mer accompagnés d’une délicieuse plâtrée de riz. Et à force de traînasser, traînasser et traînasser encore, on a bien failli pas trouver de bus pour nous emmener à Paracas. Oui. Parce que Lima c’est bien mais pas tant que ça non plus. Alors on n’y a pas trop traîné et après avoir écumé les compagnies de bus, on a fini par en trouver une qui nous a conduit à Paracas, quelques 3 heures et 270kms plus au sud le long de la côte.

Et qu’allaient-ils donc faire à Paracas ? Ça, c’est l’histoire de demain…

Photos ici.

Où l’on fait de vieilles blagues sur le lac Titicaca…

Allez, on se la fait une fois, on rigole un bon coup et après on redevient sérieux, OK ?

« Qui c’est qui va faire un titi caca sur les rives du lac Titicaca ? » … Mouahahahaha ! Pfff… qu’est-ce qu’on s’marre, non mais j’vous jure…

Bon, allons, reprenons. On a donc pris le bus depuis La Paz direction Copacabana. Non, pas le Copacabana où les filles se baladent en string sur le sable et où les gars ne peuvent pas marcher avec les bras le long du corps à cause de leurs triceps hypertrophiés. Le Copacabana où tu ne sors pas sans ton bonnet et où seuls les canards barbotent dans l’eau. Le Copacabana bolivien, au bord du lac Titicaca, un village de 6 000 habitants à 5kms de la frontière péruvienne. C’est notre dernière étape bolivienne.

Pour se rendre à Copacabana, il faut donc prendre le bus pendant 3h30. A un moment, la route passe sur le lac. Et non, y a pas de pont. Il faut prendre un bac. Tout le monde descend donc du bus et grimpe sur un bateau. Et le bus fait pareil. Mais sur un autre bateau. Tout le monde a donc les yeux rivés sur le bus, un peu anxieux de voir le bus (et surtout son sac à dos) arriver à bon port. Puis tout le monde remonte dans le bus et colle son nez à la fenêtre pour admirer le lac. Rien que la route, c’est déjà très très joli.

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Mais c’est pas le tout de faire sa maligne, en fin de journée, je me fais rattraper par un bon petit mal des montagnes. Bah oui, crapahuter dans la capitale la plus haute du monde et venir poser son paquetage sur les rives du lac le plus haut du monde, fallait bien que je finisse par payer toute cette hauteur. Du coup, ma tête pèse plus d’une tonne et la soirée se déroule un peu au ralenti à ingurgiter du maté de coca jusqu’à plus soif.

Le lendemain matin, ma tête a retrouvé son poids normal et on a décidé d’aller visiter l’Isla del Sol. On prend donc un bateau à 8h du matin au bout d’un petit ponton branlant et dans les vapeurs d’essence, on prend le large. Le soleil brille, l’eau s’étend à perte de vue et ondule à peine, la traversée dure près de 2 heures, seuls le vent et la température nous rappellent qu’on n’est pas sur la mer mais bien sur le fameux lac.

En arrivant à l’Isla del Sol, on se fait conduire jusqu’au petit musée qui expose quelques découvertes faites par l’équipe du commandant Cousteau au fond du lac. Là, on doit payer un droit d’entrée pour pouvoir aller se promener sur le sentier qui traverse l’île : 10 bolivianos par tête. Bien, c’était pas prévu mais on peut considérer que ces 10 bolivianos sont un droit d’entrée sur l’île, soit. On part donc à l’assaut des 13kms de crêtes qui traversent l’île d’un bout à l’autre. Les criques sont fabuleuses, les paysages incroyables, c’est magnifique. Chaque côte est une petite épreuve à 3850m d’altitude mais ça vaut la peine. Arrivés au milieu de l’île, on tombe sur 2 gars qui nous barrent la route et nous demandent de payer 15 bolivianos par tête (une fortune, clairement) pour pouvoir continuer notre chemin. Soit disant, le ticket du début ne concerne que la partie nord de l’île, ici, il faut payer pour la moitié sud. Je m’énerve, les traite à moitié de voleurs ce qui ne les fait pas sourciller et puisque tout le monde s’exécute, je finis par faire pareil en râlant. De toute façon, y a pas le choix, on doit atteindre le port au sud de l’île pour reprendre le bateau.

Ce qui devait arriver arriva. A la pointe sud de l’île, un troisième péage nous attend. Là, c’est 5 bolivianos par personne. Trop c’est trop, marre d’être prise pour une pigeonne ! Là, question de principe, je ne paye pas. No mas bolivianos ! Finalement, la petite dame nous laisse passer, en râlant elle aussi. Non pas que j’ai des épines au fond des poches, la question n’est pas là. Mais payer juste pour marcher sur un sentier et se faire racketter 3 fois sous prétexte que l’argent ne va pas dans la poche de la même communauté, faut pas pousser le bouchon Maurice !! D’autant plus qu’aucune agence ni compagnie de bateau qui vous amènent sur l’île ne vous préviennent qu’il faut payer un droit d’accès pour le sentier des crêtes. Pour un peu, ça gâcherait la balade qui pourtant vaut vraiment le coup.

Le lendemain, on traîne dans le village qui est plutôt calme, et on fait un petit tour à la basilique, démesurée, avant de prendre le bus après le déjeuner pour Puno, côté péruvien. En arrivant au poste frontière bolivien, on s’aperçoit qu’il nous manque un petit papier vert qu’on aurait dû avoir en entrant dans le pays. Qu’à cela ne tienne, le douanier nous en fait un antidaté, change de tampon, signe des 2 côtés de la carte et voilà ! on est sortis de Bolivie ! Quelques minutes plus tard, rebelote côté péruvien et hop ! nous voilà entrés au Pérou !

En fin d’après-midi, on arrive donc à Puno, 100 000 habitants, 2 gares routières et des tas de rabatteurs qui vous tombent dessus à peine descendus du bus. Là, on se laisse convaincre par une petite dame qui nous propose un hôtel en plein centre à 40 soles la chambre avec eau chaude (oui, on a encore changé de monnaie, à peine eu le temps de s’habituer aux pièces boliviennes). Eau chaude mais pas chauffage, bien sûr. De toute façon, le chauffage, depuis bientôt un mois que je traîne de ce côté du monde, ça semble être un truc complètement délirant. Y en a nulle part. Pourtant, il fait froid voire très froid. Il neige même parfois. Mais à part moi, visiblement, tout le monde s’en fout. Bref, on s’installe et on passe de longues minutes à s’ébouillanter sous la douche. On va ensuite faire un petit tour dans le centre-ville très animé en ce vendredi soir. Les gens se promènent, mangent des glaces, font des courses, y a plein de vendeurs de rues, ça fourmille. On finit par aller dévorer un steak d’alpaga (pas mauvais du tout) avant de rentrer se glisser sous nos piles de couvertures.

Le lendemain matin on doit se rendre à l’aéroport de Juliaca, à 45kms de là, on a un vol pour Lima. Sur le papier, c’est simple, on doit prendre un colectivo (un taxi minibus) jusqu’à Juliaca et là-bas, prendre un autre colectivo jusqu’à l’aéroport. Pour prendre le colectivo pour Juliaca, faut aller au terminal terrestre (la gare routière). Oui, mais pas celui où on est arrivés hier. Non, le terminal zonal. Heureusement qu’on avait prévu un peu de marge… On finit par trouver le colectivo, on hisse nos sacs sur le toit et là, il faut encore attendre que le minibus soit plein avant de partir. Pas question de rouler à moitié vide !!

Au moment de décoller, on aperçoit une dernière fois le lac Titicaca par le hublot avant de disparaître dans les nuages…

Et 2 heures plus tard, nous voilà à Lima. En bus, le même trajet nous aurait pris plus de 24 heures… On grimpe dans un taxi qui nous amène jusqu’à Miraflores, le quartier riche de Lima, dans lequel on a réservé une auberge de jeunesse. En chemin, on observe la ville à travers les fenêtres. Une autre grande ville d’Amérique latine, grise, bétonnée, bordélique, aux installations électriques brouillonnes et à la circulation dantesque. Et soudain, la mer. L’océan plutôt. Qui déroule des vagues longues de plusieurs dizaines de mètres le long des plages de Miraflores. Et quelques grappes de surfeurs qui regardent l’horizon mais en combinaisons intégrales quand même…

On fait un petit tour dans le quartier et on tombe sur un petit resto de fruits de mer, le Punto Azul, qui nous semble bien sympathique. Il est 16h, pas vraiment l’heure de déjeuner mais le snack de l’avion est déjà loin alors… on se laisse tenter. Et bah, on regrette pas. De loin, le meilleur resto qu’on ait fait. Les portions sont gargantuesques mais surtout, c’est délicieux. On se partage un risotto à l’encre de seiche, aux crevettes et aux coquilles Saint-Jacques… mmmh ! L’assiette est tellement énorme qu’on arrive pas à finir et on aura même le droit d’emporter un petit doggy bag avec nos restes. On finit l’après-midi à se balader et à faire du lèche-vitrine dans le centre commercial qui domine la falaise de Miraflores et d’où on regarde le soleil tomber dans l’océan.

Dimanche matin, il fait gris. On a décidé d’aller visiter le centre du vieux Lima. On a pris le Metropolitana, un bus qui circule sur les grandes artères de la ville dans un couloir réservé et dont on n’a rien compris au plan mais qui nous a amenés à bon port. Pas grand-monde dans les rues, les magasins sont encore fermés, les cafés n’ont pas encore ouverts, on se demande un peu où sont les gens… Et après un grand tour à la Plaza de Armas, on a fini par les retrouver… à la messe ! Nous, on voulait simplement visiter l’église. On pouvait pas rentrer, c’était blindé. Du jamais vu. A la sortie, y avait même des camions de pompiers qui barraient la rue, des danseurs et une troupe de mariachis. Du coup, on s’est dit qu’il allait se passer quelque chose alors on a attendu. On était pas les seuls. La rue a commencé à se remplir jusqu’à ce qu’on se retrouve complètement coincés entre un immeuble et une voiture. Et quand enfin, la messe a été dite, la fanfare a éclaté et on a vu sortir Saint Dominique sur un char. Là, c’est devenu du délire. Les gens applaudissaient, lançaient des confettis, chantaient… et comme par magie, le soleil a fait son apparition. Divine, sûrement.

Comme toutes ces bondieuseries avaient fini par nous creuser, on est retournés manger dans le resto de la veille où cette fois, on a du faire la queue près d’une heure pour avoir une table. Mais encore une fois, on n’a pas regretté.

Et puis, il a fallu que je dise au-revoir à mon papa qui est reparti à Paris et comme tout bon backpacker qui se respecte, je suis allée à la laverie où j’ai passé le reste de l’après-midi à regarder mon linge tourner en observant les Limeños vaquer à leurs occupations.

Le Pérou s’annonce sous les meilleurs auspices, il fait même pas froid.

Photos ici et .

La Paz Express

Clairement, la Bolivie n’était pas au programme au début de ce voyage. Et puis, à force d’entendre tous les gens que je croisais me dire : « Quoi ? Tu vas pas en Bolivie ? Mais le salar d’Uyuni c’est trooooop génial ! Faut absolument que tu passes par là ! », j’ai fini par me laisser convaincre. Du coup, voilà, après 3 jours à traverser le Sud Lipez, on se retrouve dans un bus de nuit sur une piste plus que défoncée en direction de la capitale la plus haute du monde, La Paz, à 4000 mètres d’altitude.

Au petit matin, le bus s’arrête sur le bord de la route. On n’est pas du tout à La Paz, on est juste en panne. Pendant près de 45 minutes, les chauffeurs vont faire tousser et cracher le moteur et finalement, alors qu’on n’y croyait plus, on reprend la route. Au bruit que fait le moteur, vaut mieux juste pas qu’on s’arrête… Et puis soudain, on y est. On arrive au bord de la falaise et sous nos yeux s’étale La Paz. C’est grand, c’est dense, c’est très en pente et tout semble de la même couleur, cette couleur ocre qui camoufle presque les immeubles dans la falaise. Très impressionnant.

La circulation aussi est impressionnante. Après avoir eu des plaines immenses et des étendues salées à perte de vue, se retrouver dans les bouchons du matin, ça fait tout bizarre. La gare routière est au-dessus du centre-ville et pleine à craquer de Boliviennes en chapeau et de Boliviens qui se font cirer les chaussures. Nous, on n’a pas beaucoup de temps. On n’est que de passage ici. Cet après-midi, on reprend déjà un autre bus. Alors, on laisse nos sacs à la gare et on part explorer la ville. Il fait beau, il fait même très chaud et toutes les rues sont en pente. Rapidement, on se rend compte qu’on est à 4000m : on ne peut pas marcher et parler en même temps. D’ailleurs, curieusement, on ne croise personne qui fasse un petit jogging ce matin… On prend quand même le temps de s’offrir un petit point de vue depuis le La Paz moderne, celui qui est en bas, avant de remonter dans le vieux quartier, tout en haut en s’arrêtant au passage à quelques stands de salteñas et de jus de fruits frais. On déambule dans les petites ruelles autour de la cathédrale où il y a tellement de vendeurs de pulls et de bonnets qu’on se demande comment toute cette marchandise peut bien s’écouler, on se retrouve nez à nez avec quelques fœtus de lamas tout desséchés et puis on retourne à la gare routière.

Difficile de se faire une idée de la capitale bolivienne en aussi peu de temps mais clairement, nous, on n’a pas vraiment accroché. Alors sans regret, on reprend le bus et la route. On préfère les jolis paysages aux grandes villes méga polluées. Ce soir, on sera à la frontière péruvienne, sur les rives du plus haut lac du monde, celui dont on n’a eu aucun mal à retenir le nom quand on était en CE2 parce que ça nous faisait bien trop marrer… j’ai nommé, le lac Titicaca.

Photos ici.

Passe moi l’sel !!

A 5h pétantes, Josselin, Justine, Papa et moi, on est debout sur le trottoir à trépigner d’impatience en attendant que passe nous chercher le minibus qui nous emmène à la frontière bolivienne. Aujourd’hui, on part pour le Salar d’Uyuni, facilement dans le top 5 de ma liste d’endroits à aller voir pendant ce voyage.

Les rues sont plongées dans le noir, les étoiles constellent encore le ciel, on aperçoit même un bout de voie lactée. Quelques chiens errants et fêtards bien imbibés errent dans les rues et passent devant nous en se demandant bien ce qu’on fait là avec tout notre barda. A 5h30, le minibus arrive enfin. Il termine la tournée de la ville pour récupérer les petits chanceux qui traverseront leSud Lipez ces 2 prochains jours et à 6h, on quitte enfin San Pedro de Atacama.

A cause des chutes de neige des derniers jours, on ne peut plus passer la frontière comme prévu à côté de San Pedro mais il nous faut remonter jusqu’à Ollague, 300kms plus au nord. 300kms, 3 heures. Dont 2 à une vitesse folle sur une piste crevée de nids de poule où tu te dis que finalement, c’est bien que tu aies zappé le petit-déjeuner… Le paysage est déjà incroyable : des volcans, des montagnes gigantesques au sommets saupoudrés, des grandes plaines dorées et ici et là, une voie de chemin de fer qui serpente.

Vers 11h, on atteint le poste frontière chilien. Parce qu’avant d’entrer en Bolivie, faut déjà qu’on sorte du Chili. Mais apparemment, on n’est pas les seuls à avoir envie de sortir ce jour-là. On se fait donc une bonne heure de queue pour obtenir le précieux tampon de sortie avant de remonter dans le minibus et de parcourir 2 kilomètres supplémentaires. Là, au beau milieu du no man’s land, une bonne vingtaine de jeeps de différentes agences attendent sagement leurs clients. Avant d’entamer l’aventure bolivienne, on a donc le droit à un petit-déj (il est midi mais dans la vie, faut pas se laisser abattre) avec notre premier maté de coca, une infusion de feuilles de coca, bien connues pour être l’ingrédient de base de la cocaïne mais utilisée partout dans les Andes pour ses propriétés médicinales aidant à combattre le mal des montagnes. La coca, tu la bois ou tu la chiques. Nous, on commence par la boire. C’est bizarre, pas très bon, moi je trouve que ça a un vieux goût d’herbe coupée mais bon, on est là pour découvrir la culture locale, pas pour faire une critique culinaire… Et puis l’air de rien, on est déjà à 4000m et on ne plaisante pas avec ces choses-là.

On fait alors connaissance avec notre chauffeur pour les 3 prochains jours, Jaime. Jaime, il parle espagnol, quelques mots d’anglais et basta. Mais il a l’air super sympa et une fois que nos sacs sont chargés et emballés sur le toit de la jeep, on part pour le poste frontière bolivien. Bizarrement, côté bolivien, y a personne. Alors, juste le temps d’une petite photo…

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… et en voiture Simone ! Dans la jeep, on est 6 : notre équipe de choc et 2 Américains, Kim et Matt. 7 avec Jaime. Rapidement, on se rend compte qu’on a bien de la chance d’être tombés sur Jaime. Il conduit bien, nous raconte plein de trucs sur ce qu’on voit et quand vient l’heure du déjeuner (non, on ne passe pas notre temps à s’empiffrer, c’est juste qu’on avait pris un peu de retard sur le breakfast time) au bord d’une lagune à flamants et qu’on retrouve les autres jeeps, on a de loin le meilleur menu. Chaque chauffeur s’occupe de ravitailler son équipage. A chaque pause, il font le tour des voitures, vérifient que tous les pneus sont encore bien gonflés et que les plaquettes de frein ne sont pas collées quelque part où elles ne devraient pas être (ce qui arrive à une autre jeep au bout de 20 minutes). On passe ainsi l’après-midi à traverser le Sud Lipez vers le sud jusqu’au coucher du soleil sur la Laguna Colorada, une lagune rouge sang à cause des microalgues qui vivent dedans. Une fois que la nuit est tombée, il nous reste encore à rallier notre refuge pour la nuit, quelque part au milieu de ce désert. Et déjà que normalement la nuit dans le désert c’est froid, mais à 3800m, la nuit dans le désert ça caille sévère. Jaime, lui, il s’en fout, il a enfilé un pyjama intégral en fourrure mais nous, à l’arrière de la jeep, on rigole moins. On arrive quand même à négocier qu’il nous mette un peu de chauffage. Pour ça, faut s’arrêter, ouvrir le capot et tripoter des trucs dessous… c’est normal. Peu importe, au bout de 10 minutes, ça va déjà mieux. Par contre, Jaime, tout engoncé dans sa combinaison en pilou-pilou, il crève de chaud. Bah la prochaine fois, il nous fournira le pilou-pilou, hein !

On arrive donc vers 20h dans le village (12 bicoques à tout casser) où on doit passer la nuit. Là, on a droit à une bonne soupe brûlante et une plâtrée de spaghettis sauce à l’ail… Comme Jaime n’a pas prévu d’animation pour la veillée, on va donc se coucher vite fait après. De toute façon, sous les tonnes de couvertures, c’est le seul endroit où il fait une température acceptable. Parce que non, y a pas de chauffage. Y a pas d’eau chaude non plus et les toilettes sont à l’extérieur, autant dire que t’as pas intérêt à avoir envie de faire pipi au milieu de la nuit, le risque de surgélation instantanée est bien trop élevé.

Le lendemain matin, après un petit-déjeuner de rois (pancakes et manjar, la version occidentale du dulce de leche argentin), on retrouve Jaime et on repart pour une journée de balade entre gros cailloux aux formes bizarres, lagunes envahies de lamas et de gros lapins à queues d’écureuils et montagnes toujours aussi somptueuses. Toutes les jeeps s’arrêtent plus ou moins aux mêmes endroits. Mais Jaime, il sait bien que nous, on n’aime pas ça. Alors à chaque fois, il prend des routes un peu différentes et nous arrête dans des coins où y a personne. La veille au soir, au refuge, on a entendu des gens qui se plaignaient de leur chauffeur qui ne leur parlait pas et qui roulait comme un dingue. Nous, on est bien contents que le hasard fasse bien les choses. En plus, Jaime, il a un iPod plein de super musique bolivienne, c’est la fête. Bref, on roule dans le désert pendant des heures  et en fin de journée, on arrive au bord du fameux salar, devant un hôtel de sel. Jaime a eu beau faire tout ce qu’il pouvait, on n’est arrivé qu’en second. Un hôtel de sel, c’est un hôtel où les murs, le mobilier et le sol sont en pierre de sel. J’y croyais moyen, j’ai voulu vérifier, j’ai léché un mur. C’était bien salé. On a juste eu le temps d’aller admirer le coucher du soleil avant de se retrouver plongés dans la nuit noire et glaciale… Alors on a vite avalé le dîner que Jaime nous avait préparé avant d’aller se glisser entre nos draps en polaire sous une bonne tonne de couvertures.

Ce matin, à 4h30, quand le réveil sonne, on ramasse vite fait nos affaires et on rejoint Jaime pour charger la jeep. Dehors, tout le monde s’agite pour partir au plus vite, lampe frontale vissée sur le front parce qu’à cette heure-ci, le générateur n’est pas en route. Ce matin, il faut partir de bonne heure pour aller voir le soleil se lever au milieu du salar. Alors après une petite heure à rouler à tombeau ouvert en se demandant bien comment Jaime fait pour trouver la route vu qu’il n’y a pas l’ombre d’un panneau ou d’une piste à l’horizon, on finit par s’arrêter, comme ça, d’un coup, au beau milieu d’un grand terrain plat dont on sait qu’il va être immense et blanc mais dont on ne devine que les quelques mètres qui nous entourent pour l’instant. Il fait froid, très froid. Mais doucement, les premières lueurs éclairent l’horizon et peu à peu, le salar apparaît… Et là, c’est… blanc, ok, immense, ok, mais c’est surtout… fantastiquement indescriptible. Voilà, le salar d’Uyuni, c’est ça.

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C’est complètement dingue. Quand on gratte un peu le sel, qu’on casse la croûte, un peu comme celle d’une crème brûlée, on trouve de l’eau. Et plein de gros cristaux de sel. Et puis en dessous, on trouve encore du sel et puis un peu de terre et encore du sel et de la terre et ainsi de suite sur parfois jusqu’à 40 mètres d’épaisseur. Alors on reste là, à photographier tout ça sous toutes les coutures, en râlant parce que les photos ne rendent pas compte de la réalité et parce que c’est encore bien plus beau en vrai. Alors on finit par juste regarder et regarder encore à s’en brûler les yeux…

Au bout d’un moment, Jaime, qui lui, vient regarder le spectacle 3 fois par semaine et qui commence à être un peu blasé, nous force à remonter en voiture et nous emmène jusqu’à l’autre bord du salar où des paysans boliviens exploitent le sel. Le boulot est crevant, les conditions hyper difficiles et ça ne rapporte pas grand-chose alors ils ne bossent que le strict minimum et le reste du temps, l’usine de conditionnement ne fonctionne pas. Nous, on trouve ça joli tous ces petits tas de sel mais c’est vrai que ça doit pas être rigolo.

Notre dernier arrêt avant Uyuni est le fameux cimetière de trains à côté de la ville. Il y a des années, un train reliait Uyuni à Antofagasta (sur la côte chilienne). Depuis près de 40 ans, on a abandonné le train (probablement bien trop cher à entretenir entre le sel, le sable, les Andes  et les températures glaciales). Depuis, des tas de vieux trains rouillent et s’enfoncent gentiment dans le sable au milieu de ce qui ressemble plutôt à un grand terrain vague. On comprend pas bien pourquoi c’est si fameux et apparemment, Jaime non plus. Et puis il nous dépose finalement à Uyuni. Là, notre premier objectif, c’est de trouver des billets dans un bus pas trop pourri qui part le soir même pour La Paz. Kim et Matt, les 2 Américains qui partagent notre jeep depuis 3 jours sont dans le même cas que nous. On arrive à trouver notre bonheur et on se retrouve tous les 4 sur le trottoir à devoir s’occuper pendant les quelques heures qui nous restent avant le départ du bus. Alors on traîne, du Mac internet café à l’Extreme Fun Pub, on finit par dire au-revoir à Josselin et Justine qui repartent côté chilien le lendemain et à l’heure dite, on grimpe dans le bus où on s’empresse de récupérer des couvertures (y en a pas pour tout le monde). Et au moment où le bus démarre, on se dit qu’on a bien fait de pas prévoir de rester plus longtemps à Uyuni, c’est vraiment trop déprimant comme ville.

Photos ici.

San Pedro de Atacama

Après une nouvelle nuit bien calés au fond d’un bus, on assiste au lever du soleil sur l’immensité vide du désert d’Atacama. Dès que les premiers rayons du soleil passent le sommet des dunes, on découvre un paysage immense, plat, avec quelques collines dans le fond et… désert. Seules quelques pistes partent de la route pour se rendre dans les mines et des mineurs descendent parfois du bus au milieu de ce nulle part. C’est beau.

Vers 9h, on arrive à San Pedro de Atacama, l’oasis au milieu du désert. Les collines se sont déjà transformées en belles montagnes et la route qui descend dans la vallée nous laisse apercevoir que la ville n’a pas usurpé sa réputation : entre les montagnes arides et le salar d’Atacama, une gouttelette de verdure et un village… San Pedro. Bienvenue dans le désert le plus aride du monde (le Sahara à côté, c’est du pipi de chat).

San Pedro est LA ville la plus touristique du Chili. A près de 2400m d’altitude, elle sert de camp de base aux aventuriers de tous poils venus se mesurer aux volcans qui l’entourent (le Licancabur, 5960m), à ses lagunes (Laguna Chaxa, Laguna Miquines, Laguna Miscanti, y en a pour tous les goûts), à ses geysers (El Tatio, 4300m, le plus haut champ de geysers du monde), à ses vallées époustouflantes (Vallee de la Luna, Vallee de la Muerte) et bien sûr à l’inévitable expédition dans le Salar bolivien d’Uyuni.

La première chose qu’on a faite en arrivant à San Pedro, c’est d’oublier la moitié de nos affaires dans le bus et de ne nous en rendre compte que 30 minutes plus tard ce qui m’a valu un petit sprint de bon matin à travers les ruelles en terre battue. Piquer un sprint de bon matin, j’aime pas ça. Mais piquer un sprint de bon matin à 2400m d’altitude… j’aime pas du tout beaucoup ça ! Bon, la bonne nouvelle c’est que j’ai quand même pu récupérer nos affaires sous le regard goguenard du steward du bus qui me regardait haleter comme si je venais de faire un marathon. La mauvaise, c’est que justement, j’avais pas couru de marathon et je venais de me faire rattraper par l’altitude… Bon, heureusement, on avait prévu de rester là 3 jours pour s’acclimater doucement avant de passer la frontière bolivienne et à l’étape suivante. En attendant, on découvre le village. C’est tout petit (en même temps, y a  que 5 000 habitants), les rues sont en terre, les maisons sont blanches et en adobe (un mélange de terre et de paille séché au soleil), la Plaza de Armas est kromeugnonne et l’église d’un blanc éclatant contraste parfaitement avec le ciel d’un bleu azur. Et ça tombe bien parce que le bleu azur, ça va pas durer.

On passe donc la matinée à arpenter la rue principale pour faire le tour de quelques agences et récupérer des infos sur les tarifs des excursions dans les environs et on décide d’aller démêler tout ça devant une bonne assiette d’empañadas. En entrant dans le resto, on tombe sur… Josselin et Justine ! Ils ont finalement décidé de venir directement à San Pedro et se demandent aussi comment organiser leur séjour ici. Par hasard, ils sont tombés sur un type qui leur a proposé de leur louer un van et la proposition les tente. On se dit que puisque nous, on est déjà installés dans un hôtel, eux peuvent dormir dans le van et on se baladera ensemble pendant les 2 prochains jours en visitant les différents sites par nos propres moyens, on partagera les frais et tout le monde sera gagnant. Après le déjeuner, on va aussi réserver tous ensemble notre expédition pour le Salar d’Uyuni 3 jours plus tard. Après avoir tenté de négocier un petit rabais sur la facture totale (tenté…), on se retrouve dehors, assez contents d’avoir été efficaces et du coup, on se donne rendez-vous le lendemain à 5h pour aller assister au réveil des flamants roses et au lever du soleil sur la Laguna Chaxa à 60kms de là.

On passe donc le reste de l’après-midi à régler des contingences plus matérielles comme faire la lessive, faire quelques courses, se balader un peu et profiter du soleil. En fin d’après-midi, le ciel se couvre et le soleil couchant nous offre alors un spectacle plutôt surréaliste…

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Mais une fois le spectacle finit, on réalise assez vite qu’effectivement, on est peut-être en plein désert mais très loin du niveau de la mer ! Nos prochains achats sont donc un pull et une paire de chaussettes en alpaga (en fin.. d’après la vendeuse, c’est de l’alpaga, d’après moi, c’est plutôt du poil de chat mais peu importe, ça tient chaud), et un bonnet et des gants histoire de ne pas se retrouver congelés…

Le lendemain matin, on retrouve donc nos deux aventuriers de l’extrême qui ont passé la nuit dans leur van et on prend la route de la Laguna Chaxa dans le noir absolu. Après une bonne heure de route, on arrive devant l’entrée du site… fermée par une barrière. On se dit qu’on ne devrait pas attendre bien longtemps avant l’ouverture puisqu’on ne précède les tours operators que d’une demi-heure. On en profite pour prendre un petit déjeuner au chaud et à 7h, alors que le soleil a déjà pointé le bout de son nez depuis 20 bonnes minutes, on aperçoit une camionnette qui emprunte la piste de la lagune. Hourrah ! c’est l’homme qui a la clé ! On est donc les premiers à arriver devant les flamants qui ne sont pas encore bien réveillés et qui ont la tête plongée dans l’eau pour trouver leur petit-déjeuner. On arrive à les approcher d’assez près et c’est assez impressionnant parce que ce sont de grosses bêtes quand même ! On a même le temps de s’offrir une séance photo carte postale et une petite balade autour du lac avant que n’apparaissent les premiers touristes. Vraiment, aucun regret de s’être levés de si bonne heure, ça valait vraiment le coup !

Du coup, on poursuit notre exploration du désert d’Atacama et on traverse des paysages tous plus grandioses et fantastiques les uns que les autres jusqu’à arriver aux Laguna Miquines et Miscanti où là, le ciel vire franchement au gris et où quelques flocons vont finir par nous tomber dessus… Des flocons ! De neige ! En plein désert ! Le plus aride du monde, je rappelle ! Heureusement, ça ne dure pas bien longtemps et le temps de changer de vallée, la météo est redevenue supportable. On passe ainsi toute la journée, de lagunes en salar, de villages perdus désertés en vallée oasis couverte d’arbres fruitiers, certains s’offrent même un petit bain dans la Laguna Cejar (où la concentration en sel est équivalente à celle de la mer Morte) et on rentre à San Pedro au coucher du soleil, la tête pleine d’images fabuleuses et le corps encore tout secoué des kilomètres avalés sur les pistes défoncées.

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Comme on compte remettre ça le jour suivant, on va dîner de bonne heure et on rentre se coucher avec les poules. Le réveil est réglé à 3h30…

Parce que le lendemain matin, c’est à 4h qu’on remonte en voiture, direction les geysers d’El Tatio. Là encore, il paraît que c’est au lever du soleil que c’est le plus impressionnant alors nous, bêtes et disciplinés, on s’enfile 2 heures de route de montagne, toujours dans le noir le plus total et espérant qu’au bout de la piste, le spectacle soit à la hauteur… En route, après avoir manqué écraser un drôle de lapin à queue de renard et un paquet de petites souris blanches, de jolis flocons viennent subitement danser devant nos phares… Le temps d’arriver jusqu’au geysers, il neige franchement et pour le lever de soleil, on repassera…

Du coup, on a beau se retrouver au beau milieu du champ de geysers le plus haut du monde (4300m quand même), on se gèle et on a un peu de mal à apprécier l’endroit. D’autant plus que les fameux geysers ne sont en fait que de tout petits bouillons voire à peine quelques fumerolles (à se demander quand ont été prises les photos étalées sur les murs de toutes les agences de la ville) et que vu le foin que tout le monde fait autour de ce truc, on s’attendait à carrément mieux. Alors au bout d’une demi-heure, on remballe et on décide de rentrer à San Pedro. La piste est déjà couverte de 2 bons centimètres de neige qui tiennent bien et on ne peut pas vraiment dire qu’il y ait foule de voitures ou de minibus qui soient passés avant nous. On prend donc notre temps et malgré le froid et le ciel de plus en plus gris, on apprécie le paysage. Dans un virage, on tombe même sur un troupeau de lamas qui traversent tranquillement la route… magique !

En arrivant à San Pedro, il est encore tôt et on décide d’aller explorer la vallée de la Luna tout près. Là encore, les paysages extraordinaires s’enchaînent, nous surprenant à chaque fois. C’est dingue comme les paysages peuvent être différents à quelques kilomètres d’écart ! On se faufile dans un grotte sombre et étroite avant de grimper au sommet d’une dune géante et d’admirer de là tout le désert… Et puis, puisque ça faisait maintenant 2 jours qu’elle menaçait, la pluie finit par crever le ciel et nous force à rentrer. Et là, dans le désert le plus aride du monde, là où de mémoire d’homme, il n’a jamais plu au mois de mai, s’abattent des trombes d’eau pendant tout le reste de l’après-midi… Personne n’y comprend rien. Les maisons ne sont pas construites pour résister à toute cette eau et quand on rejoint notre chambre, elle s’est transformée en piscine… Le mur de la salle de bain dégouline littéralement et il commence à être temps de mettre à l’abri ce qui traîne encore sur le plancher. La pauvre fille de la réception est complètement débordée, l’hôtel prend l’eau et elle n’a que des casseroles à prêter pour limiter les dégâts. Entre temps, on a appris que notre départ pour le Salar d’Uyuni prévu le lendemain est repoussé au jour suivant parce qu’avec toute la neige qui tombe à la frontière, la route est coupée. On est donc coincés un jour de plus à San Pedro. Bien. Ca ne nous arrange pas mais puisqu’on n’a pas le choix, on survit. Jusqu’à ce qu’on se rende compte qu’il pleut sur le lit ce qui est, littéralement, la goutte d’eau qui fait déborder le vase alors on ramasse nos affaires, on se fait rembourser la nuit dans l’hôtel aux plafonds qui fuient et on part s’installer ailleurs. D’ailleurs, ailleurs, c’est bien mieux. Certes, y a plus d’électricité comme dans la majeure partie de la ville mais il ne pleut pas dedans et la dame de l’hôtel nous accueille à bras ouverts. Mais la ville s’est transformée en un immense champ de boue, les rues se remplissent à vue d’œil et au resto, les sceaux s’alignent autour de la pièce signalant chaque fuite. C’est complètement dingue. Normalement, il pleut 2 fois par an à San Pedro au mois de février. Deux bonnes grosses averses et c’est fini. Là aussi, les maisons prennent l’eau mais ça dure si peu longtemps et ça sèche si vite que personne ne se soucie d’étanchéifier les toitures. Là, c’est le déluge et personne ne sait quoi faire. Rhalala, le réchauffement climatique ma bonne dame, y a plus de saison toussa toussa

Le lendemain matin, le ciel est redevenu bleu et le soleil entreprend son travail de séchage. Puisqu’on est coincés là, on refait un petit tour de la ville en passant par le marché artisanal où 4 boutiques se battent en duel mais où on assiste à un cours de poterie sur un vieux tour de potier en bois. Un peu plus tard, on retrouve Josselin et Justine qui ont rendu le van et se sont installés dans le même hôtel que nous et on décide d’aller jusqu’à la vallée de la Muerta à pieds. 4 kilomètres, ça ne devrait pas poser de problème. En plus, c’est facile. On nous a dit que c’était la première à droite sur la route de Calama. Alors on y va. Et au premier petit sentier sur la droite, on bifurque. C’est forcément là, on aperçoit des gens au sommet de la colline derrière. On grimpe le long d’une crête et… ah bah non, le chemin s’arrête net, ça doit pas être par là. Bien. Sauf qu’on n’a vraiment pas envie de faire demi-tour et que de là où on est, on voit très bien où passe le chemin. Alors on prend à travers champs (sauf qu’il n’y a pas de champ mais c’est pareil). Et on retrouve devant un grand barbelé et une pancarte qui dit « No Entrar ». Mon espagnolo n’est pas au plus haut niveau mais je comprends bien que ça dit quelque chose comme « Pas par là ». Mais nous, on s’en fout. On passe derrière le barbelé et on grimpe. Arrivés au sommet, on retrouve une famille de Français hyper sympas qui sont en tour du monde et qui dorment, eux aussi, dans le même hôtel que nous (les Rambautourdumonde). Et qui nous apprennent qu’on a bien fait de grimper par le sentier interdit parce que de l’autre côté, y a une entrée… payante. On aurait voulu faire exprès qu’on aurait pas aussi bien réussi. On se dit que puisqu’on est là, on va redescendre par la voie officielle histoire de jeter un œil aux ruines incas un peu plus bas. Mouais… des tas de petits murets en pierre cassés, rien de bien excitant. En ressortant, on tente notre chance en stop. Un beau pick-up rouge s’arrête, une petite dame nous fait signe de grimper, on s’entasse comme on peut sur la banquette arrière et chauffe Marcel ! 5 minutes après, elle nous dépose à San Pedro et on se dit que finalement, cette dernière journée n’est pas si perdue que ça.

Pour fêter notre dernière soirée en terre chilienne, on organise un grand dîner sur la terrasse de l’hôtel avec tous les francophones de l’hôtel. Quelques poulets rôtis et portions de frites plus tard, on part se coucher, l’estomac plein et la tête pleine de chouettes souvenirs de notre étape à San Pedro. Demain, le réveil sonne à 4h30, on a rendez-vous avec la Bolivie.

Photos ici.

NDLR : Si vous passez à San Pedro de Atacama, n’allez surtout pas chez Hostelling International. Il y fait froid, ça n’est pas si bon marché, vous n’aurez pas droit au petit-déj soi-disant inclus puisqu’il n’est servi qu’à partir de 8h et que vous quitterez l’hôtel bien avant pour visiter les environs, l’eau chaude est intermittente comme le wifi et si jamais il pleut, vous n’aurez droit qu’à une poêle à frire en travers de votre lit. Donc non, n’allez pas là. Par contre, allez à la Residencial Villacoyo, hyper sympa, pas froid, avec l’eau chaude en continu, pas de petit-déj et pas de wifi mais encore moins cher et surtout… étanche.

Parque Nacional Pan de Azucar

A 5h du matin, le bus s’arrête, mes petits yeux collés s’ouvrent (pas trop grands) et le steward du bus (on va l’appeler comme ça puisqu’il travaille dans le bus mais que c’est pas le conducteur) annonce « Chañaral ! Chañaral ! ». Et m***, il est pas en retard, faut descendre…

Le plan, c’est d’acheter les billets de bus pour le trajet suivant et de squatter la gare routière jusqu’à ce que les hôtels ouvrent. Sauf qu’en descendant du bus, on s’aperçoit qu’on n’est absolument pas devant une gare routière mais devant une station-service et qu’il n’y a nulle part où squatter… Bon. La station-service étant en fait au bout de la rue principale de la ville, on se dit qu’on va essayer de repérer 2 ou 3 adresses et se poser sur un banc en attendant. En attendant quoi, on sait pas mais de toute façon à cette heure-là, y a rien d’autre à faire. Je sors mon bonnet et mes gants. Il fait pas chaud dans ce pays à cette heure-ci. A partir de 6h, on commence à voir quelques mineurs qui partent travailler dans des pick-ups avec de grands panneaux « EXPLOSIVES ». Parce que Chañaral est une ville minière à l’intérêt assez limité. Bah, qu’est-ce qu’on est venus faire là alors ? Et bah, d’après des sources plus ou moins fiables, Chañaral est la porte d’accès au Parque Nacional Pan de Azucar où on peut voir des pingouins de Humbolt, des renards gris, des guanacos (un genre de cousin du lama), des zorros (un renard gris kromeugnon) et tout un tas d’oiseaux.

Vers 7h, le soleil s’est levé et comme on commence à avoir mal aux fesses sur notre banc, on décide d’aller au terminal des bus acheter nos tickets pour la suite du voyage. Le terminal ouvre à 7h, on est les premiers clients de la journée. Il ne reste que 6 places dans le bus pour San Pedro de Atacama. On se dit qu’on a bien fait de ne pas attendre la fin de la journée pour s’occuper de ça ! En ressortant de là, on tombe sur un hôtel dont la porte est ouverte. On passe la tête et miracle ! y a quelqu’un. Le type nous fait visiter une chambre, on n’hésite pas longtemps, on n’a qu’une envie, c’est prendre une douche et finir notre nuit. On s’installe donc à la Residencial MiChica au milieu de la rue principale.

En fin de matinée, on décide de s’atteler à ce pourquoi on est là, la visite du parc. Je demande donc à la dame de l’hostal où est le bus pour se rendre au parc qui est tout de même à près de 30kms. Et là, je ne comprends pas grand-chose à ce qu’elle me répond mais je comprends l’essentiel : y a pas du bus pour aller là-bas. Quoi ??? Mais comment on y va alors ? Et bah… en taxi, mais ça risque de nous coûter pas loin de 30 000 pesos aller-retour. Je m’étrangle. Bon. Il nous faut un 2ème avis. On se rend donc à la mairie. Là, à peine on a passé la porte qu’un monsieur se précipite sur nous pour nous demander ce qu’on veut. Comme je lui demande s’il parle anglais, il part me chercher quelqu’un qui est supposé me comprendre. En attendant, il nous pousse dans un bureau de 9m3 où sont empilés 3 fonctionnaires dont un qui écoute de la musique à fond, 2 gros bureaux pleins de fouillis, 1 bureau d’écolier, 2 personnes qui sont venues demander des renseignements et nous qui ne savons pas trop où nous mettre pour ne pas gêner. Au bout de 15 minutes, on finit par demander à une des employés comment on peut se rendre à Pan de Azucar. Elle confirme : y a pas de bus, faut prendre un taxi. Bon. Bah vu qu’on est là pour 48 heures et qu’on est venus exprès pour ça, on va trouver un taxi, hein ? En ressortant, juste devant le trottoir, on tombe justement sur un taxi avec un petit panneau « Pan de Azucar » sur son tableau de bord. Un signe du destin. On tourne un peu autour de la voiture et on aperçoit un monsieur qui sort de la boulangerie d’en face et qui nous fait signe. C’est l’heureux propriétaire du taxi qui va devenir notre nouvel ami. On négocie donc les 2 allers-retours (bah oui, aujourd’hui et demain, ça fait 2) à 40 000 pesos et en voiture Simone ! 200 mètres plus loin, lorsque notre chauffeur apprend que demain, c’est notre anniversaire (ah oui, parce que demain, c’est notre anniversaire), il décide qu’avant de nous emmener au parc, on va passer par chez lui manger un morceau de gâteau. Bon bah… OK. Alors malgré le fait qu’il soit 11h et que franchement, la génoise à la crème c’est pas vraiment mon truc, on est polis et on mange. La conversation est un peu laborieuse entre notre espagnol et son anglais mais on s’en sort. Et puis Guisson décide que ce soir, on va fêter ça et il nous invite à venir manger des grillades sur sa terrasse. Nous, on dit pourquoi pas.

En attendant, il nous emmène au parc où on doit passer par la case CONAF pour s’enregistrer auprès des gardiens. Là, on constate qu’on est les premiers à entrer pour cette journée et qu’il n’y a pas eu plus de 5 touristes par jour toute la semaine précédente… Ceci expliquerait peut-être pourquoi il n’y a pas de bus pour se traîner jusqu’ici. Bref, maintenant qu’on est là, on part pour le Mirador. Les yeux vifs, les oreilles aux aguets, si la moindre bestiole bouge dans les 5kms à la ronde, on va la repérer. Mais les kilomètres s’écoulent et à part quelques nuages qui flottent au loin, on ne voit rien. Bon, certes les paysages sont impressionnants, la vue sur l’océan éblouissante, les cactus tout cramés et le soleil tape mais après 5 heures de balade, notre tableau de chasse ne comporte qu’un tout petit lézard gris qui a filé entre nos pieds… On finit donc sur la plage où Guisson vient nous rechercher comme prévu. Sur le chemin du retour, on croise 2 Français qui partent à pieds vers le parc. Eux, ils veulent camper dans les cailloux, alors on les laisse faire mais on leur donne rendez-vous le lendemain pour louer un bateau et aller voir les pingouins.

Il nous ramène à l’hostal à Chañaral et réitère son invitation pour la soirée. Comme on ne peut pas vraiment dire qu’on a autre chose de prévu, on accepte. Mais en fait, ça n’est pas vraiment une invitation. Il faut qu’on partage les frais pour les courses et Guisson nous extorque 15 000 pesos supplémentaires… malin l’ami Guisson ! En plus, il nous donne rendez-vous à 21h, heure à laquelle on avait plutôt prévu d’aller nous coucher vu qu’on est debout depuis 5h… Mais peu importe ! La perspective d’une soirée en compagnie de notre ami et de sa femme est bien trop tentante, alors après une petite sieste, on le retrouve devant l’hostal et on retourne chez lui où les braises sont déjà prêtes pour l’asado. Il nous livre alors son secret pour des grillades parfaites : une pincée de sucre sur les braises et une petite feuille de journal sur la viande en fin de cuisson… Et c’est vrai que c’est très réussi ! Après un micmac d’assiettes où on ne comprend pas grand-chose, on finit par se mettre à table. Là, il nous propose de couper notre vin rouge au Coca (une pratique courante dans les pays hispanophones) mais on n’est pas tellement fan. Madame est un peu réservée mais finit par se détendre et (avec l’aide de 2 ou 3 verres de pisco) on apprend plein de choses sur les Chiliens, la période Pinochet et le Chili d’aujourd’hui. Mais l’air de rien, il commence à se faire tard et Guisson nous ramène nous coucher (après un dernier verre).

Le lendemain matin, en rangeant mon sac, je m’aperçois que mon appareil photo de secours (celui que je suis censée utiliser si je me fais faucher celui que j’utilise tout le temps) n’est plus à sa place… Comme je ne l’ai pas touché depuis le début du voyage, il ne devrait pas avoir changé de place tout seul mais sait-on jamais, je vide l’intégralité de mon sac pour vérifier. Et là, une fois que toutes mes affaires sont étalées sur mon lit, je réalise qu’il manque ma veste. Mon manteau. Mon seul et unique manteau. Le seul truc qui puisse me protéger du vent et de la pluie. Panique. Consternation. Enervement.

Je refais mentalement l’inventaire de mon sac et je vérifie que rien d’autre ne manque. Il semblerait que non. A tout hasard, j’ouvre ma pharmacie. Elle est sens dessus dessous. Clairement, quelqu’un a ouvert mon sac, sorti toutes mes affaires, fouillé ma pharmacie, pris ma veste et mon appareil photo et remis le reste suffisamment bien pour que je ne m’aperçoive de rien Damned ! Mais où ? Qui ? Comment ? Ça ne peut être qu’ici, la veille pendant qu’on était en train de chasser le renard gris. Pourtant la chambre était fermée à clé. Incompréhension. Est-ce que c’est quelqu’un de l’hôtel ? Mon père avait fermé son sac avec un cadenas, rien ne lui manque à part un chargeur d’appareil photo. On nous l’avait dit : bienvenue en Amérique du sud et… joyeux anniversaires !!!

Bon. On avait prévu de laisser nos sacs à l’hostal pour la journée en attendant le bus de nuit, on va changer d’avis. En quittant l’hostal, je signale tout de même à la dame à qui on rend les clés que mes affaires ont disparu. Elle semble surprise et m’assure qu’il n’existe qu’une seule clé de chaque chambre. Mouais. On va quand même laisser nos sacs à la consigne du terminal des bus, hein ? On retrouve notre ami Guisson qui nous explique qu’il s’est couché très tard et qu’il est très fatigué et que tout ça, c’est de notre faute.

En tout cas, nous, aujourd’hui, on a prévu de faire le tour de la Isla Pan de Azucar en bateau pour voir les fameux pingouins de Humbolt (si, ils sont fameux). Sur la route, on croise 2 petits touristes qui font du stop. Guisson s’arrête et devinez quoi ? ils sont français ! On les convainc de monter avec nous en voiture, et comme eux aussi, ils veulent voir les pingouins, on se frotte les mains en se disant qu’à 6, la négociation sera plus facile. En arrivant à Caleta Pan de Azucar (c’est LE village du parc, 3 cabanes et 4 chiens), on trouve 2 pêcheurs qui sont prêts à nous emmener faire un tour mais pas à moins de 60 000 pesos. Comme les campeurs fous manquent à l’appel, on trouve quand même que ça fait cher le pingouin… On hésite, on hésite, on tente de faire baisser le prix, on arrive à 50 000 pesos mais honnêtement, ça ne fait pas une grande différence. C’est là qu’arrivent Arturo et Martin (les campeurs). Sauf qu’ils n’ont pas un rond et qu’à 6, le pêcheur ne veut clairement pas descendre en dessous de 60 000. On argumente, on la joue sympas, en colère, désespérés, compréhensifs… rien n’y fait, c’est 60 000 ou rien. On finit donc par accepter le deal. Statistiquement, quand il y a un plan pourri du genre visiter un parc hors saison avec 6 touristes sur toute la journée et galérer à mort pour trouver un bateau qui t’emmène voir des pingouins sous un ciel tout gris, tu peux être sûr que les touristes sont français. C’est statistique.

D’après le pêcheur, il faut y aller à 16h, c’est l’heure où les pingouins sortent de l’eau et regagnent leurs nids. Du coup, on part faire un petit tour à la plage et à force de se raconter des histoires de voyage, on arrive à tuer l’après-midi. Quand on se repointe devant la cabane du pêcheur (avec des cailloux au fond du jardin), il grimace… Non, là, c’est trop tard, la marée est trop haute, on ne peut plus y aller. Alors on veut bien se faire couillonner un peu mais là, faut pas abuser des bonnes choses. On arrive donc à convaincre cette feignasse de pêcheur de nous emmener quand même et à 16h pétantes, on est dans sa barque. La marée… non mais sans blague, il a pas trouvé mieux comme excuse ?

Maintenant qu’on peut enfin les approcher, on profite du spectacle de ces petits pingouins très énervés qui font des grands mouvements de moulinets avec leurs bras pour grimper tout en haut de l’île. Ceux qui arrivent jusqu’en haut sont considérés comme les plus forts et les femelles se battent pour venir dans leurs nids… On voit aussi des loutres, des pélicans, des tas d’oiseaux et un lion de mer qui bouffe un pingouin. Bah oui, normalement, les lions de mer, ça bouffe des poissons mais là, y a pas beaucoup de poissons alors ils se mettent au pingouin. Beurk.

Et puis, comme la veille, Guisson vient nous chercher et nous ramène en ville en fin d’après-midi. Il est temps de dire au revoir à Arturo et Martin qui continuent le stop vers le nord et on va dîner avec Justine et Josselin qui, eux aussi, prennent un bus le soir même, direction Calama. Comme ils pensent aller ensuite à San Pedro de Atacama qui est notre prochaine destination, on se dit qu’on se recroisera sûrement. Et à minuit, après avoir attendu loooooongtemps notre bus entre 2 courants d’air, on grimpe enfin dedans, direction San Pedro et le désert d’Atacama, notre dernière étape chilienne.

Photos ici.

Un dimanche à La Sereña

Erreur de débutant. En prenant le bus à 10h du matin ce samedi, on pensait arriver à La Sereña vers 16h, enchaîner aussitôt avec un autre petit bus pour Vicuña, 60 kms plus loin dans la vallée de l’Elqui et arriver juste à temps pour se dégoter un hôtel et booker une visite dans un observatoire le soir même pour aller admirer la voie lactée.

Vicuña (et la vallée de l’Elqui) est réputée pour sa cuisine solaire (on cuit son steak en amplifiant les rayons du soleil comme à travers une grosse loupe), son pisco (c’est là qu’est distillé le précieux liquide), ses observatoires (avec plus de 300 nuits de ciel pur par an, c’est un des meilleurs endroits au monde pour scruter les étoiles) et sa douceur de vivre. Tout ça nous tentait donc bien. Par contre, fallait que tout se goupille bien parce que la suite du programme était chargée et on ne pouvait pas vraiment se permettre de prendre du retard dès le 2ème jour.

Sauf que voilà. Tout ne se déroule pas toujours exactement comme prévu. Et notre bus, tout aussi fantastique qu’il soit, est arrivé à La Sereña à 18h30, foutant en l’air toute notre petite organisation. Bon. Là, la question qui se pose est : nous ont-il dit que le trajet en bus durait 6 à 7 heures ou que le bus arrivait entre 6 et 7h ? Oui, parce qu’il semblerait que notre espagnolo ne soit pas tout à fait au niveau. Du coup, il se pourrait qu’il y ait eu mauvaise interprétation… Bref, on décide donc de zapper les étoiles (on en verra plus tard) et de passer la nuit à La Sereña, petite bourgade de 160 000 habitants. On atterrit donc à l’Hostal El Punto (très bien, si vous passez dans le coin, n’hésitez pas) et comme on a quasiment rien avalé de la journée, on ressort aussitôt à la recherche d’un endroit où remplir nos estomacs qui crient famine. Et là… on atterrit au paradis. Le paradis s’appelle en fait la Casona del 900. Alors OK, c’est un fait maintenant établi, les Chiliens ne savent pas faire la cuisine. Mais par contre, pour faire griller des kilos de viande, là, rien à dire, respect. On se retrouve attablés devant un bon gros poêlon avec un bon gros steak de bœuf, une côte de porc, une cuisse de poulet, un joli boudin et un chorizo… par personne ! Une parillada, ça s’appelle. Le tout arrosé d’une petite bouteille de vin rouge pour la modique somme de 18 600 pesos (soit 30 euros) autant dire qu’on était heu-reux ! Du coup, c’est la peau du ventre bien tendue qu’on est rentrés se glisser bien au chaud sous une pile de couvertures…

Le lendemain, c’est dimanche. Après un bon petit déjeuner (oui, la parillada est déjà loin), on part visiter la ville. Après le fouillis de Valparaiso, ça nous semble propret et bien rangé. Certaines rues sont dignes d’un décor de Zorro. Mais La Sereña a beau posséder 29 églises, on ne peut pas dire qu’il y ait foule sur la Plaza de Armas ce matin… On se dit alors que puisque les gens ne sont pas à la messe, c’est qu’ils sont au marché. Alors on y va aussi. Effectivement, c’est un peu plus vivant. Tous les marchands vendent à peu près la même chose. Des carottes nucléaires (quoi ? une carotte de 8cms de diamètre, vous trouvez ça normal, vous ?), des patates, des choux-fleurs, des tomates, des kiwis atomiques (oui, un kiwi qui est tout déformé et gros comme un pamplemousse, c’est un kiwi atomique), des bananes, des avocats (de toutes les tailles, avec la peau rugueuse, avec la peau lisse, noirs, verts, un peu violets, bref, si tu trouves pas ton bonheur, c’est que tu fais exprès), des oranges, des mini citrons verts (que quand tu les presses, ça fait plein de jus et c’est trop bon) et des fraises. Nous, on se contente d’un kilo de fraises qu’on mange en déambulant entre les étals. Et puis, on se dit que puisqu’on a une journée à tuer (oui, on a définitivement abandonné l’idée d’aller dans la vallée de l’Elqui, on préfère se garder un peu de marge pour plus tard), on va aller voir la mer. Parce que La Sereña, c’est au bord de la mer. De l’océan plutôt. Alors on prend la direction de la plage, assez facile à repérer grâce au phare planté au bout de l’avenue principale. Mais il ne fait pas assez chaud pour se baigner et les vagues sont plutôt impressionnantes. Alors, on chasse les mouettes, on regarde les vagues et puis, l’air marin, ça creuse, alors on va manger des empañadas un peu plus loin. On finit par rentrer en ville, faire un petit tour dans un jardin soi-disant japonais (si un Japonais est déjà passé par là, il a dû se faire harakiri à peine ressorti) et dans le zoo. Un zoo avec des poules, des chèvres, des moutons, 3 énooooormes vautours qui font très peur, une autruche, un émeu et 2 lamas. Comme on n’est jamais trop prudent, on ne s’approche pas trop. Ces bêtes-là, ça crache.

Et puis, tranquillement, on est retournés à l’hostal où on a squatté les canapés de la salle à manger en attendant l’heure de prendre le bus. Parce qu’on a décidé de monter un peu plus au nord mais cette fois, en bus de nuit pour en pas perdre trop de temps. Prochaine étape, Chañaral.

Photos ici.

N’en ferait-on pas un peu trop sur Valpo ?

Après avoir remis les pieds sur le continent bien plus tard que prévu, je n’ai pas eu d’autre choix que de passer la nuit à Santiago. Une drôle de sensation en rentrant dans l’immeuble de l’hostal, le portier qui me reconnaît, le type qui appuie sur les boutons à ta place dans l’ascenseur aussi (oui, c’était très classe comme immeuble), c’était un peu comme rentrer à la maison après les vacances…

La nuit fut courte. Le lendemain matin, je me suis levée aux aurores pour prendre mon premier bus chilien, direction Valparaiso où je dois retrouver mon père venu me rejoindre pour quelques semaines. Prendre un bus chilien après avoir traîné tant de temps dans les bus asiatiques, c’est comme être surclassé en business chez Emirates quand tu as l’habitude de voyager en éco chez Air France… D’abord, à la gare routière, t’as le choix entre une bonne dizaine de compagnies. Et depuis Santiago, il doit bien y avoir un bus toutes les 10 minutes pour Valpo (c’est comme ça qu’on dit quand on fait genre on est un grand voyageur). Et en plus, tu peux même choisir ta place dans le bus. Et en plus, ils mettent une étiquette sur ton sac quand ils le mettent dans la soute pour ne pas le rendre à quelqu’un d’autre « par mégarde ». Et en plus, y a monstre de place pour les jambes. Et en plus, le bus part à l’heure. Et en plus, y a un compteur qui te dit à combien le bus roule et si le chauffeur dépasse les 100km/h, ça sonne. Parce que les bus n’ont pas le droit de rouler à plus de 100km/h. Et en plus, les routes ne sont pas toutes défoncées et t’as l’impression de glisser sur un tapis volant. Bref, c’est le top du top…

Une petite heure et demie plus tard, j’arrive donc à Valpo où mon papa est venu me chercher à la gare routière et m’emmène à l’hostal, la Casa Verde Limon, une jolie maison toute verte (évidemment) perchée dans une des fameuses petites rues de Valparaiso. Parce que c’est pour ça qu’on est venus là. Pour les petites rues en pente, parfois très en pente, les maisons colorées, souvent très colorées, dont les murs sont ornés de street art bariolé, carrément très bariolé. 9 personnes sur 10 qui sont allées à Valparaiso vous chanteront sur tous les tons combien ils sont tombés sous le charme de la ville, de son port entouré de 42 cerros couverts de maisons multicolores donc, de son côté arty, bohème, de ses ruelles entortillées et de ses petites places ombragés et bien sûr, de ses ascensores, ces petits funiculaires qui vous hissent sur les hauteurs de la ville si vous êtes une trop grosse feignasse pour grimper (ou que vous avez acheté 6 packs de lait au supermercado). 9 personnes sur 10. Je suis la dixième. Alors non, j’ai pas détesté Valpo, j’ai juste pas très bien compris pourquoi la ville est inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco. Certes, les maisons sont peintes de couleurs vives et c’est parfois joli, parfois moins joli, le fouillis des petites rues qui grimpent a son charme et il y a bien un bon million de peintures murales parfois drôles, parfois bizarres, parfois très réussies mais clairement, mon p’tit cœur ne s’est pas décroché. Beaucoup de bâtiments sont désaffectés, croulants voire franchement en ruines et puis on fait tout un foin de la maison de Pablo Neruda (pour les incultes, un extrêmement célèbre poète chilien très engagé qui a eu un Prix Nobel de Littérature et qui a été ambassadeur du Chili en France dans les années 70 après s’être présenté puis retiré en faveur d’Allende à l’élection présidentielle de l’année précédente) qui est censée être extraaaaordinaire et que franchement, j’ai trouvé sympa mais pas de quoi tomber par terre. Bref, on s’est quand même baladés toute la journée sous un grand soleil, du marché au sommet des cerros, du port aux grandes avenues, des cementerios à la Sebastiana, on est même tombés sur une manif de journalistes qui râlaient parce qu’ils n’avaient pas été augmentés depuis 14 ans (OK, motif validé) mais même la vue sur la baie et le Pacifique noyés dans la brume (c’est de la brume, hein, bien sûr, c’est pas de la pollution…) n’a pas réussi à nous emballer. Moralité, au lieu de rester 2 jours à Valpo comme initialement prévu, on est partis le lendemain matin, direction La Sereña, 450kms au nord, toujours dans un bus grande classe…

Photos ici.

Et de 8 !

Bon. Maintenant c’est officiel, je suis une voyageuse au long cours.

Alors non, je ne porte pas la barbe, les semelles de mes chaussures ne tiennent pas au scotch et je continue à prendre une douche par jour (dans la mesure du possible) mais je suis capable de tuer 5 giga cafards dans la même soirée sans même perdre le fil de la conversation, la notion de chez moi est en train de prendre une nouvelle dimension et j’ai plein de nouveaux amis aux 4 coins du monde. Et quand je rencontre d’autres voyageurs et que j’égrène la liste des pays par lesquels je suis déjà passée, je me surprends à me dire :  « Quoi ? Déjà tout ça ? »

 

Une pensée commence tout juste à s’insinuer… dans quelques temps, je serai dans le camp de ceux qui l’ont fait et déjà, je commence à être jalouse de ceux qui seront en train de le faire voire même même de ceux qui vont le faire…

Mais n’y pensons pas. En attendant, continuons d’avancer en terre inconnue…