Delhi ByCycle

Bon, ça va faire 3 jours que je suis à Delhi et à part régler mes petits tracas administratifs, qu’ai-je donc fait pour mériter ça ? (là, si quelqu’un voit l’allusion, je lui tire mon chapeau) pour occuper mes journées ?

Ben tout d’abord, j’ai fait connaissance avec mes colocs. J’ai notamment dîné avec G., un français en tour du monde (original me direz-vous…) après 8 ans d’expatriation à Dallas (la classe…) et avec qui on s’est rué chez Pizza Hut (parce qu’on n’arrive plus à faire la différence entre le masala et le butter masala).

Je suis allée visiter le tombeau de Humayun, « le site le plus merveilleux de Delhi » dixit nos Lonely amis. Bizarrement, ça m’a fait penser à un autre truc… Enfin, vous me direz ce que vous en pensez.

J’ai observé la faune locale… et découvert que les perroquets, ça ne vit pas qu’au zoo.

Et puis ce matin, je me suis dit qu’il fallait prendre son courage à 2 mains et plonger dedans pour de vrai. Et me voilà partie pour un tour de la ville à vélo. Rendez-vous donné à 6h30 (Hein ? Quoi ? 6h30 ? Du matin ? Vous rigolez ? Non ? Ah bon…) parce qu’après « la circulation est trop dense et ça devient compliqué d’apprécier la balade » (sans blague…). Première surprise : quand tu mets les pieds dans la rue à 6h du matin, 1/ y a personne donc y a pas de bruit et c’est suffisamment rare pour être signalé, 2/ il fait froid… genre vrai froid (comme qui dirait)… genre il fait 15°C (bah si, pour la région, c’est froid).

Bref, c’est un peu la galère pour trouver un rickshaw mais je finis par en trouver un encore tout endormi et tout emmitouflé dans une grande couverture en laine qui se trompe de 100 roupies dans le prix de la course parce qu’il est encore trop tôt donc je saute dedans !

Le point de ralliement des malades du vélo est au fond d’un parking tout noir et plein de chiens qui aboient… Bizarre… Mais les vélos sont bien là, les guides avec leurs K-way oranges aussi et à 6h45, tout le monde est en selle et c’est parti mon kiki ! Non, sans rire, Delhi ByCycle est un super tour operator et puis ça permet de voir la ville autrement qu’à travers le pare-brise d’un tuk-tuk et ça, ça change ! On traverse donc Old Delhi à l’heure où les camions déversent des montagnes de quartiers de chèvre et de pieds de buffle bien sanguinolents, où les gens se lavent et se brossent les dents en groupe devant les pompes à eau,  où les plus pauvres font la queue devant les temples pour avoir un petit-déjeuner et où les enfants partent à l’école, entassés à 15 dans un rickshaw qui, pour la peine, est fermé par des grilles pour ne pas perdre son chargement. On fait également un petit tour en barque sur la Yamuna River qui traverse Delhi… Alors quand je disais que j’avais pas envie de me baigner dans la Seine… je vais peut-être changer d’avis ! L’eau de la Yamuna est si noire qu’on ne voit même pas le bout des rames ! La rivière est sacrée et le plus grand crématorium de Delhi se situe au Nord de la ville. Dans le temps, les gens se faisaient incinérer avec du bois de santal (sacré, lui aussi) mais aujourd’hui, les gens n’ayant pas les moyens de s’offrir un joli bûcher en bois de santal, on ne met qu’une seule buchette en santal et le gaz fait le reste du boulot. Par ailleurs, les femmes ne sont pas admises dans le crématorium : leurs pleurs et leurs lamentations pourraient troubler les âmes au moment du grand départ… Bref, les cendres sont toutes balancées dans la Yamuna dans laquelle se déverse aussi les égouts de la ville et on comprend vite pourquoi, après Delhi, la rivière n’est plus qu’un immense ruban de détritus noirâtre… Depuis quelques années, le gouvernement dépense des fortunes pour tenter des actions de dépollution mais visiblement, y a encore du boulot !

Bref, après avoir pédalé pendant plus de 3 heures, en évitant les vaches, les chiens, les enfants, les tas d’ordures, les charrettes qui viennent à contre-sens et les fils électriques qui sont suspendus à 1m50 du sol, on finit par aller prendre le petit déj dans un très fameux restaurant de Old Delhi, le Karim’s. Le restaurant est tout petit, existe depuis presqu’une centaine d’années  et sert des naans tout frais et tout chauds. Au menu, chèvre marinée et bouillie pendant 7 heures, curry de légumes et bien sûr, un peu de dhal. Dé-li-cieux !

Après tout ce sport et cette culture, il était temps de se ramollir un peu le cerveau et j’ai donc fait la même chose qu’une bonne majorité d’Indiens à Delhi le samedi après-midi, je suis allée au mall faire du lèche-vitrine. Très drôle de voir toutes ces marques connues, ces cosmétiques de luxe et ces boutiques de chaussures quand on sait que la majorité des Indiens sont en tongs, achètent leurs vêtements dans la rue et ne mettent pas crème anti-rides. Pourtant, il y a un monde fou, les gens ont les bras chargés de sacs et le food court est plein à craquer. J’envisage une très sérieuse épidémie d’obésité en Inde dans les 20 prochaines années. Les franchises américaines pullulent (KFC, McDo, Pizza Hut, …) et les gens mangent à longueur de journée des trucs archi sucrés, frits et bien gras. Cela étant dit, ça ne concerne que ceux qui sont capables de s’offrir un repas à plus de 300 roupies et rapporté au 1,2 milliards de gens vivant dans ce pays, c’est peut-être finalement pas énorme.

Pour finir ce samedi en beauté, j’ai été invitée à une soirée très sympa sur un roof-top avec plein d’expats qui vivent et qui travaillent à Delhi. Tout le monde demande à tout le monde « Et toi ? tu fais quoi ici ? » et c’était plutôt drôle de répondre : « Moi ? Rien ! Je tourisme professionnellement… ». Tout ça en grignotant des brochettes de bœuf (sacrilège !!) et en sirotant des vodka-cranberry… Un petit morceau d’ancienne vie en quelque sorte !

Photos ici.

Se frotter à l’administration chinoise en Inde ou… pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ?

C’est vrai, après tout, pourquoi ?

J’aurais pu faire une demande de visa pour la Chine à Paris, où j’aurais eu accès à une photocopieuse, une imprimante, des fonctionnaires mal lunés mais qui parlent français, et trois fois moins de paperasse à remplir. Mais franchement, est-ce que ça aurait été rigolo ? Non.

Alors que là, j’ai dû entrer en contact avec l’ambassadeur de France en Inde, l’ambassadeur de Chine en Inde, trouver un endroit pour faire photocopier mon passeport sous toutes ses coutures mais en un seul exemplaire (oui, parce que si j’en avais voulu 100, ça aurait été un jeu d’enfant, mais pour une seule photocopie… faut chercher), me faire envoyer des attestations d’assurance en-anglais-s’il-vous-plaît, passer quelques heures sur internet et traverser tout Delhi pas moins de 4 fois. Bien plus amusant, tout ça !

Bon alors, pour commencer, j’avais un gros problème : je ne pouvais pas prouver que j’allais bien sortir de Chine à un moment donné. Mon vol suivant partait de Singapour et le billet de train pour le Vietnam n’était pas réservable depuis l’étranger ni par une tierce personne (merci HC pour avoir tenté le coup !). J’ai donc contacté l’ambassade de Chine en Inde en expliquant mon problème. Ils m’ont répondu en m’envoyant la liste des documents à produire pour la demande de visa et en me disant qu’ils comprenaient bien ma situation, que je devais expliquer tout ça dans la lettre de motivation que je devais rédiger à l’attention de l’ambassade et qu’au final, l’ambassadeur déciderait si oui ou non il m’accorderait le visa. Bref, je n’étais pas plus avancée. Si ce n’est qu’ils ont rajouté une petite ligne : pour les personnes demandant un visa depuis un territoire tiers (autrement dit, depuis un autre pays que leur pays de résidence… et devinez qui est dans ce cas ?), il fallait un courrier de ma propre ambassade expliquant ce qu’on faisait là et pourquoi on faisait la demande depuis un autre pays. Ni une, ni deux, j’ai contacté l’ambassade de France en Inde. Qui a commencé par me répondre qu’ils n’avaient jamais fait de courrier de ce type et qu’ils ne souhaitaient pas créer un précédent et que de toute façon, puisque j’étais résidente en Inde ( ???), je n’avais pas besoin de ce document. Après avoir dissipé le léger malentendu sur le motif de ma présence en Inde (hé ho ! je vis pas ici moi ! je vi-si-te !!),  ils ont finalement accepté de me faire ce fameux courrier que je devais passer chercher à l’ambassade (bah ouais, ils filent quand même pas des courriers racontant n’importe quoi à n’importe qui n’importe comment…). Sauf qu’évidemment, s’est posé un petit problème de timing : je comptais déposer ma demande de visa le 1er novembre à mon arrivée à Delhi. Mais mon ami de l’ambassade est un petit rigolo, il a posé des congés et n’est pas là avant lundi prochain. Ce qui faisait que je ne peux récupérer ce f***ing courrier qu’à partir du 5 ! Ce qui aurait potentiellement retardé le dépôt de mon dossier chez les Chinois d’autant et m’aurait obligé donc à rester à Delhi à pester contre l’administration…

Mais heureusement, l’histoire s’est déroulée tout autrement…

Après avoir rempli 2 formulaires (au stylo bic noir et en lettres majuscules s’il vous plaît !), fait des tas de photocopies de tout un tas de trucs différents, fais des tas de réservations d’hôtels que j’ai annulées dans la foulée et rédigé une très jolie lettre de motivation manuscrite, j’ai pris le métro, plein d’optimisme, direction Patel Chowk et le Chinese Visa Application Service Center (on l’appellera le CVASC, c’est son nom officiel, pour la suite de l’histoire). Le CVASC, donc, est censé se trouver au 2ème étage d’un building appelé Le Méridien (c’est un hôtel). En arrivant, je me fais refouler par le vigile concierge à l’entrée qui me dit que oui, oui, c’est bien là mais merci de passer par l’entrée de service parce que là, c’est pour les gens importants avec de belles voitures et pas pour les filles qui se sont pas brossées les cheveux le matin. Bref, je fais le tour de l’immeuble et là, je trouve un autre type qui fait la sécurité (très gentil celui-là) à qui je demande si c’est bien là, le CVASC ! Et il me fait un grand sourire en me sortant un papier qui dit… « Désolé, mais on a déménagé il y a 3 jours ! Notre nouvelle adresse c’est D-2, Satek District. A+ ! »

Je vous expliquerai plus tard comment fonctionnent les adresses à Delhi, ce n’est pas le sujet du jour et pourtant c’est infiniment intéressant… Donc reprenons. Toujours pleine de bonnes résolutions, je lève le bras en gesticulant au milieu de la rue hèle un rickshaw avec distinction et je lui donne la nouvelle adresse : D-2, Satek District. Là, il commence à chouiner négocier en m’expliquant que c’est à 25kms, qu’il va jamais trouver de client pour revenir et que donc, ça va me coûter un bras. Mouais… je commence à connaître la chanson… mais étant donné que je n’ai aucune idée de l’endroit où est Satek District et encore moins D-2… je grimpe dans le rickshaw. Et effectivement, c’est loin… En fait, je retraverse toute la ville dans l’autre sens pour finir par m’apercevoir que Satek District, c’est à 3kms de GK1 et que j’aurais pu y aller directement depuis la maison si j’avais vérifié l’adresse sur le site internet du CVASC !

Sauf que… arrivée là, je m’aperçois que j’ai oublié de coller une photo sur mon formulaire… Heureusement, les Chinois ont pensé à tout et ils me tirent le portrait vite fait bien fait. Résultat : les pires photos d’identité que j’ai jamais faites… Mais bon, tout ce que je veux c’est déposer ma demande donc, je ferme les yeux et je colle une de ces horreurs sur mon formulaire.

Je me présente ensuite au guichet. Un fonctionnaire indien (étrangement, y a aucun Chinois dans ce bureau…) commence à regarder mes papiers… La pression monte… Et là, c’est le drame : un de mes formulaires est en français ! Mais heureusement, il a un exemplaire en anglais sous le coude que je remplis illico presto. Puis il me fait signe qu’il va sortir de son guichet pour venir me parler directement… ooooh non ! qu’est-ce qui ne va pas encore ?

Bon, bah, c’est très bien ma p’tite dame mais la lettre de motivation, il nous la faut tapée à l’ordinateur et pas manuscrite et puis surtout… il vous manque la lettre de votre ambassade… J’essaye de jouer la blonde (Ah bon ? Une lettre de l’ambassade ? Mais pour quoi faire ? Non, ce n’est pas marqué sur votre site internet…) mais ça ne marche pas ! Il me fait un grand sourire et il me dit : « C’est pas grave ! Allez à l’ambassade et revenez demain ! » Aaaaargh ! Si, c’est grave ! Je viens de perdre une journée !

Bon, je me dis que je tente le coup quand même et je fonce à l’ambassade de France (… à l’autre bout de la ville, bien sûr, quoisiment à côté du Méridien…). Bien sûr, il est 14h, et la pause déjeuner dure jusqu’à… 15h !!!! Je poireaute donc, assise dans l’herbe devant la grille en compagnie d’un groupe de moines du Ladakh (Julley !!) qui reviennent de Grenoble (???) et on rigole en comparant nos points de vue sur nos 2 pays (ils en reviennent pas qu’on utilise des machines pour laver la vaisselle…) et Grenoble est si propre et si calme…

Bref, je finis par me retrouver dans la salle d’attente du service consulaire et là, devinez qui vient presque m’enguirlander de pas avoir prévenu que je passais ? Mon ami que j’avais eu par mail et qui était censé être en congé ! Oui parce qu’en fait, aujourd’hui, y a tournois de pétanque inter-services à l’ambassade (l’administration française… ça fait pas rêver ?) et du coup, il est venu quand même et j’ai bien de la chance qu’il soit passé par son bureau et bon, ben, puisque je suis là, il va me le faire ce courrier !!

Et comme en fait, c’est un gars sympa, il m’indique même qu’au fond du hall, bien cachée, y a une boulangerie qui vend des baguettes…

Et je repars donc de l’ambassade toute guillerette avec mon courrier tout bien tamponné et ma baguette sous le bras. Je suis tellement contente que j’en offre même un bout au rickshaw driver qui me ramène jusqu’au métro !

Le lendemain matin, avec mes tout nouveaux courriers et pleine d’assurance, je me repointe donc au CVASC. Et là… le même type qui m’a expliqué la veille que j’ai très bien fait de demander un visa double entrée puisque je compte passer par Hong-Kong (ce qui est considéré par les autorités chinoises comme une sortie du territoire… va comprendre !), m’explique alors que comme j’ai actuellement un statut de touriste en Inde, je ne peux pas postuler pour un visa double entrée mais seulement simple entrée et valable 1 mois… Je souris… Je ne dis rien, je souris… Et intérieurement, je fulmine… Mais extérieurement, je souris… JE L’AVAIS DÉJÀ HIER LE STATUT DE TOURISTE, TÊTE DE *** !!!

Mais mon dossier est déposé, je récupérerai mon passeport dans 5 jours et je vais pouvoir aller m’entraîner chez les moines Shaolin pour botter les fesses des fonctionnaires du monde entier !

Oh, j’oubliais ! Maintenant que je sais que je vais récupérer mon passeport le 7 novembre (qui est définitivement une date qui compte), j’ai voulu réserver mon billet de train pour aller à Varanasi. Bien sûr, tous les trains sont complets. Heureusement, il reste des places en quota touriste (ouais, là aussi, encore une bizarrerie indienne mais c’est vraiment très long à expliquer). Mais devinez quoi ? Bah… pour réserver un billet en quota touriste… FAUT MONTRER SON PASSEPORT AU GUICHET DES RÉSERVATIONS !! Mouahahahahaha…

PS : Désolée pour mes lecteurs fonctionnaires, mais là, trop… c’est trop !

Back to Delhi

Allez, finies les vacances, je suis de retour dans la poussière et le chaos indien.

Je sais, vous avez grincé des dents quand j’ai dit : « finies les vacances ». Vous croyez peut-être que je suis en vacances perpétuelles et que donc, je me paye légèrement votre tête. Je tiens à remettre les choses au clair : je ne suis pas en vacances au sens premier du terme. Je ne passe pas mon temps les doigts de pieds en éventail (ah si, ça, je le fais mais je fais pas exprès, mes orteils sont naturellement aérés…) au bord d’une piscine à siroter des cocktails en lisant Glamour. D’abord, c’est pas toujours de tout repos de ne pouvoir compter que sur moi-même (même si je suis Wonder Woman et malgré le fait que je ne porte pas de petit short vert…) pour organiser mes déplacements, chercher tous les soirs ou presque un nouveau lit, porter mes 23kgs de sacs, faire ma lessive tous les soirs et négocier âprement tout ce qui peut être négocié. Et parfois, être méchante tout le temps, c’est fatigant.

Oui, bon, je vais pas me plaindre non plus, hein ! Je suis parfaitement ravie d’être là où je suis et pas ailleurs. Mais c’est pas que des vacances ! Et puis tenir le blog à jour et mettre les photos en ligne, c’est aussi un job à plein temps (… OK, à quart temps).

Bref, je suis donc de retour à Delhi après ma petite parenthèse récréative à Goa. N’ayant pas le cœur de faire 36 heures de train pour regagner la capitale, j’ai donc pris l’avion (oui, bon, je sais, c’est pas très So’Eco-tout-ça mais 2h30 de vol contre près de 2 jours en compagnie de tout un tas de bestioles en sleeper class, le choix a été vite fait !). Et me voici donc pour la 3ème fois à l’aéroport de Delhi mais cette fois, je ne peux pas fuir la ville. L’objectif principal et quasi unique du séjour est d’obtenir mon visa pour la Chine afin de poursuivre le voyage. Ce qui m’oblige donc à rester à Delhi pour une petite semaine.

Le premier contact est…  grandement facilité parce qu’un chauffeur de taxi  trop gentil m’attend à l’aéroport pour m’emmener directement à la maison, chez Bed & Chaï. Bed & Chaï, c’est un peu le « home away from home »… C’est une auberge de jeunesse située dans Greater Kailash I (GK1 pour les intimes…) dans le Sud de Delhi. C’est plutôt bien desservi par le métro (enfin… la station est à moins de 20 minutes à pied ce qui est considéré comme bien) et le quartier est plutôt tranquille pour ce que j’en vois pour l’instant.

Et comment ai-je atterri là vous demandez-vous ? Une des gérantes n’est autre qu’une copine de ma cousine, ce qui me garantit de dormir dans de beaux draps, hihihi !Mais blague à part, l’appartement est vraiment génial (c’est tout neuf), l’accueil hyper sympa, les matelas sont les meilleurs que j’ai jamais eu en Inde et y a même du vrai fromage dans le frigo… Si ça c’est pas le bonheur !

Pour ce premier soir, je ne verrai pas grand-chose de la ville. Il fait nuit et la circulation est… indienne (what else ?). Pour l’instant, ça ressemble à une autre très grande ville indienne avec sa poussière, ses klaxons, ses tas d’ordures qui brûlent et ses chiens qui trainent en meute.

See you tomorrow !

AL, apprentie yogi

Je crois que je commence à comprendre pourquoi certaines personnes arrivent à Goa et ne repartent jamais…

La plage est extraordinaire, la mer jamais en dessous de 26°C, les petits restos les pieds dans le sable sont parfaits pour laisser filer les heures les plus chaudes et le soleil se couche tous les soirs en laissant dans le ciel des trainées multicolores…

Voilà donc ma nouvelle routine : le matin, je me lève à 7h30 pour aller à mon cours de yoga, je prends ensuite un petit déj en regardant les bateaux partir en mer puis je me trouve un petit coin à l’ombre sur la plage pour ma première tournée de « rien ». A midi, je rentre faire la sieste dans mon hamac me mettre au frais sous le ventilateur de ma terrasse puis vers 16h, je retourne faire du « rien » vérifier si le sable n’est pas trop mouillé et une fois que le soleil est couché, je vais choisir le poisson que je mangerai grillé en sirotant un jus de mangue… La librairie a un stock de bouquins en français me permettant de passer allégrement les 4 prochaines années à rêvasser sous les palmiers, la tentation pourrait être grande de m’exiler quelques temps dans ce petit coin perdu !

Mais revenons au cours de yoga (j’ai bien vu que vous avez levé les sourcils en lisant ce passage). Il ne faudrait pas croire que je ne suis à Goa que pour le farniente. Palolem est LA capitale des cours de yoga. A Rome, fais comme les Romains, je me suis donc mise au yoga. Le maître yogi est très chouette. D’abord il a un look d’enfer avec son petit pagne noué autour de la taille et ensuite, il nous raconte des histoires pendant tout le cours en se calant un pied au-dessus de l’oreille ou en se passant la tête entre les genoux. Pendant ce temps, les apprentis yogi sont sensés l’imiter et tenir la pose pendant plusieurs minutes… Mouais… exactement ce qui me permet de faire la démonstration de ma souplesse et mon équilibre légendaires. Surtout quand les moustiques viennent me chatouiller le nez. Cela étant dit, je ne suis pas la seule à m’écrouler de temps en temps sur mon tapis en grognant. On est une petite dizaine à s’infliger cette séance de torture matinale mais il faut croire qu’on aime ça parce qu’on revient tous les matins faire le cobra ou des sun salutations et avec le sourire en plus !

Bon je ne fais pour l’instant aucune différence entre le yoga hatta et le yoga vinyasha, je ne mange pas encore de pépins de raisin et je n’ai aucune idée de ce que raconte mon maître yogi mais c’est plutôt rigolo. Et l’air de rien, c’est un vrai sport, on transpire à grosses gouttes. Ça me donnerait presqu’envie de m’inscrire à un cours en rentrant !

Allez, namaste, je vais réciter mes mantras en me mettant de la crème solaire. Et il se pourrait que je prolonge un peu mon séjour dans le coin…

Photos ici.

Etre seule en Inde… (ben ouais, à un moment, va bien falloir qu’on en parle)

Bon alors… ça fait presque 2 mois que je traîne mes chappals en Inde et je vais vous donner mon avis (qui n’est qu’un avis) sur le fait d’être une touriste en Inde.

D’abord, tu peux avoir l’impression d’être une star… les gens te dévisagent (des fois, dans le bus, ça peut durer 7 heures d’affilée… si, si !), t’interpellent (d’ailleurs, je me demande s’ils n’ont pas été colonisés par les Allemands parce qu’ils disent « Hallo ! » tout le temps… on nous aurait menti ?), veulent te prendre en photo 50 fois par jour , te serrent la main, tu crois que tu es Lindsay Lohan !

Parfois, tu causes des accidents : les mecs se tordent le cou pour te regarder et… paf ! un vélo rencontre une vache ou une moto part dans le fossé… Des fois, t’as envie de rigoler mais tu te retiens et tu continues ton chemin la tête haute et le regard perdu dans le lointain…

Tout le monde te parle (enfin… tous les mecs te parlent. Tous. De 5 à 105 ans. Les filles, elles, elles te sourient. Ou alors c’est qu’elles veulent te vendre quelque chose.). Et la conversation est à chaque fois sensiblement la même : « How are you ? Where are you from ? How old are you ? Are you only ? ». Arrêtons-nous un instant sur cette dernière « Are you only ? »… En fait la veritable question est « Are you alone ? » Ouais… parce qu’une femme qui se balade toute seule, c’est suspect. Et potentiellement, c’est du gibier à chasser.

Alors là, tu choisis :soit tu dis la vérité (« I’m alone, I have no boyfriend, I am not married even if I am 29 and I’m fine, thank you. ») soit tu commences la broderie. Alors bien sûr, au début, je disais la vérité mais j’avais parfois vraiment du mal à me débarrasser de certains de mes interlocuteurs qui se mettaient à m’inviter chez eux ou à vouloir me faire visiter la ville ou à me prendre la main… Alors, rapidement, j’ai compris que si je ne voulais pas passer ma journée à refuser poliment de boire le thé, il fallait que je laisse mon délicieux caractère s’exprimer pleinement et  que je devais parfoisne pas sourire et répondre « No, thankyou » de façon un peu péremptoire.

Evidemment, j’imagine bien que TOUS les Indiens ne voient pas les touristes occidentales comme des morceaux de viande sur un étal du bazaar mais si j’empilais le nombre de gars qui ont manqué avoir un accident parce qu’ils se retournaient pour me regarder, on pourrait faire un tas aussi haut que la tour Eiffel. Et encore, je ne me balade pas en mini-short.

On peut quand même noter que le phénomène est plus marqué dans le Nord que dans le Sud de l’Inde, excepté au Ladakh où ils s’en foutent complètement et où tu retombes dans l’anonymat le plus complet.

Et ça fait partie des trucs qui rendent l’Inde parfois un peu agaçante. Ca, et le fait que quand quelqu’un te parle, tu ne sais jamais si c’est pour t’extorquer quelques roupies ou juste discuter simplement.

Mais tout ça n’empêche pas de faire de belles rencontres comme certains tuk-tuk drivers (comme Amar au Rajasthan), certaines familles avec qui tu partages une couchette dans le train ou certains chauffeurs de bus. Ils te prennent alors sous leur aile et tu peux passer de très chouettes moments.

Moralité, être seule en Inde, ça prend du temps (bah ouais, quand tu poses pour les paparazzis à chaque coin de rue, ça ralentit ta moyenne) mais c’est pas difficile. Il suffit de faire confiance à son instinct et il faut quand même le dire, la majorité des gens est quand même very friendly.

Palolem Beach

L’état de Goa est minuscule : genre 80kms à tout casser du Nord au Sud. Mais évidemment, les liaisons sont… indiennes ! Pour aller d’Anjuna à Palolem, il me faudra donc pas moins de 4 heures et 4 bus différents. N’ayant pas très très bien anticipé le trajet (enfin, la durée du trajet), j’arrive donc à Palolem à la nuit tombée. La rue principale est bordée des mêmes échoppes que partout ailleurs mais les restaurants ont l’air plutôt sympas et il y a même une librairie avec des livres en toutes les langues.

Je prends donc une des premières chambres que je trouve en me disant que je chercherai mieux le lendemain. En attendant, je vais dîner avec B., qui passe sa dernière semaine indienne sur la plage d’à côté, et L., une allemande qui termine ses vacances à ne rien faire.

D’ailleurs, il semble que « ne rien faire » soit l’activité favorite des gens qui viennent ici. Et il faut dire que le coin s’y prête : la plage est une immense étendue de sable blanc, la mer transparente clapote gentiment, les palmiers se dressent en arrière-plan et le soleil cogne trop fort pour qu’on s’énerve à faire quoi que soit. Le lendemain matin, après avoir pris mon petit déj sur la plage, je me dis que je pourrais louer un scooter pour visiter les environs as free as a bird. Je préviens le loueur que je n’ai jamais conduit de scooter de ma vie et qu’il ferait mieux de m’apprendre 2 ou 3 trucs avant de me laisser partir. Aucun problème, on monte ensemble sur un scooter et en avant Guingamp ! Ou presque… je manque de nous jeter par terre 4 fois sur 200 mètres et je tourne la poignée des gaz dans le mauvais sens 1 fois sur 2. Et j’oublie de rouler à gauche. Bref, après concertation, on convient qu’il vaut mieux ne pas me laisser de scooter entre les mains, je suis plus dangereuse que les Indiens. Tant pis pour le « as free as a bird », ça me donne une bonne excuse pour me vautrer sur la plage en regardant les nuages. Entre temps, je change de guest house pour n’avoir plus à me traîner que sur 50 mètres avant de m’échouer sur le sable. Et me voilà partie pour les 4 prochains jours. ..

Oh, désolée, j’avais oublié que chez vous, c’est l’automne, il pleut, il fait froid, les jours raccourcissent et vos prochaines vacances sont à Noël… Je vous déconseille donc de regarder les photos qui sont là, ça va vous faire du mal…Sooooo sorry !

Photos ici.

Arrivée à Goa

Goa, Goa, Goa… Je sais pas vous, mais moi, quand j’entends Goa je pense plage de sable fin, palmiers, mer turquoise et bons hippies coincés dans les années 70 qui fument des joints en faisant du yoga et en dissertant sur la paix dans le monde. Je peux aussi entendre groupes d’Israéliens fraîchement délivrés du service militaire qui viennent faire la fête et fumer des joints (à tel point que le gouvernement indien pose désormais des restrictions aux visas pour les Israéliens) ou gros Russes ivres morts qui picolent de la vodka dès le petit déj, qui sont tous rouges et qui beuglent jusqu’à 4 heures du mat. L’un n’empêche pas l’autre.

Evidemment, Goa, ce n’est pas que ça. Déjà, Goa, c’est un état, pas une ville. On ne peut donc pas dire : « je vais à Goa ». C’est grammaticalement incorrect (et Dieu sait si on est tatillon sur la grammaire sur ce blog…). C’est donc un tout petit état, certes, mais qui a été colonisé par les Portugais, une exception dans l’Inde britannique, ce qui saute aux yeux tant en terme architectural que culinaire ou musical et qui fait donc son charme et sa particularité.

Et pour ceux qui se posent la question : fumer, c’est mal et la drogue, c’est illégal. Même à Goa. Bon, c’est pas très difficile d’en trouver mais si t’as envie de visiter les cellules des prisons indiennes, ça te regarde, chacun sa vision du tourisme.

Bon, on n’arrive pas comme ça à Goa, genre « youhou !  je débarque, je vais me la couler douce pendant une semaine ». Non. On se tape d’abord 16 heures de bus… Oui madame. 16 heures. Dans un bus sans clim et sans couchette. Parce que les couchettes, ça sert à rien, de toute façon, la route est trop défoncée et le chauffeur est trop indien et qu’avec la clim, il fait trop froid, t’es obligé de sortir un pull de ton sac et ça, c’est no way.

Puis, une fois que tu es arrivé en Goa (puisque c’est comme ça qu’il faut dire) et plus précisément à Mapusa, tu prends encore un petit bus local pour atteindre la plage de tes rêves à Anjuna dit Anjuna-la-hippie, ça tombe bien. Bon, le chauffeur du bus pour Anjuna, il a pas du tout comprendre au concept de « hippie » parce qu’il fait tourner en boucle Justin Bieber à fond les ballons. Après une nuit blanche et à la 17ème heure de trajet, ça m’a valu une belle crise de fou rire avant de chanter avec le chauffeur « Baby, baby, baby, ooooooh ! ». Incredible India !

Après m’être installée dans une petite guest house qui fait aussi resto, salon de beauté, loueur de vélos et cybercafé, je pars donc avec ma serviette sous le bras, fermement décidée à rattraper mon bronzage backpacker ridicule (c’est-à-dire que j’ai les bras et le visage noirs, la marque des tongs sur les pieds et tout le reste d’une pâleur à rendre jaloux un lavabo… mais pas indien le lavabo, hein ? parce que là aussi, ils aiment la faïence flashy).

Première constatation, les touristes occidentaux sont bien là. Rien qu’à la terrasse de la guest house, je trouve un Suisse (trop bizarre d’ailleurs…), 2 racailles québécoises (kromeugnon l’accent québécois sur le langage 9-3), 2 Israéliennes, un couple d’Allemands, un couple d’Anglais, et une Américaine et une Espagnole venue faire un stage de yoga.

En arrivant sur la plage, petit moment de solitude avec ma serviette : y a pas de plage, y a juste une falaise ! Pour la plage, faudra attendre la marée basse… et de toute façon, y a que des rochers. Je marche donc le long de la falaise histoire de choisir le meilleur bar pour le coucher de soleil (c’est pas compliqué, ils s’appellent tous Sunset, ça devrait m’aider…). Les sentiers sont bordés d’échoppes de fringues, de sacs, de tentures et de sandales pour touristes. Les invitations pleuvent : « Come see my shop ! », « No shopping, just looking ! », « Promise you come back tomorrow ! ». Mais ma volonté est inflexible ! Je finis par trouver la plage, une petite bande de sable coincée entre 2 rochers. Là, on se croirait à Saint Trop’ : un très esthétique alignement de bars, musique à fond, et demoiselles rouges fluo en bikini entourées d’Indiens qui font des photos. Occidentales, les demoiselles. Et russes (c’est facile à reconnaître les Russes : ça hurle des trucs qui ont l’air très méchants tout le temps). Les Indiennes se baignent en jeans, elles.

Mais je ne suis pas venue à Anjuna que pour la plage (heureusement…) ! Le mercredi, il y a le « fameux » flea market qui déplace les foules depuis bientôt 3 ou 4 décennies.Bon alors en fait de flea market, ce sont les mêmes échoppes qui se déplacent juste 300 mètres plus loin pour se rassembler sur un terrain vague avec 3 ou 4 vaches… Clairement décevant.

La vérité, c’est que je ne reste pas à Anjuna. Trop de touristes, trop d’échoppes pour touristes tenues par des touristes qui ne sont jamais repartis, trop de d’Indiens qui essayent de t’extorquer quelques roupies… Je descends dans le Midi. A ma connaissance, personne ne rentre chez lui, là-haut dans le brouillard. Conquérir des plages vierges de tout Russe et grignoter du poisson grillé. Ça, c’est la vraie vie.

Photos ici.

Finalement, Mumbai…

C’est pas si mal…

J’ai donc exploré cette immense cité un peu impressionnante à pieds malgré l’insistance des chauffeurs de taxi (oui parce qu’à Mumbai, y a pas de tuk-tuks en centre-ville, allez savoir pourquoi et non, ce n’est pas pour diminuer la pollution sonore…) et à l’heure où j’écris ces lignes, ils me le font payer (mes pieds). Genre sévèrement. Mais passons ! D’abord, c’est déjà la 3ème fois que je mets les pieds dans cette ville (décidément). Bon les 2 premières fois c’était juste en transit à l’aéroport mais quand même ! Je me permets donc d’asséner une bonne grosse généralité : à Mumbai, il fait toujours gris. Pas genre il va pleuvoir (quoique ça doit bien arriver entre juillet et septembre) mais plutôt genre c’est tellement pollué qu’on ne voit jamais le soleil et qu’on ne fait pas d’ombre sur les trottoirs. Déconcertant quand on vient de passer 1 mois sous un ciel bleu fluo sans voir un nuage… Mais rassurez-vous, il fait quand même 38°C…

J’ai donc démarré ma balade par le sud de la ville où se concentre le gros des activités économiques et culturelles et tous les jolis bâtiments néo-gothiques ex-coloniaux et tutti quanti qui bordent les grandes artères. Par moment, je me serais cru rue de Rivoli avec toutes les arcades le long de la rue ou boulevard Haussmann le long des grands magasins. Bon évidemment, la comparaison ne tient pas compte de l’état du trottoir, ce que je ne faisais pas une seconde puisque je marchais le nez en l’air et l’œil dans le viseur de l’appareil photo. Comme quoi je n’apprends pas grand-chose de mes erreurs : TOUJOURS GARDER UN ŒIL LÀ OÙ ON MET LES PIEDS !!! Parce que, bien sûr, ça n’a pas loupé, j’ai délicatement posé mon pied gauche dans une bouse… OK, ça porte chance mais là, c’est bon, j’ai de la chance pour les 3 000 ans à venir ! En plus c’est dingue, j’ai vu une seule vache en 2 jours (ou 2 mais franchement rien à voir avec la densité de population bovine citadine rencontrée jusqu’à maintenant !). Bref… j’ai donc arpenté la ville en long, en large et en travers et je suis même passée par Central Park (OK, c’est pas Central Park, c’est 100 fois plus petit mais même principe, les gens s’y retrouvent pour pique-niquer et faire du sport, jouer au cricket en l’occurrence).

Ah, j’ai oublié de vous dire qu’on est dimanche et qu’est-ce qu’on fait le dimanche ? On va au ciné et à la plage. Et oui ! Et puis on est quand même dans la capitale du cinéma indien ! Bollywood les gars ! Ce sont eux qui ont inventé les films qui durent 3 heures avec un script de 4 lignes et des acteurs qui dansent et qui chantent sans arrêt avec des chorégraphies dignes de la Star’Ac. Le tout avec un réalisme à toute épreuve. Bien sûr.

Je suis donc allée voir un film en hindi quoi s’appelle Student of The Year. Oui, je sais, ça laisse rêveur… Pour ceux qui connaissent (et je sais que vous êtes nombreux même si vous n’osez pas l’avouer), c’est dans le genre de Elle Est Trop Bien. Voui, voui, voui… L’histoire c’est donc : 2 copains de lycée qui sont amoureux de la même fille (mais y en a un qui-lui-a-pas-dit-et-qui-est-le-confident-du-couple-et-qui-souffre-en-silence, c’est bien plus dramatique) et qui se retrouvent à se battre pour gagner le titre de « Student of The Year ». On croit que ça va mal finir parce que celui-qui-souffre-en-silence finit par embrasser la fille et comme par hasard celui-qui-est-officiellement-le-boyfriend passait devant la porte à ce moment-là… MAIS… heureusement, ils se réconcilient à la fin parce qu’on ne laisse pas une histoire de filles séparer les meilleurs amis du monde. Si c’est pas bô… J’ai encore failli pleurer… Mais le plus drôle (à part les innombrables scènes de danse) c’est le nombre de gros plans sur les corps de ces 2 très très charmants acteurs (si, il faut le dire, ils sont tout à fait délicieux). Parce que comme le réalisateur ne peut pas faire de gros plans sur les filles (nan, c’est pas bien, bouh !), il se venge sur les mecs. Honnêtement, on se serait cru dans une pub Tahiti version testostérone.

Ou alors, le réalisateur était gay. Au choix !

Après ce divertissant intermède, j’ai repris ma balade et je suis allée à la plage. Quand je serai grande, j’habiterai dans une ville où il y a la plage, c’est trop la classe. Et Paris-plage ça compte pas.

Et comme LE truc à faire à Mumbai, c’est de manger une glace dans un café le long de la plage, je me suis pas laissée abattre. Alors accrochez-vous, voici le avant / après (comptez 12 minutes entre avant et après) :

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Avant…

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Après !

J’étais bien obligée de rentrer à pieds après ça… Je suis donc allée admirer le coucher de soleil sur le front de mer (… euh, correction : j’ai regardé le ciel gris s’assombrir progressivement…) et c’est là que je me suis perdue… NDLR : ne pas compter sur les cartes du Lonely Planet qui ne représentent que des micro-portions de quartiers et ne pas compter sur les autochtones qui ne connaissent pas les noms des rues même si c’est celui de la rue d’à-côté… D’où quelques kilomètres superflus en tongs (oui, ça se compte en kilomètres et non, je ne suis pas marseillaise, pas cette fois) et des orteils qui hurlent à la mort…

Le lendemain, direction Mahalaxmi Dhobi Ghat, the largest outdoor laundromat of the world ! Impressionnant : des centaines de blanchisseurs battent du linge en plein air. Il paraît que près de 80% du linge de la ville passe ici. Ensuite un petit tour dans une mosquée posée sur la mer (enfin « posée »… à marée haute, ils essaient de nous faire croire qu’elle est posée mais à marée basse, le petit chemin qui mène jusqu’à l’entrée ressemble plutôt à la Cour des Miracles (et kicéka pas de bras ? Et kicéka pas de jambe ? Et kicéka pas d’yeux ? Et kicéka aucun des trois ?) ! Et puis pour finir, encore une bonne balade le long de la mer d’Oman avant de monter dans le bus, direction Goa pour une bonne semaine de feignasserie sur la plage. 13 heures de bus quand même…

Oups, j’ai oublié de dire que j’ai relevé la 1ère manche du défi culinaire : manger un Mc Do caractéristique de chaque pays. Et un Mac Chicken Maharaja, un ! (Honnêtement ? C’est pas terrible…)

Moralité, Mumbai, c’est pas si horrible que ça. La misère, la pauvreté, je pensais me les prendre en pleine face puissance 1000 mais en fait, c’est pas pire qu’ailleurs. Les enfants qui essayent de te vendre des barrettes de cheveux multicolores sont peut-être un peu plus nombreux et un peu plus insistants qu’ailleurs mais rien qui m’ait renversé le cœur.

Mumbai, ça peut même être franchement sympathique le dimanche devant une bonne glace.

PS : En relisant ce dernier paragraphe, je me dis que je frôle le politiquement incorrect. Ce blog est tout à fait subjectif et ne tient compte exclusivement que de MON avis. Je sais que certains sont particulièrement impressionnés par ce qu’ils voient en Inde et je ne remets pas en question leur émotion. Je n’ai simplement pas été confrontée à des situations très choquantes jusqu’à maintenant.

Photos ici.

Welcome to slum city !

J’arrive donc à Mumbai après 6 heures de train. Ça devait probablement être un express… Un quart d’heure avant d’arriver, je m’aperçois qu’en fait, le train ne s’arrête pas à Mumbai Central mais dans une gare de banlieue à une bonne dizaine de kilomètres de la ville. C’est pas grave, de toute façon, j’avais décidé de prendre un taxi pour rejoindre l’hôtel dans le quartier de Colaba. De toute façon et comme d’habitude, à peine descendue du train, une vingtaine de chauffeurs de taxi me saute dessus. Alors là, c’est du délire : les prix vont du simple au triple ! « AC madame ! »… mais j’en ai rien à faire du AC moi ! Je suis acclimatée, qu’est-ce qu’ils croient ! Bref, en voiture Simone (une vraie, avec 4 roues) ! Et me voilà partie pour plus d’une heure d’embouteillages dans la banlieue de Mumbai. Pour que ça vous parle mieux, c’est comme si j’avais décidé de faire Lognes – Issy les Moulineaux un soir à 18h… Sauf qu’il fait 40°C et que la nuit est grise… de pollution. Non, vraiment, c’est charmant cette ville.

 


Bon, cela étant dit, j’arrive à Mumbai avec de vraiment très gros aprioris. Que tous ceux qui sont dans la vibe n’ont pas vu Slumdog Millionnaire lèvent le doigt ! OK, filez dans vos chambres, regardez le film et vous comprendrez pourquoi j’appréhende un tout petit peu le quartier… Ensuite, tous les gens que j’ai croisé m’ont dit qu’ils avaient détesté Mumbai… Enfin, mon ami le Lonely explique bien qu’il est difficile d’échapper au harcèlement et aux arnaques dans cette délicieuse cité et qu’il faut faire bien attention à ses affaires… Si après ça, je suis pas dans les meilleures dispositions, faut peut-être pas trop s’étonner…Première constatation, cette ville pue. Je veux pas dire par là que ça craint (même si ça craint probablement dans certains coins comme dans toute bonne ville de plus de 2000 habitants) mais je veux dire par là que ça sent mauvais. Très mauvais. Au point que je reste en apnée par moment… Mais à part moi, les autres gens n’ont pas l’air de trouver ça très pénible.

 


Deuxièmement, le chauffeur du taxi essaie de m’arnaquer de 50 roupies au moment de payer sous prétexte que le trajet était plus long que prévu… Grrr ! Alors là, je sors les canines et je suis à 2 doigts de le bouffer tout cru ! Si tu voulais te faire payer au temps et au kilomètre, fallait mettre en marche le compteur et pas négocier un prix au départ mon grand ! Who the hell does he think he is ? Je fais un scandale, je refuse de descendre de la voiture tant qu’il m’a pas rendu mes roupies et il finit par se lasser. Haha ! C’est qui la plus forte ? Non mais oh ! Bon, il m’a quand même fait bien rire quand son portable a sonné pendant le trajet. Parce que globalement, les sonneries des portables indiens sont sensiblement les mêmes que les nôtres (à 2 ou 3 succès bollywoodiens près). Sauf que lui, il avait… la Truite de Schubert ! Entendre ça à plus de 8 000kms de la maison, ça m’a fait tout drôle !

 


Bon, l’hôtel que j’ai choisi (Bentley’s Hotel) est dans un quartier qui me fait penser à Gramercy à New York. Ouh, je vous entends d’ici : vous trouvez que je me la raconte un peu là avec New York… Tout ça pour dire que le quartier est plutôt sympa avec des grandes rues très propres bordées d’arbres et de très grandes et belles maisons. Et qu’en plus, un des meilleurs resto de chicken tikka est à 2 pas. Autant vous dire que ce soir, c’est festin de brochettes et que je décide que finalement, Mumbai, c’est pas si mal… Mais avant de prononcer un avis définitif, attendons de voir ça en plein jour…


Photos ici.