Aujourd’hui… j’ai conduit un tuk-tuk !!

Je suis donc revenue du Grand Nord pour me replonger dans la moiteur de Delhi… Mais faut quand même pas pousser le bouchon Maurice !, à peine arrivée à Delhi, j’ai foncé à la gare routière pour trouver un bus pour Jaipur.

J’avais juste oublié qu’aujourd’hui, c’est l’anniversaire de Gandhi et donc, c’est un jour férié (… mouais, vous aussi, vous aviez oublié).

Après 6 bonnes heures dans un bus non AC (sans clim’ quoi !), je descends du bus poisseuse et fatiguée fraîche comme la rosée du matin et je tombe quasiment littéralement dans les bras d’Amar, tuk-tuk driver de son état. Amar est sikh, a un très joli turban et me jure qu’il ne me fera pas d’embrouilles parce que Dieu le regarde et sait quand il essaye de faire le malin… (mouais, vous aussi, vous vous dites que décidément, les Indiens, ce sont des p’tits marrants…)

Bref, Amar est sensé me conduire jusqu’à la Karni Niwas Guest House où j’ai décidé de poser mon paquetage pour 2 jours. En chemin, on bavarde, on papote, et d’un coup, Amar s’arrête sur le bord de la route : « Come on, drive ! »

WHAAAAAT ? But are you definitely crazy ? Je ne tiens pas à rappeler ici le nombre de points qu’il reste sur mon permis ni mes exploits de conduite en France mais alors au beau milieu du capharnaüm indien… on voit bien qu’il ne sait pas à qui il parle, Amar… Et Dieu a beau le regarder, il a du faire une grosse bêtise !!

Mais bon, on n’est pas tuk-tuk driver tous les jours alors je me lance. Je m’assois à côté d’Amar et on est partiiiiiiiiiiii ! Accélérateur, embrayage, rond-point par la gauche (ouais, parce qu’en plus du reste, faudrait pas que je me goure de sens, hein ?), Amar est mort de rire, moi, morte de trouille et on s’arrête quand même un peu plus loin avant de passer devant le poste de police parce que, OK on rigole bien, mais Amar tient à son job quand même…

J+22 et je suis déjà tuk-tuk driveuse… Qu’est-ce que ça va être dans 3 mois ???

Julleyyyyyyyyy !

Quand j’ai officiellement annoncé que je partais faire ce voyage, un de mes frères m’a dit « Tu peux arrêter de te laver, c’est bon. » Il ne croyait pas si bien dire… ma dernière douche remonte à 4 jours. Ben oui mais bon, dans la montagne, les douches (chaudes de surcroît) ne sont pas légions ! Vous constaterez que je suis beaucoup plus conciliante dans l’Himalaya que dans les Pyrénées…

Je suis donc partie dans la vallée de Sham pour enchaîner les cols à plus de 3800 mètres en compagnie de Guonzan, ma guide, pendant 4 jours d’affilée et pour le plaisir s’il vous plaît !

Tiens, d’ailleurs, pour ceux qui se demandent si la crème « anti-ampoules » est efficace, je confirme : j’en avais pas et paf ! une belle ampoule au bout de 2 jours au talon gauche !

Pendant ces 4 jours, nous avons dormi dans des homestays. En guise de chambre, des matelas posés au sol et pour la salle de bain ce sera des toilettes sèches au fond du jardin, merci !

Bon, je vais pas vous raconter par le détail les noms des microscopiques patelins qu’on a traversés, mais retenons plutôt que au Ladakh, il y fait peut-être froid la nuit mais les gens sont tellement gentils et chaleureux qu’on aurait presqu’envie de passer l’hiver au coin du poêle avec eux. Et puis, j’ai appris à faire du shitaki (rien à voir avec le shitaké), des mo-mos, des chappattis, à compter jusqu’à 5 en ladakhi, à danser ladakhi, à faire sécher des bouses de vache pour alimenter le feu… bref, je suis une Ladakhie accomplie ! D’ailleurs, tout le monde me disait que je ressemblais à une Ladakhie, j’envisage donc une reconversion dès la fin de ce voyage ! (… enfin pas complètement quand même parce que la température descend jusqu’à -35°C et qu’à part le poêle, y a pas de chauffage). Et puis avec les 5 mots de vocabulaire que j’ai appris, c’est du tout cuit ! Julleyyyyyy !! (en insistant bien sur le « eyyyyyyyyy »… ça veut dire à la fois « Bonjour », « Au revoir », « Merci » et « S’il vous plaît », c’est très pratique…)

Je plaisante : la vie dans la montagne, c’est franchement pas une sinécure… Y a pas l’eau courante (faut aller la chercher à la rivière et des fois, c’est pas tout près), y a pas l’électricité courante (ça va, ça vient, on sait jamais quand ça marche) mais… le gouvernement fournit des panneaux solaires si on en fait la demande (je dis ça pour « le monde du solaire »…), on mange la même chose matin, midi et soir, été comme hiver, on se gèle les fesses dès que le soleil passe derrière la montagne d’à côté et les routes sont purement et simplement bloquées du 1er décembre au 15 mars si on est chanceux…

Alors, bien sûr, la communication n’a pas toujours été facile puisque nos hôtes ne parlent jamais un mot d’anglais et que Guonzan étant trainee guide, elle était pas encore tout à fait opérationnelle en traduction mais on s’est payé de bonnes tranches de rire. Et puis ça a aussi été l’occasion rencontrer L., anglaise d’origine bengladeshi et prof d’histoire en Australie, accompagnée de sa guide et avec qui nous avons passé une très chouette soirée à jouer au pouilleux massacreur…

Et puis le trek en lui-même n’était pas hyper palpitant. Mais rien que pour pouvoir en faire baver certains en disant « J’ai passé 8 cols à plus de 3800 mètres en 3 jours »… ça valait le coup !

La prochaine fois, c’est sûr, je prévois 4 semaines, et je me le paye, le K2 (et pas du fond d’un canapé…) !!

En attendant, retour à Leh, je refais mon sac pour la 50ème fois en 3 semaines et direction le Rajasthan !!

Photos ici.

Ce soir, j’ai dîné avec Brad Pitt…

OK, il était brun, il était allemand mais il s’appelait B. (c’est presque pareil !) et avec l’Himalaya en arrière-plan, on pouvait se croire dans Seven Years in Tibet… ou presque.

Reprenons depuis le début. Mercredi matin, rendez-vous de bonne heure et de bonne humeur devant l’agence avec laquelle j’ai booké l’excursion au Pangong Lake. Soit dit en passant, c’est sensé être le pluuuuuuuuus beau lac du Ladakh, avec différentes teintes de bleu faisant penser aux Caraïbes, la température en moins puisqu’il est à 4300 mètres d’altitude…

On est 4 à partir à l’aventure : B. (donc…) allemand, S. israelienne, C. hollandais et moi-même, votre serviteuse… On grimpe dans notre jeep, à peine de temps de faire connaissance avec notre chauffeur qui de toute façon ne parle pas anglais et c’est parti mon kiki !!

Bon, on va se dire les choses une bonne fois pour toutes : la route de montagne à moitié défoncée, à peine assez large pour croiser les camions qui montent et qui descendent toute la journée, le tout avec un chauffeur indien (ouais parce qu’on est peut-être très très près du Tibet, faut pas oublier qu’ils sont indiens les gens ici et qu’ils conduisent donc comme… des indiens !!)… ça ne pardonne pas ! Cerise sur le cupcake : on passe le 2ème col carrossable (enfin carrossable… tout est relatif) le plus haut du monde à 5360 mètres… (le 1er est aussi dans le coin). Comme des débutants, on saute de la voiture pour aller faire LA photo près du panneau de l’armée qui atteste de l’altitude… erreur fatale !! on se met à trembler comme des feuilles, on a la tête qui tourne et l’estomac qui se met à faire des bonds… que du bonheur !

Bon évidemment, on ne reste pas au col, on redescend de l’autre côté et après 6 heures de route et une bonne cinquantaine de pauses photos, on aperçoit enfin le Pangong Lake.

C’est vrai, c’est très joli, le paysage est impressionnant et de l’autre côté du rivage, c’est la Chine. Cette f***ing altitioude nous empêche quand même un peu d’en profiter en nous collant un bon mal de tête mais on ne se laisse pas faire et on avale de grandes rasades de ginger tea.

Le village de Spangmik où nous passons la nuit est minuscule : une dizaine de maisons qui font toutes du homestay, c’est-à-dire qu’elles accueillent les touristes en demi-pension (puisque de toute façon, y a rien autour…). Nous choisissons le Gongma Homestay, une des maisons les plus hautes du village. La vue sur le lac est superbe et les propriétaires hyper sympas et on passe la soirée à discuter pendant que Madame fabrique du beurre et du fromage à partir du lait de la traite du jour.

Alors évidemment, y a pas de douche (sauf si t’as envie de te jeter dans le lac), les toilettes sont dehors et on dort tous dans la même chambre sur des matelas à même le sol mais c’est pas plus mal parce que vu la température extérieure et l’inexistence de système de chauffage, on est bien content d’être plusieurs dans la pièce. Pour qu’on ne se sente pas trop seuls, il y a même des souris blanches (bien nourries les souris…) qui passeront la nuit à courir sur le drap tendu au plafond. La bonne nouvelle, c’est qu’à cette altitude, pas de trace d’araignées, de moustiques ou de cafards… Finalement, je vais peut-être rester là…

Le lendemain matin, on reprend la route dans l’autre sens et on s’arrête en chemin pour visiter 2 monastères assez connus dans le coin : le Tangtse Gompa, dont une partie a plus de 600 ans, et le Thiksey Gompa, qui abrite une statue de Bouddha haute de 14 mètres. On croisera aussi tout un tas d’animaux qui trouvent que le coin est sympa : marmottes bien grasses (l’hiver arrive dans 3 semaines), wild donkeys, yaks, …

De retour à Leh, je récupère chez un couturier un écusson brodé AL autour du monde. Pas moyen de faire faire ça en France, mais ici, au beau milieu de nulle part et sans électricité, ça ne leur a posé aucun problème ! Bon, il est un peu indian style, mais ça ne fait que rajouter à son charme ! Du coup, voici le nouveau look du sac à dos ! 

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La classe, hein ??

Juste le temps de prendre une bonne douche chaude et je refais mon sac pour les 4 jours de trek à venir et l’ascension du K2 !! (… je rigole ! pfff… j’imagine déjà vos têtes !!)

Photos ici.

Monter un escalier et manquer s’évanouir

Voilà ce qui arrive quand on veut faire sa maligne et qu’on passe sans transition du niveau de la mer à 3500 mètres d’altitude.

J’ai donc changé de décor. Après une nuit hachée (3 avions différents entre 20h30 et 6h30 et une incrédulité certaine devant les règles de l’aviation civile indienne, genre t’as le droit d’avoir 10 litres de liquide sur toi du moment que c’est dans une bouteille d’eau ou tu ne passes pas le contrôle de sécurité avant minuit si ton vol est à 2h du matin…), le commandant de bord qui te dit de regarder par le hublot parce qu’on voit l’Everest, le survol de la chaîne du Zanskar et l’atterrissage au milieu de nulle part entre les sommets enneigés après plusieurs loopings au-dessus de Leh… ça avait presque quelque chose d’irréel ! Même depuis l’avion on se sent tout petit !

Bon, quand tu descends de l’avion et que le froid te mord les mollets, là, tu remets direct les pieds sur terre : t’es dans l’Himalaya fillette ! Youhou ! Fallait mettre la polaire sur le dessus du sac !

Mission n°1 : se trouver une guest house pas trop chère mais avec de l’eau chaude ! Bah ouais, autant c’est pas gênant quand il fait 40°C et que tu sues à ne rien faire, autant là… elle coule directement des glaciers d’à côté l’eau du robinet ! Mission accomplie chez Indus Guest House où je tire de son lit un petit papi qui pensait que la saison était finie.

Bref, je négocie comme une chef le prix de la chambre pour les 3 nuits à venir et je m’écroule comme une moule jusqu’à midi. Quand je rouvre les yeux, je me suis faite un nouvel ami : le mal des montagnes… Et keskessafé le mal des montagnes ? Ça te pilonne le crâne, t’as l’impression que ta langue est une pierre ponce, tu pourrais faire le ramadan sans même t’en apercevoir et quand tu montes un escalier… tu vois des petites étoiles !

Je me dis que je suis forte, que je vais patiemment attendre de m’être acclimatée à l’altitude et que ça n’a jamais tué personne (à vrai dire si, c’est très sérieux le mal des montagnes, ça peut tuer…). Mais vers 16 heures, les aiguilles qui sont enfoncées dans mes yeux, mon cerveau et ma nuque devenant franchement pénibles, je craque et je vais à la pharmacie.

Ah la pharmacie indienne… on n’en parle pas assez je trouve. D’abord, les boites de médicaments sont rangées sur des étagères et les gens se servent eux-mêmes. Du coup, les 3/4 des boîtes sont ouvertes avec les tablettes de pilules qui dépassent et il y a un petit gars qui est chargé de tout ranger au fur et à mesure. A la caisse, le pharmacien (enfin… on sait pas trop si il est pharmacien celui-là…) a une cadence 20 fois supérieur à la caissière de Monop’ et hurle des prescriptions à tue-tête.

Je lui demande ce qu’il peut me donner contre le mal des montagnes et une plaquette de paracétamol tombe littéralement du ciel, jetée par le petit gars qui est sensé ranger mais finalement, on n’est plus trop sûr de ce qu’il doit faire… Mouais, bah pour prendre un Doliprane, j’ai pas besoin de tout ce cirque. Bref, j’arrive à négocier qu’il me donne autre chose et me voilà avec mes nouvelles pilules en poche, heureusement furieusement efficaces.

NDLR : il n’est pas particulièrement conseillé d’acheter des médicaments en Inde car le marché noir du médicament est florissant et les contrefaçons sont légions. Mais bon… en cas de force majeure…

Entre temps, j’ai quand même fait le tour de la ville (qui n’est pas bien grande) et repérer une bonne dizaine d’agences organisatrices de trek et autres excursions dans les environs.

On arrive en low season, il faut très souvent des permis pour circuler dans la montagne et les permis ne sont délivrés qu’à partir de 2 personnes. Il va donc me falloir me joindre à un groupe et donc m’adapter aux excursions déjà programmées. C’est un vrai casse-tête de faire coïncider les itinéraires et les dates de départ et tout ça au meilleur prix bien sûr !

Etant donné ma condition physique exceptionnelle (qui a rigolé ?) et ce sacré problème de l’altitude, l’idée de franchir allégrement les cols à 6000 mètres est abandonnée rapidement. Le lendemain matin, après un petit déj avec des nutella toasts (des fois, la mondialisation, ça a du bon), je trouve l’itinéraire, le guide et les dates qui vont bien chez Ladakhi Women’s Travel Company, la seule agence de Leh qui emploie des femmes guides (non, je ne milite pas chez les Chiennes de Garde mais je trouve ça cool et en plus ce sont les seules à pouvoir faire le trek que je veux quand je veux). Et en plus, à part le fait que monter 10 marches me donne encore l’impression d’avoir couru un marathon, le mal des montagnes est en train de s’estomper. Le programme pour les jours à venir est donc le suivant : excursion en jeep de 2 jours au Pangong Lake puis retour à Leh et départ le lendemain pour un trek de 4 jours dans la vallée de l’Indus, le Sham Trek (autrement appelé Baby Trek parce que normalement c’est un trek pour bébé d’acclimatation avant de passer aux choses sérieuses… mais ça, c’est pour les gens qui ont prévu de passer 3 semaines au Ladakh et pas 8 jours).

Photos ici.

Un dimanche à Bangalore

Enfin seule !! 😉

Après 2 semaines avec F. & P., je les ai recollés dans l’avion direction Paris et me voilà, seule, un dimanche matin à Bangalore…

(Je rigole… c’était génial de commencer le voyage avec vous les chéris, la parfaite période d’adaptation, revenez quand vous voulez, vous me manquez déjà !)

Contrairement à la veille où la ville ne semblait être qu’un immense embouteillage, ce matin les rues sont plutôt désertes (enfin, j’me comprends, à l’indienne quoi !). Ma première mission est de trouver une boîte rouge (oui, ici, elles sont rouges) pour y mettre nos cartes postales. Mais apparemment, le dimanche, les tuk-tuk drivers sont au repos et les rares qui bossent ne connaissent pas la ville…

Pleine d’optimisme, je me dis que le Bengaluru Palace doit être ouvert même le dimanche et que ça vaut probablement le détour d’aller voir la résidence d’été des mahajaras de Mysore. Et comme ce matin il fait plutôt bon (30°C au bas mot), je décide d’y aller à pied. J’ai beau demander à des cow-boys qui font la circulation dans quelle direction se trouve le fameux Palace, personne n’est d’accord et je mets presqu’une heure à trouver l’entrée ! That’s India : quand tu poses une question à un Indien et qu’il ne sait pas répondre, plutôt que de te dire qu’il ne sait pas, il brode !

Ce qui est assez surprenant avec ces palais, c’est qu’ils sont assez récents et que même si ils ont conservé quelques tabourets en pieds d’éléphants et autres trônes couverts de feuilles d’or, un certain nombre de salles sont proposées en location pour des évènements privés. Ce matin, une trentaine de personnes s’affairait dans le hall du Bengaluru Palace pour réaliser la décoration d’un mariage pendant qu’un orchestre de musique indienne répétait dans le jardin.

Mais bon, un dimanche reste un dimanche et la majorité des boutiques sont fermées. L’occasion de m’offrir ma première après-midi de feignasserie avant le départ ce soir pour le Ladakh. A moi les nuits glaciales et les cols à 5000 mètres !

Photos ici.

AL cracheuse de cafards…

Après avoir bien profité du buffet du petit déj du Royal Orchid, on retrouve Raju, notre tuk-tuk driver préféré, qui nous emmène visiter la fabrique de soie de Mysore. Comme il a travaillé là quelques années auparavant, il nous présente à tous ses potes et nous fait une visite particulièrement détaillée. Et c’est franchement impressionnant : des dizaines de machines filent, tournent, tissent, colorent, rincent, essorent, repassent, … Ça fait un boucan d’enfer, certains ouvriers n’ont pas de protection auditive (ça doit faire longtemps que le coordinateur QHSE n’est pas passé…) mais ils sont tous très fiers de nous montrer leur travail et la qualité de la soie qui sort de leurs mains. Mysore est d’ailleurs très réputé pour sa production de soie et les prix de ses saris tissés au fil d’or.

Hormis le bruit, l’usine nous fait l’effet d’être hyper organisée et propre, ce qui contraste franchement avec l’extérieur. Parce que oui, je n’en ai pas encore parlé mais l’Inde est à la hauteur des espérances en ce qui concerne la saleté et les odeurs qui nous surprennent et nous prennent à la gorge de temps en temps au coin de la rue…

On enchaine ensuite avec la visite du Mysore Palace, un palais de maharajas digne des 1001 nuits. Bon, le premier palais en bois a brûlé et celui qu’on visite (pieds nus s’il vous plaît, c’est bien meilleur pour piétiner les crottes de pigeons…) date de 1912 mais le faste et la magnificence de la vie à l’époque du Raj se fait encore bien sentir. On est très impressionnés par les 2 têtes d’éléphants empaillés qui encadrent la porte principale et surtout par le nombre d’Indiens qui visitent l’endroit au pas de charge.

On termine notre circuit par un petit tour au bazar. A peine plus grand que celui d’Ooty, on sent pourtant qu’on est dans une ville bien plus touristique : les vendeurs nous interpellent constamment pour nous vendre des kum-kum, poudres colorées utilisées pour les bindi, des bracelets, des flûtes en bois, des têtes d’ail, … On résiste tant bien que mal à la tentation !

Mais c’est déjà l’heure de quitter Mysore et on saute littéralement du tuk-tuk dans un bus pour Bangalore. L’arrivée sur Bangalore est chaotique : les routes sont défoncées et les travaux créent des bouchons immenses. La pollution (et les tas d’ordures qui brûlent) nous pique les yeux et la gorge. Comme il est déjà tard, on décide de dîner au restaurant de l’hôtel. Et c’est le jour où… un cafard sort de ma bouche. Y en a, c’est des perles. Moi, c’est des cafards. Celui-là était caché dans la paille de mon Pepsi… Mais ne vous inquiétez pas ! Je ne lui ai fait aucun mal. Après être resté assommé quelques minutes sur la table où je l’avais craché, il s’est remis sur ses pattes et serait reparti vivre sa vie si le serveur ne l’avait pas délicatement emmené, écrabouillé dans une serviette en papier…

Moralité : ne plus JAMAIS boire à la paille…

Photos ici.

Raju, tuk-tuk driver

Nous voici donc à Mysore (c’est ici), dans le sud du Karnataka, cité royale au passé riche et fastueux, peuplée aujourd’hui de 800 000 habitants et 40 000 tuk-tuks.

(NDLR : nous vous rappelons que toutes les informations publiées sur ce blog sont véridiques et vérifiées…)

Dès notre arrivée à la gare routière, un rabatteur de tuk-tuks nous saute dessus et nous propose de nous emmener à notre hôtel. Bon, il veut nous entasser, nous 3 et nos 6 sacs, dans un tuk-tuk sans coffre donc, on s’énerve un peu et on finit par obtenir un 2ème tuk-tuk pour le même prix (je réfléchis à écrire un guide de la négociation en Inde…).

C’est l’avant dernière nuit de la lune de miel de F. et P. donc, on se fait plaisir et on descend au Royal Orchid Metropole, un très très chouette hôtel historique où le personnel est charmant et la piscine fantastique, nonobstant les paires d’yeux un peu trop curieux qui ne nous lâchent pas une seconde.

Il y a plein de choses à voir à Mysore et comme on n’a pas beaucoup de temps puisqu’on repart le lendemain, on cravache !

Notre chemin croise celui de Raju, tuk-tuk driver, qu’on embauche pour l’après-midi et qui nous promet de nous emmener partout où on voudra. On monte donc en fin d’après-midi à Chamundi Hill visiter un temple où le rouleau compresseur de l’Inde nous rattrape : comme c’est la fermeture, c’est un peu la cohue et on se fait harponner par un Indien bossu et édenté qui se charge de nous faire faire une visite guidée au pas de charge, nous extorquant quelques roupies au passage. Incredible India !, et puis il y a plein de singes partout et la vue sur Mysore est assez impressionnante malgré la brume de chaleur (ah oui, on est redescendu des montagnes, il fait à nouveau 40°C…).

La première mission de Raju était de nous ramener en centre-ville après la visite, mais il nous propose de faire un détour par le showroom gouvernemental de soie de Mysore (car la soie est fabriquée ici et est fort réputée dans le sud de l’Inde). C’est l’occasion de faire un peu de shopping et surtout de rapporter des souvenirs pas trop kitschouilles…

Comme Raju est encore là, on lui demande ensuite de nous emmener dans un bar qui sert de la Kingfisher bien fraîche. Et finalement, comme on le trouve sympa, on lui donne rendez-vous le lendemain matin pour finir la visite de Mysore et nous déposer en fin de journée à la gare routière.

40 000 tuk-tuks, c’est bien, mais la concurrence est rude et le prix de la course est ridiculement bas de ce côté-ci des montagnes. Va falloir trouver un autre marché pour mes investissements futurs…

Photos ici.

Ça ? une station climatique ? Mon oeil !!

Ooty, première station climatique du sud de l’Inde… Mouais… Ben, ça mériterait que quelqu’un m’explique pourquoi…

Alors, OK c’est une très bonne base pour explorer les très jolies montagnes environnantes et OK il y fait vraiment plus frais que le long de la côte (on prend même des douches chaudes et on ne transpire pas quand on est assis), mais franchement, ça casse pas 3 pattes à un canard ! Les rues sont moches, les échoppes sont moches, le parc d’attractions est glauquissime, on ne peut même pas boire de bière pour oublier tout ça (non madame, ici c’est le Tamil Nadu et on ne rigole pas !), les hôtels sont…bizarres (enfin, le nôtre surtout avec sa musique d’ambiance molvanienne en boucle pendant 48 heures) et surtout, vous n’allez pas y croire mais c’était jour de grève nationale au Tamil Nadu ! Pour les mêmes raisons que dans le Kerala (taxes sur le diesel trop chères) mais pas le même jour (ça serait trop simple). On a donc failli se retrouver coincer dans une ville pourrie avec rien à faire !

Heureusement, on insiste un peu (on commence à les connaître ces Indiens, ils disent toujours « Not possible » mais on arrive en général à nos fins… c’est une véritable expérience de management…) et on arrive à trouver un guide pour un trek d’une demi-journée dans les environs d’Ooty avec, au menu, plantation de thé, petits villages de fermiers et grimpette dans la montagne. Bon, c’est pas de la rando de compet’ mais c’est une bonne petite séance de décrassage avant de passer aux choses sérieuses dans le Ladakh la semaine prochaine.

Et puis, à Ooty, il y a aussi quelques cimetières coloniaux et surtout… il y a le bazar et ça, c’est plutôt sympa. Les têtes de chèvre grillées alignées les unes à côté des autres, le sang de poulet qui a giclé jusqu’à plus de 2 mètres de hauteur, les marchands qui débitent des petits morceaux de bœuf tandis qu’une vache rumine dans les ordures 3 mètres plus loin… Ça vaut le détour ! On achète quelques fruits exotiques et on se rafraîchit les narines dans quelques fleurs de jasmin avant d’aller dîner (bah oui, ça nous a ouvert l’appétit tout ça !)

Bref, faudra m’expliquer en quoi cette ville est charmante (dixit mon ami le Lonely)… On redécolle donc d’Ooty le lendemain, sans état d’âme, dans un bus qui se définit lui-même comme « ultra Deluxe » (HC, si tu m’entends…) et on file à l’allure délirante de 30 km/h vers Mysore, à 150 kms de là (je vous laisse donc faire le calcul… oui, oui, oui, 5 heures de bus mesdames et messieurs, ça mérite bien un « ultra Deluxe » !!) dernière étape de notre voyage avant Bangalore et le retour de F. et P. prévu dimanche.

Photos ici.

La Poisse : épisode n°1

Chers lecteurs,

Vous qui me connaissez depuis maintenant des années (ou 10 jours pour les plus récents), vous savez que La Poisse est une de mes amies les plus fidèles et m’épargne rarement plus de quelques mois d’affilée. Laissez-moi donc vous raconter quelles ont été ses récentes incursions dans mon voyage depuis 10 jours…

Tout a commencé à l’aéroport de Londres, lundi 10 septembre… oui, oui, celui-là même, le lundi du grand départ…

Lors du contrôle des bagages à mains aux rayons X, j’ai sorti de mon sac mon ordinateur (celui-là même qui me permet de communiquer avec vous) et là… CRAC ! je laisse mon ongle de pouce gauche au fond de mon sac tandis que ma main, elle ressort victorieuse avec l’ordinateur… J’en conviens, c’est un détail, rien de bien grave, d’autant plus que La Poisse m’a appris qu’il faut toujours avoir une lime à ongles sur soi.

Quelques minutes plus tard, je constate avec désarroi que j’ai perdu mon seul et unique élastique à cheveux (évidemment, que j’en ai d’autres dans mon sac à dos, mais il est en soute, pas sous ma main !). Je me retrouve donc à acheter des élastiques à cheveux (article qui se vend rarement par moins de 20 exemplaires…) au duty free d’Heathrow. D’ailleurs, puisqu’on en parle, j’ai une réclamation à faire, ces élastiques sont tous pourris, ils cassent tous seuls.

Arrivée à Trivandrum après 28 heures de trajet, j’étais un peu pressée de sortir de l’avion, de mettre mon sac sur mes épaules et de partir conquérir le monde arpenter les sentiers. Dès l’atterrissage, j’avais donc à la main la clé du cadenas de mon sac à dos. Mais, regardant par le hublot, j’ai été subjuguée par les paysages du Kerala et hop ! je décide de ressortir mon appareil photo pour immortaliser l’instant. Arrivée devant le tapis à bagages, je réalise que j’ai délicatement posé la clé du cadenas sur le siège à côté du mien et que, bien sûr, je l’ai laissée là-bas…

La Poisse n’étant pas si méchante, j’arrive à récupérer ma minuscule clé alors que l’embarquement du vol suivant avait déjà commencé. J’ai entendu dire que « quand on n’a pas de tête, on a des jambes »…

Mais j’ai gardé le meilleur pour la fin : la journée d’aujourd’hui ! Levés à 4 heures pour prendre le train pour Ooty, on débarque un peu dans le brouillard à la gare de Coimbatore pour acheter nos billets. Malheureusement, on ne peut acheter les billets que pour la première partie du trajet, jusqu’à Mettapulayam, mais pas pour Ooty, on ne sait pas bien pourquoi. Qu’à cela ne tienne, on grimpe dans le train pour Mettapulayam (dans le wagon réservé aux handicapés… no comment), et le train part pile à l’heure. 45 minutes plus tard, je réalise que j’ai oublié ma bague sur le rebord du lavabo de l’hôtel à Coimbatore… Evidemment, pas moyen de faire demi-tour ni même d’envisager un quelconque moyen de la récupérer. J’aurais tenu 8 jours avant de perdre l’objet le plus précieux que j’avais sur moi : merci La Poisse !

Et ce n’est que le début de la journée : arrivés à Mettapulayam, on apprend que le fameux train miniature qu’il-est-trop-bien-qu’il-faut-absolument-qu’on-le-prenne est déjà complet et le chef de gare nous dit « Try tomorrow ! ». Ah ça non, mon bon monsieur ! On n’a pas que ça à faire nous ! On a un programme de ministre et on compte bien s’y tenir ! On se met donc dans la queue des Unreserved seats et on attend que le contrôleur nous dise si il y a eu des désistements dans les places réservées pour pouvoir grimper dans le train. En observant ce qui se passe sur le quai, on constate qu’un des wagons du train est bien dédié aux Unreserved seats mais qu’il est déjà plein. On manque perdre tout espoir quand, à 5 minutes du départ du train, une dizaine de personnes se mettent dans la file d’attente mais devant tout le monde. Les Indiens s’engueulent entre eux mais personne ne bouge.

C’est là que La Poisse décide d’aller voir ailleurs si j’y suis. Au moment où le train se met à siffler pour le départ, un groupe de gens descend en courant du unreserved wagon et courent à l’autre bout du train. Ni une, ni deux, on enjambe la barrière de notre file d’attente et on saute dans le wagon à leur place, aussitôt rejoints par une tripotée d’Indiens qui s’entassent sur les banquettes (j’en ai même un quasiment sur les genoux). Et en avant Guingamp !

Bon La Poisse n’étant jamais très loin, le train s’arrête 5 minutes plus tard et le contrôleur monte dans notre compartiment en nous hurlant dessus en tamoul (la langue officielle du coin) et on finit par comprendre qu’on va devoir payer une amende pour être montés dans le train sans ticket. L’amende s’élève tout de même à 32 fois le prix du billet (iiiiirk !!) mais même comme ça, on atteint jamais que les 250 roupies (soit à peine 4 euros) donc on reste fermement accrochés à notre banquette et on paye sans rechigner. Et puis ça vaut vraiment la peine : l’ambiance dans le train est géniale, les gens chantent, crient et sifflent quand on passe dans un tunnel, nous demandent de chanter (on aura un succès fou avecIl était un petit navire et Santiago), on s’arrête toutes les 30 minutes pour remplir d’eau la chaudière de la locomotive à vapeur et on avance à 10 km/h. Mais les paysages sont magnifiques et 5 heures plus tard on arrive enfin à Ooty.

Réflexion personnelle : vous imaginez ça, vous, si quand on monte sans billet dans le TGV, on devait payer une amende de 32 fois le prix initial ? Ça en découragerait certainement plus d’un…

Photos ici.

En route pour Ooty !

Aujourd’hui, on compte bien profiter de notre journée à Kochi pour s’imprégner totalement de la société indienne. Après être allés visiter dans la matinée le palais de Mattancherry, dont l’intérêt principal était la présence de ventilateurs dans presque toutes les pièces, et nous être cassés le nez à la synagogue Pardesi (c’est fermé, c’est normal…) on retourne dans le quartier d’Ernakulam pour aller au cinéma.

Sur les conseils avisés de notre hôtesse, à qui on a dit qu’on voulait voir un Bollywood, on va voir un film en hindi non sous-titré (bien sûr !!) dont le titre est Barfii. Un choix assez pertinent puisque le héros est muet et que ça nous évite donc les dialogues à la Woody Allen… La salle est pleine à craquer, 90% d’hommes, et on se demande bien de quoi il s’agit…

Et bien figurez-vous que c’est la bonne surprise du jour ! Alors OK, le film est long (très long… tellement long qu’il y a un entracte au milieu), on ne comprend pas un traître mot de ce qu’il se raconte, ce n’est absolument pas un Bollywood et on met un peu de temps à raccrocher tous les wagons mais l’histoire est tellement fleur bleue qu’on en a même la larme à l’œil plusieurs fois.

Côté ambiance, la salle est plutôt bon public : éclats de rire, applaudissements, sifflets, les téléphones sonnent sans problème pendant la séance, bref, une chouette expérience et surtout le premier morceau d’un grand défi : aller voir dans chaque pays un film dans la langue locale et être capable de le raconter !

Et moralité : sous leurs grands airs de durs à cuire à moustaches, les Indiens vont voir des films de gonzesses en se tenant par la main et je suis même sûre que y en a certains qui pleurent…

Le lendemain, on décide de se faire une journée de princesses feignasses. Alors après le petit déjeuner, on se rend dans un centre ayurvédique pour une heure de Full Body Massage… énergique et franchement huileux (on a l’impression de sentir la friture…).

En début d’après-midi, il faut se résoudre à quitter Kochi et à continuer le voyage. On embarque donc à bord d’un tuk-tuk sur le toit duquel on attache nos sacs à dos en priant pour que la route ne soit pas trop défoncée et qu’on retrouve nos sacs à l’arrivée à la gare… Tout va bien, on grimpe dans le train qui arrive en gare à l’heure et repart à l’heure (décidément, l’Inde… ce n’est plus ce que c’était…) mais qui s’arrête au bout de 10 mètres (ah ! quand même !), on ne sait pas pourquoi, et qui repart tranquillement 10 minutes plus tard. Et nous voilà partis pour plus de 4 heures de train, entre les vendeurs ambulants de toutes sortes (café, chai tea, brosse à cheveux vibrante… si, si, ça existe, c’est recommandé par un docteur indien), les bébés qui chouinent, les gens qui squattent nos places, le contrôleur qui écrit des lettres au gouvernement au milieu du couloir…

C’est là que démarre mon deuxième grand défi : porter jusqu’à la fin du voyage un magnifique collier à paillettes violet que P. m’offre dans ce train

On arrive donc à Coimbatore (c’est ici) en début de soirée. On se trouve aussitôt un hôtel tout près de la gare car on doit repartir le lendemain matin à 5h15 (WHAT ??? mais on n’est pas en voyage de noces là ?) direction Ooty, station climatique à plus de 2200 mètres d’altitude et où on espère bien 1/ échapper aux moustiques, 2/ mettre un pull (des fois, dans la vie, y a des plaisirs simples). Le voyage jusqu’à Ooty promet d’être somptueux : 7 heures de train dont 5 dans un train miniature classé au patrimoine mondial de l’Unesco…

Vous pouvez d’ores et déjà compter sur votre serviteuse pour vous raconter tout ça, photos à l’appui, au prochain numéro !

Pour les photos, c’est par ici !