Crater Lake

La nuit a été calme. Pas de shérif, pas de klaxon intempestif et pas de grognement d’ours affamé. Je ne tarde pas à me mettre en route. Aujourd’hui, y a encore un paquet de miles à mettre au compteur.

En fait, c’est pas tant le nombre de miles mais plutôt le nombre d’heures… Flipper a beau être hyper serviable, on ne roule qu’à 60mph soit 90km/h. Et les routes sont loin d’être toutes droites et en plus, y a plein de travaux, du coup, la circulation est alternée et on est obligés de s’arrêter pendant des heures.

Bref, ce matin on quitte donc la Californie. Et on tombe aussitôt sur ça.

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Et juste après, sur une station-service. Et je découvre avec surprise qu’il y a une vraie différence entre le prix de l’essence californienne et celui de l’essence oregonaise… En fait, en Oregon, y a tout bonnement pas de TVA. Du coup, tout est moins cher.

Aujourd’hui, je vais à Crater Lake qui, comme son nom l’indique, est un lac dans un cratère. On me l’a décrit comme le plus beau lac sur Terre, un truc indescriptible tellement c’est magnifique, la 8ème merveille du monde en quelque sorte. Je ne pouvais donc pas rater ça.

Mais avant d’aller m’extasier, c’est jour de lessive. Je fais donc une première petite pause sur la route. Et ici, même les laveries offrent le wifi ! J’en profite pour faire avancer le blog, reprendre contact avec le boulot… Et oui, je vais pas pouvoir faire l’autruche plus longtemps, il va bien falloir préparer ce retour…

Je m’arrête aussi un peu plus loin pour m’équiper d’un attirail anti-ours : clochette, bombe au poivre, tout y est. C’est qu’en potassant mes guides de voyage, je me suis rendue compte que les endroits que j’ai prévu de visiter pullulent de ces gentilles bestioles… Mieux vaut prévenir que guérir…

Et en milieu d’après-midi, j’arrive enfin à Crater Lake après avoir poussivement grimper la route qui mène à l’entrée du parc. Pour l’instant, pas de lac en vue… Je m’installe au camping (un camping privé, bien moins cher que les campings des State Parks de Californie… encore un coup de la TVA ?), je m’énerve un peu contre les centaines d’abeilles (au moins) qui essaient de venir s’installer dans Flipper et j’épluche toute la paperasse que m’a remise le ranger à l’entrée. Bonne nouvelle, y a plein de balades à faire.

Après une petite pause, je pars donc pour le Watchman Overlook. L’idée, c’est de grimper tout au bord du cratère et de regarder le lac prendre une jolie teinte violette pendant que le soleil se couche de l’autre côté. Pour rejoindre le point de départ du sentier, la route serpente le long du cratère… et là, d’un coup, sans prévenir… le voilà ! Le lac !

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Wow… j’en ai presque le souffle coupé tellement c’est beau ! Mais pas le temps de bader, le soleil est déjà en train d’amorcer sa dernière ligne droite, il est plus que temps de rejoindre la Watchman Tower. Une petite grimpette plus tard  et hop ! me voilà en place pour admirer le tant attendu festival des couleurs. Sauf qu’en fait, bah… ce soir, c’est pas si magique que ça. Je sais pas, le vent, la lumière… c’est joli hein, mais c’est pas aussi joli que ce que je m’attendais à voir. Et en plus, il fait un froid de canard ! Faut dire que l’air de rien, on est à plus de 2500m d’altitude. Je prends quand même le temps de faire quelques clichés et je redescends me remettre au chaud dans le ventre de Flipper.

Le lendemain matin, c’est sous un soleil radieux que j’entame l’ascension du Mount Scott. Y a rien à dire : quand il fait beau, ça change tout. Le Mount Scott est le point culminant du parc à 2700m d’altitude. De là-haut, on a une vue imprenable sur le cratère et toutes les vallées des environs… C’est beau… C’est officiel, l’Oregon, ça envoie de la bûchette.

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Mais le lac n’est pas la seule curiosité du coin. Il y a aussi les Pinnacles, des cheminées de cendre qui ont durci et forment de drôles de pics le long d’une petite vallée très encaissée.

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Après un petit retour au camping pour prendre une bonne douche, je suis retournée du côté du Watchman Overlook pour le coucher du soleil. Et cette fois-ci, c’était nettement plus joli.

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Et c’est sur toute cette joliesse que c’est achevé mon petit tour à Crater Lake. Demain, je reprends la route. Direction la côte à nouveau.

Photos ici.

Northern California

Nous revoilà donc repartis, Flipper et moi. Avant de quitter San Francisco, on s’offre un petit déjeuner au sommet de Twin Peaks. La vue sur la ville y est… fantastique. Pendant 10 minutes, on est presque tout seuls à profiter du calme de l’endroit et puis, c’est le drame. Des cars entiers de touristes débarquent. Des touristes chinois bien sûr, des touristes allemands et évidemment, des touristes français, mes préférés. J’comprends pas, ils sont pas censés avoir recommencé à travailler les p’tits Français ?

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Et puis tant qu’on est encore en pleine civilisation, je m’installe au Starbucks. Alors oui, j’avoue, j’aime beaucoup leurs boissons mais c’est pas pour ça que j’y ai passé plus de 3 heures ce matin-là. C’est plutôt parce que non seulement le wifi y est gratuit mais en plus, y a des prises électriques à côté de toutes les tables et j’ai grand besoin de charger mes 2 batteries d’appareil photo et mon téléphone. C’est que j’ai beau avoir équipé Flipper d’un maximum d’accessoires de geekette, tout mon matériel ne se branche pas sur l’allume-cigare… Enfin je culpabilise pas trop, tous les gens qui sont là restent au moins aussi longtemps que moi et font semblant de travailler. Moi je fais pas semblant, je papote sur Facebook.

Après avoir fait le plein d’électricité, cette fois, on peut quitter la ville pour de bon. San Francisco… encore un endroit où je crois bien que je pourrais m’installer sans trop de problème… Allez, en route !

J’entame l’ascension du Mount Tamalpais. En voiture, pas à pieds, évidemment. Remarque, y en a bien quelques-uns qui s’infligent ça à vélo… De là-haut, on peut encore voir toute la baie et San Francisco, à moitié moyée dans le brouillard… C’est beau. Sur le parking, je rencontre un type qui trouve que Flipper a trop la classe. On engage la conversation. En fait, il est australien, habite 7 mois de l’année à San Francisco et les 5 autres à Sydney. Et il reconnaît qu’il n’est pas malheureux… (non mais sans blague !!!) Pour redescendre, il me conseille de prendre une petite route qui serpente dans la montagne. Très jolie il paraît. Et puis ça arrive à Fairfax, une petite ville pleine de gentils et vieux hippies. Et en plus, ça m’amène directement sur la route que je comptais prendre après. Ah bah dans ce cas-là, en avant Guingamp !

Nous voilà donc, Flipper et moi, à zigzaguer entre les sequoias. Sauf que. La petite route très jolie c’est en fait une petite route très jolie mais de montagne. Ca grimpe, ça descend, c’est plein d’épingles à cheveux… et Flipper se met à protester. A chaque fois qu’il faut tourner à gauche, il fait un drôle de bruit et la pédale de frein se met à vibrer… Je panique pas mais je commence à penser aux routes de montagne, les vraies, qu’il va falloir prendre quand je serai au Canada. Et que Flipper ne supporte déjà pas celle-là, ça ne me plaît pas. Mais alors pas du tout.

Arrivée à Fairfax, je m’arrête dans le premier garage. Là, le très gentil monsieur me dit qu’il a pas vraiment le temps de jeter un œil ce soir mais qu’il veut bien venir faire un tour avec moi pour tester les freins. Très bien. On part donc, lui au volant et moi à côté en train d’essayer de lui faire comprendre ce qui n’allait pas (certes, mon niveau d’anglais n’est pas tout pourri mais de là à avoir une conversation avec un garagiste…). Sauf que là, on n’est plus dans la colline, la route n’est plus pentue et évidemment, Flipper ne dit plus rien.

Pour me rassurer, le garagiste me dit qu’il peut quand même vérifier mes freins mais qu’il faudrait que je revienne demain matin. Tant pis, je reste là pour ce soir, j’ai encore des milliers de miles à faire, pas question de ne pas être sûre de Flipper. Je me trouve donc un petit coin tranquille pour la nuit. Si tranquille qu’un daim passe à quelques mètres de Flipper pendant que je suis en train de dîner.

Le lendemain matin à la première heure je suis de retour au garage. Mon copain Daniel (c’est le nom du garagiste) aussi et il m’envoie faire un tour pendant qu’il s’occupe de Flipper. Une heure après, je reviens. Verdict : tout va bien, il a tout nettoyé, faut pas s’inquiéter ma p’tite dame, tout est en ordre ! Je remercie donc chaudement Daniel et je reprends mon chemin. C’est que c’est bien joli d’avoir traîné le long des plages, il nous reste quelques kilomètres à faire et il serait temps de s’y mettre ! On roule donc jusqu’au Salt Point State Park. Là, c’est la pluie qui nous tombe dessus. Du coup, pas de balade, je passe l’après-midi bien au chaud dans le ventre de Flipper à peaufiner la suite du trajet. Et je me rends compte que si je veux arriver à New York dans les temps, je vais pas devoir traîner !

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Le jour suivant, c’est sous un ciel toujours gris que je reprends la route. Pas bon pour le moral des troupes ça ! Une petite pause dans un Starbucks (oui toujours pour des questions de batteries) et hop ! le soleil fait son apparition. Je traîne en route, je m’arrête prendre des photos, je fais quelques courses à l’épicerie et en milieu d’après-midi, j’arrive au Humboldt Redwoods State Park. Après avoir passé les 2 dernières semaines avec l’océan toujours à portée de main, je suis maintenant au cœur d’une forêt de sequoias géants. Je me rends donc au Visitor Center pour me renseigner sur les balades dans le coin. La petite dame derrière le comptoir est très gentille : elle me fait un itinéraire personnalisé pour que je vois les plus grands, plus gros, plus larges arbres de tout le pays. Au moment où je ramasse les cartes et où je la remercie elle me dit : « Bon, faites quand même attention aux ours. En ce moment, ils sont plutôt du côté des vergers mais faut toujours être prudent. » Ah. Bien. « Oh ! Et aussi, faites attention aux lions des montagnes. On n’a pas eu de problème récemment mais si vous en croisez un, faut surtout pas vous mettre à courir, il vous prendrait en chasse. » Oui. Très très bien.

Du coup, c’est pas du tout rassurée que je pars faire un petit tour. Comme en plus, je marche seule, il faut que je fasse du bruit pour prévenir les animaux que je suis là et ne pas les surprendre au détour d’un chemin. Me voilà donc à siffler à tue-tête et à taper avec des bouts de bois contre les arbres… Sauf que ça ne m’empêche pas d’avoir les chocottes. Je suis en pleine forêt, il fait bien sombre (les arbres sont immenses je vous dis), je suis toute seule et y a des tas de grosses bêbêtes féroces qui peuvent surgir à tout moment… La cadence est donc plutôt rapide et je rentre au camping toute essoufflée.

Là, j’ai mon bon moment de la journée : une douche chaude… et pendant 7 minutes s’il vous plaît ! Oui, les douches sont payantes dans les campings (qui sont payants, eux aussi) et plus tu payes, plus la douche est longue. Faut donc faire des compromis… Un bon dîner, une histoire et au lit ! Demain, je repars dans la forêt.

Et ce matin, il fait encore bien gris. Faut se mettre quelques coups de pieds aux fesses pour sortir de Flipper et se mettre en route. Surtout que je ne dois pas traîner : au programme, une longue marche dans la forêt et 3 heures de route pour rejoindre l’étape du jour. Mouais.

Entre le temps et les recommandations de ma petite vieille du Visitor Center, c’est pas franchement la motivation des grands jours… Du coup, plutôt que d’aller m’enfoncer bien profond dans la forêt (et m’époumoner tout en ayant les genoux qui flageolent…), je change de plan. Je vais bien aller voir des grands arbres mais je vais prendre d’autres sentiers, plus courts et plus fréquentés. Me voilà donc à déambuler entre ces sequoias dont jamais, je ne vois le sommet. Certains ont fini par tomber à terre et sont véritablement monstrueux.

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Bon, je suis quand même bien seule dans cette forêt. Même pas l’ombre d’un ours ou d’un gros chat ! Finalement, c’était pas la peine d’en faire une montagne…

Après le déjeuner, je repars. Toujours quelques stops en route, quelques détours pour aller voir une belle plage ou un arbre tout à fait spécial ou encore une statue qui parle et c’est en début de soirée que j’arrive au Jedediah Redwoods State Park. Je tente le camping du parc mais c’est encore 35 dollars la nuit et franchement, je n’ai pas tant besoin d’une douche que ça. Et puis de toute façon il est plein ! Du coup, je quitte la route principale et trouve refuge un peu plus loin, dans la forêt. A la nuit tombée, les voitures qui passent sur la route deviennent rares et j’ai même le temps de me faire un bol de nouilles avant que les moustiques ne passent à l’action.

Ce soir, c’est ma dernière nuit en Californie. Demain, j’attaque l’Oregon. Au nord… toujours plus au nord…

Photos ici.

C’est une maison bleue…

Comme on est samedi matin, en quittant Santa Cruz je fais un petit tour par le marché. Le Farmers Market. Les producteurs des environs viennent y vendre leurs fruits et leurs légumes et il paraît que c’est à ne pas louper alors… Et en effet, c’est bien sympa. Déjà tout le monde fait goûter tout son étalage. C’est qu’il est hors de question d’acheter à l’aveuglette ! Bon, y a jamais qu’une dizaine de stands mais je me laisse tenter et une demi-heure plus tard, je repars avec, sous le bras, une barquette de framboises, quelques tomates, une baguette aux céréales (si, si, une VRAIE baguette) et un pot de ceviche. Il faut dire que mes occasions de manger du poisson sont plutôt rares (et puis, je veux pas vexer Flipper…).

A midi, je m’arrête donc à Pigeon Point où je déguste mon pique-nique de reine… Ah ! du vrai pain, du poisson frais, des tomates ultra goûtues et des petites framboises pour couronner le tout… qui a dit que je devais me farcir un régime déprimant ?

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Et après les kilomètres d’asphalte plutôt déserts de ces derniers jours, je me retrouve soudain dans les embouteillages qui annoncent San Francisco. En fait, les embouteillages sont plutôt dans l’autre sens. En ce début d’après-midi, les gens quittent la ville pour aller à la plage. Du coup, Flipper et moi on se débrouille pas trop mal et on arrive à notre adresse dans le quartier de Haight Ashbury. Parce qu’on est comme ça nous : on se dit que quitte à passer un peu de temps à San Francisco, on va pas aller se perdre en banlieue et encore moins se prendre un motel. Non, non. On s’installe directement au cœur de l’action !

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Bon, en fait, j’ai un peu cherché sur internet comment on pouvait faire et j’ai fini par trouver quelques adresses dans San Francisco où se garer la nuit ne gêne pas les voisins et où, si on est discret, on ne se fait pas déloger. Parce qu’il ne faut pas croire ! Passer la nuit dans son véhicule est toujours illégal ! Mais noyés dans le nombre de voitures de la ville, je pense qu’on a toutes nos chances.

Une fois installée, je m’occupe du plus pressé : la lessive. Et une fois que j’ai des affaires propres, je prends le chemin de la piscine. Non pas que je meurs d’envie de péter mon score au 100 mètres papillon… non. Disons plutôt que ça fait bientôt 4 jours que je n’ai pas vu une douche : il est grand temps de se décrasser ! Sauf que pas de bol : la piscine est déjà fermée. Je suis bonne pour revenir le lendemain matin. Parce que 5 jours sans shampoing… beurk !

Du coup, à 9h pétantes en ce dimanche matin, je suis à la piscine. Et c’est rigolo, y a que des Asiatiques dans le bassin. Même la maître-nageuse est asiatique ! Le temps de faire mes 40 longueurs (bah oui, tant qu’à être là, autant en profiter !) et d’user et abuser du savon sous la douche, il fait un soleil radieux quand je ressors. Par-fait !

Je me mets donc en route pour un petit tour en ville. Je suis déjà venue à San Francisco il y a 3 ans,  je me concentre donc uniquement sur ce qui me fait vraiment plaisir de voir ou de revoir. Je commence par une petite balade dans Castro pour arriver devant… une maison bleue. Oui mais pas n’importe quelle maison bleue. LA maison bleue. Celle adossée à la colline, où on ne frappe pas, ceux qui vivent là ont jeté la clé…

C’est plutôt drôle parce que, à part cette petite plaque collée sur le mur, la maison n’a rien de vraiment spécial. Elle ressemble à toutes les autres dans cette rue. Et personne ne semble d’ailleurs vraiment s’y intéresser. A part moi. En tout cas, ça suffit à me coller la chanson dans la tête pour la journée ! Quelques rues plus loin, je grimpe dans un vieux street car poussif qui m’emmène jusqu’au Ferry Building. Là, on peut, évidemment, prendre le ferry, mais surtout… manger ! Y a plein de stands de bouffe tous plus appétissants les uns que les autres… Je craque pour un mixed salumi cone, un petit cône en papier dans lequel il y a du jambon, de la pancetta et tout un tas d’autres charcuteries italiennes en petits morceaux… mmmmh ! dé-li-cieux !

Un peu plus loin sur les docks, je tombe sur le village de l’America’s Cup. Si je comprends bien tout le remue-ménage autour, ça doit avoir lieu en ce moment. Moi, j’y connais pas grand-chose en compétition de voile : pour moi, la Coupe de l’America, ça a lieu en mer. Depuis les docks de San Francisco, je vois pas bien l’intérêt. Du coup, je continue mon chemin jusqu’au fameux Pier 39. Aux croassements (si, les otaries, ça croassent) et à l’odeur, je retrouve sans peine les otaries. Avachies en plein soleil, elles se donnent en spectacle sous les flashs de la bonne centaine de touristes qui se pressent sur le dock. Et tandis que je suis là, à contempler bêtement ces grosses quenelles, mon regard est attiré par quelque chose qui bouge dans la baie. Et qui bouge sacrément vite ! Deux immenses catamarans sont en train de finir une régate… la Coupe de l’América ! Ils sont suivis de toute une flottille de bateaux qui essaient tant bien que mal de les suivre. J’en ai jamais vu d’aussi grands ! Et surtout, jamais qui allaient aussi vite ! A peine le temps de les voir traverser la baie et hop, c’est fini, ils rentrent au port. Et ben dis donc… drôlement impressionnant !

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Et puis, parce que aller à San Francisco et ne pas traverser le Golden Gate Bridge ça serait un peu comme aller à New York et ne pas traverser le Brooklin Bridge, je retourne louer un vélo pour passer de l’autre côté du pont. Je dis « je retourne » parce qu’il y a 3 ans, on avait fait la même chose. Sauf qu’on était parties assez tard et qu’on avait fini la balade à la nuit tombée. Là, j’ai toute l’après-midi devant moi. Mais pour autant, je n’ai pas tiré de leçons du passé : comme il y a 3 ans, il y a un vent à décorner les bœufs et comme il y a 3 ans, les côtes qu’on avait eu tant de mal à grimper sont toujours là ! Par contre, pas comme il y a 3 ans, en arrivant au pied du pont… rien. Pas de pont. Pas même l’ombre du pont. San Francisco s’est embrumé et le pont a disparu. Même une fois dessus, je ne vois pas le sommet du premier poteau ! Le fameux brouillard de San Francisco… que je n’avais pas vu il y a 3 ans ! Bah là, j’y ai droit dans toute sa splendeur ! La corne de brume retentit sans arrêt, il fait un froid de canard et on n’y voit goutte !

Enfin ça, c’est du côté de San Francisco. Parce que dès que j’arrive du côté de Sausalito (de l’autre côté, quoi), d’un coup, tout s’éclaircit, le ciel redevient bleu, le pont rouge et c’est magnifique… De la vraie carte postale. Avec la brume qui s’écoule de derrière la colline, qui s’agrippe dans les haubans du pont et le soleil qui fait briller la baie… J’ai mal aux cuisses (oui, je sais, c’est une balade de débutants, je ne suis pas vraiment une adepte de la petite reine…) mais ça valait le coup !

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Reste quand même une dernière côte à grimper pour rejoindre le port… ce que je fais en pestant. A l’arrivée, j’ai 5 minutes avant le départ du prochain ferry. Parfait, juste le temps d’engloutir un smoothie mangue-passion et hop !  me voilà sur le pont à essayer de me réchauffer au soleil. C’est qu’on est en Californie du nord maintenant ! Et il fait pas bien chaud ! Et ça s’arrange pas quand le ferry retourne dans la purée de pois pour rejoindre San Francisco. Du coup, c’est quasiment frigorifiée que je rends mon vélo. Ce qui me donne une bonne excuse pour filer chez Boudin.

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Et non, Boudin ne fait pas du boudin. Sinon j’irais pas, j’aime pas ça. Boudin fait du pain. Et du très bon pain même. Avec ce petit goût qui pourrait presque faire croire que ça vient de chez nous. Et pour ne pas manger du pain sec, Boudin le remplit avec de la clam chowder. De la chaudrée de palourdes, quoi.

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Une fois réchauffée et le ventre plein, la nuit tombe. Il est donc temps de retrouver Flipper qui m’a attendu sagement toute la journée dans son coin, impatient de reprendre la route. Demain, on attaque la Californie du nord…

Photos ici.

Santa Cruz

Ce matin je suis encore réveillée par un rayon de soleil qui passe entre les rideaux de Flipper. La nuit a été fraîche. Il va falloir trouver une solution parce qu’on est encore loin des températures que je vais trouver dans les montagnes canadiennes dans un mois ! Au programme du jour donc, acheter une couverture.

Après un bon petit déj, c’est l’heure de plier bagage. Je prends donc la route, direction le nord. L’étape du jour n’est pas bien longue mais il me faut près de de 4 heures pour parcourir la distance : la route est splendide, toute emberlificotée dans les falaises de la côte, et je m’arrête tous les 3kms pour prendre des photos où aller mettre mes pieds dans l’eau. Oui, juste mes pieds. Ils ressortent déjà bleus, pas la peine d’insister.

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Je m’arrête aussi à la Point Lobos State Reserve. Encore un des innombrables parcs qui bordent la côte. Dès que je sors de la voiture, je suis accueillie par les cris des loups de mer. Y en a vraisemblablement toute une colonie. En effet, ils se sont regroupés sur un gros caillou à quelques mètres de la plage et piaillent à qui mieux mieux. La réserve s’étale sur quelques kilomètres le long de la côte et on peut y observer un bon nombre d’animaux. Un ranger est d’ailleurs en train de régler sa longue vue et me laisse y jeter un œil : une loutre est tranquillement en train de faire la planche à quelques mètres du rivage et casse des coquillages sur son ventre avec un caillou ! Il me donne aussi quelques indications pour aller voir un daim qu’il a repéré un peu plus loin et me dit d’aller jusqu’à la pointe sud du parc : ils ont repéré des baleines… Quoi ? Des baleines ? Ça alors… Ma malédiction serait-elle en train de faiblir ? Le problème, c’est que pour voir des baleines qui sont au loin, faut essayer de repérer leur jet de vapeur quand elles viennent respirer en surface. Quand la mer est plate, c’est facile. Mais aujourd’hui, comme par hasard, y a plein de vagues et de vent, ça facilite pas la tâche. Mais à force de patience, je finis par apercevoir un petit « splash ». Est-ce que c’est vraiment ça, est-ce que c’est pas juste un autre paquet de mer qui bouge… va savoir ! Je plisse les yeux, j’essaye de ne même pas cligner et… OUIIII !!! C’en est une ! Pas de grands sauts périlleux mais clairement, c’est une baleine ! Je suis même tellement en veine qu’un peu plus tard, une deuxième vient rejoindre sa copine. Je suis hyper contente : enfin ! les baleines ! Bon, elles sont quand même un peu loin, difficile de vraiment apprécier la taille des monstres mais tout de même, j’ai vu des baleines !

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En début d’après-midi, j’arrive à Monterey, une jolie bourgade qui a connu son heure de gloire. Dans les années 50, les conserveries de sardine tournaient à plein régime dans le quartier de Cannery Row. L’ambiance et l’odeur de cette belle époque a été immortalisée par Steinbeck dans un de ses romans intitulé tout bêtement… Cannery Row. Du coup, évidemment, ça se visite. Enfin, y a pas grand-chose à voir : quelques vieilles bâtisses en ruines, d’autres retapées pour abriter des boutiques de souvenirs ou des restaurants… faut faire un peu travailler son imagination pour voir les ouvriers en salopette traverser les rues.

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L’autre attraction de Monterey, c’est son Fishermans Wharf. Comme dans toutes les villes de cette partie de la côte, les vieux ports de pêche ont, eux aussi, été reconvertis en pièges à touristes et sur quelques planches de bois, s’alignent les mêmes restaurants et boutiques de souvenirs… Mouais. Pas de quoi casser 3 pattes à un canard mais bon, ça me donne l’occasion de boire un chai latte au soleil tout en profitant de la connexion internet.

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La bonne nouvelle, c’est qu’à Monterey, j’ai réussi à me dégoter un petit bout de trottoir gratuit et sans panneau m’interdisant d’y passer la nuit. A la place, y a un panneau « Park at your own risk »… Faut dire que ledit bout de trottoir est juste en face du terrain de baseball. J’imagine qu’une balle envoyée un peu loin et crac ! c’est le drame. Mais pour ce soir tout est calme, j’y prends donc mes quartiers.

Le lendemain matin, je suis réveillée par les claquements de portière autour de moi. Les gens vont au boulot dites donc ! Bon, bah, puisqu’il n’y a pas moyen de faire la grasse mat’, autant se mettre en route ! Aujourd’hui, toujours plus au nord, j’atteins Santa Cruz. Santa Cruz est une autre très jolie petite ville de la côte pacifique. Très jolie et très riche aussi. Mais avant d’aller regarder ça d’un peu plus près, je commence par une petite session plage à la Natural Bridge Beach. Comme par miracle, il est possible de se garer gratuitement le long de la longue avenue qui arrive à la plage. Et en plus, pas de panneau « No overnight » en vue ! Bon, c’est quand même dans un quartier hyper résidentiel alors je trouve ça un peu louche mais bon, je me dis que si je trouve pas mieux, l’endroit est parfait pour la nuit. En attendant, après une nouvelle tentative de baignade ratée (mais comment c’est possible que cette eau soit si froide ???), je prends la direction du centre-ville en longeant la promenade au-dessus de la falaise. Les maisons qui bordent la rue sont de vrais châteaux, les pelouses sont de vrais terrains de golf et les gens se promènent en segway… ça donne le ton.

Sur la promenade, je croise un type qui regarde l’horizon fixement. Je m’arrête un peu plus loin et je me mets moi aussi à scruter l’océan en me demandant ce qu’il peut bien regarder. Et soudain… SPLAAAASH ! je la vois ! une baleine ! Et pas une petite ! Difficile de dire là aussi quelle pouvait bien être sa taille mais le petit bateau qui s’approche d’elle semble vraiment très très très petit… J’en reviens pas : 3 baleines en 2 jours sans même faire exprès et alors que c’est pas la saison ! Ma chance est à peine croyable…

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Et d’ailleurs, ça finit par se gâter… Alors qu’un petit tour en ville m’a révélé que je n’ai aucune chance de trouver un stationnement public m’autorisant à rester passé 22h, je finis par découvrir un tout petit panneau le long du trottoir de la plage : habiter dans son véhicule est interdit après 22h… Flipper a beau être beaucoup plus petit qu’un camping-car, difficile de se méprendre sur le fait que quelqu’un dort dedans. Dans l’absolu je pourrais prendre le risque mais me faire réveiller en pleine nuit par un shérif peu commode pour prendre une belle amende… non merci ! Et puis il commence à se faire tard, je tourne et je vire mas sans succès, je commence à me dire que je vais me rabattre sur un camping privé. Le GPS m’en trouve un juste à la sortie de la ville, j’en prends donc la direction. Et la poisse continue : il est plein ! Mais sur la route, j’ai repéré un parking où il y a d’autres voitures. En fait, ce sont des gens qui sont en train de se balader dans la forêt à côté. Pas vraiment discret mais bon, là au moins, je n’enfreins aucune loi. Enfin, pas en connaissance de cause en tout cas. Le parking se vide peu à peu avec la nuit qui tombe et Flipper finit par se retrouver tout seul. Bon, bah on verra bien : je ferme les rideaux, je me calfeutre et je finis par m’endormir….

… et par ne me réveiller que le lendemain matin ! Et encore par des portières qui claquent ! Non mais qu’est-ce qu’ils ont les gens ici ? Un rapide coup d’œil par-dessus mon rideau et ah ! ceux-là, ils viennent faire leur jogging ! Je me lève donc et me prépare un bon thé à l’arrière de Flipper. Mon installation attire la curiosité, les gens viennent me voir, me demandent si le van est à moi, comment tout fonctionne, où je vais avec… Y a même une fille qui me dit qu’elle pourrait quitter son appartement pour vivre dans mon Flipper ! Mouais… m’est avis que pour un temps, c’est amusant, mais pour toute la vie…

Après ces conversations matinales avec mes voisins, je me remets en route. Cette fois, c’est du sérieux, ce soir, Flipper et moi on dort à San Francisco. Et pas dans la banlieue éloignée là où on ne va pas se faire remarquer. Non, non, non. En plein centre-ville. Mais ça, c’est l’histoire de demain.

Photos ici.

Big Sur

Ce matin, Flipper et moi, on quitte notre petit camping douillet de Morro Bay. Avant de reprendre la route, on passe saluer les lions de mer qui se vautrent au soleil sur le port…

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Mais on reste pas trop longtemps : visiblement, ça fait longtemps qu’ils n’ont pas pris une douche ceux-là !

On reprend donc la route 1. La fameuse qui parcourt toute la côte de Seattle à San Diego. Et qui est particulièrement jolie juste ici. Tellement jolie qu’on s’arrête tous les 3kms. Tout le monde s’arrête d’ailleurs. Mais c’est bien fait, y a des parkings partout et tu peux prendre des photos sans risquer ta vie parce que ceux qui ne zigzaguent pas en admirant le paysage roulent comme des dingues.

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Cette partie de la côte s’appelle Big Sur. Et bien sûr, c’est un parc national. 4 parcs pour être plus précis. Et c’est tellement connu que c’est blindé même quand on est en pleine semaine.

Mais ce coup-ci, j’ai été maligne, j’ai réservé mon camping. Parce qu’il n’y a pas de ville où squatter discrètement et que comme c’est un parc, il est strictement interdit de faire du camping sauvage. Et le camping est drôlement joli. Tous les emplacements sont camouflés dans les arbres, on ne voit pas les voisins (y a quand même plus de 200 emplacements) et les écureuils et les petits oiseaux viennent picorer aux pieds de Flipper. C’est tout choupinou…

C’est tout choupinou et y a pas de réseau. Alors j’en profite pour bosser un peu. Enfin pour rédiger les articles des 3 dernières semaines de ce blog qui commence à prendre un sacré retard… Grâce à mon équipement de compét’, l’allume-cigare de Flipper me permet de recharger mon ordinateur même quand le moteur est éteint. A peine dérangée par les pépiements des oiseaux, je cravache…

Le lendemain, je pars arpenter les sentiers. Quelques heures de marche, de très grands arbres, de chouettes points de vue, une cascade ridicule (franchement, faudrait même pas appeler ça une cascade), l’odeur des eucalyptus pour se purifier les poumons, un ciel bleu sans nuage et le soleil… Quand je pense qu’il y a des gens qui me demandent si je commence pas à avoir envie de rentrer…

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Et c’est donc en pleine forêt avec un bon bouquin (… Game of Thrones, what else ?) que s’écoule la fin de la journée. Parce que j’ai décidé de profiter une dernière nuit du confort du camping avant de reprendre mes bonnes habitudes…

Photos ici.

Morro Bay

Ce matin, c’est le grand départ. Je quitte définitivement l’agglomération de Los Angeles et je file le long de la côte. Enfin, je file… L’étape du jour n’est pas bien loin. Ce soir, je dors à Lompoc. Enfin ça, c’est le plan. Parce que l’histoire montre qu’il n’en va pas toujours dans la vie comme dans les plans.

Je quitte donc Santa Barbara par la route 154, celle qui passe dans l’arrière-pays et est super jolie. Ça, c’est l’avis de la fille du Visitor Center. Moi, mon avis c’est que c’est pas mal mais c’était pas la peine de me le vendre comme si c’était la 8ème merveille du monde… Passons ! Cette petite route me mène tout droit au Lake Cachuma. Et comme j’ai la vie devant moi, je fais donc une petite balade autour du lac. 3 heures de marche en plein cagnard… Quand je retrouve Flipper, je ne suis plus qu’une flaque géante… Pour me remettre de mes émotions, j’avale une bonne livre de fraises à l’ombre en admirant le barrage tout en guettant du coin de l’œil les oiseaux qui tournent en cercle au-dessus de ma tête… c’est encore pas cette fois que je vous servirai de déjeuner !!

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La suite du programme est simple, je dois passer par Solvang pour déguster des cookies, spécialité du coin. Et Solvang, c’est vraiment choupinou. On se croirait en Alsace cette fois. Les petites maisons à colombages s’alignent les unes à côté des autres, les murs peints de couleurs plus éclatantes les unes que les autres et y a même un moulin à vent !

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Les pâtisseries se font une rude concurrence mais les cookies… j’en vois pas l’ombre d’un. Par contre, du fudge… je finis par craquer pour un demi-morceau chocolat-framboise qui me regardait d’un air un peu trop insistant.

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Après un petit tour dans Solvang, bondée de touristes profitant de leur week-end de 3 jours, je me remets en route direction Lompoc. Je m’attends à trouver un petit village kromeugnon (c’est un peu le thème depuis 2 jours) mais c’est juste un petit village tout court. Des grandes rues perpendiculaires avec rien à voir. J’en profite pour faire une lessive et comme il est encore tôt, je décide de ne pas passer la nuit ici mais de continuer la route un peu plus loin. Il y a tout un tas de parcs et de campings, ça va être un jeu d’enfants de trouver où s’arrêter pour dormir. Enfin, ça, c’est le plan et comme on a déjà dit… entre la vie et le plan… En fait, je passe les 4 heures suivantes à enchainer les demi-tours devant des panneaux « Campground full »… Je finis par arriver à Morro Bay. Le soleil est en train de se coucher et y a un visiblement une grande fête sur le port. Il y a un groupe qui joue de la musique sur une scène et plein de gens qui dansent, qui font griller des saucisses et qui boivent des bières. Sympa, je me dis, je vais aller voir ça d’un peu plus près. Je trouve un très joli coin pour me garer et je me joins à la foule. Je commence même à me dire que je vais peut-être rester là cette nuit puisque je voulais explorer le Morro Bay State Park le lendemain. Sauf qu’en fait, vers 21h, la fête est finie et toutes les voitures disparaissent. Ne reste que Flipper planté devant la baie. Pas très discret… Me voilà donc à nouveau en quête d’une couchette pour Flipper. Je finis par repérer un camping-car le long d’un champ. Vue l’heure et comme je commence à en avoir un peu marre de tourner, je me gare donc un peu plus loin. Si y a d’la place pour un, y a d’la place pour 2…

Le lendemain matin, j’ouvre mes rideaux sur un magnifique soleil qui fait briller les hautes herbes. Oh ! J’y pense, j’ai oublié de vous faire visiter Flipper ! Alors voilà Flipper…

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Il est beau, hein ?

Voilà, sa chambre-salon-salle à manger…

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… sa cuisine-salle de bain…

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… et son bureau !

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Voilà ! C’est ma nouvelle maison jusqu’à fin octobre !

Après le petit-déj, je me dirige vers le Morro Bay State Park. On est lundi et comme on pouvait le prévoir, tout le monde est en train de plier bagage. Bah oui ! Fini le week-end, faut rentrer à la maison ! Et faire de la place pour Flipper ! Les sentiers de balade ne sont pas légion et en 3 heures, j’en ai fait le tour. Comme tout le monde est parti, j’ai même la vue de la baie pour moi toute seule !

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Mais un peu de repos quelque part où je peux laisser les portières ouvertes sans craindre de me faire remarquer ne fait pas de mal. J’en profite pour prendre une douche… ah ! de longues minutes sous l’eau brûlante…, faire un peu de rangement dans Flipper, un peu de ménage, un peu de blog… Et je m’offre même le luxe d’un délicieux « Mac & cheese » cuisiné à l’arrière de Flipper et dégusté devant la télé… Elle est pas belle, la vie ?

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Bon, certes, le luxe a un prix : à 35 dollars l’emplacement de camping (sans électricité), on va pas pouvoir se permettre ça tous les soirs. Alors en attendant, on profite…

Photos ici.

Santa Barbara

Ce matin, malgré un instant d’hésitation vu l’état de la salle de bains, je savoure ma douche… Dieu sait quand sera la prochaine ! Non pas que j’ai décidé de faire le concours du plus crado, tout le monde sait que je ne PEUX pas gagner… mais l’idée des 2 prochains mois c’est de dépenser le moins de sous possible dans les campings ce qui restreint donc assez drastiquement mon accès à une douche.

En attendant, c’est donc pleine d’entrain que je me rends chez Escape Campervans récupérer mon fidèle compagnon pour les 2 prochains mois. Et il est bien là. Encore plus gros que Ben I et Ben II réunis… En fait, c’est pas vraiment le modèle que j’avais réservé mais hasard du calendrier, pour le même prix, j’ai le droit au modèle supérieur… perchée devant le volant, je me sens comme un chauffeur de camion ! Le temps de faire le check-up complet, de signer encore un ou deux papiers et voilà ! Flipper et moi sommes lancés ! Oui, celui-là ne sera pas Ben III mais Flipper… pas le choix, c’est marqué sur ses clés.

Pour commencer en douceur, Flipper et moi, on se rend chez Walmart faire quelques courses. Et puis, comme décidément, Los Angeles n’est pas ma tasse de thé, je décide de prendre au plus vite la route de la côte. Direction donc Malibu. C’est un des quartiers que je n’étais pas allée voir il y a 2 ans et je me dis que quand même, avant de m’élancer pour ma longue traversée, je peux bien y faire un petit arrêt. Mais Malibu, c’est pas vraiment dans Los Angeles. A vrai dire, rien n’est dans Los Angeles. C’est même assez loin : près de 50kms ! Bon, très bien, de toute façon c’est sur la route alors, y a pas à hésiter. Y a un peu de monde sur l’autoroute en ce vendredi matin mais Flipper se débrouille très bien et moi aussi même si je dois m’habituer à bien rouler à droite pour que Flipper ne donne pas de coups d’épaule à ses petits voisins…

Arrivée à Malibu commence la galère pour se garer. C’est que Flipper n’est pas que large… il est également assez grand. Et apparemment, tout le monde s’est donné rendez-vous à la plage, les gens se battent pour rafler les places le long de la route ! Il semblerait que chacun profite de sa pause déjeuner pour venir surfer. Un peu de patience et nous voilà finalement garés. J’emprunte donc le sentier qui mène à la fameuse plage et… QUOI ??? c’est ça Malibu Beach ? c’est une blague ou quoi ? La plage est toute petite, pas très jolie, adossée à un marais à moitié asséché et couverte d’algues… on m’aurait menti ou quoi ?

En fait, la plage continue un peu plus loin mais elle est alors privée. Des maisons, littéralement les pieds dans l’eau, s’alignent tout du long. Des maisons qui certes, doivent valoir une fortune, mais pas vraiment si extraordinaires que ça. Et en plus l’eau est si froide que c’est à peine si on peut se tremper dedans. Bref, c’est la déception.

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Du coup, je ne reste que le temps de faire sécher mon maillot de bain et je décide de poursuivre la route. Oui mais. Dans l’euphorie du moment, j’ai oublié de passer dans un magasin de téléphonie pour acheter mon modem. Oui, je suis une voyageuse qui ne se douche pas mais il est hors de question de ne pas être connectée au reste du monde ! Sinon, comment pourrais-je partager toutes ces délicieuses aventures avec vous ? Sauf que toutes les adresses que j’avais soigneusement pris soin de noter sont à Los Angeles. Et que je n’ai aucune garantie de tomber par hasard sur le magasin qui aura exactement ce dont j’ai besoin (j’ai tenté l’expérience à la Nouvelle-Orléans, ça a raté. 2 fois.). Très bien, je me dis. Quand on n’a pas de tête, on a des jambes (enfin… des roues en l’occurrence). Retournons à Los Angeles, c’est l’histoire d’une heure et demie, de toute façon, y a rien de vraiment prévu cet après-midi, la prochaine fois, t’auras qu’à faire attention. Et nous voilà donc repartis dans l’autre sens. Sauf que. Visiblement, il se passe un truc en ce vendredi après-midi parce que l’autoroute est bou-chée. Dans les 2 sens. On se croirait sur le périph’ un lundi matin à 8h. Peu importe, je vais jusqu’au bout. Je finis donc par trouver le bon magasin qui a le bon appareil et qui me vend le moyen de me connecter à internet de presque partout. 15 minutes plus tard, me voilà repartie dans l’autre sens. Encore. Et les bouchons n’ont pas disparu… loin de là… Moralité, je vais passer près de 4 heures au pas à me demander comment c’est possible d’être bloquée sur une autoroute qui a 6 voies. Et quand enfin j’arrive à Santa Barbara, le Visitor Center a fermé ses portes depuis longtemps…

Je me mets donc en quête d’un endroit où passer la nuit. Sauf qu’à Santa Barbara, ils doivent pas avoir trop envie que tous les camping-cars et autres vans viennent squatter leurs parkings. Il y a des tas d’interdiction de se garer entre 2h et 6h du matin. Comme si j’allais me lever au beau milieu de la nuit pour déplacer Flipper… Je poursuis donc mes recherches mais la ville est décidément pleine de panneaux dissuasifs. La nuit commence à tomber et je n’ai toujours pas trouvé où coucher Flipper… Je me résous donc à chercher sur le GPS les campings autour de la ville. Sauf qu’au lieu de campings, cet imbécile m’indique tous les mobil-homes de la région ! En m’éloignant un peu et à force de tourner, je finis par trouver une petite rue où sont déjà garées d’autres voitures et où le seul riverain est une entreprise. Je peux donc enfin m’arrêter et préparer Flipper pour la nuit. Je m’aperçois alors que je n’ai pas de lumière. Rien, nada. Bon, va falloir acheter une lanterne. Et puis, au fur et à mesure, la liste des menus aménagements à apporter à Flipper s’allonge et je décide que demain, dès la première heure, je vais aller faire un tour dans un magasin de camping. 2 mois dans ma boite de conserve, faut au moins que je sois correctement équipée !

Le lendemain matin, grâce à mes gadgets haute technologie en tous genres, je me trouve un magasin genre Vieux Campeur puissance 1000. Ils ont tout ce que je veux et même bien plus… me voici donc l’heureuse propriétaire d’une jolie lanterne, d’une douche de camping (ouais, quand je vous dis que je vais pas gagner le concours du plus crado…), d’une gourde isotherme et d’un nouveau guide pour la suite du voyage. Non, tout ça n’était pas sur ma liste…

Je pars ensuite explorer un peu Santa Barbara. La ville est riche. Très riche. Et très jolie. Un petit côté espagnol avec tous les toits en tuile et les murs blanchis. Vraiment très jolis. Je visite la Court House et la Old Mission, les 2 spots recommandés par le Visitor Center. Et j’en profite pour assister à 2 mariages : il sera dit que tous les 31 août, j’assisterai à un mariage… Bon, là, j’ai pas vraiment pu m’incruster au vin d’honneur (ni même entrer dans l’église) mais les mariées étaient particulièrement choupinettes ! American style, quoi !

Je reviens ensuite en centre-ville faire du lèche-vitrine dans State Street, LA rue des commerçants. Les boutiques plus chics les unes que les autres s’alignent le long de cette artère où déambule la foule. Toutes les vitrines affichent des soldes. Labor Day Sales. Et je finis par comprendre que si y a tout ce monde c’est pas uniquement parce qu’on est samedi mais parce qu’on est samedi d’un week-end de 3 jours et que pour les Américains, c’est jour de fête ! D’où les campings pleins, les caravanes et les camping-cars qui ont envahi la ville et la foule des grands jours !

Après avoir donc fait chauffer ma carte bleue (quoi ? c’est les soldes et j’ai pas fait de shopping depuis près d’un an !), je décide d’aller griller tout court à la plage. Parce que c’est ça la côte Pacifique : il fait hyyyper beau, hyyyper chaud mais y a un vent à décorner les bœufs donc sur la plage… t’es limite frisquet. Pour un peu, on se croirait en Bretagne… y a même les tripotées de gamins qui font de l’optimiste dans le port… Et comme en Bretagne, tu peux pas mettre un doigt de pied dans l’eau : trop froid. D’où la grillade…

Je passe la soirée à admirer le coucher de soleil en grignotant des carottes (mon nouveau régime spécial van) et puis, quand il se met à faire vraiment trop nuit et que, de toute façon, l’heure de fin de tolérance des vans sur les bords de trottoir approche, je retourne me garer dans mon petit coin. Tranquille. Et cette fois, avec ma lanterne, j’ai même le temps de bouquiner un peu avant de sombrer dans le sommeil. Comme à la maison.

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Photos ici.

AL et les petites lignes des contrats

Pour notre dernier petit déjeuner à la Nouvelle-Orléans, on ne renonce pas à nos nouvelles bonnes habitudes : ce sera les énormes assiettes du Ruby’s Slipper Café !

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On prend ensuite la direction de l’aéroport où on rend la voiture en moins de temps qu’il n’en faut pour l’écrire et où démarre la mission « Enregistrer Ses Valises ». Et oui. Parce que c’est pas le tout de vouloir rapporter des cadeaux à toute la famille, les voisins les amis, les voisins des amis… US Airways est intraitable : chaque valise doit peser MAXIMUM 50 livres. Et comme par hasard, ma mère et mon frère en ont une qui pèse 38 livres et l’autre 61… J’ai beau essayer d’argumenter, expliquer que l’un dans l’autre, ça revient au même, rien n’y fait. Les voilà bons pour refaire les valises sur la moquette du terminal… Après plusieurs essais, hourrah ! le défi est relevé et on voit les valises disparaître dans la machine à rayons X un peu plus loin. J’en profite alors pour aller me débarrasser de mon sac chez Delta Airlines. Parce que pendant qu’eux voleront direction Paris, je volerai, moi, dans le sens opposé, direction Los Angeles. Quand on se retrouve un peu plus tard, ma mère est décomposée : pendant que j’avais le dos tourné, les douaniers les ont appelés, ils contrôlent leurs sacs. En même temps, pas loin de 10 pots de confiture planqués dans des chaussures de rando, je sais pas ce que ça donne aux rayons X mais sûr, c’est louche ! Du coup, ils ont brisé les cadenas mais surtout, sous les yeux catastrophés de ma mère, ils ont défait tous les petits paquets qu’elle avait soigneusement emballés et ne les ont pas remis EXACTEMENT à la même place. Y a intérêt que tout arrive sans encombre parce que sinon, j’aimerais pas être à la place de la douanière…

Et puis vient l’heure des au-revoir-rendez-vous-à-Noël-fais-bien-attention-à-toi-travaille-bien-à-l’école et ils disparaissent derrière les portiques de sécurité. Et je me retrouve seule à nouveau. Après les 3 dernières semaines plutôt intenses, ça fait presque bizarre pendant les 20 premières minutes. Et puis, très vite, je reprends mes marques. Moi, il me reste presque 5 heures à poireauter alors je m’installe confortablement en salle d’embarquement et j’entame une première phase de mise à jour de ce malheureux blog que j’avais laissé à l’abandon depuis presque 3 semaines… Oui, je sais, honte à moi. Mais franchement, tenir le blog à jour, rédiger les articles, mettre les photos en ligne, rédiger les légendes… si ça demande déjà pas mal de temps quand je suis toute seule, c’est quasiment mission impossible quand je suis accompagnée ! Enfin, me revoilà, dans une forme olympique et un stock d’histoires à coucher sur le papier impressionnant. Au boulot !

Tant que je suis là à poireauter, j’en profite pour relire la confirmation de location du van que je dois récupérer à Los Angeles. Et oui ! A côté de mon nouveau défi, mes périples australiens et néo-zélandais, c’était de la roupie de sansonnet ! Ce coup-ci, c’est 2 mois que je vais passer dans mon van sur les routes des Etats-Unis entre Los Angeles et New York en passant par le Canada ! THE road trip ! Mais juste alors que je suis sur le point de m’emballer, je remarque dans les petites lignes (celles qu’on lit jamais… évidemment !) que je ne peux récupérer le van qu’entre 11h et 16h30. Or j’arrive à Los Angeles à 19h ! J’appelle donc la compagnie de location qui me confirme que pour ce soir, c’est mort mais que puisque mon van m’attend, je peux me pointer demain matin dès 9h, pas de problème. Bon. Je suis donc bonne pour me trouver un hôtel près de l’aéroport pour cette nuit.

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Arrivée à Los Angeles pile pour le coucher de soleil, je trouve donc une auberge de jeunesse qui propose de venir me chercher à l’aéroport et même de me déposer chez le loueur le lendemain : que demander de plus ? Qu’elle soit propre peut-être… Parce que c’est franchement limite. Mais je ne suis là que pour une nuit, je ferme les yeux… Demain, c’est… ON THE ROAD AGAIN !!