Vietnam – le bilan

4 809kms parcourus et 1h30 d’avion, 53 heures de train, 41heures de bus, 17 heures de moto et 13 heures de bateau.
Prix d’une chambre (peu d’auberges de jeunesse) : $12 soit 250 000 VND
Prix d’un repas : 30 à 80 000 VND
Prix d’un McDo : PAS DE McDO au Vietnam !!
Prix d’une bouteille d’eau : 5 à 10 000 VND (selon ta tête)
Ce qui va me manquer : les longues balades à moto, la brume sur la baie d’Halong, les « hello, hello » des enfants le long de la route, le bun bo hué, les marchés, les robes colorées des Hmongs, les banh xeo, traverser la rue à 2 à l’heure en regardant ses pieds, la campagne, le vert fluo des rizières dans le sud, les fleurs et les fruits tropicaux, remonter le Mékong en bateau et trinquer à l’alcool de riz.
Ce que je ne vais pas regretter : Maman Cafard, les tours un peu trop bien organisés, les trajets en bus Open Tour (sûrement très bien si tu fais 1m20), le côté un peu trop business (à mon goût) des Vietnamiens, le café au lait concentré sucré (… beurk !), me faire attaquer par un singe et les nems (et bah non, j’aime toujours pas ça !).
La phrase qu’il fallait retenir : Nếu bạn muốn làm điều đó, đó là $ 2 thêm ! (Si vous voulez faire ça, c’est $2 en extra !)
Bien. Alors, le Vietnam.
Bon, autant être franche, j’ai été un peu déçue. Je ne sais pas, je m’attendais à des gens souriants, accueillants, aimables et ça a rarement été le cas. Les touristes sont vraiment pris pour des portefeuilles sur pattes, les prix sont multipliés par 2, 3 ou 4 selon ta tête et le sourire est en option (faut probablement rajouter $2 en extra…). C’est vraiment dommage car le pays est magnifique, il y a des tas de choses à voir aussi bien sur le plan culturel que pour les paysages et dès qu’on sort des villes, on arrive enfin à avoir ce contact avec les gens qu’il est quasi impossible d’établir dans les villes (où t’as l’impression que quand on vient te parler, c’est pour te soutirer du pognon). Le démon du tourisme de masse est en train d’accomplir son œuvre…
A côté de ça, j’ai passé des moments extraordinaires avec Chong à Sa Pa, avec Truong à moto dans les montagnes. Il ne faut donc pas généraliser. Mais la petite étincelle n’a pas eu lieu.
Le pays est pauvre et a longtemps souffert de la guerre puis de l’embargo américain. On ne peut donc sûrement pas en vouloir aux Vietnamiens de vouloir tirer un maximum de profit de la masse de touristes qui débarque chaque jour pour voir la baie d’Halong
ou les tunnels de Cu Chi. Seulement, le contact avec la population est limité au strict minimum (« How much… ? »). 
Dans les grandes villes, comme Hanoi ou Saigon, ce sont carrément des quartiers entiers de la ville qui sont ghettoïsés pour les touristes avec des rues uniquement bordées d’hôtels, de restos, de bars et de salons de massages (pas toujours très clean…) et clairement, le charme n’opère pas. On a atteint le summum de la ville transformée en camp de vacances à Nha Trang (où même la devanture de la pharmacie est écrite en russe…).
Reste la bouffe. Là aussi, malgré quelques chouettes découvertes (le bun bo hué, définitivement mon plat préféré), j’ai trouvé la cuisine un cran en dessous de la cuisine chinoise. Je sais, plein de gens disent le contraire. Mais j’ai pas trouvé que la street food était aussi variée, aussi appétissante qu’en Chine. Et quand tu veux manger autre chose qu’une soupe de nouilles, les prix deviennent parfois dingues.
Mais restons positifs. Il reste assez facile de sortir des sentiers battus, de faire de jolies rencontres et de découvrir des coins où il n’y a pas encore besoin de faire la queue une demi-heure pour acheter son ticket. Et finalement, est-ce que les nouilles ne sont pas meilleures slurpées sur un tabouret en plastique à hauteur des pots d’échappement des milliers de motos qui envahissent les rues jour et nuit ?
OK, ça n’a pas été le coup de cœur attendu mais tout n’est évidemment pas à jeter. Et malgré tout, de plus en plus de Vietnamiens comprennent que ce que les touristes viennent chercher chez eux, ce ne sont pas de longues heures de car climatisé mais un peu d’authenticité. Du coup, c’est encore timide (et hors de prix) mais des agences commencent à proposer des circuits un peu plus exclusifs et originaux. L’éco-tourisme se développe aussi (oui, parce qu’on ne peut pas dire que le développement durable soit aujourd’hui une préoccupation majeure).
Une autre chose qui m’a frappée, c’est le patriotisme aigu des Vietnamiens. Quand on arrive enfin à établir le contact, on découvre des gens qui sont si fiers de leur Histoire, d’avoir su conserver leur identité, leurs coutumes, leurs différences (54 minorités ethniques dans le pays et autant de dialectes et de costumes traditionnels différents) malgré les attaques plus que répétées des Chinois, des Khmers et les guerres contre les Occidentaux. Ils sont tous prêts à se battre pour leur pays. Et heureusement, parce que sinon, le Vietnam, ça n’existerait plus aujourd’hui. Un sentiment qu’il m’est difficile de comprendre, moi qui ai grandi dans un pays où planter un drapeau sur le toit de sa maison est considéré comme un acte nationaliste.
Les jeunes Vietnamiens souhaitent que les étrangers aient une bonne image de leur pays. L’image d’un pays qui avance, qui se relève, un pays qui est le 2ème exportateur mondial de riz et de café mais aussi, un pays où chaque année le niveau de vie augmente, avec des universités, des hôpitaux et des entreprises reconnues. Le chemin est encore long quand on voit dans quelles conditions vivent les gens dans les campagnes mais ce qu’on ne peut pas nier, c’est qu’ils en ont l’envie. Alors, la convivialité, je m’en fais pas, ça viendra. Et à ce moment-là, il sera toujours temps de revenir…

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