Où l’on parle de religion

 

Comme vous le savez, ou peut-être pas, on ne plaisante pas avec la religion en Afrique. Moi, tant que chacun laisse son voisin libre de croire ce qu’il veut, je me fous bien de ce que les gens croient. Je n’impose ma vision des choses à personne et personne ne me convaincra qu’il y a un œil quelque part dans l’univers qui nous surveille et nous jugera une fois qu’on les aura fermés, les yeux, pour la dernière fois. Ici, on trouve de tout : des chrétiens de tous poils (et même de poil dont vous n’avez jamais entendu parler comme l’église du 32ème parallèle…), des musulmans de toutes les couleurs et même des juifs (mais pas beaucoup, c’est vrai). Et puis mixées avec la religion, on trouve les croyances, le vaudou, les traditions, la sorcellerie… Bref, niveau spiritualité, y a de quoi s’occuper. Evidemment comme chacun pense détenir la vérité, ça mène invariablement à des conflits, des tueries, des massacres, des guerres… Ce qui est inconcevable par contre, c’est de ne pas croire. En Dieu, aux esprits, à ce qu’on voudra mais si vous dites que vous ne croyez en rien voire pire que vous croyez qu’il n’y a rien, on va vous regarder au mieux avec consternation, au pire avec horreur.

Laissez-moi vous raconter une petite anecdote à ce sujet…

L’autre jour, je vais à l’aéroport récupérer un passeport qu’un de mes gentils newbies à laisser là. Je ne vous ai jamais raconté cette histoire ? C’en est une bonne aussi mais je vous la raconterai une autre fois. Bref, je vais à l’aéroport. Je me faufile jusqu’au bureau du Chef de poste de la Direction Générale de la Migration. Moi, si j’étais Chef de poste de la Direction Générale de la Migration, je serai pas une petite rigolote. Il est 11H30. J’avais rendez-vous à 11H mais je me suis adaptée à l’heure congolaise… D’ailleurs, M. le Chef de poste, il est pas encore là. Alors j’attends.

Un bon quart d’heure plus tard, il fait son entrée. Tonitruante. Il ouvre la porte en verre à toute volée (c’est peut-être pour ça qu’elle est toute bardée de scotch…), se retourne, aboie d’une voix de stentor des ordres en swahili sur une bande de petits gars que je ne vois pas mais que j’imagine tremblants et suants (fait chaud dans c’pays…) et il se tourne vers moi, me jauge et tout à coup, se fend d’un immense sourire. Tout sanglé dans son costume amidonné, il est beau comme un camion. Il enlève son képi, me serre la main et me dit : « Ma chère mademoiselle, asseyez-vous… ». Moi, les camions, j’ai jamais pu résister : je suis charmée.

Alors je lui explique ce qui m’amène. Le petit nouveau qui n’avait pas assez d’argent sur lui au moment de payer le visa, le passeport qui est resté en otage, le besoin absolument impérieux que j’ai de récupérer ledit passeport pour me mettre en conformité avec la loi et faire voyager son propriétaire… Il a l’air attentif, il hoche la tête… « Pas de problème mademoiselle. Si vous avez apporté de quoi payer le visa, on va vous le délivrer tout de suite… ». Je le savais qu’il était charmant.

« Bon. Sauf que tout de suite, c’est pas vraiment possible vu que le chancelier, il est pas là. Et le chancelier, c’est lui qui a le tampon. Et pas de tampon, pas de visa. Et pas de visa…, pas de visa.» Ah. Bah on va l’attendre alors, non ? « Oui oui, comme vous voulez. Restez ici, il va venir. » Très bien. Le camion ressort après m’avoir à nouveau serré la main. Le bureau est climatisé, la chaise est rembourrée, je suis prête à attendre. Alors j’attends.

Un bon 45 minutes plus tard, je ronfle, la tête renversée sur le dossier avec un léger filet de bave qui sèche sur mon menton, quand la porte s’ouvre sur le chancelier. Comparé au camion, c’est une Coccinelle. Rouillée. Il envoie pas de la bûchette, quoi… Mais bon, c’est lui qui va arranger mes affaires alors je me colle un sourire aimable et j’attends tranquillement qu’il sorte ses petits stylos de son cartable. Visiblement, lui aussi a décidé d’être aimable. Très aimable même. « Mais bonjour petite mademoiselle ! Vous venez me voir ? Comme c’est gentil… » Ouais. C’est ça. Je suis gentille et j’ai besoin d’un tampon, d’une signature et d’un reçu de paiement. Alors fissa, et que ça saute, ça fait déjà presque 2 heures que je suis là… Et pendant que le chancelier aligne ses crayons, fait apparaître le tampon tant convoité et sort du fatras improbable qui couvre son bureau le passeport que je suis venue récupérer…

– Tu sais… on peut se tutoyer, hein ?

– Bah…

– Oui parce que tu es mon amie… on peut être amis, hein ?

– Bah…

– Non ? Tu veux pas qu’on soit amis ?

– Si, si…

– Ah ! Bah on peut se tutoyer alors ! Tu sais, mon amie, moi, je veux voyager en Europe.

– Ah oui ? Bah c’est possible ça.

– Oui je sais. Mais je veux pas voyager en Europe. Je veux aller en Europe, trouver une Blanche, me marier et faire des enfants.

-… Ah… oui… Mais tu sais, tu peux aller en Europe, trouver une Blanche mais t’es pas obligé de te marier pour faire des enfants.

– Quoi ? Ah mais vous, les blancs, vous êtes compliqués… Mais pourquoi vous voulez pas vous marier ? Toi, par exemple, tu es mariée ?

– Bah oui, tiens ! Moi, par exemple ! Et bah non, moi, je suis pas mariée !

– Mais pourquoi ? Ton père, il te dit pas qu’il faut te marier ?

– Ah bah ça, ça serait bien la meilleure !! Non ! Il me dit rien du tout !

– Ah la la… Vraiment… Vous, les Blancs, vous êtes compliqués… Mais pourquoi tu veux pas te marier ? Tu veux pas avoir d’enfants ?

– Présentement, non, je ne veux pas avoir d’enfant. Mais même si je voulais, je suis pas obligée de me marier pour ça.

– Ah mais si ! Tu sais, c’est important !

– Bah… pas pour moi.

– Ah non, vraiment, vous êtes compliqués… Moi, je veux me marier. Parce que c’est important. Pour ma famille. Et puis pour Dieu aussi.

– Ah… pour Dieu…

– Bah oui. Tu pries dans quelle église toi ? Pentecôtiste ? Baptiste ?

– Ah moi, je ne vais pas à l’église.

Jusque-là, la conversation était plutôt sur un ton cordial voire badin. J’aurais accepté de l’épouser dans la minute et de lui faire 4 enfants dans les 5 d’après que je n’aurais pas pu lui faire plus plaisir… Mais quand j’ai dit que je n’allais pas à l’église, il a relevé la tête du passeport sur lequel il était en train d’appliquer un buvard pour faire sécher l’encre du fameux visa et son sourcil droit s’est mis à tressauter.

– Ah bon ? Mais… tu es musulmane ?

– Euh… non…

– Ah bon ? Mais tu pries où alors ?

– Bah… je ne prie pas.

– Mais… tu crois en Jésus quand même ?

– Ah bah non, justement, tu vois. Je ne crois pas en Jésus.

– Mais… mais… mais… alors… tu es… SATAN !!!

Là, clairement, l’envie de m’épouser lui était passée. Il était consterné. J’ai éclaté de rire. Qu’on me trouve parfois légèrement machiavélique, d’accord. Mais Satan, quand même, faut pas pousser !

– Non, non ! Je ne suis pas Satan ! Simplement, je ne crois pas en Dieu. C’est comme ça.

– Mais… c’est pas possible ! Tu dois croire en Jésus !

– Bah non. Je ne « dois » pas croire en Jésus. Ecoute, je respecte le fait que toi, tu y crois. Mais moi, je n’y crois pas. C’est tout. Puis tu sais, en Europe, y a beaucoup de gens qui n’y croit pas.

– Oui mais ça c’est parce que ce sont des Arabes !

– Ah non ! Pas seulement ! Y a aussi plein de Blancs qui ne croient pas en Dieu et qui ne  vont pas à l’église.

– Mais… enfin… c’est pas possible ! Je ne te crois pas.

– Mais si ! Je te jure ! C’est vrai !

– Mais comment ? Je veux dire… c’est quand même vous, les Blancs, qui nous avez apporté Dieu en Afrique !!

Là, c’était mon tour d’être décontenancée. Je savais que depuis un moment, j’étais en terrain glissant mais là, qu’est-ce que je pouvais lui répondre ? Que d’ici 3 ou 4 siècles, on pouvait espérer que les religions en Afrique seraient un tout petit moins importantes, que les démocraties seraient un tout petit plus fortes et que 1000 colombes allaient répandre la paix sur Terre ?

Alors j’ai trop rien répondu. On a continué à bavasser gentiment. Mais chaque fois que quelqu’un entrait dans ce fichu bureau, mon nouvel ami s’exclamait : « Hé ! Je te présente Anne Lise, ma nouvelle amie ! Elle ne croit pas en Dieu ! » Et le nouvel arrivant ouvrait de grands yeux et me disait : « Mais non ! C’est pas vrai… On fond de toi… tu crois, hein ? »

Deux heures plus tard (oui, il m’a fallu 4 heures pour obtenir un visa… 4 heures et 90 dollars…), je suis ressortie de l’aéroport. Et je me suis dit que la prochaine fois qu’on me poserait la question, je répondrai sûrement que je suis catholique. Classique pour un Européen. C’est pas que l’idée d’incarner Satan ne me plaise pas un peu… je l’avoue, ça me fait un peu rigoler, mais quand même, dans un pays où on brûle les gens pour sorcellerie, je suis pas sûre que ce soit une bonne blague…

 

This is the End…

Hold your breath and count to ten

Feel the earth move and then

Hear my heart burst again…

So.

This is it comme on dit.

Aujourd’hui c’est le dernier jour. Le dernier jour de ce truc un peu dingue que j’ai commencé il y a 15 mois. Ce soir, je monterai dans l’avion une dernière fois, je sortirai mon passeport une dernière fois et je regarderai s’éteindre dans les nuages les lumières de cette aventure qui m’a transportée depuis le premier jour.

Comme tous les derniers jours, celui-là apporte son lot de dernières fois.

La dernière fois que je me réveille in the city.

La dernière fois que je fais mon sac.

La dernière fois que je plante mes dents dans mon everything bagel.

La dernière fois que je me rince les oreilles à coup de sirènes, de klaxons, d’annonces incompréhensibles dans le métro, d’aboiements furieux de chihuahuas et d’éclats de rire le long de la 5th Avenue.

La dernière fois que je fixe à m’en brûler les yeux la skyline comme si je pouvais me la graver sur la rétine, pour de bon.

La dernière fois que je traverse le Brooklyn Bridge. Sous la neige aujourd’hui.

La dernière fois que je me colle des pépites de chocolat jusqu’au milieu des joues en dévorant un cookie de chez Bouchon Bakery.

La dernière fois que je joue à cache-cache avec les écureuils dans Central Park.

Alors ce soir, quand je claque la porte derrière moi et descend les quelques marches du perron, j’ai mal au ventre. Il neige. Les voitures roulent au ralenti et les trottoirs sont déjà tout blancs. Mes sacs me scient les épaules. C’est à contre-cœur que je valide une dernière fois ma Metrocard et quelques minutes plus tard, j’ai déjà quitté Manhattan. Le charme de l’aéroport opère tout de même un peu. J’adooore les aéroports. Ces avions qui emmènent des gens vers des destinations inconnues, qui en ramènent « à la maison », toutes ces émotions mélangées, je pourrais me droguer à ça. J’observe tous ces gens qui se croisent, se frôlent, ne se connaissent pas mais sont plein d’espoirs. C’est ça un aéroport : une grosse bulle d’espoirs. Ca y est, j’ai passé la sécurité, je suis techniquement « hors du territoire américain ». Je me dirige lentement vers la salle d’embarquement que je repère de loin : un troupeau de gens qui parlent fort et qui râlent… des Français ! Ca faisait un bon moment que j’en avais pas vu autant en même temps ! Et ça fait moyen plaisir tout de même… En traînant des pieds dans le couloir, j’entends deux personnes discuter derrière moi. Deux mecs, entre 20 et 30 ans. Avec cette si jolie façon de parler du 9-3 que, pour le coup, je n’ai vraiment pas entendu depuis une éternité. Je souris.

Je m’installe dans l’avion. Il est loin d’être plein et si on me laissait faire, y aurait encore une place libre supplémentaire. Je colle mon nez au hublot. Il est froid. La neige s’est transformée en pluie et le petit bonhomme sur le tarmac est tout engoncé dans sa capuche. L’avion se met à rouler doucement sur la piste et prend sa place dans la file d’attente pour le décollage. « PNC aux portes… ». L’avion tremble, la terre s’éloigne, les lumières de New York se font de plus en plus petites puis disparaissent derrière les nuages…

C’était la dernière fois.

Oh, évidemment, on peut raisonnablement se dire que ça n’est pas vraiment la dernière fois. New York ne va pas disparaître et moi non plus. Mais quand même. Je peux pas dire que ça ne me fait rien. On peut même dire que j’ai les boules. Grave.

Parce que non. J’ai pas envie de rentrer. Vraiment pas. Tellement pas. Je voudrais continuer à découvrir, avancer, me perdre, revenir, apprendre, essayer, défier, apprécier, profiter, prendre le temps. Enfin, soyons honnête, qui ne voudrait pas de ça ? Sauf que dans la vie, bah… on fait pas toujours ce qu’on a envie !

Bien sûr, j’aurais pu me débrouiller pour ne pas avoir à rentrer. Je n’ai pas fait ce choix là pour l’instant. Et puis quand même, revoir tout le monde, les potes, la famille… c’est plutôt sympa comme perspective en fait. Non, le vrai problème ou tout du moins la véritable appréhension, c’est pour après. Après l’inévitable phase d’euphorie des premières semaines viendra le temps où le soufflé retombera. Lentement mais sûrement. Et là… inch’allah !

AL et les petites lignes des contrats

Pour notre dernier petit déjeuner à la Nouvelle-Orléans, on ne renonce pas à nos nouvelles bonnes habitudes : ce sera les énormes assiettes du Ruby’s Slipper Café !

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On prend ensuite la direction de l’aéroport où on rend la voiture en moins de temps qu’il n’en faut pour l’écrire et où démarre la mission « Enregistrer Ses Valises ». Et oui. Parce que c’est pas le tout de vouloir rapporter des cadeaux à toute la famille, les voisins les amis, les voisins des amis… US Airways est intraitable : chaque valise doit peser MAXIMUM 50 livres. Et comme par hasard, ma mère et mon frère en ont une qui pèse 38 livres et l’autre 61… J’ai beau essayer d’argumenter, expliquer que l’un dans l’autre, ça revient au même, rien n’y fait. Les voilà bons pour refaire les valises sur la moquette du terminal… Après plusieurs essais, hourrah ! le défi est relevé et on voit les valises disparaître dans la machine à rayons X un peu plus loin. J’en profite alors pour aller me débarrasser de mon sac chez Delta Airlines. Parce que pendant qu’eux voleront direction Paris, je volerai, moi, dans le sens opposé, direction Los Angeles. Quand on se retrouve un peu plus tard, ma mère est décomposée : pendant que j’avais le dos tourné, les douaniers les ont appelés, ils contrôlent leurs sacs. En même temps, pas loin de 10 pots de confiture planqués dans des chaussures de rando, je sais pas ce que ça donne aux rayons X mais sûr, c’est louche ! Du coup, ils ont brisé les cadenas mais surtout, sous les yeux catastrophés de ma mère, ils ont défait tous les petits paquets qu’elle avait soigneusement emballés et ne les ont pas remis EXACTEMENT à la même place. Y a intérêt que tout arrive sans encombre parce que sinon, j’aimerais pas être à la place de la douanière…

Et puis vient l’heure des au-revoir-rendez-vous-à-Noël-fais-bien-attention-à-toi-travaille-bien-à-l’école et ils disparaissent derrière les portiques de sécurité. Et je me retrouve seule à nouveau. Après les 3 dernières semaines plutôt intenses, ça fait presque bizarre pendant les 20 premières minutes. Et puis, très vite, je reprends mes marques. Moi, il me reste presque 5 heures à poireauter alors je m’installe confortablement en salle d’embarquement et j’entame une première phase de mise à jour de ce malheureux blog que j’avais laissé à l’abandon depuis presque 3 semaines… Oui, je sais, honte à moi. Mais franchement, tenir le blog à jour, rédiger les articles, mettre les photos en ligne, rédiger les légendes… si ça demande déjà pas mal de temps quand je suis toute seule, c’est quasiment mission impossible quand je suis accompagnée ! Enfin, me revoilà, dans une forme olympique et un stock d’histoires à coucher sur le papier impressionnant. Au boulot !

Tant que je suis là à poireauter, j’en profite pour relire la confirmation de location du van que je dois récupérer à Los Angeles. Et oui ! A côté de mon nouveau défi, mes périples australiens et néo-zélandais, c’était de la roupie de sansonnet ! Ce coup-ci, c’est 2 mois que je vais passer dans mon van sur les routes des Etats-Unis entre Los Angeles et New York en passant par le Canada ! THE road trip ! Mais juste alors que je suis sur le point de m’emballer, je remarque dans les petites lignes (celles qu’on lit jamais… évidemment !) que je ne peux récupérer le van qu’entre 11h et 16h30. Or j’arrive à Los Angeles à 19h ! J’appelle donc la compagnie de location qui me confirme que pour ce soir, c’est mort mais que puisque mon van m’attend, je peux me pointer demain matin dès 9h, pas de problème. Bon. Je suis donc bonne pour me trouver un hôtel près de l’aéroport pour cette nuit.

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Arrivée à Los Angeles pile pour le coucher de soleil, je trouve donc une auberge de jeunesse qui propose de venir me chercher à l’aéroport et même de me déposer chez le loueur le lendemain : que demander de plus ? Qu’elle soit propre peut-être… Parce que c’est franchement limite. Mais je ne suis là que pour une nuit, je ferme les yeux… Demain, c’est… ON THE ROAD AGAIN !!

Maillami baby !!

Ce matin, le réveil sonne à 5h30. Non pas parce que j’ai un avion à prendre (quoique si, mais mon avion est à 12h30, pas la peine de s’énerver…). Non pas parce que c’est le réveil du voisin qui me jette hors de mon lit. Non. Simplement parce qu’à 6h, y a une coupure d’eau dans toute la ville et que si tu veux prendre une douche et te laver les cheveux, bah… c’est maintenant. Du coup, à 6h, je me retrouve prête pour le petit-déj sauf que, pas de bol, le petit déj, c’est pas avant 7h… Bon, de toute façon, aujourd’hui va être une journée consacrée à l’attente et à l’ennui donc autant s’y mettre tout de suite !

Parce que oui, au programme aujourd’hui, un vol pour Miami et de très longues heures à poireauter. Avant, après, pendant… on ne compte plus. Mais tout ça dans un but précis et ô combien exaltant ! Parce que ce soir, à Miami, je récupère mon frère et ma mère, je les embarque dans la voiture (oui, on a loué une voiture) et c’est parti pour presque 3 semaines à travers le sud-est des Etats-Unis ! Yeehaa !!

Alors pourquoi aller en Floride me direz-vous ? C’est vrai, c’est plein de retraités, de moustiques, d’alligators, j’en passe et des meilleurs, il y fait une chaleur à crever (particulièrement au mois d’août) et Maillami est la capitale du bling-bling… sur le papier, ça ne remplit pas tout à fait tous les critères auxquels je vous ai habitués. Mais justement, il était temps de voir quelque chose de différent. Et puis, ce côté des Etats-Unis, j’y ai jamais mis les pieds, c’était l’occasion. Alors adios Costa Rica, hello USA !

Mais avant de nous embarquer pour un road trip sur les chapeaux de roues (c’est bien le problème avec les gens « en vacances »… ils n’ont jamais que 3 semaines devant eux, pas de le temps de traînasser), on va profiter quelques jours de l’hospitalité d’amis de ma mère qui ont un appartement à Pompano Beach. Rarement entendu un nom de ville qui sonne plus soleil, plage et minettes en bikini et pourtant… c’est plutôt le Wisteria Lane de Maillami. A part un soupçon d’alligator qui rôde autour de la piscine, rien ne vient troubler la tranquillité de ce petit patelin. On y passe donc quelques jours histoire de se remettre du décalage horaire pour les uns, de faire un peu de lessive pour les autres et d’organiser un peu notre périple. On commencera doucement avec une petite balade le long de l’océan à Fort Lauderdale et un bon resto dans la marina à Lighthouse Point, puis on accélèrera franchement le rythme avec une grosse journée dans la fameuse Maillami, à arpenter la ville le nez en l’air pour admirer les buildings art déco (tout n’est pas moche à Maillami, loin de là et c’est plutôt une bonne surprise) tout en essayant de ne pas fondre sur place (quoi ? il fait 90 degrés ! c’est pas moi qui invente, c’est marqué partout !).  Et puis bien sûr, une fois qu’on aura bien mal aux pieds, on ira s’étaler sur le sable de South Beach (oui la South Beach de Maillami Beach), là où les mecs bodybuildés au point qu’ils ne peuvent plus marcher avec les bras le long du corps partagent le sable avec des minettes tatouées de la tête aux pieds et quelques familles suréquipées (parasol, chaises avec porte-gobelet, glacière… rien ne manque) et où l’océan est si chaud qu’on a du mal à croire que c’est bien l’Atlantique. L’Atlantique mes amis ! Une première dans le AL’s World Tour ! Cela étant dit, après une journée à crapahuter dans la fournaise, la baignade est loin d’être désagréable. Et pour finir notre journée en beauté, on ira s’offrir quelques bonnes tranches de bœuf chez Fogo de Chao, une steakhouse brésilienne qui ferait bien d’ouvrir une succursale à Paris

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Et déjà, il est temps de reprendre la route. Le sud de la Floride nous attend. Parce que de la faune extraordinaire du coin, nous, pour l’instant on n’a vu que la jeunesse dorée qui roule en Hummer limousine rose, les basses faisant vibrer le trottoir et une coupe pleine de bulles à la main. Alors certes, c’est déconcertant mais ça manque d’un petit « je ne sais quoi » comme ils disent par ici…

Photos ici.

AL et les aéroports

Il y a fort fort longtemps, quand j’avais le cœur pur et plein de bonnes résolutions, j’avais décidé que pendant ce voyage, je ne prendrai l’avion que lorsque ce serait absolument nécessaire. Et puis, j’ai voyagé et j’ai constaté que parfois, prendre le train, c’est sympa mais prendre l’avion, ça fait gagner du temps et même parfois de l’argent.

Seulement parfois, prendre l’avion, c’est n’importe quoi. Ce vendredi soir, quand j’arrive à l’aéroport de Quito, je me dirige tout droit vers le comptoir d’enregistrement du vol pour… Lima. Oui mesdames et messieurs. Sachez que pour faire QuitoSan José, le chemin le plus court est apparemment de faire QuitoLimaMiamiSan José. Y a visiblement un détail qui m’échappe…

Sachez également que la vie étant généralement bien faite, ce trajet va me prendre au bas mot 27 heures. Pour rallier 2 villes séparées d’un millier de kilomètres à vol d’oiseau, c’est un record. Finalement, on peut se dire que j’aurais aussi bien fait de prendre le bus. Mais non ! Figurez-vous que la Panaméricaine, cette fameuse route censée traversée tout le continent est en fait coupée au nord de la Colombie. Non pas qu’elle soit en travaux, elle n’a jamais existée. Elle devrait en fait traverser une forêt remplie de narcotrafiquants et de plantations de trucs qui font un effet bizarre et bouzillent le cerveau et bizarrement, bah… y a pas de route. Il ne m’était donc pas possible de faire le trajet en bus. D’où mon marathon aérien.

Quand on sait qu’on va passer les prochaines 24 heures dans des aéroports, on met son pantalon-pyjama-passe-partout et prend son mal en patience. Et on prie pour que les zones de duty free ne soient pas trop pourries. Bon, à Quito, c’est plutôt raté. Mais bon, à peine le temps de me parfumer et de refuser poliment les avances mercantiles de la vendeuse qu’il est déjà l’heure de grimper dans l’avion. Et hop ! 2 heures et un sachet de chips de bananes plantin plus tard, me revoilà Lima. Si la vie était bien faite (et on sait qu’elle l’est, généralement), je n’aurais eu qu’à sautiller à travers le terminal pour regrimper aussi sac dans l’avion suivant. Mais non. Il se trouve que ce n’est pas la même compagnie aérienne qui effectue la suite de mon parcours. Et que mon escale à Lima dure plus de 7 heures. Je suis donc bonne pour remplir un petit formulaire, faire tamponner mon passeport, récupérer mon sac, passer la douane, passer la nuit sur un banc de l’aéroport en me ligotant mes sacs aux chevilles, réenregistrer mon sac, refaire tamponner mon passeport et retourner en zone duty free. Heureusement, l’aéroport de Lima est une catastrophe sur le plan logistique (mes sincères excuses à Roissy que j’ai maudit si souvent…) et il me faudra près de 2 heures pour enfin m’échouer sur un banc devant le panneau qui annonce les départs. Il est alors presque minuit et mes chips de bananes sont loin. Quelques épisodes de la saison 5 de The Big Bang Theory plus tard, la batterie de mon ordinateur rend l’âme et j’en suis quitte pour un Big Mac et des vraies frites. Il est 2 heures du matin et c’est pas aujourd’hui que je vais dormir…

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A 4h30, les feignasses d’hôtesses d’American Airlines ouvrent enfin le check-in. Au moment de me donner ma carte d’embarquement, l’hôtesse me demande si j’ai bien fait mon vaccin contre la fièvre jaune. Ca par exemple ! Je savais bien qu’à un moment ou un autre ce petit carnet jaune finirait bien par me servir ! Normalement, c’est pas du tout nécessaire pour le Costa Rica. Mais en fait, il paraît que quand on vient du Pérou, ça l’est. Moi, je me dis que puisqu’entre temps je passe par les Etats-Unis, y a une chance sur un milliard pour que le type de la douane à San José me pose la question mais bon. C’est sûrement ma seule chance de sortir mon petit carnet jaune.

Un muffin et un chai latte du célébrissime Starbucks de l’aéroport de Lima plus tard (oui, il est 6h30, mon dîner n’est pas si loin mais mieux vaut tenir que courir…), je monte enfin dans l’avion. Direction Miami à 6 heures de là. J’eus pu en profiter pour dormir me direz-vous. Mais non ! Dormir c’est triché. Du coup, je flotte un peu quand j’arrive à destination. Tellement que quand le douanier me demande dans quel quartier il peut trouver un hôtel pas trop cher à Paris, je lui réponds : « Heu… dans le 15ème ? ». Cela étant dit, ça fait longtemps que j’y ai pas mis les pieds, peut-être que c’est plus très cher ? Bref, je complète ma collection de tampons dans mon passeport (ah oui, parce que, aux Etats-Unis, même quand vous n’y êtes que pour une connexion, vous vous tapez le tampon dans le passeport, le bagage à récupérer, la douane à passer, le bagage à refourguer et les rayons X qui vont bien) et je me mets à faire le pied de grue devant le tapis à bagages. Et j’attends… j’attends… Bon, le côté rassurant c’est que je suis pas toute seule à attendre. En fait, y a un petit problème avec nos bagages qui se sont visiblement égarés sur le tarmac (un jour, faudra que quelqu’un m’explique comment fonctionne un aéroport parce que des bagages qui s’égarent, c’est un truc qui m’échappe). Certains commencent à s’impatienter, faut dire que tout le monde n’a pas la chance d’avoir à nouveau 5 heures d’escale devant soi… Mais tout vient à point à qui sait attendre, mon sac à patates préféré se met à tourner sur le tapis et quelques rayons X plus tard, j’atteins enfin une zone duty free digne de ce nom. J’en profite pour avaler une salade et je me mets en quête d’une prise électrique pour ressusciter mon ordinateur. Me voilà donc à tourner autour de tous les poteaux du terminal, mon adaptateur à la main. Finalement, je trouve que l’aéroport de Miami n’est pas très computer friendly : 4 prises dont 2 qui ne marchent pas et le wifi est payant. Bof. J’arrive quand même à confirmer le transfert de l’aéroport à l’hôtel à San José (oui c’était pour ça que j’avais besoin de l’ordi, pas pour The Big Bang Theory !) et enfin, je remonte dans l’avion. Pour arriver enfin, 3 heures et un sachet de cookies plus tard à San José, Costa Rica, où, tout est bien qui finit bien, mon sac m’a suivie.

Une si belle journée ne pouvait finir qu’en apothéose, le type supposé venir me chercher n’est pas là et devant les supplications des taxis, je finis par abdiquer et laisse un de ces malheureux porter mon sac jusqu’à sa voiture. Il est 21h, j’arrive enfin à l’hôtel après une conversation plus qu’approximative en espagnol avec mon chauffeur (contrairement à l’anglais, il semblerait que quand t’es très fatigué, tu parles un espagnol tout pourri). Mais mes nouveaux colocs de chambrée sont français et eux aussi, en tour du monde alors au lieu de me rouler en boule sous mon drap, c’est reparti pour quelques heures de bavardage jusque l’un d’entre nous s’écroule donnant (enfin !) le signal que j’attends depuis près de 24 heures… c’est l’heure du dodo !

Demain, j’attaque le Costa Rica.

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Retour au purgatoire

Me revoilà donc à Quito. Après presque 2 semaines en short et les pieds dans l’eau, je reprends un peu de hauteur et je retrouve les volcans qui encerclent la ville. Le taxi qui est venu me chercher à l’aéroport est plein. Bah oui, ici, c’est aussi les vacances scolaires et quoi de mieux quand on a 9 ans et que Papa est taxi que de l’accompagner au boulot ? Et du coup, comme Maman ne veut pas s’ennuyer toute seule à la maison, elle est venue aussi. C’est donc un véritable comité d’accueil qui m’attend à la sortie de l’aéroport. Ma nouvelle copine Martha avec qui je partage la banquette arrière est drôlement bavarde. Le fait que je ne comprenne qu’un mot sur cinq de ce qu’elle raconte ne semble pas la déranger le moins du monde. Elle parle, elle parle, elle parle, elle me pose un million de questions, je baragouine de vagues réponses qu’elle trouve plus ou moins à son goût et c’est avec un début certain de migraine que j’arrive à l’hostel. Tout juste le temps de faire quelques courses à l’épicerie du coin pour le dîner et ça y est, il fait déjà nuit et comme dans tout bon purgatoire qui se respecte, on ne sort pas la nuit dans Quito

Le lendemain matin, après moultes tergiversations sur mon programme de la journée, j’opte pour… ne rien faire. Et bah oui ! D’abord Quito, c’est pas New York (ça se saurait), ensuite j’ai pas fini la saison 4 de The Big Bang Theory (oui, c’est pas parce qu’on est à l’autre bout du monde qu’on ne peut pas se cultiver) et en plus, y a des nuages et donc ça sert à rien de se taper 3 heures de marche pour ne pas voir la vue sur les alentours. Pourtant, Fourchette & Sac à Dos oblige, à l’heure du déjeuner, je me dis que je me ferais bien un dernier petit ceviche. Grâce à mon ami le Lonely je repère donc une bonne adresse et d’un pas léger puisqu’affamé, je me rends à l’autre bout de la ville (de la vieille ville, j’entends). Et bah devinez quoi ? Le resto en question vend désormais des télés et des machines à laver… Du coup, d’un pas léger et courroucé, je me rabats sur une plâtrée de riz et de poulet frits. Quand ça veut pas, ça veut pas…

Et puis ça y est, c’est l’heure de dire Adios Ecuador ! Après 3 semaines à jouer à cache-cache avec la fameuse ligne, il est temps de repasser dans l’hémisphère nord. Mais pas aussi simple à dire qu’à faire… Pour atteindre San José, Costa Rica (ma prochaine destination, donc), le RTW ticket me fait faire un véritable marathon aérien. Mais ça, c’est l’histoire de demain !

Photos ici.

Arrivée à Quito

J’étais donc à Cuzco, je devenais parfaitement bilingue en espagnol et malheureusement, pour des motifs aéroportuaires, j’ai dû interrompre tout ça. Je me suis donc refarcie 22 heures de bus jusqu’à Lima (là, je vous passerai les détails olfactifs mais pas de bol, mon voisin n’avait pas un anti-transpirant 48 heures…) où, j’ai tout juste eu le temps d’aller à la laverie et me chercher à dîner dans mon resto préféré avant de refaire mon sac (non, je ne compte plus les fois) sans oublier de mettre dedans tout ce qui ne va pas dans le bagage à mains. D’ailleurs, saviez-vous qu’en fonction des pays, les briquets vont ou ne vont pas en soute ? C’est assez compliqué, ça m’oblige régulièrement à tout démonter et tout remonter juste sur le tapis de l’aéroport et ça agace passablement les gens qui attendent derrière moi mais je ne comprends pas pourquoi y a pas une seule règle pour tout le monde ? Et évidemment, idem pour les liquides ou des fois, ils s’en foutent et des fois, ils en profitent pour te piquer ta crème solaire que tu avais oublié dans une poche… Mais passons !

J’ai donc dit au-revoir à Lima et à ma copine Irina de l’hôtel et comme j’étais un peu en avance ce dimanche matin, j’ai décidé d’aller à l’aéroport en bus. Sur le papier, c’est simple. Tu prends le Metropolitana, tu descends à l’arrêt Thomas Valle et là, tu prends un bus qui va à l’aéroport. Si tu vas prendre l’avion avec un sac en plastique, pas de problème. Si t’y vas avec un sac à dos qui ressemble à une carapace de tortue et qui pèse 20kgs… tu rigoles moins. Et encore, dans le Metropolitana, ça va. Tu poses ton sac par terre, tu t’assoies dessus, tu rabats un peu des sangles pour que les gens ne marchent pas dessus, bref, tu t’en sors. Mais après, le fameux « bus » pour l’aéroport… bah, c’est pas vraiment un bus. C’est un collectivo. Du genre de celui dans lequel on entasse le plus de monde possible. Alors quand toi tu débarques avec ta carapace, la petite madame qui gère les montées et les descentes, elle te regarde avec un œil mauvais. Mais bon, elle te laisse monter quand même. Mais tout de suite après, elle se met à te hurler dessus parce que ton sac, il prend la place de quelqu’un ! Bon alors pour la calmer un peu, tu lui réponds que c’est pas grave, tu paieras pour 2 ! A une sole le trajet, t’es même prêt à payer le double pourvu qu’elle te demande pas de prendre le sac sur tes genoux ! De toute façon, tu peux pas : sur tes genoux, y a déjà l’autre sac (oui, le petit, celui qui pèse 10kgs parce qu’il contient tous les gadgets électroniques sans lesquels vous et moi ne pourrions pas communiquer… snif !). Mais ça n’empêche. Au bout d’un moment, à force de regards noirs, elle finit par te demander de prendre ton sac sur les genoux. Même les autres passagers du bus râlent, ils voient bien que je peux pas. Mais rien n’y fait, elle est intraitable. Au fur et à mesure des arrêts, je me retrouve coincée contre la fenêtre avec pas loin de 3 rangées de passagers à franchir pour atteindre la porte. Le tout avec un sac de 20kgs sur les genoux. Alors évidemment, quand on arrive à l’aéroport, c’est tout un cirque pour m’extraire de là. Heureusement, les autres passagers sont sympas et balancent mes affaires sur le trottoir m’aident. Et là, je m’aperçois que de toute façon, j’ai soit une pièce d’une sole, soit un billet de 100. Et autant vous dire qu’ils rendent pas la monnaie sur 100 dans les collectivos. Du coup, sans remord, je paye mon trajet et uniquement le mien toujours sous les mitraillettes des yeux de ma nouvelle copine… Mais peu me chaut ! Je suis devant l’aéroport, à l’heure et avec toutes mes affaires.

Quelques heures plus tard, me voici à Quito. Là, c’est la douche froide. On est censé être en Equateur, le pays où il fait toujours beau et chaud puisqu’il est à l’équateur… Et bah non ! Il fait gris, il fait froid (tout du moins, autant qu’à Lima) et à peine dans le taxi, il se met à pleuvoir… « Bienvenido in Ecuador ! » qu’il arrête pas de répéter mon chauffeur… Ah, et oui, ici, j’ai un chauffeur. D’abord parce que c’est loin et qu’il y a un trafic monstre (on mettra plus d’une heure à rejoindre le centre-ville alors en bus, j’imagine même pas) et ensuite parce qu’il est compliqué de se faire amener dans le bon hôtel par les chauffeurs de taxi normaux. Une petite histoire de commission…

Bref ! le temps de poser mes affaires dans ma nouvelle chambre et de faire le tour du propriétaire, il commence déjà à faire nuit. Et là, je prends ma deuxième douche froide : il est plus que fortement déconseillé de sortir dans la ville après le coucher du soleil, y a une invasion de vampires… Non, je rigole. Mais honnêtement, on n’en est pas loin. Tout le monde te met tellement en garde contre l’insécurité dans les rues de la ville que t’oses pas mettre un pied dehors. D’ailleurs, c’est bien simple, depuis la terrasse sur le toit de l’hôtel, j’entends les parents qui rappellent les enfants qui jouaient dehors et les rues se vident. Bientôt, il n’y a même plus de voitures. Bien. Nous n’irons donc nulle part. Ou alors, si tu veux sortir, faut impérativement que tu appelles un taxi. Et le type qui fait la sécurité à la porte de l’hôtel (et qui porte un gilet pare-balles) note le numéro de la plaque du taxi qui t’emmène. Tout de suite, ça met dans l’ambiance… Je pense sincèrement que oui, y a un problème d’insécurité dans Quito mais est-ce que ça vaut la peine de psychoter comme ça, j’en sais rien. Toujours est-il que pour ce soir, je me contente d’admirer la ville qui s’illumine doucement depuis la terrasse…

Le lendemain matin, je pars donc explorer les petites ruelles sombres qui ne le sont plus puisqu’il fait jour. Je dévore un petit déjeuner fait de jus de fruits frais, de tortillas, de yaourt et de céréales, je me balade dans la vieille ville (c’est très joli, c’est plein de petites rues pavées et d’églises à chaque coin), j’en profite pour m’offrir une épilation digne de ce nom (hourra ! les esthéticiennes latinos ne sont pas myopes !) et je finis par arriver sur la Plaza Grande, la place centrale de Quito, où la foule commence à s’amasser. Mais pourquoi donc ? Et bien parce qu’on est lundi ! Et que le lundi, c’est raviolis ! la relève de la garde devant le Palacio del Gobierno, l’équivalent de notre Elysée. Très bien, me dis-je, assistons au spectacle ! Mais c’est pas tout ! Quand le président des Equatoriens est en ville, il préside la cérémonie. Il se peut donc qu’il fasse une apparition sur le balcon. Alors à 11h pétantes, quand les trompettes se mettent à résonner, tous les yeux sont rivés sur le balcon et… ouiiii ! le voilà ! Hyper détendu, hyper à l’aise, genre « Hey ! Salut ! Qu’est-ce que vous faites là ? », il sourit et il salue la foule qui l’acclame. Parce que oui, mesdames et messieurs, ici, on acclame son président. On a la larme à l’œil quand il fait un geste dans sa direction. On porte des k-ways affreux aux couleurs de son président. On scande son nom. Ici, on fait pas semblant. Et moi, j’ai jamais vu ça. Et je peux dire que je suis grave impressionnée. La cérémonie démarre enfin, les soldats marchent au pas, font des petits tours et puis s’en vont et moi, j’en reviens pas que le président passe 45 minutes tous les lundis matins à agiter la main depuis son balcon. Hallucinant. Par contre, en terme d’image et de popularité, c’est un carton !

Et puis les émotions, ça creuse, alors je vais grignoter un sandwich au jambon (si, c’est une spécialité du coin, j’y peux rien) et je pars en expédition à l’autre bout de la ville m’acheter un ticket de bus pour dans 2 jours. La première compagnie que je tente ne dessert pas ma destination (pas de bol, c’est supposé être la plus confortable), je trouve mon bonheur quelques kilomètres plus loin. Parce que oui, Quito fait pas loin de 65 kms de long sur 10 de large (2 dans les parties les plus étroites). Alors quand on te dit : « C’est à l’autre bout de la ville. », t’as intérêt à savoir précisément où tu vas… Je repars donc avec mon précieux billet et je me mets en tête de rentrer à l’hôtel avec les transports locaux (mes pieds sont fatigués). A Quito, il y a 3 lignes de trolley-bus. Vous savez, ces machins qui sont comme des trams mais qui roulent sur des pneus. Sur le plan de la ville qu’on m’a donné, leurs trajectoires sont claires et bien distinctes. Et bah dans la vraie vie, c’est pas tout à fait pareil. Du coup, je me retrouve quasiment à l’opposé de là où je voulais aller et je finis par rentrer à pieds. Eux, au moins, ils vont là où je leur demande d’aller… Une petite soupe, une bonne douche et au lit ! Demain, le réveil sonne à 6h. Demain, je vais encore tutoyer les sommets. Demain, je vais chatouiller la glace du volcan Cotopaxi.

Photos ici.

Où l’on fait de vieilles blagues sur le lac Titicaca…

Allez, on se la fait une fois, on rigole un bon coup et après on redevient sérieux, OK ?

« Qui c’est qui va faire un titi caca sur les rives du lac Titicaca ? » … Mouahahahaha ! Pfff… qu’est-ce qu’on s’marre, non mais j’vous jure…

Bon, allons, reprenons. On a donc pris le bus depuis La Paz direction Copacabana. Non, pas le Copacabana où les filles se baladent en string sur le sable et où les gars ne peuvent pas marcher avec les bras le long du corps à cause de leurs triceps hypertrophiés. Le Copacabana où tu ne sors pas sans ton bonnet et où seuls les canards barbotent dans l’eau. Le Copacabana bolivien, au bord du lac Titicaca, un village de 6 000 habitants à 5kms de la frontière péruvienne. C’est notre dernière étape bolivienne.

Pour se rendre à Copacabana, il faut donc prendre le bus pendant 3h30. A un moment, la route passe sur le lac. Et non, y a pas de pont. Il faut prendre un bac. Tout le monde descend donc du bus et grimpe sur un bateau. Et le bus fait pareil. Mais sur un autre bateau. Tout le monde a donc les yeux rivés sur le bus, un peu anxieux de voir le bus (et surtout son sac à dos) arriver à bon port. Puis tout le monde remonte dans le bus et colle son nez à la fenêtre pour admirer le lac. Rien que la route, c’est déjà très très joli.

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Mais c’est pas le tout de faire sa maligne, en fin de journée, je me fais rattraper par un bon petit mal des montagnes. Bah oui, crapahuter dans la capitale la plus haute du monde et venir poser son paquetage sur les rives du lac le plus haut du monde, fallait bien que je finisse par payer toute cette hauteur. Du coup, ma tête pèse plus d’une tonne et la soirée se déroule un peu au ralenti à ingurgiter du maté de coca jusqu’à plus soif.

Le lendemain matin, ma tête a retrouvé son poids normal et on a décidé d’aller visiter l’Isla del Sol. On prend donc un bateau à 8h du matin au bout d’un petit ponton branlant et dans les vapeurs d’essence, on prend le large. Le soleil brille, l’eau s’étend à perte de vue et ondule à peine, la traversée dure près de 2 heures, seuls le vent et la température nous rappellent qu’on n’est pas sur la mer mais bien sur le fameux lac.

En arrivant à l’Isla del Sol, on se fait conduire jusqu’au petit musée qui expose quelques découvertes faites par l’équipe du commandant Cousteau au fond du lac. Là, on doit payer un droit d’entrée pour pouvoir aller se promener sur le sentier qui traverse l’île : 10 bolivianos par tête. Bien, c’était pas prévu mais on peut considérer que ces 10 bolivianos sont un droit d’entrée sur l’île, soit. On part donc à l’assaut des 13kms de crêtes qui traversent l’île d’un bout à l’autre. Les criques sont fabuleuses, les paysages incroyables, c’est magnifique. Chaque côte est une petite épreuve à 3850m d’altitude mais ça vaut la peine. Arrivés au milieu de l’île, on tombe sur 2 gars qui nous barrent la route et nous demandent de payer 15 bolivianos par tête (une fortune, clairement) pour pouvoir continuer notre chemin. Soit disant, le ticket du début ne concerne que la partie nord de l’île, ici, il faut payer pour la moitié sud. Je m’énerve, les traite à moitié de voleurs ce qui ne les fait pas sourciller et puisque tout le monde s’exécute, je finis par faire pareil en râlant. De toute façon, y a pas le choix, on doit atteindre le port au sud de l’île pour reprendre le bateau.

Ce qui devait arriver arriva. A la pointe sud de l’île, un troisième péage nous attend. Là, c’est 5 bolivianos par personne. Trop c’est trop, marre d’être prise pour une pigeonne ! Là, question de principe, je ne paye pas. No mas bolivianos ! Finalement, la petite dame nous laisse passer, en râlant elle aussi. Non pas que j’ai des épines au fond des poches, la question n’est pas là. Mais payer juste pour marcher sur un sentier et se faire racketter 3 fois sous prétexte que l’argent ne va pas dans la poche de la même communauté, faut pas pousser le bouchon Maurice !! D’autant plus qu’aucune agence ni compagnie de bateau qui vous amènent sur l’île ne vous préviennent qu’il faut payer un droit d’accès pour le sentier des crêtes. Pour un peu, ça gâcherait la balade qui pourtant vaut vraiment le coup.

Le lendemain, on traîne dans le village qui est plutôt calme, et on fait un petit tour à la basilique, démesurée, avant de prendre le bus après le déjeuner pour Puno, côté péruvien. En arrivant au poste frontière bolivien, on s’aperçoit qu’il nous manque un petit papier vert qu’on aurait dû avoir en entrant dans le pays. Qu’à cela ne tienne, le douanier nous en fait un antidaté, change de tampon, signe des 2 côtés de la carte et voilà ! on est sortis de Bolivie ! Quelques minutes plus tard, rebelote côté péruvien et hop ! nous voilà entrés au Pérou !

En fin d’après-midi, on arrive donc à Puno, 100 000 habitants, 2 gares routières et des tas de rabatteurs qui vous tombent dessus à peine descendus du bus. Là, on se laisse convaincre par une petite dame qui nous propose un hôtel en plein centre à 40 soles la chambre avec eau chaude (oui, on a encore changé de monnaie, à peine eu le temps de s’habituer aux pièces boliviennes). Eau chaude mais pas chauffage, bien sûr. De toute façon, le chauffage, depuis bientôt un mois que je traîne de ce côté du monde, ça semble être un truc complètement délirant. Y en a nulle part. Pourtant, il fait froid voire très froid. Il neige même parfois. Mais à part moi, visiblement, tout le monde s’en fout. Bref, on s’installe et on passe de longues minutes à s’ébouillanter sous la douche. On va ensuite faire un petit tour dans le centre-ville très animé en ce vendredi soir. Les gens se promènent, mangent des glaces, font des courses, y a plein de vendeurs de rues, ça fourmille. On finit par aller dévorer un steak d’alpaga (pas mauvais du tout) avant de rentrer se glisser sous nos piles de couvertures.

Le lendemain matin on doit se rendre à l’aéroport de Juliaca, à 45kms de là, on a un vol pour Lima. Sur le papier, c’est simple, on doit prendre un colectivo (un taxi minibus) jusqu’à Juliaca et là-bas, prendre un autre colectivo jusqu’à l’aéroport. Pour prendre le colectivo pour Juliaca, faut aller au terminal terrestre (la gare routière). Oui, mais pas celui où on est arrivés hier. Non, le terminal zonal. Heureusement qu’on avait prévu un peu de marge… On finit par trouver le colectivo, on hisse nos sacs sur le toit et là, il faut encore attendre que le minibus soit plein avant de partir. Pas question de rouler à moitié vide !!

Au moment de décoller, on aperçoit une dernière fois le lac Titicaca par le hublot avant de disparaître dans les nuages…

Et 2 heures plus tard, nous voilà à Lima. En bus, le même trajet nous aurait pris plus de 24 heures… On grimpe dans un taxi qui nous amène jusqu’à Miraflores, le quartier riche de Lima, dans lequel on a réservé une auberge de jeunesse. En chemin, on observe la ville à travers les fenêtres. Une autre grande ville d’Amérique latine, grise, bétonnée, bordélique, aux installations électriques brouillonnes et à la circulation dantesque. Et soudain, la mer. L’océan plutôt. Qui déroule des vagues longues de plusieurs dizaines de mètres le long des plages de Miraflores. Et quelques grappes de surfeurs qui regardent l’horizon mais en combinaisons intégrales quand même…

On fait un petit tour dans le quartier et on tombe sur un petit resto de fruits de mer, le Punto Azul, qui nous semble bien sympathique. Il est 16h, pas vraiment l’heure de déjeuner mais le snack de l’avion est déjà loin alors… on se laisse tenter. Et bah, on regrette pas. De loin, le meilleur resto qu’on ait fait. Les portions sont gargantuesques mais surtout, c’est délicieux. On se partage un risotto à l’encre de seiche, aux crevettes et aux coquilles Saint-Jacques… mmmh ! L’assiette est tellement énorme qu’on arrive pas à finir et on aura même le droit d’emporter un petit doggy bag avec nos restes. On finit l’après-midi à se balader et à faire du lèche-vitrine dans le centre commercial qui domine la falaise de Miraflores et d’où on regarde le soleil tomber dans l’océan.

Dimanche matin, il fait gris. On a décidé d’aller visiter le centre du vieux Lima. On a pris le Metropolitana, un bus qui circule sur les grandes artères de la ville dans un couloir réservé et dont on n’a rien compris au plan mais qui nous a amenés à bon port. Pas grand-monde dans les rues, les magasins sont encore fermés, les cafés n’ont pas encore ouverts, on se demande un peu où sont les gens… Et après un grand tour à la Plaza de Armas, on a fini par les retrouver… à la messe ! Nous, on voulait simplement visiter l’église. On pouvait pas rentrer, c’était blindé. Du jamais vu. A la sortie, y avait même des camions de pompiers qui barraient la rue, des danseurs et une troupe de mariachis. Du coup, on s’est dit qu’il allait se passer quelque chose alors on a attendu. On était pas les seuls. La rue a commencé à se remplir jusqu’à ce qu’on se retrouve complètement coincés entre un immeuble et une voiture. Et quand enfin, la messe a été dite, la fanfare a éclaté et on a vu sortir Saint Dominique sur un char. Là, c’est devenu du délire. Les gens applaudissaient, lançaient des confettis, chantaient… et comme par magie, le soleil a fait son apparition. Divine, sûrement.

Comme toutes ces bondieuseries avaient fini par nous creuser, on est retournés manger dans le resto de la veille où cette fois, on a du faire la queue près d’une heure pour avoir une table. Mais encore une fois, on n’a pas regretté.

Et puis, il a fallu que je dise au-revoir à mon papa qui est reparti à Paris et comme tout bon backpacker qui se respecte, je suis allée à la laverie où j’ai passé le reste de l’après-midi à regarder mon linge tourner en observant les Limeños vaquer à leurs occupations.

Le Pérou s’annonce sous les meilleurs auspices, il fait même pas froid.

Photos ici et .

Luxury Ko Samui

Pour finir notre semaine insulaire, on a testé pour vous Ko Samui. Ko Samui est la plus grande des îles du golfe de Thaïlande, la plus touristique, celle qui concentre le plus grand nombre de resorts de luxe (dont quelques-uns des plus select au monde) et surtout celle qui a un aéroport international-s’il-vous-plaît. La couleur de la mer est toujours photoshopée, les plages incroyables mais la côte est surtout bien bétonnée et la noix de coco a été introduite en bourse.

Ici, le programme est simple : plage, plage, plage et re-plage. Après nous être installées dans notre petit bungalow de bord de mer…

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… on s’est donc traînées sur 5 mètres pour se coucher là…

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Le truc rigolo c’est que l’île n’est tout de même pas si grande et que quand les avions atterrissent, ils font d’abord du rase-motte sur la plage, t’as pas intérêt à être en train de lire quelque chose, ça décoiffe.

Pour notre seule soirée sur Ko Samui, nous sommes allées au Fisherman’s Village où il y a de tout sauf des Fishermen. Un grand night market où on a pu faire un peu de shopping souvenir (il était temps) en se frayant un chemin parmi la foule et les danseurs de feu et croquer quelques beignets de crevettes.

Le lendemain, direction Chaweng Beach, officiellement la plus grande et la plus belle plage de Samui. On loue une moto pour traverser l’île et on découvre qu’à Samui, y a 2 McDo à 100 mètres l’un de l’autre (on sait jamais, faudrait pas louper une subite envie de frites). Ben oui sauf qu’à Chaweng, y a des grosses vagues et pas mal de courant et tu peux pas rester 2 heures dans l’eau à barboter tranquillement. Heureusement, la plage est bordée par les hôtels qui installent des transats et des parasols (pour un peu, tu te croirais à Saint Trop’). Alors qu’on cherchait un endroit un peu ombragé pour poser nos augustes derrières, une charmante jeune fille russe nous propose de nous installer au bord de sa piscine (enfin, celle de son hôtel, hein !) et de passer la journée là for free. Ah bah si c’est free, on voit pas pourquoi on refuserait. En plus, elle nous promet une pool party pour le lunch. Nous, on dit banco ! La piscine est à peine moins chaude que la mer, les transats sont confortables, alors on s’enduit de crème solaire et on joue les princesses.

A partir de midi, la pool party commence… Enfin… y a de la musique, notre copine russe danse comme une folle au bord de la piscine… toute seule. Les otaries échouées sur les transats ne semblent pas bien motivées. Pourtant, elle donne de sa personne notre copine.  Mais rien n’y fait. Le room service nous propose 20 fois d’acheter un magnum de champagne mais nous, on est des mauvaises clientes, on boit que du lemon juice. Pourtant, au fur et à mesure de l’après-midi, le banc d’otaries augmente et grâce à quelques autres Russes (ah ! enfin des gens qui savent faire la fête !) et plusieurs tournées de shots d’un truc vert (dont on ne saura jamais ce que c’était) offertes par la maison, l’ambiance commence à décoller. Jusqu’à l’arrivée d’une bande d’actrices pornos de jeunes filles en strings qui vont se déhancher au bord de la piscine et franchement réveiller l’intérêt des mâles de l’assistance. Malheureusement, pour nous, c’est déjà l’heure de s’en aller, on a un avion à prendre pour Bangkok, on ne pourra pas aller à la Ibiza Party à laquelle nous convient ces naïades le soir même… dommage !

Bref, une belle journée de people watching, rigolo mais y a pas photo, notre île préférée reste Koh Tao.

Après cette débauche de luxe et volupté, on passe juste faire un petit coucou à un grand Bouddha avant d’aller rendre notre moto, de récupérer nos sacs et de filer à l’aéroport les pieds encore plein de sable et les maillots à peine secs.

Là, surprise, l’aéroport international de Ko Samui c’est pas de la blague ! Longue rangée de boutiques de luxe et de restos branchouilles, jardins d’orchidées et buissons en fleurs et surtout buffet de folie dans la salle d’embarquement, le tout ouvert sur l’extérieur, tu croirais presque que tu peux aller courir sur le tarmac. A quand un vol quotidien Paris-Ko Samui ?

Mais voilà, les vacances, c’est fini, retour à Bangkok ! (Bah oui, il paraît qu’en France, y a encore des gens qui travaillent… complètement ouf !) Alors on retrouve notre petite chambre à Siam (on recommande le Lub’d si on ne l’a pas déjà fait) et on célèbre la dernière soirée thaïe de Stéphanie avec une dernière thai spicy beef salad et un dernier thai iced lemon tea. Cheers !

Photos ici.

La folie Bangkok

Rien qu’à l’aéroport on comprend qu’on a changé de monde. Immense, l’aéroport est immense. Y a au moins 50 guichets à l’immigration, 12kms de couloir après la descente de l’avion et les 22 tapis à bagages. Bangkok… Moi, quand j’entends Bangkok, je pense sang de serpent, Australiens en Ray Ban Wayfarer, chaleur suffocante et moite, bref, La Plage. Le film, La Plage. Sans jamais y avoir mis les pieds, j’en parle déjà comme si j’en connaissais les moindres recoins. « Ko San Road ? Pfff… Jamais de la vie, trop surfait, trop touristique. Le marché de Chatuchak ? Of course ! Et puis le Wat Phra Kaew ? Evidemment ! ».  Y a ceux qui détestent, y a ceux qui adorent et y a moi, et j’ai hâte de pouvoir donner mon avis.

Mais commençons par le commencement. Je retrouve Stéphanie miraculeusement (miraculeusement parce que je n’avais ni l’horaire ni la provenance de son vol) entre 2 portes à la sortie de l’aéroport et on découvre avec joie les transports bangkokois. Bon, on est peut-être arrivées au pays du sourire mais pas au pays de l’efficacité. On va mettre près de 2 heures à rejoindre le centre-ville alors qu’on aurait pu mettre moitié moins de temps, juste parce que la gentille dame du guichet a omis de nous dire qu’on pouvait prendre un train direct plutôt qu’un omnibus… Mais c’est pas grave, on est trop contentes d’être là, tout est fantastique, c’est juste qu’on va arriver à l’hôtel (le Lub’d Siam Square, qu’on vous recommande chaudement) à 23h, qu’on a faim et qu’à cette heure-là, même à Bangkok, c’est compliqué de trouver un resto ouvert. Heureusement, y a un resto chinois pas loin qui lui, est ouvert 24/24 où on file avaler une soupe de nouilles avant de filer au pays des rêves.

Le lendemain matin, comme on est dimanche, on décide de s’armer de bienveillance envers nos prochains et on va arpenter les allées du marché de Chatuchak. Officiellement, c’est le plus grand marché du monde. Des milliers de stands qui vendent tout ce qui s’achète, des baskets second hand (ah ça, c’est sûr, c’est vraiment second hand) aux bébés écureuils. Le tout sous un immense toit de tôle ondulée surchauffée et littéralement envahi par la foule dès 8h du matin. Bon, nous, on est arrivées tranquillement à 10h30, alors forcément, on a été plongées dans l’ambiance dès la sortie du BTS (le métro bangkokois) où on nous avait dit « c’est facile, suffit de suivre la foule ». Mais Chatuchak n’a pas tenu toutes ses promesses : quelques chiots, 3 écureuils et une dizaine de chinchillas mais rien de vraiment exotique. Idem côté boustifaille où les stands de jus de fruits pressés se suivent et se ressemblent mais pas de véritables spécialités locales (OK, Stéphanie a failli défaillir devant une assiette de pattes de poulet mais c’était vraiment pour le folklore…). Alors, après 2 heures à se faufiler dans les allées minuscules et bondées, on a repris le BTS dans l’autre sens pour aller faire du lèche-vitrine se rafraîchir dans un des 700 malls de la ville. On a porté notre choix sur le Siam Paragon. Celui-là, sa spécialité, c’est qu’il concentre toutes les marques de luxe qui existent au monde. L’incontournable boutique Vuitton est à côté de Cartier lui-même à côté d’une concession Maserati, elle-même à côté de Chopard… Ce qui est bien, c’est qu’ici, on n’est même pas tentées de dépenser nos baths… Par contre, on a profité du sous-sol, entièrement consacré au Food Center, pour déjeuner dans un vrai resto (avec une nappe en tissu et des serveurs en uniforme). Et puis, quand on s’est mises à avoir presque froid, on est ressorties dans la fournaise pour aller visiter la maison de Jim Thompson. Jimmy est un type très mystérieux (était, plutôt). Ancien agent de l’OSS, il s’est installé en Thaïlande après la seconde guerre mondiale où, tombé amoureux de vers à soie, il s’est mis à jouer le commercial international et à développer un sacré business. Il a mystérieusement disparu lors d’un week-end chez des amis en Malaisie, l’année où sa sœur a été assassinée aux Etats-Unis… Etait-il toujours « de la maison » ? Trempait-il dans des affaires louches ? Nul ne le sait… Sa maison (constituée de 6 maisons thaïes traditionnelles mises bout à bout) a depuis été transformée en musée et c’est très sympa à visiter. Comme après tout ça ( ???), on était crevées, on a passé un temps infini à regarder la machine à laver tourner en philosophant sur la nature humaine et on a (encore !) loupé l’heure du dîner ce qui fait qu’on a dû retourner manger quelques chinoiseries tout en évitant quelques cafards volants. Oui, ici, ils volent, c’est bien plus marrant, enfin c’est surtout la tête de Stéphanie qui est marrante

Pour notre dernière journée à Bangkok, on a décidé de se la jouer « Culture & Confiture ». Enfin, surtout Culture. Alors on a démarré par la visite en règle du Palais Royal et du fameux Wat Phra Kaew (c’est d’ailleurs amusant comme chaque pays arrange l’Histoire à sa sauce à propos de cette petite statuette qui a beaucoup voyagé puisqu’elle est passée par le Laos, le Sri Lanka et la Thaïlande et appartient à tout le monde…). Puis, on s’est traînées (il fait 45°C et 80% d’humidité, l’Enfer doit probablement ressembler à ça…) jusqu’au Wat Pho et on s’est jetées dans la rivière Chao Praya… ou presque. On s’est plutôt laissées glisser lentement le long des canaux qui valent à Bangkok sa réputation de « Venise de l’Asie ». Vous avez remarqué comme chaque fois qu’une ville est traversée par plus de 5 canaux, elle devient la « Venise » de quelque part ? Pauvre Venise… Parce que Bangkok n’a vraiment rien de Venise… Certes, je n’y ai jamais mis les pieds (à Venise, la vraie) mais pas sûr qu’il y ait des auto-ponts bétonnés à 4 étages qui serpentent entre les buildings au point de cacher le ciel en plein cœur de la Cité des Doges… M’enfin bref ! Pour finir en beauté, on est allées se désaltérer dans un chouette bar en terrasse tout en regardant le soleil se coucher sur le Wat Arun.

Alors oui, Bangkok est folle. Folle de bruit, de pollution, de béton, d’immeubles en construction, de taxis aux couleurs qui mettent de bonne humeur, de McDo dans chaque station de métro, de murs de climatiseurs qui ronronnent 24/24, de jungle qui reprend ses droits dès que le béton se laisse aller, de cafards volants (ou rampants, on ne fait pas de discrimination), de 7-Eleven (mais ça, j’y reviendrai), de caissières du 7-Eleven qui ne sont pas vraiment des caissières mais plutôt des caissiers, de drôles de trucs à manger dans la rue (mes préférés), de chanteurs échappés de la StarAc, de rats gros comme des lapins et de durians qui puent (ça aussi, on y reviendra), bref, 2 jours, c’était bien trop court et Bangkok mérite qu’on s’occupe d’elle bien mieux que ça.

Ca tombe bien, il est prévu que j’y revienne.

En attendant, les photos, c’est ici.

PS : Oui, je sais, je suis très en retard. Vous attendez les bilans du Cambodge et du Laos et ne parlons même pas de votre cours d’histoire préféré sur la Thaïlande… Pas la peine de me le faire remarquer, je le sais. C’est tout le problème quand vous avez des invités, vous passez votre temps à en prendre du bon (temps) et vous procrastinez le boulot. Je suis sûre que vous voyez très bien ce que je veux dire…