Un dimanche à Bangalore

Enfin seule !! 😉

Après 2 semaines avec F. & P., je les ai recollés dans l’avion direction Paris et me voilà, seule, un dimanche matin à Bangalore…

(Je rigole… c’était génial de commencer le voyage avec vous les chéris, la parfaite période d’adaptation, revenez quand vous voulez, vous me manquez déjà !)

Contrairement à la veille où la ville ne semblait être qu’un immense embouteillage, ce matin les rues sont plutôt désertes (enfin, j’me comprends, à l’indienne quoi !). Ma première mission est de trouver une boîte rouge (oui, ici, elles sont rouges) pour y mettre nos cartes postales. Mais apparemment, le dimanche, les tuk-tuk drivers sont au repos et les rares qui bossent ne connaissent pas la ville…

Pleine d’optimisme, je me dis que le Bengaluru Palace doit être ouvert même le dimanche et que ça vaut probablement le détour d’aller voir la résidence d’été des mahajaras de Mysore. Et comme ce matin il fait plutôt bon (30°C au bas mot), je décide d’y aller à pied. J’ai beau demander à des cow-boys qui font la circulation dans quelle direction se trouve le fameux Palace, personne n’est d’accord et je mets presqu’une heure à trouver l’entrée ! That’s India : quand tu poses une question à un Indien et qu’il ne sait pas répondre, plutôt que de te dire qu’il ne sait pas, il brode !

Ce qui est assez surprenant avec ces palais, c’est qu’ils sont assez récents et que même si ils ont conservé quelques tabourets en pieds d’éléphants et autres trônes couverts de feuilles d’or, un certain nombre de salles sont proposées en location pour des évènements privés. Ce matin, une trentaine de personnes s’affairait dans le hall du Bengaluru Palace pour réaliser la décoration d’un mariage pendant qu’un orchestre de musique indienne répétait dans le jardin.

Mais bon, un dimanche reste un dimanche et la majorité des boutiques sont fermées. L’occasion de m’offrir ma première après-midi de feignasserie avant le départ ce soir pour le Ladakh. A moi les nuits glaciales et les cols à 5000 mètres !

Photos ici.

AL cracheuse de cafards…

Après avoir bien profité du buffet du petit déj du Royal Orchid, on retrouve Raju, notre tuk-tuk driver préféré, qui nous emmène visiter la fabrique de soie de Mysore. Comme il a travaillé là quelques années auparavant, il nous présente à tous ses potes et nous fait une visite particulièrement détaillée. Et c’est franchement impressionnant : des dizaines de machines filent, tournent, tissent, colorent, rincent, essorent, repassent, … Ça fait un boucan d’enfer, certains ouvriers n’ont pas de protection auditive (ça doit faire longtemps que le coordinateur QHSE n’est pas passé…) mais ils sont tous très fiers de nous montrer leur travail et la qualité de la soie qui sort de leurs mains. Mysore est d’ailleurs très réputé pour sa production de soie et les prix de ses saris tissés au fil d’or.

Hormis le bruit, l’usine nous fait l’effet d’être hyper organisée et propre, ce qui contraste franchement avec l’extérieur. Parce que oui, je n’en ai pas encore parlé mais l’Inde est à la hauteur des espérances en ce qui concerne la saleté et les odeurs qui nous surprennent et nous prennent à la gorge de temps en temps au coin de la rue…

On enchaine ensuite avec la visite du Mysore Palace, un palais de maharajas digne des 1001 nuits. Bon, le premier palais en bois a brûlé et celui qu’on visite (pieds nus s’il vous plaît, c’est bien meilleur pour piétiner les crottes de pigeons…) date de 1912 mais le faste et la magnificence de la vie à l’époque du Raj se fait encore bien sentir. On est très impressionnés par les 2 têtes d’éléphants empaillés qui encadrent la porte principale et surtout par le nombre d’Indiens qui visitent l’endroit au pas de charge.

On termine notre circuit par un petit tour au bazar. A peine plus grand que celui d’Ooty, on sent pourtant qu’on est dans une ville bien plus touristique : les vendeurs nous interpellent constamment pour nous vendre des kum-kum, poudres colorées utilisées pour les bindi, des bracelets, des flûtes en bois, des têtes d’ail, … On résiste tant bien que mal à la tentation !

Mais c’est déjà l’heure de quitter Mysore et on saute littéralement du tuk-tuk dans un bus pour Bangalore. L’arrivée sur Bangalore est chaotique : les routes sont défoncées et les travaux créent des bouchons immenses. La pollution (et les tas d’ordures qui brûlent) nous pique les yeux et la gorge. Comme il est déjà tard, on décide de dîner au restaurant de l’hôtel. Et c’est le jour où… un cafard sort de ma bouche. Y en a, c’est des perles. Moi, c’est des cafards. Celui-là était caché dans la paille de mon Pepsi… Mais ne vous inquiétez pas ! Je ne lui ai fait aucun mal. Après être resté assommé quelques minutes sur la table où je l’avais craché, il s’est remis sur ses pattes et serait reparti vivre sa vie si le serveur ne l’avait pas délicatement emmené, écrabouillé dans une serviette en papier…

Moralité : ne plus JAMAIS boire à la paille…

Photos ici.

Raju, tuk-tuk driver

Nous voici donc à Mysore (c’est ici), dans le sud du Karnataka, cité royale au passé riche et fastueux, peuplée aujourd’hui de 800 000 habitants et 40 000 tuk-tuks.

(NDLR : nous vous rappelons que toutes les informations publiées sur ce blog sont véridiques et vérifiées…)

Dès notre arrivée à la gare routière, un rabatteur de tuk-tuks nous saute dessus et nous propose de nous emmener à notre hôtel. Bon, il veut nous entasser, nous 3 et nos 6 sacs, dans un tuk-tuk sans coffre donc, on s’énerve un peu et on finit par obtenir un 2ème tuk-tuk pour le même prix (je réfléchis à écrire un guide de la négociation en Inde…).

C’est l’avant dernière nuit de la lune de miel de F. et P. donc, on se fait plaisir et on descend au Royal Orchid Metropole, un très très chouette hôtel historique où le personnel est charmant et la piscine fantastique, nonobstant les paires d’yeux un peu trop curieux qui ne nous lâchent pas une seconde.

Il y a plein de choses à voir à Mysore et comme on n’a pas beaucoup de temps puisqu’on repart le lendemain, on cravache !

Notre chemin croise celui de Raju, tuk-tuk driver, qu’on embauche pour l’après-midi et qui nous promet de nous emmener partout où on voudra. On monte donc en fin d’après-midi à Chamundi Hill visiter un temple où le rouleau compresseur de l’Inde nous rattrape : comme c’est la fermeture, c’est un peu la cohue et on se fait harponner par un Indien bossu et édenté qui se charge de nous faire faire une visite guidée au pas de charge, nous extorquant quelques roupies au passage. Incredible India !, et puis il y a plein de singes partout et la vue sur Mysore est assez impressionnante malgré la brume de chaleur (ah oui, on est redescendu des montagnes, il fait à nouveau 40°C…).

La première mission de Raju était de nous ramener en centre-ville après la visite, mais il nous propose de faire un détour par le showroom gouvernemental de soie de Mysore (car la soie est fabriquée ici et est fort réputée dans le sud de l’Inde). C’est l’occasion de faire un peu de shopping et surtout de rapporter des souvenirs pas trop kitschouilles…

Comme Raju est encore là, on lui demande ensuite de nous emmener dans un bar qui sert de la Kingfisher bien fraîche. Et finalement, comme on le trouve sympa, on lui donne rendez-vous le lendemain matin pour finir la visite de Mysore et nous déposer en fin de journée à la gare routière.

40 000 tuk-tuks, c’est bien, mais la concurrence est rude et le prix de la course est ridiculement bas de ce côté-ci des montagnes. Va falloir trouver un autre marché pour mes investissements futurs…

Photos ici.

Ça ? une station climatique ? Mon oeil !!

Ooty, première station climatique du sud de l’Inde… Mouais… Ben, ça mériterait que quelqu’un m’explique pourquoi…

Alors, OK c’est une très bonne base pour explorer les très jolies montagnes environnantes et OK il y fait vraiment plus frais que le long de la côte (on prend même des douches chaudes et on ne transpire pas quand on est assis), mais franchement, ça casse pas 3 pattes à un canard ! Les rues sont moches, les échoppes sont moches, le parc d’attractions est glauquissime, on ne peut même pas boire de bière pour oublier tout ça (non madame, ici c’est le Tamil Nadu et on ne rigole pas !), les hôtels sont…bizarres (enfin, le nôtre surtout avec sa musique d’ambiance molvanienne en boucle pendant 48 heures) et surtout, vous n’allez pas y croire mais c’était jour de grève nationale au Tamil Nadu ! Pour les mêmes raisons que dans le Kerala (taxes sur le diesel trop chères) mais pas le même jour (ça serait trop simple). On a donc failli se retrouver coincer dans une ville pourrie avec rien à faire !

Heureusement, on insiste un peu (on commence à les connaître ces Indiens, ils disent toujours « Not possible » mais on arrive en général à nos fins… c’est une véritable expérience de management…) et on arrive à trouver un guide pour un trek d’une demi-journée dans les environs d’Ooty avec, au menu, plantation de thé, petits villages de fermiers et grimpette dans la montagne. Bon, c’est pas de la rando de compet’ mais c’est une bonne petite séance de décrassage avant de passer aux choses sérieuses dans le Ladakh la semaine prochaine.

Et puis, à Ooty, il y a aussi quelques cimetières coloniaux et surtout… il y a le bazar et ça, c’est plutôt sympa. Les têtes de chèvre grillées alignées les unes à côté des autres, le sang de poulet qui a giclé jusqu’à plus de 2 mètres de hauteur, les marchands qui débitent des petits morceaux de bœuf tandis qu’une vache rumine dans les ordures 3 mètres plus loin… Ça vaut le détour ! On achète quelques fruits exotiques et on se rafraîchit les narines dans quelques fleurs de jasmin avant d’aller dîner (bah oui, ça nous a ouvert l’appétit tout ça !)

Bref, faudra m’expliquer en quoi cette ville est charmante (dixit mon ami le Lonely)… On redécolle donc d’Ooty le lendemain, sans état d’âme, dans un bus qui se définit lui-même comme « ultra Deluxe » (HC, si tu m’entends…) et on file à l’allure délirante de 30 km/h vers Mysore, à 150 kms de là (je vous laisse donc faire le calcul… oui, oui, oui, 5 heures de bus mesdames et messieurs, ça mérite bien un « ultra Deluxe » !!) dernière étape de notre voyage avant Bangalore et le retour de F. et P. prévu dimanche.

Photos ici.

La Poisse : épisode n°1

Chers lecteurs,

Vous qui me connaissez depuis maintenant des années (ou 10 jours pour les plus récents), vous savez que La Poisse est une de mes amies les plus fidèles et m’épargne rarement plus de quelques mois d’affilée. Laissez-moi donc vous raconter quelles ont été ses récentes incursions dans mon voyage depuis 10 jours…

Tout a commencé à l’aéroport de Londres, lundi 10 septembre… oui, oui, celui-là même, le lundi du grand départ…

Lors du contrôle des bagages à mains aux rayons X, j’ai sorti de mon sac mon ordinateur (celui-là même qui me permet de communiquer avec vous) et là… CRAC ! je laisse mon ongle de pouce gauche au fond de mon sac tandis que ma main, elle ressort victorieuse avec l’ordinateur… J’en conviens, c’est un détail, rien de bien grave, d’autant plus que La Poisse m’a appris qu’il faut toujours avoir une lime à ongles sur soi.

Quelques minutes plus tard, je constate avec désarroi que j’ai perdu mon seul et unique élastique à cheveux (évidemment, que j’en ai d’autres dans mon sac à dos, mais il est en soute, pas sous ma main !). Je me retrouve donc à acheter des élastiques à cheveux (article qui se vend rarement par moins de 20 exemplaires…) au duty free d’Heathrow. D’ailleurs, puisqu’on en parle, j’ai une réclamation à faire, ces élastiques sont tous pourris, ils cassent tous seuls.

Arrivée à Trivandrum après 28 heures de trajet, j’étais un peu pressée de sortir de l’avion, de mettre mon sac sur mes épaules et de partir conquérir le monde arpenter les sentiers. Dès l’atterrissage, j’avais donc à la main la clé du cadenas de mon sac à dos. Mais, regardant par le hublot, j’ai été subjuguée par les paysages du Kerala et hop ! je décide de ressortir mon appareil photo pour immortaliser l’instant. Arrivée devant le tapis à bagages, je réalise que j’ai délicatement posé la clé du cadenas sur le siège à côté du mien et que, bien sûr, je l’ai laissée là-bas…

La Poisse n’étant pas si méchante, j’arrive à récupérer ma minuscule clé alors que l’embarquement du vol suivant avait déjà commencé. J’ai entendu dire que « quand on n’a pas de tête, on a des jambes »…

Mais j’ai gardé le meilleur pour la fin : la journée d’aujourd’hui ! Levés à 4 heures pour prendre le train pour Ooty, on débarque un peu dans le brouillard à la gare de Coimbatore pour acheter nos billets. Malheureusement, on ne peut acheter les billets que pour la première partie du trajet, jusqu’à Mettapulayam, mais pas pour Ooty, on ne sait pas bien pourquoi. Qu’à cela ne tienne, on grimpe dans le train pour Mettapulayam (dans le wagon réservé aux handicapés… no comment), et le train part pile à l’heure. 45 minutes plus tard, je réalise que j’ai oublié ma bague sur le rebord du lavabo de l’hôtel à Coimbatore… Evidemment, pas moyen de faire demi-tour ni même d’envisager un quelconque moyen de la récupérer. J’aurais tenu 8 jours avant de perdre l’objet le plus précieux que j’avais sur moi : merci La Poisse !

Et ce n’est que le début de la journée : arrivés à Mettapulayam, on apprend que le fameux train miniature qu’il-est-trop-bien-qu’il-faut-absolument-qu’on-le-prenne est déjà complet et le chef de gare nous dit « Try tomorrow ! ». Ah ça non, mon bon monsieur ! On n’a pas que ça à faire nous ! On a un programme de ministre et on compte bien s’y tenir ! On se met donc dans la queue des Unreserved seats et on attend que le contrôleur nous dise si il y a eu des désistements dans les places réservées pour pouvoir grimper dans le train. En observant ce qui se passe sur le quai, on constate qu’un des wagons du train est bien dédié aux Unreserved seats mais qu’il est déjà plein. On manque perdre tout espoir quand, à 5 minutes du départ du train, une dizaine de personnes se mettent dans la file d’attente mais devant tout le monde. Les Indiens s’engueulent entre eux mais personne ne bouge.

C’est là que La Poisse décide d’aller voir ailleurs si j’y suis. Au moment où le train se met à siffler pour le départ, un groupe de gens descend en courant du unreserved wagon et courent à l’autre bout du train. Ni une, ni deux, on enjambe la barrière de notre file d’attente et on saute dans le wagon à leur place, aussitôt rejoints par une tripotée d’Indiens qui s’entassent sur les banquettes (j’en ai même un quasiment sur les genoux). Et en avant Guingamp !

Bon La Poisse n’étant jamais très loin, le train s’arrête 5 minutes plus tard et le contrôleur monte dans notre compartiment en nous hurlant dessus en tamoul (la langue officielle du coin) et on finit par comprendre qu’on va devoir payer une amende pour être montés dans le train sans ticket. L’amende s’élève tout de même à 32 fois le prix du billet (iiiiirk !!) mais même comme ça, on atteint jamais que les 250 roupies (soit à peine 4 euros) donc on reste fermement accrochés à notre banquette et on paye sans rechigner. Et puis ça vaut vraiment la peine : l’ambiance dans le train est géniale, les gens chantent, crient et sifflent quand on passe dans un tunnel, nous demandent de chanter (on aura un succès fou avecIl était un petit navire et Santiago), on s’arrête toutes les 30 minutes pour remplir d’eau la chaudière de la locomotive à vapeur et on avance à 10 km/h. Mais les paysages sont magnifiques et 5 heures plus tard on arrive enfin à Ooty.

Réflexion personnelle : vous imaginez ça, vous, si quand on monte sans billet dans le TGV, on devait payer une amende de 32 fois le prix initial ? Ça en découragerait certainement plus d’un…

Photos ici.

En route pour Ooty !

Aujourd’hui, on compte bien profiter de notre journée à Kochi pour s’imprégner totalement de la société indienne. Après être allés visiter dans la matinée le palais de Mattancherry, dont l’intérêt principal était la présence de ventilateurs dans presque toutes les pièces, et nous être cassés le nez à la synagogue Pardesi (c’est fermé, c’est normal…) on retourne dans le quartier d’Ernakulam pour aller au cinéma.

Sur les conseils avisés de notre hôtesse, à qui on a dit qu’on voulait voir un Bollywood, on va voir un film en hindi non sous-titré (bien sûr !!) dont le titre est Barfii. Un choix assez pertinent puisque le héros est muet et que ça nous évite donc les dialogues à la Woody Allen… La salle est pleine à craquer, 90% d’hommes, et on se demande bien de quoi il s’agit…

Et bien figurez-vous que c’est la bonne surprise du jour ! Alors OK, le film est long (très long… tellement long qu’il y a un entracte au milieu), on ne comprend pas un traître mot de ce qu’il se raconte, ce n’est absolument pas un Bollywood et on met un peu de temps à raccrocher tous les wagons mais l’histoire est tellement fleur bleue qu’on en a même la larme à l’œil plusieurs fois.

Côté ambiance, la salle est plutôt bon public : éclats de rire, applaudissements, sifflets, les téléphones sonnent sans problème pendant la séance, bref, une chouette expérience et surtout le premier morceau d’un grand défi : aller voir dans chaque pays un film dans la langue locale et être capable de le raconter !

Et moralité : sous leurs grands airs de durs à cuire à moustaches, les Indiens vont voir des films de gonzesses en se tenant par la main et je suis même sûre que y en a certains qui pleurent…

Le lendemain, on décide de se faire une journée de princesses feignasses. Alors après le petit déjeuner, on se rend dans un centre ayurvédique pour une heure de Full Body Massage… énergique et franchement huileux (on a l’impression de sentir la friture…).

En début d’après-midi, il faut se résoudre à quitter Kochi et à continuer le voyage. On embarque donc à bord d’un tuk-tuk sur le toit duquel on attache nos sacs à dos en priant pour que la route ne soit pas trop défoncée et qu’on retrouve nos sacs à l’arrivée à la gare… Tout va bien, on grimpe dans le train qui arrive en gare à l’heure et repart à l’heure (décidément, l’Inde… ce n’est plus ce que c’était…) mais qui s’arrête au bout de 10 mètres (ah ! quand même !), on ne sait pas pourquoi, et qui repart tranquillement 10 minutes plus tard. Et nous voilà partis pour plus de 4 heures de train, entre les vendeurs ambulants de toutes sortes (café, chai tea, brosse à cheveux vibrante… si, si, ça existe, c’est recommandé par un docteur indien), les bébés qui chouinent, les gens qui squattent nos places, le contrôleur qui écrit des lettres au gouvernement au milieu du couloir…

C’est là que démarre mon deuxième grand défi : porter jusqu’à la fin du voyage un magnifique collier à paillettes violet que P. m’offre dans ce train

On arrive donc à Coimbatore (c’est ici) en début de soirée. On se trouve aussitôt un hôtel tout près de la gare car on doit repartir le lendemain matin à 5h15 (WHAT ??? mais on n’est pas en voyage de noces là ?) direction Ooty, station climatique à plus de 2200 mètres d’altitude et où on espère bien 1/ échapper aux moustiques, 2/ mettre un pull (des fois, dans la vie, y a des plaisirs simples). Le voyage jusqu’à Ooty promet d’être somptueux : 7 heures de train dont 5 dans un train miniature classé au patrimoine mondial de l’Unesco…

Vous pouvez d’ores et déjà compter sur votre serviteuse pour vous raconter tout ça, photos à l’appui, au prochain numéro !

Pour les photos, c’est par ici !

Kochi

Après avoir passé la nuit au Golden Turtles Resort, nous avons rendez-vous le lendemain matin à la gare routière de Trivandrum (encore ??? ça fait déjà 3 fois que j’y passe dans celle-là !) avec M. pour le petit déjeuner. Un petit déjeuner keralais s’il vous plaît ! Au menu : chappattis et une espèce de purée de fèves ou de haricots… bref, pas trop mal mais un peu épicé et on est déjà à 2 doigts de la nostalgie d’un bon café-croissant-jus d’orange…  Une fois tout ça englouti, on saute littéralemnt dans un bus pour aller passer la journée dans le village de M., quelque part au nord de Kottaraka (si, si, si, ça existe, je vous assure…). Entre 2 averses torrentielles (ah oui… dans le Kerala, la mousson n’est visiblement pas tout à fait finie…), on visite la région (forêt de tecks, plantations d’hévéas) et on déjeune chez M. … toujours keralais ! Alors là, la femme de M. nous a préparé un festival de plats locaux qui nous arrachent tous la gueule plus les uns que les autres mais comme on est polis, on sourit, la larme au coin de l’œil et on finit nos assiettes…

Comme je suis une petite chanceuse, tout le monde le sait…, il nous faut repartir de chez M. avant la fin de la journée car le lendemain, c’est grève nationale dans le Kerala.

Arrêtons-nous 2 minutes… vous y croyez, vous, qu’il peut y avoir une grève nationale en Inde ?? Je veux dire, dans tout le Kerala, pas un bus, pas un tuk-tuk, pas un resto, rien du tout qui fonctionne pendant 24 heures ? Non… vous n’y croyez pas… Et bien si !! Ça existe !! Et heureusement, il y a votre serviteuse pour se retrouver coincée dans tout ça !! Pour info, tout ce joli petit monde proteste contre les taxes sur le diesel, bien trop chères à leur goût. Tiens, tiens… aurait-on plus de points communs avec les Indiens que ce qu’on pense ?

Reprenons… donc ! une fois de plus nous revoilà dans le bus (je vous passe les détails des correspondances improbables au fin fond de nulle part sans aucun panneau déchiffrable par nos soins…) et nous arrivons à Allepey en fin de journée.

Allepey… une petite bourgade (283 000 habitants à la louche donc un village quoi !) qui se targue d’être rien de moins que « la Venise indienne » car située aux portes des Backwaters, un réseau de canaux, lacs, lagunes et rivières qui suivent le littoral occidental et sinuent à l’intérieur des terres. Bien avant l’apparition des routes, ces cours d’eau servaient de voies de circulation et pour beaucoup de villageois, la barque reste encore le principal moyen de transport. L’activité principale d’Allepey est la visite desBackwaters en house-boat ou en canot.

C’est d’ailleurs bien pour ça qu’on se retrouve là. Nous espérons trouver un house-boat qui nous amènera jusqu’à Kochi, à une 50aine de kilomètres au nord d’Allepey, en 1 jour et 1 nuit. Bien évidemment, rien ne se déroulera comme prévu…

Tout d’abord, on se fait accoster en descendant du bus par un certain Antony (oui, oui, sans « h »), genre qui-a-raté-sa-carrière-à-Bollywood, cheveux en arrière, lunettes de soleil sur le crâne alors qu’il fait nuit, qui nous propose de venir dormir dans son home-stay, « very clean, hot and cold shower, 5 minutes walk, blablabla… » Comme on a rien réservé et qu’on n’a pas d’option plus alléchante, on accepte d’aller voir de quoi il s’agit. Au premier abord, la maison est sans charme mais plutôt propre, la roof-top terrasse bien sympathique et les chambres plutôt grandes. Il est tard, on a faim et on n’a pas que ça à faire, on dit BANCO !

Antony y va lui aussi de son petit couplet sur la grève du lendemain… on ne trouvera rien à manger, rien à faire, surtout pas de bateaux maiiiiiiiiiis… heureusement, il est là, il peut nous proposer de faire un tour en canot (ça ne consomme pas de diesel…) ou en kayak et en plus, son capitaine de bateau peut nous emmener déjeuner chez lui, et en plus il nous fournit des bouteilles d’eau et en plus… y a un show de strip-teaseurs pendant la sieste il nous fait un prix vraiment pas cher parce qu’il nous trouve sympas !! Si ce n’est l’impression qu’on se fait légèrement forcer la main, on préfère aller voir par nous-mêmes si il n’y a vraiment pas moyen de maintenir notre programme et on décline poliment la proposition.

Tout ça c’est bien gentil mais on se retrouve à 22H sans avoir mangé et tous les restos sont déjà fermés… Ce sera donc festin de cashews et de Kingfisher sur la terrasse en écoutant un des Gustaves d’Antony chanter à tue-tête Lemon Tree jusqu’à pas d’heure… (and all that I can see…)

Le lendemain matin, on laisse F. (qui croit que quelqu’un a allumé un feu de joie dans son estomac) à la guest-house et on part avec P. en quête de nourriture et d’activité pour la journée. Malheureusement, il semble que ce kéké d’Antony n’a pas menti : la ville est morte, tous les rideaux de fer sont baissés et je suis à 2 doigts de réussir un véritable défi : une photo d’une rue déserte en Inde…

On en profite pour faire le tour de la ville à la recherche d’un autre endroit où dormir où l’eau qui sortirait de la douche ne serait pas jaune et ne sentirait pas la vase… (oui, oui, oui, il est mignon le Antony, mais son eau sent la vase…). Après 2 bonnes heures de marche sous un cagnard d’enfer et avoir perdu pas loin de 3 litres de sueur chacun, on rentre bredouilles.

Mais nous sommes des winners, on ne s’avoue pas vaincus ! On cède à la pression et on décide d’aller faire un tour en canot avec Antony dans les Backwaters. Aussitôt dit, aussitôt fait, nous voilà entassés à l’arrière de 2 motos qui filent à 50km/h à travers les ruelles défoncées pour rejoindre un tout petit embarcadère où le capitaine-rameur-en-chef vient nous chercher à bord d’un tout petit canotkromeugnon et en avant Guingamp !!

Alors OK, la balade dans les Backwaters, c’est le « promène-couillons » par excellence mais qu’est-ce que c’est joli… Et finalement, on se dit qu’on n’aurait pas pu choisir un meilleur jour parce que comme tous les gros bateaux à moteur sont restés à quai, on est seuls au monde, c’est hyper calme et même quand on se prend 2 ou 3 averses sur la tronche, on trouve ça romantique… (à moins que ce soit quand je me suis mise à chanter Laisse les gondoles à Venise… N’oublions pas que F. et P. sont en lune de miel et qu’on n’est pas là pour cueillir des marguerites !!)

Bref, on rentre à la guest-house en fin de journée et on décide d’aller dîner dans un petit resto au bord de la plage où la cuisine est multi-culturelle (entendez par là qu’ils ont des spaghettis bolognese à la carte), ce qui convient aux estomacs délicats que sont les nôtres…

Du coup, après cette journée un peu au ralenti, on redémarre ce matin avec une patate d’enfer… on se lève à 10H et on décolle d’Allepey (si, si, quand le bus quitte la gare routière, on peut croire qu’il « décolle ») vers 12H, direction Kochi.

Kochi, 1,36 millions d’habitants, 600 ans d’Histoire et des vestiges portugais, hollandais, français et britanniques à n’en plus finir… Après l’arrivée à la gare routière d’Ernakulam, on décide d’aller se trouver un endroit où dormir dans le quartier historique de Fort-Cochin. Et pour compenser nos 2 dernières nuits qui sentent encore la vase, on ne fait pas dans la demi-mesure : on choisit une vieille demeure hollandaise, Bernard Bungalows, ayant autrefois hébergé un diplomate du même nom, avec 2 très grandes chambres hyper jolies et avec des salles de bain gigantesques et de l’eau toujours non potable (faut pas rêver hein !!) mais transparente et inodore…

En plus, la propriétaire est hyper gentille et aux petits soins. Comme on compte rester 2 nuits, elle nous organise tout le séjour : spectacle de kathakali (théâtre traditionnel), cinéma, massage ayurvédique… bref, on se demanderait presque pourquoi on n’est pas venus plus tôt !!

Avant d’entamer ce programme chargé, et comme il est 17H et qu’on meurt de faim, on va grignoter une pizza au basilic dans le jardin d’une galerie d’art… Ben oui, l’Inde, la saleté, les épices qui t’arrachent la gueule, c’est bien joli mais un peu de douceur dans ce monde de brutes, c’est pas mal non plus… On file ensuite au Kerala Kathakali Centre pour assister au maquillage des comédiens avant le spectacle. Rien de bien transcendant mais plutôt amusant et surtout, on est très impressionnés par les mouvements d’yeux des comédiens.

En ressortant, on passe devant une église dans laquelle se déroule visiblement le concours de qualif’ pour la StarAc locale : une salle pleine à craquer, des chanteurs qui se déhanchent et s’égosillent dans le micro et un jury très concentré… On ne comprend pas toutes les blagues mais ça a l’air d’être complètement du goût du public ! Mais… qu’est ce qui a bien pu se passer pour que les Indiens aiment tellement le kitsch : cols pelle-à-tarte, cheveux longs gominés, … ? Incompréhensible…

Photos ici.

Kovalam

Que Shiva, Vishnu et tous les autres bénissent l’inventeur de la clim… Contrairement à celui du crépi, celui-là a dû avoir le choix : mourir de chaud ou sauver ma peau l’humanité…

C’est donc fraîche (25°C… quel bonheur…) et dispose que je me réveille ce matin. Après un South Indian Breakfast (Poori masala et non masala pourri, ça change tout et chai tea), on pique une tête dans la piscine de l’hôtel dont l’eau est presque rafraichissante mais surtout curieusement huileuse (peut-être est-ce pour ça qu’ils ont mis un panneau nous indiquant d’éviter de mettre de la crème, y en a déjà dedans !).

On essaye ensuite d’aller se baigner dans la mer, la vraie. Mais la plage de Kovalam est furieusement déserte, les Indiens osent à peine mettre les pieds dans l’eau et pour cause : les vagues qui cassent à 20 mètres de la plage font plus de 2 mètres de haut et les courants sont particulièrement forts ! Les seuls à sauter dans les vagues sont les touristes occidentaux, prêts à tout pour voir se lancer à l’eau l’équipe de maîtres-nageurs en uniforme qui leur font signe depuis la plage.

Au programme du jour, un rendez-vous avec M., un ancien collègue indien de F., qui a fait construire un hôtel dans le coin et qui nous invite à y passer la nuit. Après le déjeuner, on part donc à la recherche d’un rickshaw pour nous emmener au point de rendez-vous. On négocie âprement notre course et le rickshaw nous dépose devant l’entrée du Taj Hotel, un palace sur-gardé avec régiment d’Indiens en uniforme qui inspecte même au miroir les dessous des voitures qui entrent…  Mais rassurez-vous, ce n’est pas là qu’on va, tout suants, poisseux et dégoulinants que nous sommes…

M.nous rappelle, nous demande de passer le téléphone au chauffeur de rickshaw qui nous surveille du coin de l’œil depuis 20 minutes et lui fournit les explications pour nous amener jusqu’à lui. On se retrouve donc chez M., au Golden Turtles Resort, fort charmant, à l’entrée des backwaters, avec des chambres immenses, un peu à l’écart de Kovalam mais tout à fait à notre goût !

Après avoir discuté une bonne partie de l’après-midi avec M., nous partons faire un tour dans le backwaters en face de l’hôtel. La langue de terre est partiellement aménagée mais surtout doucement mais sûrement grignotée par les hôtels de Kovalam qui y installent leurs terrasses. Le cadre est particulièrement joli : les vagues viennent se fracasser au pied de la digue de pierres et les palmiers se penchent vers la mer à perte de vue, une vraie carte postale !

On assistera d’ailleurs au coucher du soleil sur ce paysage : ma-gni-fi-que !

Comme je vous rappelle que nous sommes en lune de miel, nous nous offrons quelques plaisirs dignes de ce nom. Nous allons donc dîner dans le restaurant sea side du palace que nous avions vu un peu plus tôt. Au menu, fruits de mer, vin indien et surtout… gâteau au chocolat avec double sauce chocolat !!

En rentrant, une petite énoooooorme surprise m’attend dans ma chambre. Après avoir fait ma lessive quotidienne et cherchant un moyen quelconque d’accrocher mes vêtements pour les faire sécher, je lève innocemment le nez au plafond… AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAH ! UNE ARAIGNEE !! NOIRE, ENORME (au moins 5 cm, pattes incluses), ET QUI SE DEPLACE !! Là, je prends mon courage à 2 mains et… je fuis !! Je pars chercher le manager de l’hôtel qui se mord les joues pour ne pas rigoler quand il comprend quel est mon problème… Il a carrément du mal à se retenir quand on retourne dans ma chambre accompagnés d’un 3ème complice et que… l’araignée a disparu ! Histoire de me montrer qu’ici, on sait s’occuper du client, ils vont déplacer tous les meubles de la chambre, grimper sur les fauteuils pour regarder sur les étagères, bref… me coller la honte ! Je finis par les remercier de s’être déplacés pour rien à 23h mais en fermant la porte, je garde avec moi le balai qu’ils avaient apporté pour déloger la coupable. Les 2 gars se tordent de rire en sortant et me disent qu’ils sont juste à côté, que je n’ai qu’à les appeler si besoin…

C’en est fini ! Je ne peux plus dormir… Je sais qu’elle est là, quelque part, en train de rigoler elle aussi… Quelqu’un m’a dit que j’exagérais peut-être un « chouïa » avec les araignées…

Photos ici.

Premiers pas en Inde

Après une bonne nuit entrecoupée par les coupures d’électricité, je me réveille sous une bonne douche froide (de toute façon, l’hôtel n’a pas d’eau chaude…).

Malgré l’heure tardive (midi), nous partons en quête d’un petit déjeuner. Ce sera un sweet lassi pour moi (on ne va pas se laisser impressionner par une potentielle tourista !).

On se met ensuite à déambuler dans les petites rues de la ville qui est plutôt touristique jusqu’à un temple où après nous être déchaussés et avoir acheté de l’huile et de la poudre rouge, nous circulons à travers un long couloir jusqu’à une salle où brûle une lampe à huile sacrée. Comme les gens  devant nous, nous versons notre huile dans la lampe puis un hindou verse notre poudre dans un grand plateau avant de nous en rendre un petit peu à s’appliquer sur le front. En ressortant du temple, nous décidons de prendre le ferry pour aller au Vivekananda Memorial, un gros caillou tout proche sur lequel un certain Monsieur Vivekananda est venu s’assoir pour méditer pendant 3 jours avant de partir à Chicago disserter de religion avec plein de confrères en 1893. Là aussi pieds nus, nous sautillons élégamment sur la pierre brûlante. En revenant en ville, nous faisons enfin un petit tour par le Gandhi Memorial, où un charmant monsieur moustachu (c’est une constante dans le coin) nous fait une visite guidée express s’arrêtant régulièrement pour nous demander « Understand ? ». Euh… yes, yes ! On ne comprend pas tout, accent indien oblige, mais il prend d’autorité mon appareil photo pour faire une dizaine de clichés, nous faisant poser à différents endroits du mémorial. Il nous extorquera pas loin de 150 roupies… malin, le p’tit vieux !!

La destination suivante est Kovalam à 80kms de là. Nous rejoignons donc la gare routière de Kanyakumari espérant trouver un bus qui nous amène directement à Kovalam. Mais c’est sans compter sur le fait qu’on change d’état : on passe du Tamil Nadu au Kerala, il n’y a pas de bus direct. Il nous faut donc repasser par Trivandrum, à 15kms de Kovalam. Après presque 4 heures de route, on commence à envisager de dormir à Trivandrum et ne repartir que le lendemain matin quand un moustachu (encore ???) nous fait une proposition qu’on ne peut refuser : il nous prend tous les 3 avec nos sacs dans son rickshaw pour 350 roupies… Allez hop ! on embarque ! Et c’est pliés en 3 entre les sacs qu’on file en zigzaguant sur la route jusqu’à Kovalam Beach. Y a pas à dire : le rickshaw c’est bien plus efficace que le bus, en 20 minutes on est à destination !

On tergiverse un peu pour choisir un hôtel mais nos goûts de luxe nous rattrapent et on choisit 2 grandes chambres avec clim et vue sur la mer. Le restaurant de l’hôtel est également très sympa : fruits de mer et vin, le tout au bord de la piscine… Ah… qui a parlé du choc de l’Inde ?

Photos ici.

Qui veut gagner des miles ?

C’est donc avec le cœur un peu serré que je suis montée dans ce premier avion direction Londres… Le premier d’une longue série avant d’entendre à nouveau « Bienvenue à Paris. La température extérieure est de -15°C, il fait gris et les gens râlent… mais c’est normal ! »
Bon, pas la peine de faire la maline, c’est pas si simple ce départ et peut-être encore moins que ce à quoi je m’attendais mais en tout cas, voilà, c’est parti ! En route pour 461 jours de voyage, à moi le monde !!

Une heure plus tard… « Welcome to London Heathrow. La température extérieure est de 10°C et il pleut… » WTF !

La journée va être longue : 5 heures d’escale à Londres puis 6 heures à Delhi… A l’embarquement pour Delhi, c’est une sorte de bande-annonce : plein de jolies indiennes en sari multicolores et de très chouettes messieurs à moustaches avec des turbans…

Sept heures et demi plus tard… « Welcome to Delhi. Blablabla… »

Et c’est le premier contact avec l’Inde ! Je récupère mon sac comme une fleur (qui l’eut cru ?) et me voici lancée pour me réenregistrer au terminal des vols domestiques. Visiblement, ils sont un peu fâchés avec les panneaux les Indiens… Je monte donc 2 fois à l’étage des départs où des gardes armés me répondent monosyllabiquement en dodelinant de la tête et en me regardant fixement mais je ne suis pas plus avancée ! Il fait 100 000°C, le taux d’humidité doit friser les 80% et il n’est que 7h du matin !! Finalement, un garde ayant pitié de moi plus gentil que les autres m’explique que je dois prendre un bus pour me rendre au terminal des vols domestiques. La navette est affichée à 7h20, la suivante à 7h40, elle part donc à… 7H30 ! That’s India !

Pour l’instant, on ne peut pas dire que je sois confrontée à la circulation indienne, la vraie. Les rues sont quasi-désertes et le chauffeur du bus ne klaxonne que toutes les 10 secondes.

J’arrive finalement au bon terminal (notons tout de même que le bus me dépose devant les arrivées et non devant les départs et que je dois retraverser tout l’aérogare…) et après mon premier petit déjeuner indien (Heu… One masala dosa ? Please ?), je me mets à compter les heures… Les décollages et atterrissages se suivent et se ressemblent… Mumbai… Thiruvananthapuram (Trivandrum pour les feignasses comme moi qui ne savent pas prononcer les mots de plus de 4 syllabes)…

Vers 17h heure locale soit 13h30 heure de Paris soit plus de 28 heures après quitter la maison et après avoir parcouru près de 11300kms… « Welcome to Trivandrum !!! »

Enfin, je suis debout devant le tapis à bagages et je trépigne… C’est que la route n’est pas finie ma bonne dame ! J’attrape mon sac (qui a dit que c’était le chaos en Inde ?), je manque m’écrouler par terre quand je me retrouve avec mes 23kgs sur les épaules, et je me lance à l’assaut du guichet des pre-paid taxispour filer à la gare routière.

Somme toute, c’est assez facile et malgré les propositions insistantes du chauffeur qui voudrait m’emmener directement jusqu’à Kanyakumari pour la modique somme de 1300 roupies (20€ for the record), je reste ferme et je débarque à la gare routière.

En fait, je me retrouve sur un bout de trottoir avec plein d’indiens qui attendent le bus et là, première surprise, aucune destination n’est écrite en alphabet lisible par le commun des mortels (moi, en l’occurrence) mais en hindi ou un tamoul… Heureusement, il y a un très gentil monsieur moustachu derrière son guichet qui me rassure : « Kanyakumari ? Yes ! It’s coming ! ». Bon, it’s coming on sait pas vraiment quand mais it’s coming… Et pendant que je prends mon mal en patience (j’en suis à la 31èmeheure de voyage…), deuxième surprise, je constate que les bus ne « s’arrêtent » pas vraiment devant mon bout de trottoir mais ralentissent et les gens montent en courant dedans et s’entassent comme ils peuvent dans les bus déjà surchargés… Grimper dans un bus en courant avec mes 2 énormes sacs va être sport…

Bref, je vous passe les détails mais je réussis à monter dans le bon bus qui par miracle s’est gentiment garé devant le trottoir et visiblement la destination n’est pas très courue vu le peu de monde qui prend place à bord.

Mais ça y est ! Je suis dans un bus indien ! Pas d’amortisseurs, pas de fenêtres, 2 klaxons différents que le chauffeur presse de façon totalement hystérique et cette délicieuse moiteur qui enveloppe le tout !! Je jubile !

Il me faudra tout de même 3 heures pour parcourir les 80 derniers kilomètres et retrouver, plus poisseuse que jamais, F. et P. au Maadhini Hotel. Enfin, le bout de l’Inde, le bout de la route, le bout du monde !

Photos ici.