Tu sais que ça fait 6 mois que tu es en voyage quand…

… tu commences à te demander si tu vas avoir assez de pages dans ton passeport.

… ton dentifrice est chinois, ton savon et ton shampoing sont thaïs, ta lessive cambodgienne et ton déo laotien.

… tu as des affaires qui ont changé de couleur (toujours ce petit problème de pantalon cambodgien qui déteint).

… Facebook pense que quelqu’un pirate ton compte à chaque fois que tu te connectes parce que ce n’est pas du même endroit que la fois d’avant.

… tu commences à arrêter de semer tes affaires un peu partout (croisons les doigts, rien n’est joué !).

… tu n’as plus besoin de réfléchir pour savoir combien de culottes propres il te reste.

… tu ne culpabilises pas une seconde quand tu décides d’aller manger une pizza 4 fromages.

… t’as compris que les meilleurs spots « toilettes » sont dans les hôtels de luxe et que tu n’hésites plus à y rentrer la tête haute et la sandale en avant.

… ta monnaie de référence n’est plus l’euro mais le dollar (ouais ben au moins là, tout le monde comprend).

… tu t’aperçois qu’en fait, il n’y a qu’en France où l’accès à Internet est compliqué. Ailleurs, y a le wifi partout, tout le temps et presque toujours gratuitement (même au fin fond de la cambrousse laotienne).

… tu sais dire « Bonjour » et « Merci » en presque 10 langues différentes (les interros surprises sont hors jeu).

… tu commences à te dire qu’un jour, prochainement mais pas tout de suite, la vie normale va te rattraper et que tu devras retourner au boulot… Ouh… que tu n’aimes pas ça ! Heureusement, il te reste encore un peu de temps.

Alors en attendant, profitons ! Et vivement les 6 prochains mois !

La jolie Penang

Me voilà donc à Penang. Plus précisément à Georgetown, capitale de l’île de Penang, un assez gros confetti posé entre la péninsule malaisienne et l’Indonésie au milieu des eaux turquoise de ce petit morceau de l’océan Indien qu’on doit appeler ici le détroit de Malacca.

Et pourquoi avoir choisi Penang comme première étape malaisienne ? D’abord parce qu’il faut savoir qu’en Malaisie, il n’y a pas que Kuala Lumpur et puis Georgetown est classée au patrimoine mondial de l’Unesco (d’après moi, ça ressemble aux Canaries, le côté joli des Canaries bien sûr, pas la côte bétonnée…).

La particularité de la Malaisie c’est que si ses habitants s’appellent les Malaisiens, ils ne sont pas tous malais. La population de la Malaisie est composée de Malais, de Chinois et d’Indiens (principalement). Il y a fort fort longtemps, la péninsule était située idéalement sur la route maritime empruntée par les navires marchands entre l’Asie du sud-est et l’Inde. Evidemment, l’endroit a également attiré les colonisateurs de tous poils et c’est donc devenu un de ces coins de la planète où cohabitent et se mêlent des gens d’ethnies différentes, de religions différentes, de traditions différentes, le tout dans un délire de couleurs, d’odeurs et de saveurs.

Bref, la Malaisie, c’est chouette.

Mais avant d’en arriver à cette constatation, revenons un peu à mes premiers pas malaisiens (alors, une bonne fois pour toutes, malaisien, c’est l’adjectif qui caractérise l’appartenance à la Malaisie, et malais, c’est l’adjectif qui définit une personne appartenant au groupe ethnique malais).

Après un voyage terrifiant en avion et avoir poireauté pas loin d’une bonne heure à la douane, j’ai soudainement réalisé que je venais d’atterrir en pays musulman : les douanières portent toutes le voile. La mienne est sympa, elle ne pose pas son tampon en plein milieu d’une nouvelle page mais elle le colle sur une page déjà bien entamée… merci ! Je réalise en même temps qu’il va falloir se mettre au bahasa melayu, la langue malaisienne (pas de bol, je commençais juste à maîtriser le kop koon kâââ !). Histoire de dire « Bonjour » et « Merci » correctement.

Pour arriver en ville, facile, je prends le bus 401 (ça, c’est la guesthouse qui me l’a dit). Et ultra facile, je dois descendre dans la rue Carnavon. Mouais… Sauf que je ne comprends rien aux arrêts, que le bus s’arrête parfois quand y a pas d’arrêt et ne s’arrête pas quand il y en a, qu’il n’y a rien de chez absolument rien d’inscrit sur les fameux arrêts et que je vais mettre près d’une demi-heure à comprendre que le plan qui est affiché dans le bus n’est en fait que la longue liste des rues que le bus emprunte et non la liste des arrêts. Pour ne pas gâcher le plaisir, il fait bien chaud, le bus est bondé et un petit papi va finir par tomber dans les pommes et s’écrouler dans les bras d’un Allemand qui passait par là. Aussitôt, branle-bas de combat, une dame se lève pour qu’on installe le papi à sa place et deux autres lui collent quelques claques et lui mettent quelques gouttes d’huile essentielle de perlimpimpin sous le nez. Papi finit par revenir à lui mais clairement, ça va pas fort. Sa tête dodeline de droite à gauche et il est tout blanc. Mais tout ça ne perturbe pas le moins du monde le chauffeur qui continue à rouler à tombeau ouvert. Bref, je finis quand même par descendre dans la bonne rue et par trouver ma guesthouse alors que de gros nuages noirs bien menaçants sont en train de s’amonceler au-dessus de ma tête. D’ailleurs, il tarde pas à se mettre à pleuvoir et la rue se transforme en torrent.

Mais rien ne m’arrête quand j’ai faim alors c’est sûrement pas ce mini-déluge qui va m’empêcher d’aller découvrir la mondialement connue (paraît-il…) street food de Penang. Au bout de la rue se sont installés des stalls, des stands de street food avec des tables et des chaises. L’idée c’est de trouver une table (ou juste un tabouret) et de commander ce qu’on veut aux différents stands. Alors je me laisse guider par l’odeur et je tente un char kway teoh, des nouilles plates sautées avec des fruits de mer et un peu d’œuf, le tout arrosé d’un somptueux jus de fruit de la passion… rien à dire, la street food de Penang, ça vaut son pesant de cacahuètes et en plus, ça coûte une poignée de kopecks.

Le lendemain matin, le soleil est revenu, il fait donc 40°C à l’ombre dès 10h du matin (oui, l’équateur n’est plus très loin). Je pars donc gaillardement faire un tour de la ville qui n’est pas si grande. Alors, où peut-on voir en moins d’une heure une mosquée, un temple confucéen, un temple bouddhique et la plus vieille église anglicane d’Asie du sud-est ? Ah bah oui. C’est ici. C’est d’ailleurs ce qui fait tout le charme de la Malaisie en général et de Penang en particulier. Et dans la rue, c’est pareil. Des Indiennes en sari, des femmes en abaya, des Chinoises en short, des trishaws (la version locale du cyclopousse), des colliers de jasmin, de l’encens qui brûle devant des dragons, le muezzin qui se met à chanter et les cloches qui sonnent à midi. Sacré mélange !

Et partout, des stalls. Des nouilles, du riz, des crevettes séchées, des raviolis, des montagnes de fruits… ouh là là ! mais comment se fait-il que personne ne m’ait parlé de la Malaisie plus tôt ? C’est un peu le paradis ici ! Le paradis… ou l’enfer à vrai dire. Parce que la chaleur devient vite un véritable problème : je suis à 2 doigts de faire cuire un œuf au plat sur ma tête. Du coup, après avoir poussé la balade jusque sur les docks où sont historiquement installés les clans chinois, c’est rapatriement à la guesthouse pour se coller contre le ventilateur (oui, la clim, ça coûte trop cher, on ne la met que la nuit et de toute façon, elle ne marche pas…). Et on prend son courage à 2 mains pour aller jusqu’au 7-Eleven chercher une bouteille d’eau glacée toutes les 30 minutes. Et encore, il paraît que dans un mois il fera encore bien plus chaud. Je veux pas le savoir, je ne serai plus là, là, j’ai juste l’impression de me liquéfier à vue d’œil…

Le lendemain, je reprends mon exploration des petites ruelles bien sympathiques de Penang mais avec un thème : aujourd’hui, c’est street art chasse aux trésors. Je suis pas vraiment ce qu’on pourrait appeler une fan de street art mais ça change un peu alors je pars d’un pas vif, ma carte dans une main et mon appareil photo dans l’autre. Bon, le pas vif, ça dure à peu près 10 minutes. Après, je cherche surtout l’ombre… Mais pour la partie street art, c’est un succès ! Il y a plein de petits dessins (et parfois des grands) qui habillent les murs de la ville. Des fois, ce sont des structures métalliques rigolotes, un peu genre BD. En tout cas, c’est très sympa. Au hasard de mes déambulations, je passe devant le Eastern & Oriental Hotel, LE palace de la ville (… comme le hasard fait bien les choses…), dans lequel ont séjourné Joseph Conrad, Orson Welles ou Charlie Chaplin. Du coup, sans hésiter, je pousse la porte (enfin… le groom me l’ouvre, évidemment) et je vais faire un tour au bar admirer la vue sur la baie de Georgetown… Pas mal !

Une fois que j’ai bien froid (c’est drôle comme il faut toujours qu’ils poussent la clim à fond dans les pays où on crève de chaud), je repars dans la fournaise (on ne s’étonnera donc pas que je sois super enrhumée) achever ma mission street art. Chaque coin de rue est prétexte à un petit rafraîchissement : une glace maison par-ci, un thé glacé par-là… jusqu’au soir où je termine sur un wan tan mee, une bonne soupe brûlante avec des raviolis qui flottent dedans. Bon, de toute façon quand t’as chaud, t’as chaud, c’est pas une petite soupe qui va changer grand-chose.

Bref, Penang c’était fort joli et fort agréable. Avec 10 degrés en moins, ça aurait été parfait (bah si, je me plains un peu quand même). Malheureusement, l’horloge tourne, c’est déjà l’heure de repartir et là, changement de décor complet parce que demain, je vais à… Kuala Lumpur !!

Je sais pas vous mais moi, rien que quand on dit « Kuala Lumpur », je trouve ça fascinant… Rendez-vous demain, donc !

Photos ici.

Regarder passer les trains

Bon, allez, j’arrête de vous faire plaisir, c’est fini, il ne pleut plus à Bangkok (niark, niark, niark, niark !!).

C’est pas encore le soleil qui pique les yeux non plus mais ça tombe bien parce que de toute façon, hier, j’avais un programme qui n’en avait rien à faire qu’il pleuve, qu’il neige (ah non, ça par contre, ça n’est pas près d’arriver) ou qu’il vente. Hier, j’avais décidé d’avoir une vie normale. De faire des trucs que les gens qui sont en vacances (et qui sont pressés puisqu’ils n’ont que 15 jours de vacances) ne font pas.

Hier, après avoir fait une vraie bonne grasse mat’ (ouh que oui j’en avais bien besoin !), j’ai un peu organisé la suite de mon périple (kouaaaAAAAA ??? je change de continent dans 10 jours ? mais… j’ai même pas ouvert mon ami le Lonely !!) et puis je suis allée prendre un Afternoon Tea à la Tea Room du Grand Hyatt de Bangkok. Oui. Ch’suis comme ça, moi. Quand je peux pas aller manger chez Constant ou au Mandarin Oriental, je finis par atterrir au Grand Hyatt. Alors, j’ai embarqué toute ma bibliothèque et je me suis installée dans un grand fauteuil moelleux où une adorable serveuse (j’imagine qu’on dit maître d’hôtel dans ce cas précis) est venue déployer une serviette en lin sur mes genoux et m’a servi un thé à la rose qu’elle a remué avec une cuillère en argent et un Afternoon Tea Set.

Et alors ? C’est quoi un Afternoon Tea Set ? Et bah c’est bien. C’est très bien, même. C’est un assortiment de plein de petites choses, sucrées et salées, toutes bien présentées et parfaitement délicieuses. Tu grignotes le tout avec le petit doigt en l’air et pour un peu, tu leur dirais de mettre tout ça sur la note de ta chambre mais faut pas abuser, t’as pas de chambre ici, t’as pas gagné au Thaïmillion… Mais ça fait bien plaisir quand même !

Après ça, j’ai traversé une passerelle (tu peux tout faire sans mettre un pied au sol à Bangkok) et je suis allée au cinéma. Oui madame. Bon, malheureusement, pas de film thaï à l’affiche de ce multiplexe de ouf-malade de 22 salles (dont 2 spéciales pour les films en 3D et une avec que des poufs ultra-moelleux pour se coucher dedans). Du coup, j’ai choisi Flight. J’ai pu choisir ma place sur l’écran du type à la caisse qui m’a demandé si je voulais un supplément pop-corn (euh… no, thank you !) et un ouvreur m’a emmenée jusqu’à mon fauteuil avec dossier inclinable et immenses accoudoirs que tu ne peux pas frôler ton voisin… Bon, de toute façon, la salle était quasi-vide (mais y a quand même un type qui a choisi le siège juste derrière moi et qui a rigolé comme une baleine tout le long du film…). Avant le début du film, tout le monde se lève, l’hymne national retentit et sur l’écran passe un diaporama de photos du roi. Je crois que maintenant, si je croise le roi dans le métro, je ne pourrais pas ne pas le reconnaître.

Bon, je ne suis pas sûre qu’aller voir un film sur un crash d’avion moins de 48 heures avant d’aller à l’aéroport soit la meilleure idée que j’ai jamais eue mais c’était sympa de voir un film sur un écran de plus de 25cms pour changer…

Et pour finir cette belle journée, je suis passée dire bonjour à ma copine la vendeuse de chez Krispy Kreme (oui, c’est comme ça, il fait 35°C et je mange des donuts) après avoir englouti un demi-saumon cru (je vois pas pourquoi je serais toujours obligée de manger thaï !).

Et du coup, le lendemain, pour ma dernière journée thaïe, j’ai décidé d’aller regarder passer les trains.

Non, je ne prépare pas ma réincarnation en vache ! Je suis allée voir passer les trains sur le pont de la rivière Kwae. Ha ha ! Ça vous parle mieux là tout de suite ! Pour que vous ayez l’air futé dans les dîners, sachez qu’on ne dit pas la rivière « Kwaïïïï » (ça veut dire « buffle » en thaï, autant dire que les Thaïs, ça les fait bien rigoler) mais la rivière « Kwèèèè ». Je me suis donc levée à l’aube (j’ai même loupé le réveil, ça a failli être la catastrophe), je me suis écroulée dans un minibus et 2 heures de route plus tard, j’étais à Kanchanaburi. Oui, c’est là que se trouve le fameux pont. Quand on est à Kanchanaburi, on est à à peine 15kms de la frontière birmane. Mais évidemment, pas question d’y mettre les pieds. C’est fermé. A clés. Et on ne plaisante pas avec ces clés-là.

Donc voilà, y a une rivière, y a un pont, y a des trains qui passent en sifflant pour que les touristes dégagent du pont et y a un type qui joue du violon et qui joue quoi ? … Le pont de la rivière Kwae, évidemment ! Bon, comme c’est un peu un attrape-couillon, tu ne peux pas juste aller voir le pont. Tu dois aussi faire un tour sur un radeau en bambou et sur le dos d’un éléphant (pfff… déjà vu !). Et puis, après, tu fais le chemin dans l’autre sens et tu rentres à la maison à 19h parce que les bouchons du périph’, c’est de la blague à côté de la circulation à Bangkok.

Alors voilà, Bangkok, la Thaïlande, les petites plages qui tuent c’est fini. Là, c’est l’heure de faire son sac, de vérifier qu’on a bien son passeport et de dire au-revoir à Sa Majesté. Parce que, aujourd’hui, je monte dans l’avion (hé ho ! tu sais qu’il existe d’autres moyens de transport ? oui… je sais…) direction Penang (en Malaisie pour ceux qui n’auraient jamais entendu parler de Penang… moi la première jusqu’au mois dernier). Enfin, moi, je monte dans l’avion. Mon sac, c’est moins sûr. Il semblerait que j’ai oublié de vérifier que mon billet incluait bien un bagage en soute… Je suis donc bonne pour payer une fortune pour pouvoir emporter toutes mes affaires, la poisse ! Alors pour mon dernier déjeuner thaï et parce que j’ai plus un rond, j’ai fêté ça avec ça…

Et je confirme, aller voir un film sur un crash d’avion y a 2 jours, c’était débile…

Photos ici.

Cambodge – le bilan

1 037kms parcourus et 27 heures de bus, 13 heures de bateau et 3 heures de minibus (pfff… ridicule !)
Prix d’un lit dans un dortoir : 5 à 7$
Prix d’un repas : 3$
Prix d’un McDo : pas de McDo ici non plus !!!
Prix d’une bouteille d’eau : 3000 riels (soit 0,75$)
Ce qui va me manquer : les couchers de soleil somptueux sur le golfe de Thaïlande, le beef lok lak, la plage d’Otres, les noix de coco fraîchement ouvertes (enfin, ça, y en a plein l’Asie du sud-est), me prendre pour la reine d’Angleterre, les villages flottants le long des rivières, le suspens de savoir si ton sac qui est ficelé sur le toit du minibus va bien arriver à bon port, les « hello ! hello ! », les temples d’Angkor (encore !), le cordonnier de Battambang qui a réparé mes sandales avec de la ficelle à rôti, les constructions improbables en bambou, les couchers de soleil fabuleux sur le Mékong.
Ce que je ne vais pas regretter : les vélos tout pourris avec pas de freins, les heures interminables en bus, les ambiances un peu glauques sur les anciens sites khmers rouges, les routes toutes défoncées, les chiens qui ont la gale, la galère pour trouver un distributeur qui te pique pas 5$, la difficulté à organiser des choses quand on voyage solo (mais apparemment, ça, c’est pas près de s’arrêter) .
La phrase qu’il fallait retenir : Tassez-vous là-dedans, on peut encore en mettre 5 comme vous ! (désolée, l’internet mondial ne parle pas le khmer…)
Bon alors le Cambodge.
Et bah c’est pas compliqué, c’était top ! Quand est-ce qu’on revient ?
Le pays est pauvre (vraiment très pauvre) mais les gens sont hyper gentils. Tous souriants. Tous à te faire coucou. A tel point que t’en as des courbatures aux zygomatiques à force de leur répondre. Bien sûr, il doit y avoir des Cambodgiens mal embouchés et pas sympas… mais je suis pas tombée dessus. Et puis le pays est magnifique. Vraiment. Des rizières, des potagers et des plantations d’arbres fruitiers régulièrement ponctués de petits villages avec des maisons en bois (pas trop de tôle ondulée ni de bâches plastique), des tas d’enfants qui courent partout, des vaches, veaux, cochons, poulets, couvées couverts de poussière et qui passent leurs journées à chercher l’ombre. Partout, le Mékong, tantôt calme et placide, tantôt tumultueux et bouillonnant. Couvert de pêcheurs dans des embarcations de fortune qui lancent leurs filets dans l’eau boueuse. Et le temps s’écoule lentement. On est loin de l’agitation frénétique du Vietnam. Les Cambodgiens se lèvent drôlement tôt (à 6h les rideaux de fer se lèvent) mais se couchent tôt aussi (à 22h tout le monde est au lit) et que ce soit le long des plages de Sihanoukville ou en plein cœur de la plus que touristique Siem Reap, il règne une ambiance détendue et nonchalante bien loin d’être déplaisante. Peut-être un tout petit bémol pour la cuisine khmère, un peu pauvre à mon goût même si le beef lok lak vaut vraiment le détour (et que j’ai mangé une délicieuse pizza 4 fromages à Siem Reap mais ça, c’est pas du jeu).
Alors, quel avenir pour le Cambodge ? Pour l’instant, même si le tourisme est une des principales sources de revenus du pays, on ne voit pas déferler les cars de Russes qui prolifèrent chez les voisins vietnamiens. Et c’est tant mieux. Il est encore facile de sortir des sentiers battus (encore plus facile si vous êtes 2) et de rencontrer des « vrais gens ». Et on ne se sent pas obligés de sortir son porte-monnaie tous les 3kms. Certaines rencontres sont juste belles, spontanées et font du bien.
Bref, le Cambodge, ça aurait mérité que j’y passe plus de temps mais il reste encore un paquet de pays à découvrir et faut avancer. Mais c’est sûr, j’y reviendrai !
En attendant, juste pour se souvenir des belles choses… et surtout parce qu’au Cambodge, on sait faire du bon son !


I’m siiiiiinging in the rain…

… just siiiiiinging in the rain, what a gloooorious feeeeeling, I’m haaaaapy again… I’m singing, just singing, iiiiiin the rain… Papadapadapap ! Papadapadapap !

Ah bah ouais ! Ca pouvait pas durer éternellement. Ca fait 2 jours qu’il pleut à Bangkok. Pourtant la saison des pluies ne devrait commencer que dans 2 mois. Mais le global warming toussa-toussa… y’a plus d’saisons ma bonne dame ! Les Thaïs eux-mêmes n’y comprennent plus rien. Et puis, quand il pleut ici, c’est pas du crachin breton si vous voyez ce que je veux dire… Il pleut comme vache qui pisse ! Y a tout de suite 5cms dans la rue, tu noies tes tongs et vaut mieux raser les murs parce que les voitures font d’immenses gerbes qui achèvent de te rincer…

Alors voilà ! J’ai remis Stéphanie dans l’avion pour Paris (je connais bientôt l’aéroport de Bangkok mieux que le fond de ma poche), traînouillé dans Kao San Raod (bah ouais, mais c’était rigolo, à cause de la pluie et de l’élection du gouverneur de la ville en ce dimanche matin, y avait personne), acheté 3 t-shirts (je venais juste de faire de la place dans mon sac), mangé des xiao long bao (hmmm… un petit souvenir chinois), sautillé entre les flaques, fait une prière anti-pluie à Bouddha (ça marche pas), et retrouvé une collègue pour le dîner au sous-sol du Siam Paragon (mon préféré). Elle est venue passer ses vacances en famille en Thaïlande, on ne pouvait louper l’occasion. Et oui ! Faut croire que ça me manquait, on a passé la soirée à se raconter des histoires de machine à café et y a pas à dire, on s’amuse toujours autant au bureau !

Le lendemain, je me suis incrustée et je suis partie avec toute la petite famille direction Ayutthaya, ancienne capitale du royaume de Siam pleine de ruines de temples en tous genres. La Angkor thaïe en somme ! Mais bien plus en ruines et plus dans le style cham que khmer (ouais, maintenant, je peux sortir ce genre de phrases, j’me la pète grave !). Bon, pas de bol, il a fait bien gris et bien pluvieux toute la journée. Du coup, on s’est gelé les fesses sur le bateau (oui, parce que la clim’ marche toujours à fond, qu’il fasse 40°C dehors ou 20) et on a fait plein de photos sous un ciel de plomb (et vive la Thaïlande ! Youpi…), c’est pas comme ça qu’ils vont bronzer (et ils en ont bien besoin les p’tits Parisiens) !

Et puis tandis qu’ils continuaient leur route vers le nord et Chiang Mai où eux aussi, ils vont aller gratouiller les oreilles des éléphants, je suis rentrée à Bangkok que je commence tout juste à apprécier mais c’est le problème des grandes villes, faut y rester plus longtemps pour prendre ses marques et lever le nez du plan de métro.

Et puis, comme d’hab, je suis allée poursuivre l’exploration du sous-sol du Siam Paragon où j’ai découvert un genre de Grande Epicerie (et celle du Bon Marché n’a plus qu’à aller se rhabiller).

Allez, encore 2 jours à Bangkok avant de quitter définitivement la Thaïlande (par avion… encore…) et de poursuivre la route vers le sud, toujours plus au sud… là où il ne pleut pas.

Photos ici.

Luxury Ko Samui

Pour finir notre semaine insulaire, on a testé pour vous Ko Samui. Ko Samui est la plus grande des îles du golfe de Thaïlande, la plus touristique, celle qui concentre le plus grand nombre de resorts de luxe (dont quelques-uns des plus select au monde) et surtout celle qui a un aéroport international-s’il-vous-plaît. La couleur de la mer est toujours photoshopée, les plages incroyables mais la côte est surtout bien bétonnée et la noix de coco a été introduite en bourse.

Ici, le programme est simple : plage, plage, plage et re-plage. Après nous être installées dans notre petit bungalow de bord de mer…

IMG_7041

… on s’est donc traînées sur 5 mètres pour se coucher là…

IMG_7043

Le truc rigolo c’est que l’île n’est tout de même pas si grande et que quand les avions atterrissent, ils font d’abord du rase-motte sur la plage, t’as pas intérêt à être en train de lire quelque chose, ça décoiffe.

Pour notre seule soirée sur Ko Samui, nous sommes allées au Fisherman’s Village où il y a de tout sauf des Fishermen. Un grand night market où on a pu faire un peu de shopping souvenir (il était temps) en se frayant un chemin parmi la foule et les danseurs de feu et croquer quelques beignets de crevettes.

Le lendemain, direction Chaweng Beach, officiellement la plus grande et la plus belle plage de Samui. On loue une moto pour traverser l’île et on découvre qu’à Samui, y a 2 McDo à 100 mètres l’un de l’autre (on sait jamais, faudrait pas louper une subite envie de frites). Ben oui sauf qu’à Chaweng, y a des grosses vagues et pas mal de courant et tu peux pas rester 2 heures dans l’eau à barboter tranquillement. Heureusement, la plage est bordée par les hôtels qui installent des transats et des parasols (pour un peu, tu te croirais à Saint Trop’). Alors qu’on cherchait un endroit un peu ombragé pour poser nos augustes derrières, une charmante jeune fille russe nous propose de nous installer au bord de sa piscine (enfin, celle de son hôtel, hein !) et de passer la journée là for free. Ah bah si c’est free, on voit pas pourquoi on refuserait. En plus, elle nous promet une pool party pour le lunch. Nous, on dit banco ! La piscine est à peine moins chaude que la mer, les transats sont confortables, alors on s’enduit de crème solaire et on joue les princesses.

A partir de midi, la pool party commence… Enfin… y a de la musique, notre copine russe danse comme une folle au bord de la piscine… toute seule. Les otaries échouées sur les transats ne semblent pas bien motivées. Pourtant, elle donne de sa personne notre copine.  Mais rien n’y fait. Le room service nous propose 20 fois d’acheter un magnum de champagne mais nous, on est des mauvaises clientes, on boit que du lemon juice. Pourtant, au fur et à mesure de l’après-midi, le banc d’otaries augmente et grâce à quelques autres Russes (ah ! enfin des gens qui savent faire la fête !) et plusieurs tournées de shots d’un truc vert (dont on ne saura jamais ce que c’était) offertes par la maison, l’ambiance commence à décoller. Jusqu’à l’arrivée d’une bande d’actrices pornos de jeunes filles en strings qui vont se déhancher au bord de la piscine et franchement réveiller l’intérêt des mâles de l’assistance. Malheureusement, pour nous, c’est déjà l’heure de s’en aller, on a un avion à prendre pour Bangkok, on ne pourra pas aller à la Ibiza Party à laquelle nous convient ces naïades le soir même… dommage !

Bref, une belle journée de people watching, rigolo mais y a pas photo, notre île préférée reste Koh Tao.

Après cette débauche de luxe et volupté, on passe juste faire un petit coucou à un grand Bouddha avant d’aller rendre notre moto, de récupérer nos sacs et de filer à l’aéroport les pieds encore plein de sable et les maillots à peine secs.

Là, surprise, l’aéroport international de Ko Samui c’est pas de la blague ! Longue rangée de boutiques de luxe et de restos branchouilles, jardins d’orchidées et buissons en fleurs et surtout buffet de folie dans la salle d’embarquement, le tout ouvert sur l’extérieur, tu croirais presque que tu peux aller courir sur le tarmac. A quand un vol quotidien Paris-Ko Samui ?

Mais voilà, les vacances, c’est fini, retour à Bangkok ! (Bah oui, il paraît qu’en France, y a encore des gens qui travaillent… complètement ouf !) Alors on retrouve notre petite chambre à Siam (on recommande le Lub’d si on ne l’a pas déjà fait) et on célèbre la dernière soirée thaïe de Stéphanie avec une dernière thai spicy beef salad et un dernier thai iced lemon tea. Cheers !

Photos ici.

Koh Tao… le paradis…

Ouais, je sais. Ca fait grave cliché. Genre, elle est sur une île en Thaïlande et elle braille à tout va que c’est trop génial. Vu, re-vu, archi-vu. C’est pas faux. C’est même tellement vrai que je suis déjà en train de chercher le moyen de revenir.

Sans blague. Y en a des belles plages sur cette planète. Mais Koh Tao… je dirais bien que ça déchire grave sa race (non, maman, ce n’est pas moi qui ai inventé cette expression, je suis une éponge à vocabulaire comme dirait l’autre…). Et encore, c’est en dessous de la vérité. Mais tâchons de vous expliquer un peu ce qui nous vaut cet enthousiasme débordant.

Voilà, alors pour faire simple…

IMG_7025

 … le poids des mots, le choc des photos (comme dirait un autre autre).

Alors OK, la plage est à tomber par terre, la mer est à 30°C toute l’année (d’ailleurs, c’est trop chaud, le corail meurt…) et les pina coladas se boivent comme du petit lait de coco (Comment ça, y a pas que du lait de coco dans la pina colada ? Ah bon…). Mais attention, révélation. Koh Tao est un des meilleurs spots de plongée au monde avec une faune et une flore sous-marine pas farouches et plutôt spectaculaires.

Et alors me direz-vous ? Depuis quand tu plonges, toi ? Et bah depuis la semaine dernière !

J’ai donc fait un baptême (en fait c’était la deuxième fois donc on peut pas vraiment appeler ça un baptême mais la première fois c’était en Grèce et à part des cailloux, y avait rien à voir au fond de la mer…) de plongée sur Koh Tao. En plus d’avoir une super instructrice (qui a lâché son poste dans une grande boite française pour venir s’installer ici) et un adorable dive master qui a porté mes affaires toute la journée (au passage, on recommande le Ban’s Diving Resort), j’ai surtout fait la connaissance de Nemo (le vrai cette fois) et de tous ses petits copains (qui sont pas toujours si petits d’ailleurs) qui faisaient des parties de cache-cache dans les bouquets de coraux multicolores… Un vrai documentaire du commandant Cousteau !

C’était tellement bien que l’idée de rester là quelques jours de plus pour faire la causette aux requins-baleines m’a effleurée quelques instants avant que quelqu’un n’enfonce une aiguille à tricoter dans mon sinus via mon oreille gauche (oui, ça fait mal) et que je comprenne que la plongée, c’est cool mais faut pas abuser des bonnes choses.

Alors évidemment, tout ça ne nous a pas laissé beaucoup de temps pour explorer l’île mais le peu qu’on en a vu nous a bien plu. Beaucoup plus sauvage que Koh Pha Ngan, la jungle tombe jusque sur la plage et le « port » n’est qu’un long ponton en bambou lesté de parpaings. On n’a même pas besoin de tongs, y a plein de chats qui se laissent gratouiller le menton et le sable est plus fin que de la farine. Et c’est bien sûr sans parler de la spécialité locale, le barbecue de fruits de mer fraîchement pêchés… une tuerie !

Franchement, soleil, plage, mer, brochettes, noix de coco. De quoi d’autre a-t-on réellement besoin ?

Photos ici.

FULL MOON PARTYYYYY !!!

Ce 26 février fait partie des échéances importantes de ce voyage. Aujourd’hui n’est pas n’importe quel jour. Aujourd’hui c’est la pleine lune. Oui, je sais, ça arrive tous les mois. Mais je ne suis pas tous les mois à Kho Pha Ngan au moment de la pleine lune ! Et alors vous entends-je dire ? Qu’est-ce que ça change d’être à Kho Pha Ngan au moment de la pleine lune ? Et bah ça change tout, mesdames et messieurs ! Parce qu’à Kho Pha Ngan, chaque pleine lune, on fête ça comme il se doit. 50 000 dégénérés fêtards se peinturlurent le corps de motifs fluos et viennent s’en coller une ululer et se trémousser sur la plage au son des baffles à 200 décibels et ce jusqu’au lever du soleil. Soyons clairs : je ne suis pas une adepte de raves parties mais quand on est en Thaïlande au moment de la pleine lune, la Full Moon est une expérience à ne pas rater.

Avant de se mêler à la plèbe, on a quand même un peu profité de l’île. Des petites plages de sable blanc paradisiaques, une eau transparente à 30°C et des cocotiers à gogo. Rapidement, on comprend pourquoi autant de gens viennent ici passer leurs vacances et ne repartent jamais. D’ailleurs… enfin, on verra ça plus tard !

En attendant de trouver LE spot où se construire une cabane en bambou, on a peaufiné notre bronzage avant de finir notre première journée au night market de Thong Sala où on s’est empiffrées de crevettes et poissons grillés arrosés de jus de fruits frais… dé-li-cieux !

Le lendemain, après une autre petite séance plage, on part explorer un peu l’intérieur de l’île à moto. Quelques petites cascades et villages éparpillés le long d’une route tortueuse, de beaux points de vue sur l’horizon et une bonne série de photos « cartes postales » plus tard, on est définitivement conquises par l’île. Mais il est déjà l’heure de rejoindre Haad Rin, le village principal, et sa Sunrise Beach où nous attendent les innombrables stands de buckets (oui, ici, on vend les cocktails en seaux, c’est plus rigolo), les danseurs de feu (enfin, les gars qui dansent avec des bâtons de majorette enflammés) et la plus grosse soirée non organisée au monde, aka la FULL MOON PARTYYYYYY !!

L’occasion de rencontrer tout un tas de gens sympathiques (des Australiens, des Irlandais… mais quel est donc mon problème avec les roux ?) et de se retrouver le lendemain à se demander comment toute cette peinture fluo se retrouve au fond de notre bac à douche alors qu’on n’en avait pas mis avant de partir… Bref, une bonne soirée. Malheureusement pour vous, vous devrez me croire sur parole, on y est allées les mains dans les poches, pas de photos : « ce qui se passe à la Full Moon, reste à la Full Moon »…

Mais le moment le plus rigolo c’était presque ce matin, quand on est montées sur le ferry pour Koh Tao avec tous ces gens qui n’étaient pas passés par la case douche (ne touchez pas 20 000 francs), qu’on s’est entassées sur le pont sous une petite pluie fine et qu’on a passé les 2 heures suivantes à observer les différentes teintes que prenaient nos voisins et à compter le nombre de sacs plastiques (et de canettes de bière… soignons le mal par le mail) qui remplissaient la poubelle tout au long du trajet. Rien à dire, un vrai bon souvenir.

Alors nous voilà donc à Koh Tao, paradis de la plongée. On s’est installées sur Sairee Beach (la plage principale) et on a déroulé nos serviettes dans un sable poudreux à souhait… Et devinez ce qu’on fait demain ? On va rendre visite à Nemo…

Photos ici.

Khao Sok, the rain forest (tu m’étonnes…)

Après une petite nuit à Phuket (au passage on recommande l’Ananas Hotel et ses très gentils propriétaires), on a loupé le bus pour Khao Sok à 10 minutes près et on a passé la matinée à la gare routière où les hauts-parleurs nous ont empêchées de roupiller plus de 15 minutes d’affilée. Mais peu importe, ça n’est qu’une occasion de plus pour observer les coutumes locales et constater que quand on a moins de 5 ans, on peut porter une robe de princesse rose fluo même quand c’est pas Mardi Gras.

On s’est enfin entassées dans le bus vers 11h puis complètement compactées au fur et à mesure du trajet pour atteindre notre destination 4 heures plus tard (120kms à tout casser mais j’imagine que c’est même plus la peine de préciser). Là, après avoir extrait nos sacs de la soute, on découvre qu’on est au milieu de nulle part et que la seule piste en terre semble partir droit dans la jungle. Bon. En même temps, ça tombe bien, c’est là qu’on va.

Heureusement, un bon samaritain et son pick-up nous dépose quelques centaines de mètres plus loin où on fait la connaissance de Mathilde et Sylvain de l’agence Visiter Khao Sok, les 2 GO qui ont organisé notre stage de survie en milieu hostile séjour dans le coin. Il y a aussi Ja, notre guide thaï, chasseur émérite capable d’attraper des grenouilles à mains nues en pleine nuit (talent dont il nous fera la démonstration plus tard), qui va nous emmener camper dans la jungle. Après avoir déposé nos sacs dans notre cabane perchée en haut d’un arbre (oui, parce qu’on ne passe pas directement du dortoir climatisé aseptisé au hamac US Army qui se balance entre 2 banians en 24 heures, il faut un temps d’adaptation), on part pour une première balade en canoë sur la Sok River histoire de se familiariser doucement avec notre nouvel environnement. Le paysage est magnifique avec ses grandes falaises qui tombent dans la rivière, la jungle qui vibre et qui bruisse de tout un tas d’insectes hurleurs et on a même l’occasion de se prendre pour Tarzan (ou Jane si on préfère) et de se jeter dans l’eau en se balançant depuis les lianes… Rafraîchissant !

Pour fêter notre dernière soirée dans le monde civilisé (bah quoi ? on sait pas si on va en sortir de la jungle !), on va s’offrir quelques cocktails au bar du village avant de commencer notre guerre crépusculaire contre les moustiques (non, nous n’avons pas perdu, nous n’avons juste pas eu le cœur de commettre un génocide) puis de nous calfeutrer sous notre moustiquaire pour la nuit.

Au petit matin, on est réveillées par… les trombes d’eau qui s’abattent sur le toit en tôle ondulée !!! Ah non ! Ca, ça va pas être possible ! C’est pas du tout au programme ! Mais heureusement, le temps de se lamenter et de boucler les sacs, la pluie s’arrête et le ciel s’éclaire, laissant place à des nuages de vapeur qui montent de la forêt… Ah oui, parce qu’on a oublié de vous dire : Khao Sok, une des dernières forêts pluviales au monde… Alors c’est vrai que sans pluie, ça aurait été moins drôle… Du coup, après avoir récupéré nos hamacs et avoir fait un petit briefing avec Ja au visitor center du parc sur les différentes rencontres que nous sommes susceptibles de faire au cours des 2 prochains jours (king cobra, sangliers, éléphants sauvages, singes, caméléons, tigres, araignées monstrueuses et nos préférées… sangsues), on part d’un pas vif et mouillé arpenter les sentiers de Khao Sok.

On fait rapidement connaissance avec les sangsues qui grimpent sur nos chaussures et le long de nos chaussettes pour essayer de s’accrocher à nos mollets. Ces petites vicieuses sont particulièrement voraces et ne se laissent pas détacher facilement mais on aura quand même le dernier mot. Rapidement aussi, on ne fait plus la différence entre la sueur qui nous dégouline dans le dos et l’humidité ambiante qui nous ruisselle le long du visage… Pourtant, on ne se rappelait pas avoir pris l’option désencrassage des pores gratuit… A midi, on fait une pause au bord de la rivière et on en profite pour se rincer rafraîchir un long moment dans les piscines naturelles. Puis on repart pour établir notre campement pour la nuit.

Le temps étant incertain, Ja préfère nous installer sous un abri de rangers histoire d’éviter de nous rapatrier en pleine nuit sous l’orage… Il prépare ensuite le dîner à grand renfort de bambous (pour allumer le feu, pour faire cuire le riz dedans, pour sculpter des cuillères, pour servir d’assiettes… Mc Gyver à côté, c’est de la blague) et à la nuit tombée, c’est un vrai festin avec chicken massaman et sticky rice que les fourmis s’empressent de venir partager. Comme on est de vrais aventuriers, on ne frémit même pas quand on entend les branches craquer autour de nous ou les gibbons hululer (oui, le gibbon hulule, c’est comme ça) et que des IVNI (Insectes Volants Non Identifiés) viennent se crasher dans la flamme de nos bougies.  Mais bon, comme y a pas grand-chose à faire dans la jungle la nuit (et qu’il s’est remis à pleuvoir gentiment), on vide quelques bières et se réfugie dans nos cocons-hamacs-moustiquaires pour la nuit. Vider quelques bières… Erreur fatale quand on dort dans la jungle et qu’aller faire pipi au milieu de la nuit est un véritable défi… D’abord, sortir du cocon. Puis, vérifier que personne n’est venu s’installer dans ses chaussures avant de glisser ses pieds dedans. Traverser le labyrinthe que Ja a ingénieusement disposé pour empêcher les petits curieux de s’approcher trop près. S’éloigner à une distance convenable du campement (mais pas trop loin, hein…). Soulager sa vessie tout en expliquant aux moustiques que non, c’est pas open bar. Regagner son cocon et se réenrouler dedans précautionneusement. Pfff… crevant !

La bonne surprise, c’est qu’on dort très bien au milieu des bêtes sauvages. A tel point qu’on fait une grasse mat’ jusqu’à 9h, heure à laquelle les premiers touristes atteignent notre campement et s’étonnent de nous trouver là… Après un bamboo breakfast (une grosse crêpe cuite au feu de bambou dans un bambou), on repart explorer une autre partie de la jungle. Sauf que là, il a replu pendant la nuit, que c’est la fête à la sangsue et que chaque pierre, chaque racine, chaque feuille morte se transforme en patinoire potentielle ce qui nous vaudra quelques belles glissades. Mais comme Ja n’a peur de rien, il décide de nous faire traverser la rivière pour continuer de l’autre côté et aller voir une cascade haute de 120 mètres. Traverser la rivière relève déjà de la haute voltige (figures de danse artistiques et spectaculaires notées 5.8 par Candeloro himself) mais quand il faut sautiller de rocher glissant en rocher glissant, ça devient vite du n’importe quoi et ça se finit en « Bon, bah, puisque c’est comme ça, moi, je traverse à la nage ! » (toute habillée et avec tes baskets, oui, c’est bien plus marrant et en plus, après, ça fait « chpouitch, chpouitch » quand tu marches). Du coup, on se satisfera d’une cascade de 40 mètres (c’est bien, déjà) et on jouera à celui qui tombe en premier paye sa tournée sur le chemin du retour (personne n’est tombé, pas de tournée, fin de l’histoire).

En début d’après-midi, on retrouve enfin la civilisation (on fait toujours « chpouitch, chpouitch »). On dit au-revoir et kop koon kap (ça veut dire « merci ») à Ja, on enfile des vêtements secs et on saute dans un minibus direction Surat Thani, sur la côte du Golfe de Thaïlande (à l’est donc).

Et que va-t-on faire à Surat Thani ? Et bah rien ! Ou plutôt si. On va découvrir que chez les Thaïs, y a des abrutis finis et des bons samaritains. Parce que, Surat Thani, ça a beau être une ville où transitent des milliers de touristes, on a bien du mal à se dégoter un petit resto où dîner. Alors on finit par aller au centre commercial à 4kms du centre-ville. Mais au moment de rentrer, la pluie s’est gentiment invitée et il n’y a pas de taxi à l’horizon. Le premier qui s’arrête au centre commercial nous demande le double du prix normal, alors, nous, on refuse, évidemment. On en arrête un autre, 20 mètres plus loin. Lui accepte de nous prendre alors, trop heureuses, on saute à l’arrière. Mais le premier arrive, parle avec notre chauffeur et notre chauffeur change subitement d’avis, il ne veut plus nous emmener. Sauf que le premier non plus, ne veut plus nous emmener (enfin lui, il nous adresse même plus la parole ou alors en thaï, autant dire qu’on a du mal à se comprendre…). Du coup, nous voilà parties, à pieds, sous la pluie, à la recherche d’un taxi qui veuille bien ne pas nous arnaquer. Au bout d’une demi-heure sous le déluge, on finit par demander notre chemin à des types qui buvaient des coups en jouant aux cartes dans leur salon. On ne comprend pas tout mais l’un d’eux, le bon samaritain, décide subitement que lui, il va nous emmener dans sa voiture. OK, ma maman m’a toujours dit de ne pas monter dans la voiture d’un inconnu mais là, c’est un cas de force majeure… Et un bon millier de kop koon kar plus tard, le bon samaritain nous ramènera à l’hôtel tout en priant à chaque fois qu’on croisera un portrait du roi.

Heureusement, Surat Thani n’est pas une ville où nous avons décidé de rester. Demain matin à la première heure, on prend le ferry qui va nous emmener nous dorer la pilule à Koh Pha Ngan. Et devinez quoi ? Il se pourrait bien qu’après-demain, ce soit la pleine lune…

Photos de la juuuuuungle… ici !

Aujourd’hui, j’ai embrassé un éléphant

Ou plutôt une éléphante. L’effet est le même. C’est mouillé, poisseux et un peu boueux… Et dans quelles circonstances cela a-t-il bien pu se passer ? C’est l’histoire du jour.

Après le tourbillon bangkokois, on a (re)pris l’avion direction Chiang Mai, 500kms plus au nord. Chiang Mai, deuxième ville du pays avec 174 000 habitants (une sacré différence avec Bangkok et ses 8 millions), située dans les contreforts du nord et ayant bien plus en commun avec la Birmanie toute proche (la majorité des réfugiés birmans arrivent ici), le Laos et même les montagnes du sud de la Chine qu’avec les plaines centrales et les îles bien connues du sud de la Thaïlande. Ici, pas de gratte-ciels à outrance ni d’autoponts à plusieurs niveaux mais des temples en veux-tu en voilà, une ambiance de ville étudiante (pas loin de 10 000 nouveaux étudiants arrivent chaque année à la prestigieuse université de Chiang Mai) et quelques belles montagnes en toile de fond.

Comme le temps nous est compté (on a un emploi du temps de ministre), à peine descendues de l’avion, on a entamé l’exploration méthodique de la vieille ville et de ses temples, consacrés à Bouddha ou aux reliques de tout un tas de gens et qui grouillent de pèlerins des 4 coins de la Thaïlande venus déposer des offrandes et allumer quelques bâtonnets d’encens. On a ainsi pu rajouter quelques « Wats » à notre collection et sans aucun doute faire progresser notre karma de quelques points sur l’échelle de l’illumination. Après avoir arpenté les trottoirs (ah non, y en a plus, ils sont tout démontés) les rues toute l’après-midi, nos gambettes ont demandé grâce alors on les a emmenées au Thai Massage Conservation Club, chez des masseurs aveugles (ils sont censés avoir un sens du toucher plus développé) spécialistes du fameux massage thaï. Ah, le massage thaï… qui n’est jamais passé sous un camion ne peut pas comprendre les subtilités de cet art… Parce que à part nous enfoncer leurs genoux, leurs coudes et leurs pouces dans chaque centimètre carré de chair à leur portée, j’ai pas bien compris ce que ces charmantes personnes étaient censées faire ! Du coup, on est rentrées en marchant comme des cow-boys et 3 jours après, j’ai toujours besoin de quelqu’un pour m’aider à mettre mes chaussettes (mais ça tombe bien, je mets pas de chaussettes dans mes tongs). Mais passons. Pour nous remettre de nos émotions, on est allées dîner au night market où entre 2 stands de t-shirts, quelques lady-boys et des types qui voulaient nous emmener voir des combats de boxe thaïe, on a pu se régaler (enfin moi surtout) avec des moules grosses comme des huîtres parfumées au lait de coco. Mmmmh…

Le lendemain, la néo-bikeuse que je suis devenue n’a pas hésité à louer une moto (une grosse… 125cc. La prochaine fois, ce sera une Harley pour sûr !), à charger sa passagère (dont le degré de confiance n’était pas excessif) et à partir pour le Doi Inthanon, le point culminant de la Thaïlande (2565 mètres quand même !), à quelques 100kms de là. Ça nous a permis de peaufiner notre bronzage (on a cramé), de sortir nos pulls (bah oui, à 2500m, il fait 12°C, c’est froid !), de faire semblant d’admirer la vue sur la vallée (toute bouchée par la brume de chaleur) et de prouver au monde entier que oui, on peut dormir sur une moto qui roule à 70kms/h…

Comme la journée avait été un peu pauvre en surprises en rebondissements divers, j’ai décidé de laver mon linge et de donner par la même occasion une nouvelle teinte violette à mes vêtements blancs qui, de toute façon, devenaient gris. A retenir : les teintures cambodgiennes ont une forte volonté de migration…

Pour je ne sais quelle obscure raison, Chiang Mai est la capitale des Elephant Parks de Thaïlande. C’est un des trucs à ne surtout pas louper si vous passez dans le coin. Alors nous, comme on est bien disciplinées, on a signé pour une journée au Baanchang Elephant Park afin de clôturer notre séjour dans le coin en beauté. Et y a rien à dire, on n’a pas été déçues. Le parc compte 26 éléphants d’Asie (plus petits que leurs cousins africains et avec des petites oreilles), 21 femelles et 5 mâles, âgés de 3 à 50 ans. Ils organisent des journées en petits groupes (8 personnes maxi) où ils font découvrir aux touristes le boulot de mahout (qui peut aussi s’appeler cornac dans d’autres régions du monde) et sensibilisent tout le monde à la préservation des éléphants et de leur habitat naturel. Après avoir nourri le troupeau avec pas loin de 100kgs de bananes et de cannes à sucre, on a appris les rudiments du langage éléphant à savoir « Couché ! », « En avant ! », « A droite ! », « A gauche ! » et « Stoooooop ! ». Puis on s’est entraînés à grimper dessus, à leur tirer les oreilles (même pas mal !) et à leur gratouiller le front. On a ensuite fait une petite balade à dos d’éléphants dans la jungle (ouh là là… mais c’est que c’est encore moins confortable qu’un chameau ces petites bêtes là…) et pour finir, le clou du pestacle, on a lavé les éléphants dans une grande mare avant de finir douchés de façon éléphantesque…

Une vraie belle surprise et un très chouette moment. Les éléphants semblent vraiment heureux, certains ont une relation vraiment complice avec leur mahout et on est tous comme de grands enfants quand il s’agit d’approcher ces gentils monstres pour de vrai et de se faire suçoter la joue par une trompe un peu trop curieuse. C’est quand même très impressionnant. Et trooooop bien. Et le guide est vraiment sympa et prend plein de photos avec ton appareil photo pour que tu ne sois pas frustré de n’avoir pas osé lâcher les éléphantesques oreilles de ta monture pour prendre quelques clichés. Bref, on recommande chaudement le Baanchang Elephant Park. Cher, but it definitely worth it !

Et voilà, c’est déjà l’heure de repartir ! Un nouvel avion (encore ??? oui… encore…) et ce soir, on dort à Phuket. Phuket ? Cette station balnéaire ultra touristique envahie par le béton et les Russes (oui, ils sont ici aussi) ? Nooooon… rassurez-vous. On n’y fait que passer. Dès demain matin, on s’en échappe. On part explorer le parc national de Khao Sok, la dernière forêt pluviale du monde… Inutile de vous dire que ça fait 5 jours qu’on fantasme sur la taille de toutes les bestioles qui vont s’immiscer dans nos hamacs… Affaire à suivre.

Photos ici.