Welcome to slum city !

J’arrive donc à Mumbai après 6 heures de train. Ça devait probablement être un express… Un quart d’heure avant d’arriver, je m’aperçois qu’en fait, le train ne s’arrête pas à Mumbai Central mais dans une gare de banlieue à une bonne dizaine de kilomètres de la ville. C’est pas grave, de toute façon, j’avais décidé de prendre un taxi pour rejoindre l’hôtel dans le quartier de Colaba. De toute façon et comme d’habitude, à peine descendue du train, une vingtaine de chauffeurs de taxi me saute dessus. Alors là, c’est du délire : les prix vont du simple au triple ! « AC madame ! »… mais j’en ai rien à faire du AC moi ! Je suis acclimatée, qu’est-ce qu’ils croient ! Bref, en voiture Simone (une vraie, avec 4 roues) ! Et me voilà partie pour plus d’une heure d’embouteillages dans la banlieue de Mumbai. Pour que ça vous parle mieux, c’est comme si j’avais décidé de faire Lognes – Issy les Moulineaux un soir à 18h… Sauf qu’il fait 40°C et que la nuit est grise… de pollution. Non, vraiment, c’est charmant cette ville.

 


Bon, cela étant dit, j’arrive à Mumbai avec de vraiment très gros aprioris. Que tous ceux qui sont dans la vibe n’ont pas vu Slumdog Millionnaire lèvent le doigt ! OK, filez dans vos chambres, regardez le film et vous comprendrez pourquoi j’appréhende un tout petit peu le quartier… Ensuite, tous les gens que j’ai croisé m’ont dit qu’ils avaient détesté Mumbai… Enfin, mon ami le Lonely explique bien qu’il est difficile d’échapper au harcèlement et aux arnaques dans cette délicieuse cité et qu’il faut faire bien attention à ses affaires… Si après ça, je suis pas dans les meilleures dispositions, faut peut-être pas trop s’étonner…Première constatation, cette ville pue. Je veux pas dire par là que ça craint (même si ça craint probablement dans certains coins comme dans toute bonne ville de plus de 2000 habitants) mais je veux dire par là que ça sent mauvais. Très mauvais. Au point que je reste en apnée par moment… Mais à part moi, les autres gens n’ont pas l’air de trouver ça très pénible.

 


Deuxièmement, le chauffeur du taxi essaie de m’arnaquer de 50 roupies au moment de payer sous prétexte que le trajet était plus long que prévu… Grrr ! Alors là, je sors les canines et je suis à 2 doigts de le bouffer tout cru ! Si tu voulais te faire payer au temps et au kilomètre, fallait mettre en marche le compteur et pas négocier un prix au départ mon grand ! Who the hell does he think he is ? Je fais un scandale, je refuse de descendre de la voiture tant qu’il m’a pas rendu mes roupies et il finit par se lasser. Haha ! C’est qui la plus forte ? Non mais oh ! Bon, il m’a quand même fait bien rire quand son portable a sonné pendant le trajet. Parce que globalement, les sonneries des portables indiens sont sensiblement les mêmes que les nôtres (à 2 ou 3 succès bollywoodiens près). Sauf que lui, il avait… la Truite de Schubert ! Entendre ça à plus de 8 000kms de la maison, ça m’a fait tout drôle !

 


Bon, l’hôtel que j’ai choisi (Bentley’s Hotel) est dans un quartier qui me fait penser à Gramercy à New York. Ouh, je vous entends d’ici : vous trouvez que je me la raconte un peu là avec New York… Tout ça pour dire que le quartier est plutôt sympa avec des grandes rues très propres bordées d’arbres et de très grandes et belles maisons. Et qu’en plus, un des meilleurs resto de chicken tikka est à 2 pas. Autant vous dire que ce soir, c’est festin de brochettes et que je décide que finalement, Mumbai, c’est pas si mal… Mais avant de prononcer un avis définitif, attendons de voir ça en plein jour…


Photos ici.

La traversée du Gujarat – part 2

Oui, bon alors finalement, je ne suis pas allée voir Champaner et Pavagadh : des heures et des heures de bus pour voir un caillou, certes un gros caillou mais un caillou quand même… posé au milieu de nulle part qui plus est. Par contre, j’ai profité de mon séjour à Vadodara pour assister 2 soirs de suite aux festivités de Navratri.

C’est quoi Navratri ? C’est la fête des Neuf Nuits. On rend hommage aux divinités féminines en général et à Durga, Lakshmi et Saraswati en particulier. Les célébrations se déroulent sur les places, dans la rue où des sanctuaires spéciaux sont installés. Les habitants, vêtus de leurs plus beaux atours, se lancent dans des danses endiablées jusqu’au petit matin. Au dixième jour de Navratri, on célébre Dussehra, la victoire du Bien sur le Mal, et ça, partout en Inde.

En arrivant à Vadodara, j’ai un peu galéré à trouver un hôtel : tout était plein. Autant dire qu’au bout d’un moment, la notion de « pas cher » est sortie de l’équation ! J’ai donc une belle grande chambre climatisée, un room-service de folie et ma fenêtre donne sur la rue juste au-dessus d’une petite scène dressée devant un temple kromeugnon avec plein de néons dessus. Je savais que Navratri avait commencé depuis 2 ou 3 jours mais je n’avais pas encore eu l’occasion d’assister aux célébrations.

Vers 19h, la musique démarre (pas du live, hein, juste une sono qui beugle à fond). Fort. De jolies chansons indiennes qui font saigner des oreilles au bout de 20 minutes. Sauf que là, ça dure, ça dure, ça ne s’arrête jamais… Et il n’a pas l’air de se passer grand-chose.

En fait, la fête commence vraiment vers 22h. Les gens se sont amassés dans la rue, les femmes au milieu et les hommes assis sur les côtés ou aux balcons. Et la farandole démarre. En fait, seules les femmes dansent, formant une sorte de ronde tout le long de la rue. Apparemment, tout le monde connaît la choré : une sorte de madison revisitée à la sauce hindi. Le rythme est toujours le même, les mélodies varient à peine mais entretemps, la musique est devenue live (bien meilleur…). C’est assez bon enfant, tout le monde rigole, l’ambiance est plutôt détendue et ça dure effectivement jusqu’au petit matin… Genre à 4h, tout le monde est toujours là, à tournoyer (d’ailleurs, elles doivent être dans une sorte de transe), des petites filles jusqu’aux arrières grand-mères.

Et ça, tous les soirs pendant 9 jours.Quand t’habites à côté, t’es content…

Bref, Vadodara c’est gros comme un confetti donc on va pas y passer 100 ans ! Me revoici dans un train, direction Mumbai. Oui, je retente le train de jour. Mais en 3rdAC, s’il vous plaît ! Autant dire que c’est la même chose qu’en sleeper class sauf qu’il y a la clim ce qui diminue nettement la présence de mes amis les cafards… Bon, du coup, ça m’a permis de découvrir que les trains indiens hébergent aussi des souris. On n’est vraiment pas sectaire ici…

Petite réflexion en aparté parce qu’il est temps qu’on en parle : c’est franchement pas étonnant le nombre de bestioles qui trainassent dans les trains vu l’état du wagon après 12 heures de trajet. Ceci pourrait faire l’objet d’un post à part entière d’ailleurs. Le concept de poubelles est totalement inexistant. Partout. Je veux dire, à part dans mes chambres d’hôtel (et encore), je n’ai jamais vu de poubelles. Nulle part. Tout simplement parce que les Indiens n’en n’ont pas besoin : ils jettent tout littéralement par les fenêtres. Ou par terre. Faut dire qu’il y a des gens qui vivent du ramassage et du « recyclage » de ces déchets (enfin, ils revendent ce qui est récupérable). Du coup, les rues, les gares, enfin partout, il y a des détritus qui jonchent le sol (et ne pas oublier les bouses sacrées au milieu de tout ça, hein !). Et donc, bien sûr, dans le wagon du train. Ce qui n’empêche personne de mettre toutes les valises sous les banquettes (moi y compris) puisque de toute façon, y a pas de place ailleurs, et de jeter par terre les gobelets en carton avec un fond de chaï (ça colle mieux au sol), les épluchures d’oignon (oui, certains font la cuisine dans le train), les bouteilles en plastique (alors là, c’est carrément du délire le nombre de bouteilles qui restent dans le train à la fin du trajet) et tout le reste ! Je dois avouer que les premières fois, ça choque un peu de voir les gens balancer leurs trucs par la fenêtre (ah oui, j’ai oublié de vous dire qu’il n’y a pas de carreaux aux fenêtres en sleeper class) comme si c’était normal, mais c’est parce qu’en fait, c’est normal. Et puis même si je prends bien soin de garder tous mes déchets jusqu’à ce que je trouve un vrai endroit pour m’en séparer (parce que c’est pas parce qu’on est en Inde qu’on doit tout faire comme les Indiens), je ne sursaute plus quand ma voisine balance la couche du bébé ou crache par la fenêtre sous mon nez. Oui, ils font ça aussi… Quand je vous disais qu’on n’est pas obligé de « comprendre » les autres cultures…

Photos ici.

La traversée du Gujarat – part 1

J’ai quitté Udaipur en bus en début d’après-midi pour Ahmedabad. Et je change d’état, j’arrive au Gujarat. C’est pas bien loin, genre 250kms. Soit 5 heures de bus. Ben oui, c’était un « express », le bus.

Ça m’a donné l’occasion d’admirer un superbe coucher de soleil sur la route et de découvrir Ahmedabad à la nuit tombée. J’ai d’abord cru qu’il y avait du brouillard… mais mes bronches m’ont vite fait comprendre qu’il s’agissait plutôt d’un mélange bien épais de poussière et de pollution… A tel point qu’on aperçoit à peine les gens de l’autre côté de la rue… Impressionnant !

Quand le bus s’arrête, je suis donc in the middle of nowhere, dans la poussière. Je récupère mon sac dans la soute du bus et je grimpe dans un tuk-tuk. La circulation est hyper dense, les sens de circulation ne sont pas très clairs, ça roule à gauche, à droite, au milieu, où ça peut et pour la première fois, je vois des policiers faire la circulation aux carrefours. Très drôles d’ailleurs, ils sifflent, ils s’agitent mais personne ne fait attention à eux et comme d’habitude, c’est le plus téméraire qui passe.

En fait, le bus nous a déposés à 7kms de la ville et j’ai donc droit à une des plus longues courses que j’ai jamais faites en tuk-tuk sur des routes où parfois, il manque juste… l’asphalte !! La vieille ville est immense, le bazaar est encore archi-bondé à cette heure et les vaches sont déjà endormies au milieu des routes.

Je finis par arriver à l’hôtel, il est 20h, les chambres sont bien plus chères que prévues et les draps bien plus sales mais franchement, j’ai juste envie de prendre une douche et j’ai faim donc… let’s take it ! Pour me consoler, je vais dîner dans un très chouette resto qui ne sert que le fameux thali gujarati. Alors le thali, c’est quoi ? c’est un plat traditionnel qui est en fait une multitude de plats végératiens (currys de légumes, dhals, légumes confits), servis dans une grande assiette voir un plat en métal, accompagnés de riz, de plusieurs sortes de pain et de tout un tas de chutneys et autres piments et assaisonnements.  Le thali n’est pas un plat uniquement gujarati, mais pour les Gujaratis, c’est bien entendu le meilleur du monde. Et qu’est-ce qu’on boit avec ça ? Du babeurre… Oui, ça, c’est le truc un peu moins sympa… La cérémonie du service du thali vaut presque la cérémonie du thé japonais ! D’ailleurs, c’est tellement compliqué, qu’à l’entrée du restaurant, ils donnent un petit dépliant pour te dire comment tu dois faire.

Sur la terrasse du restaurant, je rencontre D., une anglaise en vadrouille en Inde, aussi perdue que moi avec le mode d’emploi et avec qui nous échangeons nos points de vue sur l’Inde et les Indiens. Et on est bien d’accord sur une chose : on ne peut pas « comprendre » totalement la culture indienne de même que, eux, sont parfois incapables de comprendre notre raisonnement. L’Inde, c’est parfois déroutant. Au point qu’il arrive de se demander ce qu’on fait là, ce qu’on est venu chercher. Mais après tout, l’idée, c’est pas de « comprendre » le monde, c’est déjà de le voir et de le respirer, de le manger et puis de simplement se confronter à autre chose que notre routine policée et prévisible.

Bref, une chouette rencontre ! J’en oublie presque la plus élémentaire des précautions et j’avale un verre d’eau qui était sur la table et dont je ne connais pas la provenance (traduire : je ne suis pas sûre que ce ne soit pas de l’eau du robinet… Argh !).

Le lendemain matin, je me dis que je vais quand même faire un tour en ville avant de reprendre le bus. Il y a, paraît-il, une très chouette visite audio-guidée organisée par un des plus vieux hôtels de la ville. Mais quand j’arrive à la réception, le gars refuse de me louer l’audio-guide parce que, à partir de 10h, y a trop de bruit et je vais rien entendre à l’audio-guide… Et en plus, y a trop de trafic, ça peut être dangereux… Mouais… là encore, je suis pas complètement sûre de tout comprendre aux Indiens…

Bref, comme je n’ai pas de plan de la ville et que honnêtement, elle ne m’a pas l’air plus sympa que ça, je ne m’attarde pas et je reprends le chemin de la gare routière. Next destination : Vadodara, 2 heures plus au Sud, à proximité des sites de Champaner et Pavagadh classés au Patrimoine mondial de l’Unesco.

PS : Et pour ceux qui s’intéressent à la philanthropie de l’ouvrier charpentier… non, je n’ai pas été malade… Cette eau devait provenir d’une bonne bouteille !

Photos ici.

Udaipur ou l’art de prendre son temps

Je quitte Pushkar de bon matin (et sans regret) et je grimpe dans un bus direction Udaipur. Enfin, dit comme ça, ça a l’air facile, mais en fait j’ai poireauté plus d’1h30 à la gare routière parce que le gras de l’hôtel ne savait pas lire l’heure et qu’au passage, je pense qu’il s’est octroyé une commission de 100 roupies sur mon ticket de bus… Bref, il était temps de quitter Pushkar

J’arrive donc à Udaipur en fin d’après-midi et installe mon camp de base au Minerwa Hotel, chaudement recommandé par Voyagesetc. L’emplacement est super (en plein milieu de la ville, à 2 pas de tout ce qu’il y a à voir et à faire) et la chambre est très bien. J’y découvre même une nouvelle espèce de cafard à rayures, très joli…

Bref, comme ça fait 2 semaines que j’ai pas mangé de viande et qu’on est tout de même des carnivores bordel ! il faut bien se faire plaisir de temps en temps, je m’offre un dîner à l’Ambrai, un resto plutôt chic au bord de l’eau avec vue sur le City Palace et surtout le fameux Lake Palace (qui ne se visite pas, c’est un hôtel pour gens qui ont une carte Gold…). Au menu : merveilleuses brochettes de poulet mariné et petit cocktail maison… Je suis une princesse !

Arrêtons-nous un instant sur Udaipur. Petite ville (à peine 400 000 habitants) occupant un des emplacements les plus romantiques du Rajasthan (voir même de l’Inde !!) sur les rives du lac Pichola (si pas pô mignon…), Udaipur abrite de fabuleux palais, temples et havelis, accessibles par une multitude de ruelles tortueuses. Fondée en 1568 par le maharaja Udai Singh II (d’où Udai-pur, la ville d’Udai…) sur un site beaucoup moins vulnérable que l’ancienne capitale Chittorgarh, la cité, devenue capitale du Mewar, a longtemps résisté aux envahisseurs avant de finir sous protection britannique au début du XIXème siècle et de devenir depuis une des principales destinations touristiques de l’Inde.

Le lac Pichola fut agrandi après la construction de la ville par l’inondation du village de Picholi (décidément, ils ont une imagination débordante ces Indiens…). Le lac est peu profond et s’assèche lorsque les pluies de la mousson sont trop faibles. Cependant, selon la légende urbaine, il hébergerait quelques crocodiles ce qui rend toute baignade impossible (mais impossible n’est pas un mot indien apparemment…).

L’ensemble du City Palace s’étend sur près d’1 km le long de la rive. Le maharaja Jagat Singh II (un descendant du susmentionné Udai) fit construire sur la totalité de l’île Jagniwas (1,5 ha tout de même…) une petite résidence d’été qui a fini par être transformée en palace dans les années 60. Le Lake Palace apparaît dans le film de James Bond, Octopussy, ainsi qu’une bonne partie d’autres édifices de la ville et toutes les bonnes guest-houses diffusent le film régulièrement sur leurs terrasses.

Le lendemain matin, je pars visiter le City Palace. Même genre que les Jaisalmer Fort et compagnie, avec un audio guide très bien fait mais là, c’est la foule (indienne et occidentale) des grands jours ! Un gentil Indien que je rencontre à l’entrée et qui parle français avec l’accent toulousain m’explique qu’on est dimanche et que tous les Indiens du coin viennent passer leur dimanche au bord du lac et visiter le palais. Je le recroise au pied de mon hôtel où, hasard ou coïncidence, il possède une boutique qui vend des vrais cachemires (aka pas ceux qu’on trouve partout ailleurs… lui seul vend les vrais cachemires que tu trouves chez Bompard… soi-disant). Du coup, il me raconte sa vie, qu’il a habité à Toulouse pendant 8 ans (ceci explique cela), qu’il a travaillé dans un restaurant d’abord comme plongeur puis comme sous-chef puis comme manager (ah la promotion interne… ça fait rêver !) mais que quand même, dans la restauration, on fait trop d’heures, c’est fatiguant, donc il a décidé de rentrer en Inde vendre des vrais cachemires, c’est mieux payé et comme c’est lui le patron, il décide quand il bosse ou pas. Il m’invite à boire le thé, à revenir plus tard, à aller dîner dans son resto (ah oui, il a ouvert un resto avec un ami aussi…), bref, j’arrive pas à m’en défaire ! Je suis obligée de prétexter un rendez-vous pour déjeuner pour qu’il me laisse partir mais en promettant de repasser pour discuter…

C’est malin, je me retrouve coincée parce que comme il est assis devant la porte de l’hôtel, je sais pas comment trouver le moyen de sortir sans me faire alpaguer…

Et puis, je me suis laissée prendre par la torpeur d’Udaipur… Rester des heures à paresser sur les coussins de la terrasse, lire un bouquin en sirotant un lassi… Comme j’ai décidé de jouer la princesse jusqu’au bout, je m’offre même un petit ayurvedic massage. Après avoir passé une bonne heure à me faire malaxer au point de penser que j’étais en train de passer sous un camion (d’ailleurs, j’ai beau être une princesse, il a failli m’arracher une larme ou deux ce bourrin de masseur !), je file jusqu’à la terrasse du Dream Heaven admirer le soleil couchant et surtout dîner avec B., que j’ai rencontré dans le Ladakh et qui passait dans le coin, et 2 de ses nouveaux amis.

Comme on est tous les 4 à Udaipur pour quelques jours, on décide de s’inscrire à un petit cours de cuisine 2 jours plus tard, histoire d’impressionner notre monde quand on rentrera à la maison.

En attendant, moi je me suis prévue un full day horse ride dans la campagne d’Udaipur. C’est l’occasion de rencontrer U. et V., un couple germano-indien très rigolo, installé à Udaipur depuis 10 ans et propriétaire de la ferme Princess Trails qui organise les horse rides. Ils élèvent des chevaux marwanis, une race spécifique du Rajasthan, qui ont de drôles d’oreilles biscornues qui se touchent et qui sont très jolis par ailleurs. U. m’expliquera d’ailleurs que c’est pas très difficile d’apprendre à conduire en Inde, il suffit de faire attention au informal traffic : vaches, chiens, poulets, enfants qui courent au milieu de la rue…

Comme je n’ai toujours pas compris la leçon concernant les chevaux, j’ai donc choisi de passer la journée entière au pas, au trot et au galop sur mon fidèle destrier Moumal (ma fidèle destrière en réalité) à arpenter les environs d’Udaipur qui sont extraordinairement verts et luxuriants par rapport à l’ouest du Rajasthan. C’est qu’ici, la mousson a été plutôt généreuse les 3 dernières années provoquant même des inondations, contrairement au reste du Rajasthan. Je rentre avec les dos, les genoux, les cuisses et les fesses en compote (je commençais tout juste à me remettre du chameau…) et en soupçonnant les poils de chevaux d’être responsables des 127 éternuements qui m’ont pris pendant la journée. Et puis entre vous et moi, j’ai toujours peur des chevaux en fait…

Bref, pour me remettre de mes émotions, je décide d’aller dîner dans le restaurant d’un hôtel très chic et de faire le plein de poulet (mange mon petit… tu sais pas quand les petits cochons te mangeront) avant de rentrer en me traînant et en marchant comme un cow-boy jusqu’à mon lit.

Pendant que je feuillette distraitement les pages de mes guides de voyage, je sens un petit chatouillis sur mon bras gauche. D’une main distraite, je chasse l’importun quand je m’aperçois que l’importun n’est autre qu’un… CAFARD !!!! Je bondis hors de mon lit, j’attrape une tong et je me mets à chasser l’imprudent qui a osé se risquer à grimper sur ma royale personne jusqu’à ce que je le coince contre un mur et abrège sa misérable existence. NON MAIS OH ! Il s’est cru où celui-là ? Ça va pas bien dans sa tête ou quoi ? Qu’il se promène dans la salle de bain autant qu’il veut si ça l’amuse mais sur MOU ? Ça, jamais !!

J’avoue que j’aurai un peu de mal à m’endormir, même après avoir inspecté ma chambre dans tous les recoins et que je serai réveillée en sursaut plusieurs fois dans la nuit par le bruissement du rideau soulevé par le ventilateur… Mais à part ça, tout va bien, je suis détendue…

Le lendemain matin, je traîne sur la terrasse de l’hôtel après le petit déjeuner et j’en profite pour commencer à préparer mon dossier de demande de visa chinois… Un chouette moment en perspective… Mais ça fera l’objet d’un prochain post, pas de panique ! En vérité, ça me prendra une bonne partie de la journée. Mais tout le monde vous le dira, Udaipur, c’est la ville où il fait bon prendre son temps en 2 verres de chaï.

Pour finir ce petit séjour au Rajasthan sur une note gastronomique, je me suis donc inscrite à un cours de cuisine. Je retrouve donc B. et M. au Sashi Cooking Class. Le rendez-vous est à 17H30 et c’est parti pour près de 5 heures de cuisine pour réaliser pas moins de 14 plats, et que du healthy et du végétarien s’il vous plaît !! Bon, on se retrouve parfois dans le noir (on est en Inde… l’électricité est… aléatoire !) mais malgré tout, on devient experts de la cuisson des naans et du pilonnage de graines de cumin et ça, c’est bien le plus important ! Sashi est un étonnant petit bout de bonne femme (qui connaît le nom de tous les légumes en 7 ou 8 langues) et elle nous mène à la baguette ! Elle ne donne des cours de cuisine qu’aux touristes étrangers parce que les Indiens seraient capables d’ouvrir un cooking class concurrent si elle leur apprenait ses secrets… On papote, elle nous demande ce qu’on fait dans la vie et elle éclate de rire quand je lui dis que je bosse dans la restauration… But I have nothing to do with cooking !!

On finira la soirée le ventre plein et les mains parfumées au garam masala, cardamome et autres épices. Je pense qu’il va se passer un peu de temps avant que je ne mette tout ça en application mais pour la prochaine animation « Inde », pas de problème, je vous fais le show !!

C’est donc à nouveau l’heure de boucler mon sac, de reprendre le bus et de quitter Udaipur et le Rajasthan. Direction le Gujarat et Ahmedabad, « mégacité » ultramoderne ayant à priori peu d’intérêt si ce n’est d’être sur la route de Mumbai et d’avoir abrité l’ashram du Mahatma Gandhi… Oui… un peu de méditation et de spiritualité ne nous feront pas de mal…

Photos ici.

Pushkar, la belle arnaque oui !

Tout bon hindou doit, au moins une fois dans sa vie, aller se baigner dans le lac sacré de Pushkar. Il semblerait que Brahma, assis sur un nuage, ait laissé tomber une fleur de lotus exactement à cet endroit, distrait par la beauté de Gayatri, ce qui aurait fait surgir le fameux lac… Sa femme, Saraswati, étant un peu vexée qu’il la quitte pour une autre, lui aurait jeté un sort pour qu’il ne soit vénéré dans aucun autre lieu et donc Pushkar abrite un des seuls temples dédiés à Brahma. Cela étant dit, les 2 autres temples de la ville sont dédiés à Saraswati, donc, et à Gayatri, la briseuse de ménage.

Mouais… c’est déjà pas très clair ct’histoire…

Mais reprenons, j’ai donc quitté Jodhpur en bus en début d’après-midi, pensant mettre 5 heures à atteindre Pushkar. Les infos du Lonely Planet étant parfois à updater, j’ai en fait mis presque 7 heures… et pour la première fois depuis un mois, l’hôtel dans lequel j’avais prévu d’aller était full… Grrrr…

Mais je décide de ne pas mettre ça sur le compte de mon amie La Poisse parce que je trouve aussitôt un autre hôtel tout aussi bien dans la rue d’à côté et j’arrive même à négocier une remise de 25%. Une immense chambre et une salle de bain hyper clean pour 11€ la nuit, je me débrouille pas si mal !

Bref, il est tard, j’en ai plein les pattes et je rêve de me laver les cheveux donc je remets l’exploration du quartier au lendemain. De toute façon, Pushkar est une toute petite ville (à peine 15 000 habitants, un hameau à l’échelle indienne !) donc j’aurai largement le temps d’y traîner mes chappals de long en large en une journée.

Le lendemain, après avoir fait ma lessive (oui ma bonne dame, je suis devenue une pro de la lessive sous la douche) et avoir ingurgité des toasts with nutella (oui, je sais, mais j’aimerais vous y voir à avaler du masala tous les matins !) et un mango juice, je me jette dans la rue. J’évite de justesse 2 vaches qui marchent de front et j’arrive jusqu’au bazaar. En fait, la ville entière n’est qu’un bazaar. Pas très alimentaire d’ailleurs, beaucoup de choses destinées aux touristes, fripes, bracelets, sacs, tissus… Toutes les échoppes se ressemblent mais ça marche : la fièvre acheteuse m’attaque et je me retrouve avec 1 pantalon, 2 t-shirts et 13 bracelets…

Je rentre avec mes emplettes pour trouver un peu de fraîcheur dans ma chambre et j’essaie mes achats. Et là… c’est le drame : le pantalon est 20 cm trop court et les t-shirts sont transparents ! OK, j’aurais peut-être pu m’en rendre compte avant… no comment ! Je viens de jeter 350 roupies par la fenêtre…

Dans l’après-midi, je retente ma chance dans les ruelles qui bordent le lac en allant observer les Indiens qui font leurs ablutions rituelles sur les ghats (un avant-goût de Varanasi ? A l’échelle 1/1 000 000 je crois…). En chemin, je croise un petit garçon à vélo qui m’offre des fleurs parce que, soi-disant, aujourd’hui c’est festival et qu’il faut aller les jeter dans le lac en faisant un vœu pour sa famille. Du coup, on va au lac ensemble et là… je me fais alpaguer par un type très gentil qui commence à m’expliquer comment fonctionnent les ablutions et autres prières à Brahma. Et puis il m’apporte une petite coupelle avec du riz, du sucre et des poudres de couleurs et me bénit le tout pour que j’aille le jeter dans le lac. Il va finir par m’extorquer 500 roupies ( !!!???) de donation pour nourrir les pauvres du coin… Pfff… je le voyais venir gros comme une maison et je me crois maligne d’avoir limité la casse parce qu’il voulait que je donne 6 x 20 euros pour les 6 membres de ma famille… Mais non ! il croit qu’il a trouvé une bonne pigeonne, alors il va ensuite me demander 1000 roupies pour sa famille parce que maintenant, il va prier tous les jours pour moi… Alors là, je rigole, je lui dis qu’il aurait dû m’en parler avant et que je lui aurais donné un partie des 500 roupies qu’il a déjà embarquées. Mais lui, ça le fait pas trop rigoler et du coup, il m’abandonne aussi sec.

Le petit garçon vient aussitôt me voir et me dit un truc pas très clair sur le fait que je ne dois pas dire aux autres touristes combien j’ai « donné » parce qu’ils ne comprennent pas que c’est pour le bien de leur future réincarnation et que je vais leur faire peur…

Moralité : même s’il a 10 ans, ne jamais faire confiance du premier coup à un Indien… On ne peut pas dire que je n’étais pas prévenue mais je me sens couillonne pendant 10 minutes…

Pour finir en beauté et ne pas laisser ces arnaqueurs en herbe me gâcher la journée, je m’offre un mango lassi en terrasse en admirant le coucher du soleil avant d’aller dîner en compagnie de C., tourdumondiste fraîchement arrivée en Inde et bloggeuse elle aussi. On a globalement le même itinéraire et donc forcément plein de points communs. D’ailleurs, vous pouvez aller jeter un œil sur www.candicetdb.wordpress.com.

Allez, demain, direction Udaipur sur lequel je fonde de grands espoirs puisque tous les voyageurs que j’ai rencontrés jusque-là en parlent comme étant LA ville du Rajasthan, celle qui donne envie de poser son sac un peu plus longtemps que prévu et de se laisser vivre au rythme indien. Namaste !

Photos ici.

Jodhpur-la-ville-bleue

Je quitte donc Jaisalmer par le train de nuit pour arriver de bon matin (5h30…) à Jodpur. L’occasion de rencontrer C., allemand, en tour du monde depuis 5 mois et qui possède l’intégralité des Lonely Planet en version pdf…

Dans le train je retrouve aussi D. et on décide de tenter notre chance à la Hill View Guest House, perchée, comme son nom l’indique, en haut de la colline juste sous le fort de Jodhpur. Evidemment, à cette heure-là, on réveille les propriétaires qui nous couchent sur des matelas et nous disent de dormir en attendant que les gens libèrent les chambres quelques heures plus tard…

La vue depuis la terrasse est impressionnante et on aperçoit même au loin un immense palais qui ressemble fort au fameux Taj Mahal… mais de maisons bleues, on n’en voit pas le début du commencement d’une… En fin, j’exagère, y en a un peu, mais franchement pas de quoi se dire « Oh ! La belle bleue ! On sait où sont passés nos impôts ! »

Bref, il y a 2 choses à voir à Jodhpur : la tour de l’horloge et l’immense bazaar qui serpente tout autour et le Mehrangarh (le fort de Jodhpur). Je passe donc la première moitié de la journée à me perdre dans le dédale de ruelles de la vieille ville en évitant les bouses sacrées et en refusant poliment les millions de bracelets, sarees, babioles et tranches de pain grillées (oui, ici, on vend des tranches de pain grillées, sur une charriote au beau milieu de la rue) qu’on tente de me faire acheter ; et après une petite lessive et une micro-sieste aux heures les plus chaudes, je pars à l’attaque du Mehrangarh.

Ah oui, le Mehrangarh est délicatement posé au sommet d’une colline et le petit chemin pour y accéder est en grandes pierres bien glissantes et en pente à 20 degrés… Autant vous dire que je surkiffe la grimpette jusqu’en haut sous les regards inquisiteurs insistants intrusifs des Indiens qui se reposent là en profitant de la vue (de la ville, bien entendu…)

D’ailleurs, je me fourvoie : le Mehrangarh n’est pas « posé » sur cette colline, il est « creusé dedans ». Pour être sûr que les méchants n’allaient pas casser les murailles, le maharaja s’est dit qu’il valait mieux creuser le fort dans la pierre d’un seul tenant plutôt que faire monter des parpaings… Alors, oui, c’est plutôt impressionnant… D’autant qu’à l’intérieur des murailles (qui sont ma foi, fort banales), les façades du fort sont extrêmement finement sculptées et l’intérieur du palais fort coquet (il savait arranger son home sweet home, le maharaja). Et enfin… la voilà la vue que vous attendiez tous (enfin surtout moi) !! La voilà, Jodhpur-la-ville-bleue !! La ville s’étend à mes pieds, dans le soleil couchant, une mosaïque de cubes bleus et blancs à perte de vue… Bon, bah voilà, ça valait le coup quand même !!

Pour ceux que ça intéresse, l’audioguide compris dans le billet d’entrée est très bien fait…

Bref, après cette journée riche en culture, il était temps de passer à la confiture à des nourritures plus terrestres. Je suis donc allée dîner avec D. et Y., singapourienne, fancy backpackeuse, avant de finir sur la terrasse de notre guest house à tirer des feux d’artifice pour célébrer… ben oui, tiens… pour célébrer quoi au fait ? Pfff… on en sait rien mais le feu d’artifice se passe de motif. Il ne tarde pas à prouver qu’il se suffit à lui-même…

Photos ici.

Jaisalmer, la belle du désert

Après avoir passé presque 48 heures à glandouiller au bord de la piscine, à lire et à regarder des films (des vacances en fait !), j’ai donc quitté Sawai Madhopur et ses tigres invisibles pour retourner à Jaipur et prendre le train de nuit pour Jaisalmer, 350kms plus à l’ouest.

Jaisalmer, c’est comme Agraba, cité de la magie noire… et de l’enchantement… et des plus belles marchandises de ce côté du Jourdan en vente aujourd’hui, profitez-en… Jaisalmer, c’est les portes du désert, les méharées, un fort de 99 bastions bâtis sur le sable et de vieilles ruelles pleines d’échoppes multicolores et de havelis somptueux… Jaisalmer, c’est les 1001 nuits, c’est la belle du désert…

Commençons par le commencement : il me faudra pas loin de 11 heures de train pour arriver jusque là ! Après les trains de jour répugnants, j’expérimente donc les trains de nuit. Et bah c’est plutôt une bonne surprise : les draps sont propres, les couchettes sont de taille raisonnable (bon, évidemment, une fois que j’ai posé mes 2 sacs dessus, y avait plus de place pour que j’y dorme mais ça, c’est un détail…), personne n’a essayé de squatter ma place et en plus on peut rencontrer des gens sympas (D., québécois, en vacances, et ravi de trouver une française qui comprend son accent et ne lui fasse pas tout répéter 3 fois) .

Par contre, à la gare de Jaisalmer, c’est la guerre des rabatteurs de tuk-tuks ! Une nuée de types s’abat sur moi et manifestement, quelqu’un leur a dit que c’est celui qui crie le plus fort qui gagne… Mais c’est bien mal me connaître : je crie plus fort qu’eux. J’arrive donc à me faire déposer devant l’hôtel que j’ai choisi et gratuitement en plus ! Non mais oh ! On va pas se laisser bouffer par un petit milliard d’Indiens non ?

Bon alors en fait, Jaisalmer, c’est tout petit et la vieille ville à l’abri des remparts du fort encore plus. Mais qu’est-ce que c’est joli… Alors là, franchement, c’est plein de bouses de vaches sacrées mais c’est vraiment kromeugnon. Les petites ruelles étroites avec les façades et les balcons finement sculptés des havelis, le tout dans un joli grès doré… non, vraiment, bel effort… et même si marcher le nez en l’air relève de l’inconscience (à cause des vaches sacrées et de leurs sacrées bouses, mon pied droit peut vous en parler plus en détail si vous le souhaitez…), pour la première fois depuis que je suis en Inde, je suis émerveillée par la ville. Un des vendeurs de cartes postales me dit qu’en France, on a la même chose… à Carcassonne… Bon, il y est jamais allé à Carcassonne…

Pour ceux que ça intéresse, à Jaisalmer, il y a aussi le Bangh Shop. Oui, oui, oui. Autorisé par le Gouvernement, et tout, et tout… Et ils te vendent un bangh lassi qui fracasse (paraît-il…), des bangh cookies, des bangh pizzas… Avec un slogan du genre Get high in Jaisalmer ! Incredible India

Mais bon, on n’est pas là pour ça ! Non madame, moi je viens pour rider les camels ! La spécialité du coin c’est le camel safari et comme je me suis déjà faite sérieusement arnaquer sur les tigres 2 jours plus tôt, je compte bien en avoir pour mes roupies !!

Me voilà donc partie de bon matin à une trentaine de kilomètres à l’ouest de Jaisalmer (non, je n’essaye pas de franchir en douce la frontière pakistanaise… de toute façon, c’est plein de indian soldiers partout !) en compagnie de J. et L., 2 étudiants en médecine allemands. La Jeep nous dépose au bord de la route au milieu de nulle part où nous attendent Gandhi (c’est pas une blague…) et Kunda, nos chameliers pour les 2 prochains jours ainsi que Johanna, Laloo et Pundi, nos 3 chameaux.

Et c’est partiiiiiiiiii ! Je me prends pour Lawrence d’Arabie, conduisant ma caravane de chameaux, mon turban sur la tête, au beau milieu du désert, le soleil implacable nous brûlant les yeux et le reste, les chiens errants venant parfois à notre rencontre… (oui, je sais, Lawrence n’était pas dans le même désert et si ma mémoire est bonne, il était à cheval, pas à dos de chameaux. Ça va, pas la peine d’être désagréable !)

Tout ça, c’est bien joli mais un chameau, ça n’a pas d’étriers. Au bout d’une heure, tu commences à bien sentir que tu vas perdre tes 2 jambes et au bout de 2 heures, tu pries pour qu’on s’arrête… Mais comme tu t’es un peu enflammé et que t’as signé pour 2 jours de safari, t’es pas prête de t’arrêter ! Heureusement, la pause déjeuner qui dure 4 heures à l’ombre du seul arbre du coin vient à ta rescousse. Bon évidemment, tu reprends ton régime lunch dhal / dinner dhal mais au milieu du désert, difficile de se faire livrer un Big Mac (et puis de toute façon, ils mangent pas les vaches ici…)

On en profite pour papoter avec Gandhi et on apprendra plein de trucs intéressants sur les chameaux (que les femelles, c’est pas bon pour le travail, ça a juste envie de courir dans le désert, qu’une chamelle ne peut pas avoir plus de 4 bébés chameaux, qu’au Pakistan, ils mangent les chameaux mais qu’ici, c’est interdit…), bref, tout ça pour finir quelques heures plus tard au milieu des dunes où on passera la nuit, à la belle étoile sur des lits de camp.

Comme on est des petits malins, on arrivera quand même à se dégoter quelques bières fraîches qu’on dégustera en admirant les étoiles filantes et la voie lactée particulièrement en beauté ce soir-là.

Le lendemain matin, on est réveillés par le lever du soleil et les milliers de scarabées qui font crisser le sable sous leurs pa-pattes… beurk ! Mais pas le temps de traîner, on remonte en selle ! Tes fessiers et tes jambes n’ont malheureusement pas oublié qu’ils ont fait la même chose la veille et te le font payer… cher ! Et c’est parti pour 3 bonnes heures au trot de chameau sous un cagnard encore pire que la veille. Là, tout est une question de volonté : tu oublies qu’un jour, tu as eu des fesses et des jambes et tout se passe bien.

On finit par s’arrêter sous un arbre, tu n’arrives même plus à descendre du chameau parce que tu as laissé tes cuisses quelque part sur le chemin et on se fait un petit lunch dhal d’adieu avant que la Jeep ne vienne nous récupérer pour nous ramener à l’hôtel.

Bref, Jaisalmer, le premier vrai coup de cœur indien (même si mes fesses jurent le contraire…)

Photos ici.

La poisse : épisode n°2

Et oui mesdames et messieurs !! Voici venu le grand retour de La Poisse !! (ça faisait bien 15 jours remarquez, c’est déjà pas si mal…)

Bon alors, aujourd’hui le plan c’était d’aller au Ranthambore National Park, à 2 heures de train de Jaipur, pour faire un safari photo à la recherche des tigres du parc. J’avais réussi à réserver mon billet aller hier et j’étais number 1 sur la waiting list pour le billet retour.

Bon d’abord, on commence par le train. Je DETESTE les trains indiens, ils sont pleins de cafards… Mais genre PLEIN. Genre ils sortent de partout : sous la banquette, sur le mur derrière ta tête, les fenêtres, la banquette du dessus (qui est en fait la couchette du dessus)… bref c’est un cauchemar.  Dieu sait que je suis habituée à en voir, je veux dire, c’est pas comme si c’était la première fois de ma vie que je voyais plusieurs cafards en même temps mais là… Sur la banquette en face de moi, un monsieur dormait comme un bébé. Et ben, un cafard bien dodu a grimpé sur la banquette et s’est arrêté à 2 cm de sa joue ! Et pendant que j’étais scotchée par le spectacle, un de ses copains, bien dodu aussi, a grimpé sur mon sac. Sur MON sac !!! J’ai cru que j’allais m’évanouir… et j’aurais dû comprendre que La Poisse était en train de pointer le bout de son nez…

Bref, à peine remise de mes émotions, je débarque à la gare de Sawai Madhopur, petit village qui ne vit que par et pour le tourisme des tigres et du parc. Etant donné qu’il n’y aurait que 32 tigres dans le parc et qu’il n’est donc pas garanti d’en voir à tous les coups, je me dis que je vais décaler mon train du retour pour rester une matinée de plus sur place et donc avoir la possibilité de faire 2 safaris (au cas où La Poisse aurait été avec moi). Le gars du guichet annule donc mon premier billet et m’en sort un pour le train suivant et je passe gaiement de number 1 à number 42 sur la waiting list… Merci La Poisse ! Je me dis que c’est pas grave, que je vais quand même monter dans le train et que je viens de doubler mes chances de voir des tigres.

Mais bien sûr, ça ne s’arrête pas là ! J’arrive à l’hôtel (le Tiger Safari Hotel, j’ai mis toutes les chances de mon côté) et là… tadaaaaaaaaaaaa !!! le gérant me dit qu’il n’y a pas de safari parce que les gardes du parc n’ont pas donné l’autorisation de commencer la saison et qu’il n’y aura donc AUCUN safari avant le 10 octobre… Ouh là là… ça ressemble franchement à La Poisse, ça !!

Je me retrouve donc coincée pour 48 heures dans un trou paumé où il n’y a strictement rien à faire… Rien de chez rien. Et cerise sur le cupcake, l’hôtel n’a pas le wifi « It’s broken, Mam, but we call for repair and we will say to you if it’s ok ! ». Et pas question de revenir ici après le 10 octobre, je serai déjà loin et y a bien trop de cafards dans le train !!

Bon, pour me consoler, il y avait plein de gens qui trimbalaient des tas de trucs dans des carrioles attelées à des dromadaires et une piscine… un peu d’exotisme quoi !

Jaipur-la-ville-rose

Ce qui est sympa au Rajasthan, c’est qu’ils se sont organisés pour avoir une seule couleur par ville : Jaipur-la-ville-rose, Jodpur-la-ville-bleue, Udaipur-la-ville-blanche…

J’ai donc attaqué le Rajasthan par Jaipur. Grâce à Amar, mon tuk-tuk driver sikh préféré que j’ai embauché pour la journée, on a silloné tous les coins et recoins de la ville et on s’est bien marré.

On a commencé par un petit passage par la gare parce que je devais réserver mes billets de train pour la semaine à venir. Bon… ben jusque là j’avais été épargnée mais l’administration indienne est bien à la hauteur de sa réputation ! Presqu’une heure pour récupérer 3 billets de train dont un où je suis en pole position sur la waiting list (autant dire que je vais jouer la blonde sur ce coup là et que je serai dans le train quoi qu’il arrive !)

Après ça on est allé à la poste pour acheter des timbres. Heureusement, Amar est grand et fort (mais par contre, il est pas très beau…) et il a réussi à éborgner quelques Indiens jouer des coudes pour qu’on n’y passe pas la matinée.

On a ensuite attaqué les choses sérieuses : City Palace, Jantar Mantar, Amber Fort, Hawa Mahal… bref, j’ai visité tout ce qui est visitable en avalant litre d’eau après litre d’eau (oui parce qu’ici il fait une température délicieuse… 37°C) et Amar me racontait des anecdotes sur les différents monuments. Nous avons donc eu un moment surréaliste où Amar m’explique qu’un des maharajas de Jaipur est mort sans successeur alors qu’il avait 50 femmes mais un pénis de la taille de son avant-bras (il joint le geste à la parole pour que je comprenne mieux) et que donc, ça posait problème…

J’hésite entre la consternation et un grand éclat de rire mais Amar me dit aussitôt : « No joking !! » et je comprends bien qu’on ne rigole pas avec ces choses-là et que la descendance des maharajas n’est pas un sujet qui prête à rire…

M’enfin, franchement, je me suis mordue les joues ! Ce type me la joue « Dieu qui le regarde » et d’un coup il me parle de kama sutra paintings (« Nice gifts fo your friends ! ») et de maharajahs qui ont des problèmes de gigantisme… Incredible India !!

Pour finir la journée sur le même thème, je suis allée admirer le coucher du soleil au Sun Temple, un temple où les singes se retrouvent par centaines à la tombée du jour. Alors les singes… quand y en a un ça va, c’est quand y en a plusieurs et qu’ils se mettent à crier que ça fait fliper… Je faisais pas trop ma maligne… Mais là n’est pas la question. Un de ces charmants petits macaques a confondu un petit cochon à poils longs qui passait par là avec une de ses congénères. Le voilà qui lui saute sur l’arrière-train. Le petit cochon ne comprend pas ce qui se passe, il panique, il se met à courir partout en grognant, le petit singe, les yeux écarquillés, toujours accroché à ses fesses dans le soleil couchant. Ah… l’observation du monde animal… quel émerveillement !

Photos ici.