Manuel Antonio

Après le fiasco (si, on peut le dire) du parc Marino Ballena, je compte bien me rattraper dans le parc national le plus petit et/mais le plus visité du pays, le parc Manuel Antonio.  En fait de parc, ici aussi, c’est une portion de la côte avec quelques plages planquées dans la jungle qui m’attend. Mais officiellement, il y a là des tas de bestioles à observer et une des plus belles si ce n’est LA plus belle plage du pays. Avec une pub pareille, je me suis dit que je ne pouvais pas me planter.

Et bah si.

Alors reprenons. Après le déluge des dernières 48 heures, le soleil fait enfin son apparition. Et c’est pas pour faire semblant : ce matin, il fait facile 35°C à l’ombre et les immenses flaques qui s’évaporent font monter le taux d’humidité à peu près 350%. Peu importe, j’attends le bus. Je sue et je ne suis pas la seule. Un couple d’Américains du Wisconsin (ça ne s’invente pas) se liquéfie également à mes côtés. Le bus est sensé passer à 9h. A 9h30, on admet qu’il ne passera pas. Le suivant est 2 heures plus tard… Et là, comme par hasard, un bon samaritain se présente et nous propose de nous emmener jusqu’à Dominical, à quelques 20kms de là. C’est la destination de mes colocs d’arrêt de bus et moi j’ai une chance d’y attraper un bus pour Quepos, on dit banco ! On a beau être dimanche, le bon samaritain n’est pas fou, il nous demande donc de payer 5$ par personne, facile 5 fois le prix du bus mais bon, vu le bon fonctionnement des transports publics dans le coin, on se dit que mieux vaut tenir que courir et qu’en plus, on n’a pas toute la journée.

On charge nos sacs dans le bolide de notre nouvel ami Yvan (qui étrangement, est en aussi bon état que celui de mon ancien ami Vladimir, le taxi de Paracas pour les intimes…) et c’est parti. Yvan est très bavard et nous fait donc la conversation. C’est charmant mais c’est en espagnol, Yvan ne parle pas un mot d’anglais et notre espagnol étant limité au minimum de survie, ça se transforme bientôt un long monologue ponctué de mes nombreux hochements de tête et froncements de sourcils… Mais ça n’a pas l’air de perturber beaucoup l’ami Yvan. 20 minutes plus tard, nous voilà à Dominical. Quand Yvan comprend que moi, je ne m’arrête pas là, ni une ni deux, le cœur sur la main et la main sur sa liasse de dollars, il me propose de me conduire jusqu’à Quepos. Moi je veux bien mais Quepos c’est quand même à 40kms de là, je voudrais pas me faire dépouiller abuser de sa gentillesse… On attend que mes amis du Wisconsin quittent la voiture, on négocie, on négocie et on tombe d’accord pour 5$ supplémentaires. Et nous voilà repartis. Yvan papote, papote… tout seul… j’ai beau essayer de me concentrer, je chope 1 mot sur 25 et le temps que je traduise, j’ai déjà loupé les 3 phrases suivantes… et j’arrive donc à Quepos avec un bon début de migraine. Je dis au revoir à mon nouvel ami, je lui fais comprendre que non, je ne vais pas prendre son numéro de téléphone, ça ne sert à rien, je ne vais pas retourner à Uvita et je saute dans la voiture de quelqu’un d’autre qui va en direction du parc Manuel Antonio. Ils sont comme ça les gens ici : quand ils voient quelqu’un qui poireaute à l’arrêt de bus, ils s’arrêtent et ils demandent s’ils peuvent te déposer quelque part. Ça te coûte toujours un peu d’argent mais t’attends pas le bus pendant 10 ans. Et je finis donc par arriver à mon nouveau camp de base. Il est 11h30, je n’aurais jamais pu arriver à cette heure-là avec le bus et j’ai l’après-midi devant moi. Et ça tombe plutôt bien parce que figurez-vous que je viens de m’apercevoir que le parc est en fait fermé le lundi et que si je veux aller admirer les fameuses plages, bah… c’est maintenant !

Je décide donc de ne pas attendre le bus qui va jusqu’à l’entrée du parc (j’ai bien compris que le dimanche n’est pas un jour idéal pour se déplacer en bus) mais plutôt de marcher jusque-là. Idée fantastiquement extraordinaire puisqu’il fait toujours 35°C à l’ombre, que je marche toujours comme une petite vieille de 80 ans, que la route est à peine assez large pour les voitures et que les gens roulent comme sur un circuit de F1. Mais à cœur vaillant rien d’impossible, j’atteins enfin les grilles du parc. Après avoir payé mon ticket d’entrée (10$), j’ai la possibilité de « louer » un guide naturaliste pendant 1 heure pour observer quelques bestioles. Vu le monde qui arpente les sentiers, je me dis que je vais prendre l’autre option : je vais errer de groupe en groupe en laissant traîner mes oreilles et mes yeux et en souriant poliment au passage (si, je sais faire ça, c’est pas parce que je n’en abuse pas dans la vie courante que mes zygomatiques sont rouillés)… Mais il faut croire que la saison des pluies n’est pas extrêmement favorable à l’observation de la faune dans le coin. Les guides que je croise ont tous d’énooooormes longues vues qu’ils installent ça et là pour leurs groupes, je les entends râler et  je ne croiserai que 2 grenouilles et 3 petits singes en 3 heures de promenade. Alors, emportée par la foule (si, si, y a foule) je finis sur la plage. Ou plutôt LA plage. Ouais. Bien. Bof. OK, certes, c’est une jolie plage et y a la jungle en arrière-plan ce qui lui confère un certain charme mais franchement… pas de quoi se déboiter la mâchoire. Je commence à me poser des questions : est-ce que c’est moi qui suis devenue difficile après toutes ces plages de rêve au Cambodge, en Thaïlande et en Australie ou est-ce que les gens n’en feraient pas juste un peu trop sur les plages costaricaines ?

En attendant, je sautille quand même dans les vagues pendant un moment avant de sombrer dans l’inconscience sur le sable. Quand je rouvre les yeux, il fait nuit. Il est 16h et il fait nuit. Ou presque. Le ciel est tout noir, les oiseaux volent bas et la foule est en train de déserter. Du coup, je suis le mouvement. Et je grimpe dans le bus qui me ramène à l’hostel au moment où le déluge s’abat sur nous. Des éclairs gigantesques, des coups de tonnerre fracassants, les gouttières qui débordent et l’eau qui ruisselle le long de la colline et qui transforme le chemin en un ruisseau boueux… bien calée dans un canapé, je contemple le spectacle. Les plages sont peut-être un poil décevantes mais les orages sont magnifiques.

Le lendemain, le soleil est revenu. Je m’offre donc un petit tour en ville pour constater qu’ici aussi, les t-shirts souvenirs sont « made in china », que le salon de beauté du coin n’avait clairement pas prévu d’avoir de cliente aujourd’hui (et bah si ma p’tite dame, faut faire chauffer la cire, la mode du mollet poilu n’est pas d’actualité aux dernières nouvelles…) et qu’être dans un patelin touristique, ça a parfois du bon puisque je m’offre pour le déjeuner un sandwich au speck et au gorgonzola… mmmh ! Ah non. Je ne veux rien entendre. « Gnagnagna… c’est pas très local tout ça… » Non mais oh ! Vous avez déjà entendu parler de la gastronomie costaricaine ? Non ? Bah y a une raison. Franchement, ça se résume à riz-haricots-poulet et c’est pas bon. Voilà, c’est dit.

Et puis, encore une fois, avant que le ciel ne se déchaîne, je regagne mon nid. Incroyable la quantité d’eau qui tombe ici chaque jour !

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AL et les baleines

Tout au long de ma vie (fort longue, comme tout à chacun sait), j’ai manqué un certain nombre de rendez-vous avec les baleines. D’abord il y a eu l’Islande, où ma famille avait décidé d’aller voir les baleines la veille de mon arrivée (et pas question d’y aller 2 fois, bien sûr…) et où j’ai dû donc me résigner à ne voir des baleines qu’un steak rouge et tendre à souhait accompagné d’une délicieuse purée de pomme de terre… Puis, il y a eu Kaikoura en Nouvelle-Zélande, où la mer était si agitée que toutes les sorties d’observation des cétacés avaient été annulées pendant les 48 heures de mon auguste présence sur place… Enfin, il y a eu le canal Bolivar, aux Galapagos  où « it’s not uncommon to see 40 or more whales sailing together » (dixit le bouquin sur la faune et la flore locale) et où l’on n’a pas aperçu l’ombre de la queue d’une baleine. Deux options : soit j’ai vraiment pas de bol, soit c’est moi qui les fais fuir… Choisissez. Mais choisissez bien.

Il n’est évidemment pas dit que je vais rentrer sans avoir vu une baleine. J’ai donc décidé de mettre toutes les chances de mon côté et d’aller visiter le parc Marino Ballena, au sud du Costa Rica sur la côte pacifique. Je quitte donc de bon matin les hauteurs du parc Chirripo sous la grisaille et j’atteins à la nuit tombée le petit village d’Uvita sous des hallebardes… Oui, non seulement il me faut toute la journée pour faire les 100kms qui me séparent de la côte mais en plus, j’ai manifestement le climat contre moi. Peu importe, je suis à Uvita, l’hostel est plein de chats (cool !) et de moustiques (pas cool !) et la pluie qui crépite violemment sur la tôle ondulée du toit durant toute la nuit fait presque plus de bruit qu’un avion au décollage… ah, on est bien !

Le lendemain matin quand j’ouvre mes petits yeux, je sens bien qu’il y a un problème : mon œil droit ne s’ouvre pas. Et pour cause ! un de ces petits vicelards de moustiques a cru bon de me piquer sur la paupière qui du coup, non seulement me fait ressembler à un boxeur mais en plus, me démange furieusement. Mais ce n’est pas un œil en moins qui va m’empêcher d’aller voir les baleines alors je file à la plage pendant que la marée est encore basse (à marée haute, on ne peut plus accéder à la partie « intéressante » du parc), bien décidée à scruter l’horizon de mon unique œil de cyclope et à enfin apercevoir les fameux cétacés.

… ???

Je sais. Le suspense est insoutenable, vous vous demandez si j’ai enfin vu la queue d’une baleine… et bien oui ! j’ai même marché dessus ! Parce que la seule queue de baleine que j’ai vue, c’est celle que forme la plage à marée basse… (oui, cette plage a une forme un peu bizarre, je vous l’accorde). Alors soyons très clairs : 1/ j’ai passé 4 heures sur la plage à me cramer la rétine sur l’horizon… rien ! 2/ entre mon œil en berne et mes cuisses que j’avais visiblement laissées sur les pentes du mont Chirripo, j’avais une de ces dégaines, j’vous raconte pas ! 3/ payer 10$ pour aller marcher sur une plage certes immense et protégée mais franchement pas siiiiiii démente que ça… mouais, bof !

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Alors oui, bien sûr, j’aurais pu me payer une excursion « whale watching » à 70$ par tête de pipe pour passer 20 minutes sur un rafiot et éventuellement surfer sur une baleine à bosse. Mais franchement, j’ai décidé que ça ne valait pas le coup. Et puis à peine le temps de me traîner jusqu’à l’hostel que le délicat tambour de la pluie reprend de plus belle… Et tout ce que je me suis offert, c’est donc une après-midi chamac (avec des chats dans un hamac).

Damned ! Encore raté !

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AL sur le toit du Costa Rica

Pour aller à San Gerardo de Rivas, non seulement il faut avoir envie mais il faut aussi avoir le temps. D’abord, il faut prendre le bus à San José au terminal Musoc (oui, chaque compagnie a son terminal, c’est bien plus marrant). 3 heures plus tard, on arrive à San Isidro. Au terminal Musoc de San Isidro, évidemment. Il faut donc changer de terminal et aller au marché. Parce que c’est de là que partent les bus locaux. Il faut donc poireauter un petit peu, en profiter pour faire quelques emplettes pour les prochains jours, bavarder avec l’alcoolo du coin et monter dans le bus pour San Gerardo. Vu que ce bus-ci met 1h30 pour arriver à destination, on peut penser qu’il y a pas loin de 80kms. Mais non ! Pas du tout ! Il y a 20kms. Et un arrêt tous les 300 mètres. Là, il faut faire bien attention et demander au chauffeur de s’arrêter au bureau des rangers du parc Chirripo. Parce je suis pas là pour enfiler des perles ! Oh que non ! Si je suis venue me perdre dans la pampa (la forêt tropicale plus précisément), c’est pour grimper sur le toit du Costa Rica, le mont Chirripo, 3820m, depuis le sommet duquel on peut contempler l’océan Atlantique et l’océan Pacifique. En même temps.

Mais pour grimper là-haut, il faut d’abord acheter un ticket en bas. Et le nombre de tickets par jour est limité. Heureusement, on n’est loin d’être en haute saison, j’achète donc un ticket sans problème. Le ticket comprend également la nuit dans le refuge du sommet. Parce qu’il est hors de question de faire l’aller-retour dans la journée. 15kms et 1700m de dénivelé entre le village et le refuge, le Crestones Base Lodge situé à 3400m d’altitude où il n’y a ni chauffage, ni eau chaude, ni demi-pension. Il faut donc hisser jusque-là son sac de couchage, son réchaud et ses provisions. Mais bon, j’ai nagé avec des requins, dormi en tente sur le mont Ishinca, c’est pas un malheureux petit trek de 2 jours qui va me faire peur ! Avant de s’attaquer à la montagne, je dois déjà rejoindre à pieds mon camp de base, la Casa Mariposa. Tout est super à la Casa Mariposa. Tout sauf le fait qu’elle est située à 2kms à pieds du bureau des rangers et que le chemin grimpe sévère. Avec mes 28kgs sur le dos, je mets près de 45 minutes… ça promet pour demain ! En attendant, il est l’heure de faire son sac, d’apprendre à se servir du réchaud et d’avaler une bonne plâtrée de pâtes et un gros morceau de brownie (quoi ? il faut des calories à brûler pour demain !).

Le lendemain justement, le départ est prévu à 5h30. Pleine d’enthousiasme et de bonne volonté, je me lance donc sur la route qui mène au départ du trek. Après avoir marché 10 minutes, j’aperçois un panneau qui indique que le sentier est à 500 mètres… dans l’autre direction ! Bien. Bien, bien, bien. Heureusement qu’il est indiqué partout que le sentier est super bien balisé parce que sinon, j’aurais pu le louper, hein ? Bon, en fait, y avait un énorme panneau, j’avais juste le nez en l’air, my fault

Me voilà donc partie sur le bon chemin. Et je comprends vite qu’il s’agit du bon chemin puisqu’il n’arrête littéralement pas de grimper. Du kilomètre 0 au kilomètre 12, sans discontinuer, la pente s’élève sous mon nez dans lequel les mouches essayent de s’engouffrer par milliers. C’est LE gros point noir de la journée. Jusqu’au kilomètre 12, le sentier serpente dans la forêt et en plus d’essayer de ne pas s’enfoncer dans la bouillasse jusqu’aux genoux, il faut esquiver les mouches. Après ça, on attaque la caillasse et là, y a plus l’ombre d’une mouche. Y a plus l’ombre de rien du tout d’ailleurs. Et après 7 heures d’effort intense et avoir cherché un moyen d’exterminer les mouches de la surface de la terre, enfin, la Terre Promise, le Crestones Base Lodge apparaît. Il était temps en fait parce que bientôt, c’est la pluie qui fait son apparition.

La fin de la journée est vite expédiée : une petite sieste, un dîner à 18h et au lit ! Demain, le réveil va sonner à 2h30 parce qu’en plus d’aller admirer les océans, il est question de le faire au lever du soleil.

Et quand le réveil sonne, il me faut déployer des trésors de volonté pour m’extraire de la chaleur de mon sac de couchage et me faufiler dans les couloirs déserts et glacés du refuge. J’avale un petit déjeuner rapide, j’ajuste la housse de pluie sur mon sac au cas où et j’ouvre la porte… qui me revient en pleine face poussée par une violente rafale de vent doublée d’un délicieux crachin. Et pas breton le crachin. Pas du genre léger qui mouille pas vraiment. Non, non. Du genre froid et qui mouille pour de vrai. Mais bon, maintenant que je suis levée et surtout que j’ai grimpé jusque-là, ça serait quand même dommage d’abandonner ! Alors vaille que vaille, la frontale vissée sur la tête, je me jette dans le noir.

La pluie aura raison de ma volonté au bout de 20 minutes : je suis trempée et surtout, j’ai bien compris que même si j’arrive au sommet, je ne verrai rien du tout puisqu’il est dans les nuages… Je décide donc de faire demi-tour et de retenter ma chance un peu plus tard. Le temps de régler mon réveil un peu plus tard et de redéballer mon sac de couchage et me revoilà dans les bras de Morphée.

A 5h du matin, 2ème tentative. Là, je m’épargne le déplacement jusqu’à la porte : un coup d’œil par la fenêtre et la lumière du jour qui commence à poindre m’apprennent que ce n’est pas la peine de sortir de mon sac de couchage…

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Avec un peu de bol, j’aurais pu voir ça…

Finalement à 6h, la pluie s’arrête. Sauf que le sommet est toujours noyé dans une épaisse couche de nuages gris. Bien. Il semblerait donc que la montagne ne me veut pas… Je réemballe donc toutes mes affaires et je prends le chemin du retour. Et c’est parti pour 15kms de descente sur un chemin encore plus détrempé que la veille avec des mouches toujours aussi énervées… Et à 11h, j’atteins enfin la maison. Mes genoux et mes cuisses n’en peuvent plus, je suis lessivée.

Après avoir un peu récupéré, il est temps de passer à la logistique : douche, lessive, réempaquetage de toutes mes affaires… L’après-midi coule doucement. Tout comme la pluie qui, finalement, est descendue jusqu’ici et tambourine maintenant contre la tôle ondulée du toit. Et là, tombe l’info qu’il aurait peut-être été judicieux de connaître 24 heures plus tôt : en juillet, au Costa Rica, c’est la saison des pluies…

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San José

Si ce voyage m’aura appris quelque chose, c’est qu’il ne faut pas débarquer en pays étranger un dimanche. Le dimanche, c’est tout pourri. En particulier dans ces pays d’Amérique latine où le dimanche est vraiment le sacro-saint jour du Seigneur, où tout est fermé, et où les bus circulent comme si c’était un jour férié. En particulier si tu t’es choisi un hôtel bien loin du centre-ville et que ledit hôtel n’a même pas le wifi. Certes, t’as pas fait exprès mais moralité, tu te retrouves coincée. Du coup, tu te retrouves à reprendre tes bonnes vieilles habitudes du dimanche : tu glandouilles sur le canapé. Bon, c’est bien gentil 2 minutes mais rapidement, tu t’ennuies. Surtout quand t’as pas le wifi. Alors histoire de ne pas perdre plus de temps dans les jours à venir, je planifie la suite du voyage. Un peu de volcan, une bonne dose de plage, une ou deux balades à cheval, beaucoup de bons petits restos, quelques animaux à observer, à priori, ici, on ne devrait pas s’ennuyer.

Après donc une première journée plus que palpitante, il était temps de reprendre les choses en main. D’abord, changer d’hôtel. Et une fois mon paquetage déposé dans ma nouvelle maison, faire le tour de cette ville qu’on m’a dépeinte comme « pleine de drogués ». Pas très engageant dit comme ça mais j’ai bien l’intention de me faire ma propre opinion. Je pars donc arpenter les rues de cette ville parfaitement perpendiculaires les unes aux autres et sibyllinement nommées Avenida 1, 2, 3, etc… et Calle 1, 2, 3, etc… Comme qui dirait, j’ai l’impression d’avoir déjà vu ça quelque part… Et moi, des drogués, j’en vois pas. Ou alors ils sont cachés. Par contre, je vois des galeries d’art, des petits restos un peu bobos où tu peux manger des toasts au saumon fumé et acheter des confitures (non merci, mon sac pèse déjà son pesant de confitures…) et des tas de gens qui donnent à bouffer à des pigeons idiots (sans leur donner des coups de pieds pour de faux). Bref, pas renversant mais tout de même plus folichon que Quito. Du coup, comme je me sens d’humeur généreuse (après tout ce saumon fumé, c’est bien normal), je vais même jusqu’à l’Alliance Française leur refourguer un Tour du Monde en 80 Jours qui est bien en train de le faire, le tour du monde, puisque je l’avais acheté à Cuenca.

En fin de journée, après avoir préparé la logistique des prochains jours en profitant d’une connexion internet enfin décente, je ressors de mon sac mes chaussures de randonnée.

Demain, direction San Gerardo de Rivas au sud du pays. Il est temps de reprendre les choses sérieuses.

Photos ici.

AL et les aéroports

Il y a fort fort longtemps, quand j’avais le cœur pur et plein de bonnes résolutions, j’avais décidé que pendant ce voyage, je ne prendrai l’avion que lorsque ce serait absolument nécessaire. Et puis, j’ai voyagé et j’ai constaté que parfois, prendre le train, c’est sympa mais prendre l’avion, ça fait gagner du temps et même parfois de l’argent.

Seulement parfois, prendre l’avion, c’est n’importe quoi. Ce vendredi soir, quand j’arrive à l’aéroport de Quito, je me dirige tout droit vers le comptoir d’enregistrement du vol pour… Lima. Oui mesdames et messieurs. Sachez que pour faire QuitoSan José, le chemin le plus court est apparemment de faire QuitoLimaMiamiSan José. Y a visiblement un détail qui m’échappe…

Sachez également que la vie étant généralement bien faite, ce trajet va me prendre au bas mot 27 heures. Pour rallier 2 villes séparées d’un millier de kilomètres à vol d’oiseau, c’est un record. Finalement, on peut se dire que j’aurais aussi bien fait de prendre le bus. Mais non ! Figurez-vous que la Panaméricaine, cette fameuse route censée traversée tout le continent est en fait coupée au nord de la Colombie. Non pas qu’elle soit en travaux, elle n’a jamais existée. Elle devrait en fait traverser une forêt remplie de narcotrafiquants et de plantations de trucs qui font un effet bizarre et bouzillent le cerveau et bizarrement, bah… y a pas de route. Il ne m’était donc pas possible de faire le trajet en bus. D’où mon marathon aérien.

Quand on sait qu’on va passer les prochaines 24 heures dans des aéroports, on met son pantalon-pyjama-passe-partout et prend son mal en patience. Et on prie pour que les zones de duty free ne soient pas trop pourries. Bon, à Quito, c’est plutôt raté. Mais bon, à peine le temps de me parfumer et de refuser poliment les avances mercantiles de la vendeuse qu’il est déjà l’heure de grimper dans l’avion. Et hop ! 2 heures et un sachet de chips de bananes plantin plus tard, me revoilà Lima. Si la vie était bien faite (et on sait qu’elle l’est, généralement), je n’aurais eu qu’à sautiller à travers le terminal pour regrimper aussi sac dans l’avion suivant. Mais non. Il se trouve que ce n’est pas la même compagnie aérienne qui effectue la suite de mon parcours. Et que mon escale à Lima dure plus de 7 heures. Je suis donc bonne pour remplir un petit formulaire, faire tamponner mon passeport, récupérer mon sac, passer la douane, passer la nuit sur un banc de l’aéroport en me ligotant mes sacs aux chevilles, réenregistrer mon sac, refaire tamponner mon passeport et retourner en zone duty free. Heureusement, l’aéroport de Lima est une catastrophe sur le plan logistique (mes sincères excuses à Roissy que j’ai maudit si souvent…) et il me faudra près de 2 heures pour enfin m’échouer sur un banc devant le panneau qui annonce les départs. Il est alors presque minuit et mes chips de bananes sont loin. Quelques épisodes de la saison 5 de The Big Bang Theory plus tard, la batterie de mon ordinateur rend l’âme et j’en suis quitte pour un Big Mac et des vraies frites. Il est 2 heures du matin et c’est pas aujourd’hui que je vais dormir…

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A 4h30, les feignasses d’hôtesses d’American Airlines ouvrent enfin le check-in. Au moment de me donner ma carte d’embarquement, l’hôtesse me demande si j’ai bien fait mon vaccin contre la fièvre jaune. Ca par exemple ! Je savais bien qu’à un moment ou un autre ce petit carnet jaune finirait bien par me servir ! Normalement, c’est pas du tout nécessaire pour le Costa Rica. Mais en fait, il paraît que quand on vient du Pérou, ça l’est. Moi, je me dis que puisqu’entre temps je passe par les Etats-Unis, y a une chance sur un milliard pour que le type de la douane à San José me pose la question mais bon. C’est sûrement ma seule chance de sortir mon petit carnet jaune.

Un muffin et un chai latte du célébrissime Starbucks de l’aéroport de Lima plus tard (oui, il est 6h30, mon dîner n’est pas si loin mais mieux vaut tenir que courir…), je monte enfin dans l’avion. Direction Miami à 6 heures de là. J’eus pu en profiter pour dormir me direz-vous. Mais non ! Dormir c’est triché. Du coup, je flotte un peu quand j’arrive à destination. Tellement que quand le douanier me demande dans quel quartier il peut trouver un hôtel pas trop cher à Paris, je lui réponds : « Heu… dans le 15ème ? ». Cela étant dit, ça fait longtemps que j’y ai pas mis les pieds, peut-être que c’est plus très cher ? Bref, je complète ma collection de tampons dans mon passeport (ah oui, parce que, aux Etats-Unis, même quand vous n’y êtes que pour une connexion, vous vous tapez le tampon dans le passeport, le bagage à récupérer, la douane à passer, le bagage à refourguer et les rayons X qui vont bien) et je me mets à faire le pied de grue devant le tapis à bagages. Et j’attends… j’attends… Bon, le côté rassurant c’est que je suis pas toute seule à attendre. En fait, y a un petit problème avec nos bagages qui se sont visiblement égarés sur le tarmac (un jour, faudra que quelqu’un m’explique comment fonctionne un aéroport parce que des bagages qui s’égarent, c’est un truc qui m’échappe). Certains commencent à s’impatienter, faut dire que tout le monde n’a pas la chance d’avoir à nouveau 5 heures d’escale devant soi… Mais tout vient à point à qui sait attendre, mon sac à patates préféré se met à tourner sur le tapis et quelques rayons X plus tard, j’atteins enfin une zone duty free digne de ce nom. J’en profite pour avaler une salade et je me mets en quête d’une prise électrique pour ressusciter mon ordinateur. Me voilà donc à tourner autour de tous les poteaux du terminal, mon adaptateur à la main. Finalement, je trouve que l’aéroport de Miami n’est pas très computer friendly : 4 prises dont 2 qui ne marchent pas et le wifi est payant. Bof. J’arrive quand même à confirmer le transfert de l’aéroport à l’hôtel à San José (oui c’était pour ça que j’avais besoin de l’ordi, pas pour The Big Bang Theory !) et enfin, je remonte dans l’avion. Pour arriver enfin, 3 heures et un sachet de cookies plus tard à San José, Costa Rica, où, tout est bien qui finit bien, mon sac m’a suivie.

Une si belle journée ne pouvait finir qu’en apothéose, le type supposé venir me chercher n’est pas là et devant les supplications des taxis, je finis par abdiquer et laisse un de ces malheureux porter mon sac jusqu’à sa voiture. Il est 21h, j’arrive enfin à l’hôtel après une conversation plus qu’approximative en espagnol avec mon chauffeur (contrairement à l’anglais, il semblerait que quand t’es très fatigué, tu parles un espagnol tout pourri). Mais mes nouveaux colocs de chambrée sont français et eux aussi, en tour du monde alors au lieu de me rouler en boule sous mon drap, c’est reparti pour quelques heures de bavardage jusque l’un d’entre nous s’écroule donnant (enfin !) le signal que j’attends depuis près de 24 heures… c’est l’heure du dodo !

Demain, j’attaque le Costa Rica.

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Retour au purgatoire

Me revoilà donc à Quito. Après presque 2 semaines en short et les pieds dans l’eau, je reprends un peu de hauteur et je retrouve les volcans qui encerclent la ville. Le taxi qui est venu me chercher à l’aéroport est plein. Bah oui, ici, c’est aussi les vacances scolaires et quoi de mieux quand on a 9 ans et que Papa est taxi que de l’accompagner au boulot ? Et du coup, comme Maman ne veut pas s’ennuyer toute seule à la maison, elle est venue aussi. C’est donc un véritable comité d’accueil qui m’attend à la sortie de l’aéroport. Ma nouvelle copine Martha avec qui je partage la banquette arrière est drôlement bavarde. Le fait que je ne comprenne qu’un mot sur cinq de ce qu’elle raconte ne semble pas la déranger le moins du monde. Elle parle, elle parle, elle parle, elle me pose un million de questions, je baragouine de vagues réponses qu’elle trouve plus ou moins à son goût et c’est avec un début certain de migraine que j’arrive à l’hostel. Tout juste le temps de faire quelques courses à l’épicerie du coin pour le dîner et ça y est, il fait déjà nuit et comme dans tout bon purgatoire qui se respecte, on ne sort pas la nuit dans Quito

Le lendemain matin, après moultes tergiversations sur mon programme de la journée, j’opte pour… ne rien faire. Et bah oui ! D’abord Quito, c’est pas New York (ça se saurait), ensuite j’ai pas fini la saison 4 de The Big Bang Theory (oui, c’est pas parce qu’on est à l’autre bout du monde qu’on ne peut pas se cultiver) et en plus, y a des nuages et donc ça sert à rien de se taper 3 heures de marche pour ne pas voir la vue sur les alentours. Pourtant, Fourchette & Sac à Dos oblige, à l’heure du déjeuner, je me dis que je me ferais bien un dernier petit ceviche. Grâce à mon ami le Lonely je repère donc une bonne adresse et d’un pas léger puisqu’affamé, je me rends à l’autre bout de la ville (de la vieille ville, j’entends). Et bah devinez quoi ? Le resto en question vend désormais des télés et des machines à laver… Du coup, d’un pas léger et courroucé, je me rabats sur une plâtrée de riz et de poulet frits. Quand ça veut pas, ça veut pas…

Et puis ça y est, c’est l’heure de dire Adios Ecuador ! Après 3 semaines à jouer à cache-cache avec la fameuse ligne, il est temps de repasser dans l’hémisphère nord. Mais pas aussi simple à dire qu’à faire… Pour atteindre San José, Costa Rica (ma prochaine destination, donc), le RTW ticket me fait faire un véritable marathon aérien. Mais ça, c’est l’histoire de demain !

Photos ici.

AL et les requins

Après cette petite semaine de rêves à m’empiffrer de pancakes et à suivre à la lettre le programme qui m’avait été donné, me revoilà à terre, livrée à moi-même. Dur. N’ayant pas eu le temps de faire le tour de Santa Cruz avant de m’embarquer sur mon rafiot, j’en profite pour aller jusqu’à Tortuga Bay, une immense plage de sable fin sur laquelle viennent s’écraser les vagues, les surfeurs et quelques tortues (d’où son nom). Evidemment, en ce dimanche après-midi, pas une tortue à l’horizon… Bon, bah puisqu’on est là, on va pas se laisser abattre, hein ! En fait, derrière la plage principale se trouve un autre petit banc de sable tout aussi joli mais protégé par une grande dune et où la mer ressemble du coup plutôt à un lac. L’occasion de se baigner avec un bébé raie et d’essayer de rattraper mon bronzage « Tour de France ». Bah oui, une semaine en short en t-shirt sur un bateau et hop ! vous pouvez faire croire à tout le monde que vous savez monter le col du Galibier en danseuse…

Et puis, le temps file, le temps file, je fainéante, je tente de tenir à jour ce blog (no comment) malgré une connexion wifi désastreuse et hop ! c’est déjà mardi, faut changer d’île. Bah oui, parce que mon vol de retour (si, un jour, il faut quitter le paradis) ne part pas de Baltra mais de San Cristobal. Alors hop ! encore un petit tour sur un hors-bord lancé à pleine balle qui se fracasse contre les vagues du Pacifique, encore une occasion de prouver que j’ai bien le pied marin (non mâdâme, j’ai pas eu besoin d’un petit sac plastique, môa !) et 2 heures plus tard, me voilà de retour à San Cristobal. De retour parce que souvenez-vous, c’est aussi là que j’avais atterri il y a une petite dizaine de jours. Sauf que là, on n’est plus dimanche et ça change tout. Les boutiques sont ouvertes, les gens sont en terrasse et même si les lions de mer meuglent (ou un lion de mer, ça meugle, ça ne rugit pas) toujours à qui mieux mieux, on est quand même très très loin de ghost town. Du coup, je me trouve même une petite chambre à 15$ (seulement ! oui, on est aux Galapagos toujours…) sur le front de mer et alors que je suis sortie admirer le coucher du soleil, sur qui tombe-je ? Janice et Philippe, 2 de mes copains de rébellion de la semaine dernière. Eux, ils ont fait encore plus fort, ils n’avaient pas payé la croisière avant de monter à bord (ils avaient été harponné à peine descendus de l’avion) et du coup, vu la « qualité » de notre guide bien-aimé, ils n’ont pas payé la totalité du prix convenu. Ce qui leur a valu une engueulade mémorable mais ils ont tenu bon. Alors, on papote, on papote, on rigole et on finit par comprendre que c’est l’heure du dodo puisque les lions de mer ont envahi les rues et se mettent à ronfler.

Le lendemain, j’ai décidé d’affronter ma peur (il ne sera pas dit que je suis une poule mouillée) et je pars donc en bateau pour Leon Dormido, une roche qui émerge de l’océan à quelques centaines de mètres de l’île. Ce rocher aurait vaguement la forme d’un lion endormi d’où son nom. Mouais. Elle dit qu’elle voit pas bien le rapport… Et de quoi donc aurais-je la trouille près de ce gros caillou ? Bah des requins, pardi ! Ils viennent nager ici par centaines puisqu’il se trouve que tout autour du rocher viennent se nourrir tout un tas de petits poissons. Alors non, ils ne font pas 4 mètres de long (quoique… ça peut arriver si t’es sage il parait) mais plutôt 1 mètre, ce sont des bébés. Je me retrouve donc jetée du bateau en pleine mer (y a pas loin de 50 mètres de fond quand même), ballotée dans les vagues avec mon masque, mon tuba, mes palmes et ma combinaison ridicule qui n’est même pas en côte de maille… Et v’là ti pas qu’en plus, faut mettre la tête dans l’eau pour chercher les petites bêtes… Et en même temps battre des pieds pour traverser le couloir formé par le rocher. Je ne sais pas ce que j’entends le plus fort : l’alarme qui vrille mon cerveau en hurlant : « AAAAAaaaaah ! C’est infesté de requins et on n’y voit pas à 3 mètres ! Dépêche-toi de remonter sur le bateau, idiote ! » ou l’autre voix bien moins virulente qui répète constamment : « T’inquiète ! Y a des gens qui font ça tous les jours, y a aucun risque et en plus, t’es venue là exprès pour ça, t’es une grande fille, tout va bien se passer… »  Je vous laisse deviner…

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Heureusement, c’était mon jour de chance (d’autres diraient de malchance mais bon… tout est une question de point de vue, hein ?), je n’ai vu qu’une dizaine de petits requins. Et j’ai pas trainé quand on nous a fait signe de remonter sur le bateau. Mais je l’ai fait ! J’ai nagé avec des requins. Certes, j’ai pas beaucoup respiré. Certes je tremblais comme une feuille (et non, ça n’était pas à cause de la température de l’eau…). Certes, je ne recommencerai pas demain. Mais peu importe ! J’ai nagé avec des requins !! Hi hi !! Au moment de repartir, histoire de fêter ça, un requin bondit hors de l’eau en frétillant… clairement pour saluer mon exploit !

Et puis voilà. Ce soir, c’est encore déjà l’heure de refaire mon sac. Le paradis, c’est fini, demain, je reprends l’avion direction Quito. Encore ? Oui, encore. Mais là, c’est juste une escale de 24 heures.

Photos ici.

Australie – le bilan


4 294kms parcourus et 2 heures d’avion, 22 heures de bus, une cinquantaine d’heures de van et un crash (paf !).
Prix d’un lit dans un dortoir : 22AUD (dollars australiens, relativement équivalents aux dollars US)
Prix d’un emplacement de camping : 18 à 25AUD (pour une personne)
Prix d’un repas : 20AUD au resto… vaut mieux faire ses courses
Prix d’un McDo : 6AUD
Prix d’une bouteille d’eau : moins d’1AUD
Ce qui va me manquer : Sydney, son opéra, ses parcs, son soleil, ses banlieues chics où se cachent quelques iguanes bien dodus, les kilomètres de plage au sable blanc et aux vagues parfaites, les surfeurs partout, l’accueil chaleureux des Aussies, la viande rouge (mmmh !), le petit cocon de Ben, les couchers de soleil à tomber par terre, les petits poissons qui barbotent dans la Grande Barrière de Corail, les sandwiches à l’avocat, les balades le long des falaises, les barbecues partout partout, les dauphins qui sautillent dans les vagues (rhôlala, qu’est-ce que c’était bien…) et bien sûr, les kangourous.
Ce que je ne vais pas regretter : pas grand-chose mais les trous inopinés dans le bitume, les longues heures déprimée dans le bus et le coût de la vie (bah si, c’est un peu cher tout ça quand même…)
La phrase qu’il fallait retenir : Euh… could you please help me call the insurance ? My cellphone
isn’t working here…
No comment.
Bien. L’Australie. Alors…
Je pourrais résumer la question par un : « Pfff… c’était troooop bien… » Mais ça serait un peu court jeune homme.
Passés les premiers jours et le choc du coût de la vie quand on vient de traîner son sac un peu plus de 6 mois en Asie, l’Australie a tenu toutes ses promesses. Les gens sont ultra détendus, über friendly (« Hey ! What’s up guys ? Where are you from ?… Oh ! Really ? Nice ! »), vous ouvre grand leurs portes, vous aide quand vous êtes dans une situation qui peut sembler désespérée, bref, les Aussies, on ne peut que les aimer. On pourrait tout de même vaguement leur reprocher de ne pas (ou peu) voyager. Mais moi, j’habiterais dans leur pays, je vois pas ce que j’irai chercher ailleurs… Des paysages à couper le souffle, des plages de dingues, du barbecue en veux-tu en voilà, des falaises, des dauphins, des iguanes, des chauve-souris, des kangourous en pagaille… et encore ! je me suis limitée à l’exploration de la côte est ce qui est loin d’être représentatif du pays tout entier.
Je pourrais peut-être juste regretter de ne pas du tout avoir eu d’aperçu de la culture aborigène. Je n’étais clairement pas dans la région la plus concernée mais je le seul aborigène que j’ai vu était un type qui jouait du didgeridoo sur les docks de Sydney en faisant la manche… pas vraiment authentique.
Alors évidemment, ce malheureux petit crash et la mort du Ben ont quelque peu chamboulé mes plans. Déjà que 3 semaines, c’était un peu juste, mais quand t’en passes une coincée sur une plage du bout du monde à attendre que tes côtes veuillent bien se réassembler, on n’est assez loin de l’optimisation. Du coup, j’ai la sensation d’avoir un peu « foiré » l’Australie. Et quand je suis montée dans l’avion direction le pays suivant, je n’ai fait qu’un seul constat : va falloir revenir et cette fois, faudra pas mégoter sur le nombre de semaines !

Malgré tout, l’Australie va probablement rester un des temps forts de ce voyage. Les moments passés dans la famille de Dawn ont été fantastiques. Une expérience vraiment différente. Je ne saurais comment les remercier pour m’avoir fait vivre « à l’australienne » pendant quelques jours. Ce fût un vrai bonheur. J’aimerais pouvoir leur rendre la pareille si un jour ils s’aventurent jusqu’à Paris. Encore mille fois merci.

 
Alors c’est pas parce que je suis un peu passée à travers qu’on va se laisser abattre ! Et pour que je ne sois pas la seule à avoir envie de revenir, je vous offre (ouais, allez, c’est cadeau) 5 minutes et demi de belles plages, de surfeurs blonds et bronzés et de couchers de soleil qui laissent sans voix…

 

La croisière s’amuse

Au petit matin, tout le monde est sur le pont pour le petit déj. Et on fait bien : french toasts, assiettes de fruits, œufs brouillés, bacon, jus de fruits frais… mmmh ! les vacances commencent bien ! Et oui. Les vacances. Parce que quand quelqu’un s’occupe de mon emploi du temps au point de planifier les heures des repas, j’appelle ça des vacances… D’ailleurs, à propos du quelqu’un en question, il s’agit du guide naturaliste, indispensable à toute expédition dans les Galapagos, qui dans notre cas s’appelle Christian. La veille, Christian a été très clair : il faut être très respectueux des horaires car ce sont les autorités du parc qui valident les itinéraires et nous autorisent l’accès à certains endroits à certaines heures. Et puis il nous a aussi énuméré les règles essentielles du parc : 1/ ne RIEN toucher, ni les plantes, ni les animaux, ni rien du tout et 2/ toujours rester groupés.

En attendant, à 7h30 pétantes, toute la troupe est sur le pont, prête pour notre première escale à Chinese Hat. Tout le monde ? Noooon… Christian manque à l’appel… et il ne se pointera qu’une bonne heure plus tard avec visiblement ce qu’on appelle une sacrée gueule de bois. Bien. Après nous avoir distribué nos équipements de snorkeling, il nous fait grimper dans un petit zodiaque pour débarquer sur la plage de Chinese Hat. L’eau est turquoise, le sable blanc et fin comme de la farine et quelques lions de mer font la sieste au soleil… les Galapagos tiennent toutes leurs promesses ! Après un petit tour sur l’île à contempler les coulées de lave et les bébés lions de mer qui tètent leurs mères, c’est l’heure de se jeter à l’eau pour aller voir de plus près ce qui se passe là-dessous. Malheureusement, la visibilité est plutôt réduite et l’eau est gelée (oui, 16°C, c’est gelé). Ça n’empêche pas deux de mes nouveaux copains d’apercevoir un requin qui barbote tranquillement le long du rivage…

Quand on ressort de l’eau, on constate que Christian n’est plus sur la plage. Le zodiaque non plus. Bon. De toute façon on est sur une île déserte, y a rien d’autre à faire qu’attendre, alors on étale nos serviettes en rang d’oignon et on bronze. Une demi-heure plus tard, le zodiaque revient nous chercher. Le déjeuner nous attend à bord. Mais pas de trace de Christian. A peine les assiettes débarrassées, le bateau reprend la mer. Selon le programme qui nous a été présenté la veille, on est censés faire route vers l’île de Baltra pour récupérer d’autres passagers. On demande confirmation à l’équipage parce que vu l’heure, on risque d’être bien en retard pour la suite de la journée si on va jusqu’à Baltra. Alors, soit on est tous très mauvais en espagnol, soit la situation est assez confuse pour tout le monde parce qu’on obtient une demi-douzaine de réponses différentes. En fait, en milieu d’après-midi et au beau milieu de l’océan, un zodiaque nous rejoint avec à son bord 4 nouveaux passagers et… Christian ! Du coup, on est quand même plus que sacrément en retard pour notre deuxième étape de la journée, Rabida. Pareil, on accoste sur la plage et on fait un petit tour sur l’île en admirant quelques oiseaux et de jolis cactus. D’ailleurs, Christian ramasse par terre un morceau de cactus et s’amuse à faire des oreilles de Mickey… OK… je croyais qu’on devait RIEN toucher… ah non, en fait Christian nous dit qu’on peut toucher ce qui est par terre. Très bien. On en déduit donc que les lézards qui sont par terre, c’est OK, les lions de mer qui sont par terre, OK aussi…

Après le dîner, Christian nous annonce que finalement, c’est cette nuit qu’on va faire route vers Baltra, qu’on doit encore récupérer d’autres passagers. Très bien. De toute façon, l’excuse initiale pour aller à Baltra, c’était d’y faire le plein d’essence alors j’imagine que ça, on en a toujours besoin…

Le lendemain matin, ô surprise, pas de nouveaux passagers à bord… et Christian est d’une humeur de chien. En fait, il n’est pas seulement guide à bord, il est aussi associé au propriétaire et il était tout à fait dans son intérêt que le bateau soit plein. Malheureusement pour lui, on doit continuer notre itinéraire et on va bientôt être trop loin pour pouvoir récupérer qui que ce soit. Cela étant dit, nous, on s’en fout. On profite du soleil sur le pont, on scrute les profondeurs pour essayer d’apercevoir des requins, des baleines et des orques (oui, tout ce joli petit monde barbote dans les eaux bleues des Galapagos mais par un malencontreux hasard, on ne verra personne…) et on commence à fomenter une rébellion contre notre chaperon. Parce qu’en plus d’être limite sympathique, il se trouve que ces connaissances de naturaliste sont également limitées. Voire complètement fausses. On lit des informations contradictoires dans les guides sur la faune et la flore qui sont à bord. Et quand on essaye de poser des questions, on se fait carrément rembarrer. Le problème c’est qu’on ne peut pas se débarrasser de lui et que l’affronter risque de compromettre l’ambiance pour la fin de la semaine. Alors on rumine. A voix basse. Et dans son dos, bien sûr.

Et d’ailleurs, la semaine se passe plutôt bien. Plutôt très bien même. Le beau temps est au rendez-vous presque tout le temps, les lions de mer viennent jouer avec nous durant nos séances de snorkeling (ouais, finalement, 16°C, c’est comme tout, on s’y habitue…), les iguanes s’entassent par centaines dans une atmosphère nauséabonde, les fous à pieds bleus dansent joyeusement sur les rochers, les tortues géantes broutent au fond de l’eau et les requins m’évitent prudemment. M’évitent moi. Parce que les autres, ils en voient. Mais moi pas. En même temps, pas si sûr que ça que j’ai tellement envie d’en voir… en particulier quand on se trouve dans l’eau en même temps. Bref, c’est vraiment très chouette. En plus, tout le monde s’entend très bien (faut dire qu’on a un point commun évident, on est tous remontés comme des coucous contre Christian) et la semaine défile donc gentiment.

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Alors… de l’intérêt de faire une croisière quand on vient aux Galapagos, oui ? non ? Moi, je dirai oui. Pas à tout prix mais quand même, on en voit beaucoup plus que si on se cantonne aux sites accessibles depuis les îles principales. Moi, j’ai appris que lorsqu’une maman lion de mer a son premier petit, la gestation ne dure que 7 mois alors que quand elle a les suivants, ça dure 9 mois. Et puis que les raies mantas ont beau faire jusqu’à 9 mètres d’envergure, ça ne les empêche pas de bondir hors de l’eau pour faire des sauts périlleux. Et qu’il ne faut pas croire que les tortues c’est lent pour tout. Quand ça veut te bouffer un doigt, ça mord plus vite que son ombre. Ou qu’il ne faut pas se coucher sur la plage à moins de 3 mètres qu’un papa lion de mer… Par contre, si il y a moyen de checker le niveau du guide avant de partir, faut pas hésiter. Je pense que de très bien, la croisière serait devenue génialissime.

Question budget, oubliez tout ce que vous croyez savoir avant d’arriver. Ici, on mange dans la rue pour 12$ et on trouve ça « pas cher »… Idem pour les croisières. Les premiers prix démarrent à 1400$ la semaine quand on réserve depuis Quito ou Guayaquil. Ça vaut donc vraiment la peine de débarquer à Santa Cruz et de faire le tour des agences pour trouver un last minute deal. Je m’en suis sortie pour 900$ la semaine sur un bateau première classe. Et comme je n’ai pas donné de pourboire au guide…

Photos ici.

Et de 10 !

Bon bah là…

C’est vrai, parfois, les anniversaires, ça craint. Mais là, fêter mes 10 mois à travers le monde en sirotant un petit cocktail sur le pont de mon bateau entre 2 îles aux Galapagos… j’crois que j’aurais difficilement pu faire mieux ! Allez, arrêtez de faire la tête, chez vous au moins, c’est l’été !

10 mois, 14 pays, 2 vans, plus de 10 000 photos, 3 plongées, des tas d’endroits où j’ai envie de revenir et encore plus de nouveaux où j’ai envie d’aller…

Et doucement mais sûrement, la ligne d’arrivée qui se profile… Mais pour le moment, n’y pensons pas ! Le programme des prochains mois est en train de se mettre en place gentiment mais chut ! je vais pas tout vous raconter maintenant, je vous fais la surprise…

Allez, je retourne mettre un peu de crème solaire, faudrait pas gâcher ce délicieux bronzage…