PCT Day 21 : 24 miles baby!!

de Big Bear (mile 266) au Mile 290

Les meilleures choses ayant une fin, il était temps de quitter Big Bear. On monte donc dans la voiture qui fait le shuttle entre l’hostel et le trail à 7h30.

Et comme on est frais comme des gardons (ça fait 2 jours qu’on n’a pas levé le petit doigt…), on va enchaîner 24 miles. 24 miles baby!! Ça y est, on a passé la seconde. En même temps, fait dire que y a pas vraiment de gros dénivelés aujourd’hui. C’est juste des kilomètres à avaler. Enfin, des miles…

Pourtant, malgré tout ce repos, ma cheville droite montre des signes de fatigue. Vas-y que ça se tord dans tous les sens, vas-y que j’arrête pas de trébucher…

A un moment, alors que je fais une pause tortilla-beurre-de-cacahuètes-fromage, je vois arrivee Alin et son chien. Alin est d’origine roumaine mais il habite dans le coin et il me donne son numéro de téléphone en me disant que si on est mal pris avec la météo dans les jours qui viennent, pas de souci, je l’appelle et il viendra nous chercher et nous hébergera. Moi, ça continue de m’épater les gens comme ça… Pendant qu’on papote, son chien arrête pas de sauter et de jouer autour de nous. Soudain, il se jette à plat ventre et ne bouge plus. Alin dit  : « Ah! Attends. Bouge pas… Ah bah oui, y a un gros rattlesnake caché derrière ce tronc… » Moi je demande si je peux garder le chien.

Ce soir, on campe en petit comité : Spider, SB et moi. Ça fait bizarre de pas avoir toute la petite famille. Mais je fais par hasard la plus grande découverte culinaire du trail jusqu’à maintenant : Idaho mashed potatoes avec parmesan et spicy thai tuna… mmmh! Un délice !!

Les prévisions météo pour le week-end sont pas très fun : pluie et neige. On espère passer entre les gouttes mais rien n’est moins sûr…

PCT Day 19&20 : Double Zero à Big Bear

Alors non, 2 jours de RTT ça n’était pas absolument nécessaire. Mais qu’est-ce que c’était bien…

Le premier jour, on a passé la journée à regarder des films de kung-fu à la télé, faire des courses pour préparer les prochains colis, préparer nos food bags pour la prochaine étape, bref… un zéro tout ce qu’il y a de plus banal. Dans la journée, le reste de la troupe est arrivé : Emily et Urs qui n’avait skippé la veille, SB, Lucie et Eike et enfin Jack et Alex, les 2 frères australiens. Aujourd’hui, d’ailleurs, c’est l’anniversaire d’Alex. 21 ans, ici, ça se fête en grandes pompes. On s’est donc tous retrouvés dans notre petite chambre  d’hôtel en début de soirée pour qu’Alex souffle ses bougies (on avait fait un gâteau, fait un beau glaçage, trouvé des bougies…), puis après cet apéro, on s’est mis en quête d’un restaurant. Celui avec plus de 24 bières pression différentes derrière le bar a retenu notre attention. Après le dîner, on a poursuivi notre soirée dans un premier bar qui était déjà sur le point de fermer alors on a du se réfugier dans un deuxième bar qui était en train de fermer aussi et alors qu’on commençait à perdre espoir, on a trouvé le Graal : un bar ouvert avec billard et karaoké… Le reste de la nuit est nébuleux mais fantastique, fait de shots de vodka, de tequila, de photomatons où on s’entasse à 12, de massacres de tubes interplanétaires et de rires. A night to remember…

Le lendemain matin, Emily, Josh et Urs décident de repartir sur le trail. Le reste de la bande n’est pas en état… J’hésite un moment mais l’idée de mettre un pied devant l’autre est bien trop compliquée.

Du coup on traîne, on va à la poste, on traîne encore… en début d’après-midi je me dis que j’aurais dû me forcer à partir ce matin, 2 jours, c’est trop. Mais en même temps, y a pas mort d’homme et on avance plutôt correctement. Seules les prévisions météo pour les prochains jours me font froncer le sourcil : pluie et neige pour ce week-end. Pluie et neige??? Mais on n’est pas censés être en Californie???

On finit la journée avec ceux qui sont restés et les nouveaux qui arrivent. C’est drôle, on se suit tous plus ou moins alors on croise très souvent les mêmes personnes à 1 ou 2 jours près, on prend des nouvelles… « Ah ! On croyait que vous étiez devant nous ! » On finit par aller écouter un peu de musique live dans un bar mais cette fois, on reste très raisonnables. Le trail nous appelle. Demain, on y retourne.

PCT Day 18 : Lazy part-time hikers

du Mile 240 à Big Bear Lake (mile 266)

C’est officiel, on en a plein les pattes et on décide de skipper au mile 250 après le zoo. Parce que oui, y a un zoo. Au beau milieu de nulle part. Enfin un zoo… y a 3 pauvres cages qui se battent en duel avec des animaux plus tristes que la mort qui tournent en rond. 2 ours et 1 tigre. Il paraît que ce sont des animaux entraînés pour tourner dans des films à Hollywood. Le spectacle ne fait pas rêver pourtant…

On avait prévu de s’arrêter au Mile 250 mais la route n’existe plus et on va tout de même faire 2 miles de plus. Pas si lazy que ça finalement… Il nous faudra tout de même plus d’une heure pour trouver une voiture pour aller en ville. La dame qui nous prend est hyper gentille : elle nous emmène à la poste avant de nous déposer juste devant l’hostel où on a prévu de poser nos sacs.

Le manager de l’hostel, Sarge, est un personnage a lui tout seul. Il connaît bien les hikers puisqu’il n’accueille quasiment qu’eux pendant toute la saison. Le discours est bien rôdé mais clairement, pour que la boutique tourne corerctement, faut des règles. On a du savon, du shampoing, de la lessive… ça ressemble bien à un paradis pour hikers… Mais avant de poser nos sacs, on commence par aller dévorer un gros burger accompagnés de mai-tai à 5 dollars.  Une fois l’estomac plein, on revient à l’hostel et puis c’est douche, laverie et comatage devant des films de kung-fu en attendant que ça sèche.

Demain, le reste de la bande arrive et on s’offre un zéro.

PCT Day 17 : Something in the water…

du Mile 226 au Mile 240

Il a fait super chaud pendant la nuit mais qu’est-ce que j’ai bien dormi !! Pourtant j’aurais bien besoin de 12 heures de sommeil supplémentaires…

Le démarrage est difficile et ça va être comme ça toute la journée. Heureusement, c’est pas que moi… Tout le monde lutte. There must be something in the water.

A midi, je fais même l’impasse sur le déjeuner et je fais une petite sieste à l’ombre d’un gros arbre, couchée par terre.

Y a de gros dénivelés, des montées super raides et pas moyen de sortir la tête de l’eau. Cette journée est un supplice.

On arrive à un camping à 15h30. C’est le dernier point d’eau pour les prochains 16 miles alors on décide d’arrêter là pour aujourd’hui.

On est dans une zone qui a brûlée il y a moins de 2 ans et ce n’est pas très clair si on a le droit de camper là ou pas mais ce soir, y a 19 tentes autour de nous…

Demain, Spider, Josh et moi, on décide de s’arrêter au Mile 250 et de faire du stop pour rejoindre Big Bear. On en a plein les pattes…

PCT Day 16 : Pique nique à la plage

de Cabazon (mile 209) au Mile 226

La nuit a été horrible. Le vent n’a pas arrêté de souffler et de nous recouvrir de sable et de poussière. Le cowboy camping c’est chouette mais seulement quand la nuit est calme. Malgré la nuit pourrie, on prend que le second ride (toujours à l’arrière du pick-up de Dennis) vers le trail et on démarre assez tard (8h30).

Pourtant on avance bien. On passe un champ d’éoliennes, puis on se fait une petite montée qui tue où je retrouve enfin mon rythme des Alpes. Là voilà, la montagne !! Et puis on arrive au bord d’une rivière juste au moment du déjeuner. Urs et Josh se plongent dans l’eau gelée. On fait une supet longue pause déjeuner, on cuisine, on fait même la sieste. 

On repart vers 15h. Y a encore des miles à couvrir, la journée n’est pas finie. Pour commencer, faut traverser la rivière. J’enlève mes chaussures mais les garçons trouvent un meilleur passage et s’en sortent sans se mouiller les pieds. On fait encore 6 miles de plus sur les crêtes (la vue est magnifique) pour arriver à Mission Creek. Y a plein de place pour nos tentes, on est crevés, on arrête pour aujourd’hui.

Au dîner, je pense déguster un délicieux mac&cheese que j’ai fait tremper toute l’après-midi dans l’eau froide pour économiser le gaz de ma cartouche et que je fais à moitié brûler en le réchauffant… j’ai encore des progrès à faire en trail cooking… Finalement, on se couche de bonne heure. Les grenouilles croassent fort dans la rivière mais on n’a pas de vent et on a du sommeil à rattraper…

PCT Day 15 : Fuller Ridge

du Mile 187 à Cabazon (mile 209)

Finalement, la nuit n’est pas si froide. Par contre, je suis encore une fois bien contente d’avoir mes gants pour démarrer la journée et ranger la tente…

On est relativement efficaces ce matin et on arrive à prendre le petit dej et à lever le camp avant 7h30.

Y a encore beaucoup de neige et ça nous ralentit beaucoup. En pkus, on sait qu’aujourd’hui on doit passer Fuller Ridge qui est censé être LA partie super-difficile-super-enneigée-mets-tes-crampons-sinon-t’es-foutu. Bon, pour l’instant on est lents mais ça va. On arrive au campground au mile 190 et on s’aperçoit qu’en fait, on vient de passer Fuller Ridge. Comme ça, sans même s’en apercevoir. Beaucoup plus facile que ce qu’on croyait. On seraitvpresque déçus du coup…

Après ça, c’est 15 miles de descente interminable dans eau jusqu’à un robinet dans la vallée. C’est l’enfer : plus on descend, plus il fait chaud et 15 miles c’est hyper long. En fin d’après-midi, je double un autre Français qui lui aussi a droit à sa dose de commentaires sur le forum dont je parlais l’autre jour mais lui, sans doute parce que c’est un mec, il s’en sort plutôt pas trop mal. Je dois dire que je suis toute contente de le doubler même si ça ne dure pas longtemps et qu’il me rattrape à l’arrivée. 

Arrivés en bas on appelle un trail angel, Dennis, qui offre de venir nous chercher et nous amener chez lui pour passer la nuit. Fait dire que y a pas foule d’options piur le camping dans le coin… Mais avant, il faut encore faire 4 miles pour arriver à l’autoroute où Dennis vient nous récupérer. 4 miles au pas de charge, dans le sable puisque nous revoilà dabs le désert. A un moment, je lève le nez pour regarder passer un de ces interminables trains de marchandises et… je trébuche et je tombe, cette fois, sans me blesser…

On arrive enfin à l’autoroute. Sous le pont, comme un mirage, y a du trail magic : du coca et des bières fraîches. Alleluia !! Dennis arrive un peu après dans un vieux pick up bleu et on grimpe à l’arrière. « Freedom is a ride in the back of a pick up truck ». Il nous amène chez lui à Cabazon. On retrouve Bee et Matthias ainsi qu’une bonne douzaine d’autres hikers. Mais on n’est pas venus là pour papoter. On prend un Uber pour aller chercher des burgers au In-N-Out. Le In-N-Out, c’est comme un McDo qui n’existerait que dans l’ouest du pays. Et officiellement, c’est les meilleurs burgers de fast-food du monde. Ou du pays mais ne chipotons pas. On s’entasse donc à 5 dans la voiture et on file au In-N-Out. En faisant la queue pour commander,  les gens nous regardent : on est dégueu et on s’en rend même plus compte… On revient manger à la maison (c’était pas vraiment la peine d’en faire des caisses sur les burgers : ça vaut n’importe quel McDo…) puis on se couche dans le jardin en rang d’oignon. Ce soir c’est cowboy camping.

PCT Day 14 : Et soudain, la neige…

de Idyllwild (mile 179) au Mile 187 en passant par Devil Slide Trail

Ce matin, on n’est pas vraiment pressés. Va falloir quitter notre petit paradis d’Idyllwild et franchement, aucun d’entre nous n’a hâte de se remettre en route. On a donc prévu de profiter au maximum et de partir juste après le check out en fin de matinée.

On commence donc par aller se remplir l’estomac au Red Kettle : la town food c’est quand même autre chose que la trail food… Quand on revient à la maison, Urs s’aperçoit qu’il a perdu son portefeuille. On cherche partout, il vide son sac 1 fois, 2 fois, 3 fois… rien à faire, on remet pas la main dessus. Au moment où il va appeler sa banque pour bloquer sa carte bleue, on retourne une dernière fois le canapé. Genre retourne. Complètement. Et Spider finit par mettre la main sur le précieux portefeuille… Bon, plus d’excuses, va falloir y aller maintenant…

On se met en rang d’oignon le long de la route et on lève nos pouces. Y a 2 miles jusqu’au trailhead et si y a moyen de pas les faire à pieds, on est preneurs… Et ça marche ! 2 voitures s’arrêtent en même temps et toute la bande se fait déposer au pied du Devil Slide Trail qui nous permet de rejoindre le PCT juste après la fire closure.

La première montée est super difficile et puis après c’est encore pire. On sait pas si c’est le poids de tout ce qu’on a ingurgité en 24 heures ou simplement le fait que ce soit les premiers vrais dénivelés qu’on attaque mais la reprise est rude !!

Et puis soudain, après un énième lacet… la neige !!! Il y a quelques jours à peine on crevait de chaud dans le désert et là, on a les 2 pieds dans la neige… « Il est fou ce temps » comme dirait l’autre…

On pourrait aller grimper au sommet du mont Jacinto mais on préfère rester sur le trail et avancer le plus loin possible. Josh décide d’aller voir le sommet tout de même. Tout le monde nous a dit qu’il fallait « absolument » des crampons pour cette partie du trail mais jusque là ça semble plutôt facile. On suit donc prudemment les traces de pas de nos prédécesseurs jusqu’à une rivière qui est censée être un tout petit cours d’eau à franchir en sautillant et qui se trouve être en fait un torrent glacé qui fait bien flipper… 

Toute cette neige nous ralentit et ce soir, on s’arrête un peu plus tôt que prévu. On est haut, il fait froid et après 45 bonnes minutes d’efforts combinés, on arrive à s’allumer un feu de camp. Josh a réussi à nous  rejoindre mais il a les pieds trempés et essaye de faire sécher ses chaussettes en les faisant tournoyer au dessus du feu. Il y a du vent et on ne veut pas déclencher accidentellement un feu de forêt alors dès qu’il fait noir, on verse une bonne quantité de neige sur notre petit brasier et on se dépêche d’aller se mettre au chaud dans nos sacs de couchage.

PCT Day 13 : Un zéro à Idyllwild

Traîner au lit. C’est tellement bon. Je finis par m’extirper de ma couette vers 8h. 8h !!!! La grasse mat’ du siècle !!!

Ce matin, on a décidé de se faire à manger. On veut aller au supermarché pour acheter plein de trucs délicieux mais àa n’ouvre pas avant 9h. 9h !!! C’est quoi ces gens qui travaillent à mi-temps !!! On crève de faim, nous !!!

On finit quand même par réussir à se faire un petit-dej / brunch de malade : oeufs brouillés, bacon, salade de fruits, pancakes, … Rien à dire, on en profite de notre zéro !!

Dans l’après-midi, je retourne à la Poste pour réexpédier ma bounce box jusqu’à Tehachapi après avoir remis à niveau ma pharmacie et mon dentifrice. Je vais aussi acheter une nouvelle paire de chaussures. Les miennes n’étaient pas neuves en arrivant et il n’y a plus aucun grip sur l’avant. Ca n’aide pas ma tendance naturelle à me vautrer tous les 10 pas. 120 dollars plus tard, j’ai des chaussures flambant neuves aux pieds… 

En fin d’après-midi, chacun commence à refaire son sac. On compare nos food bags. « Wow ! Le tien est 10 fois plus lourd que le mien ! J’ai peut-être pas pris assez… » Et puis on prépare l’apéro : ce soir on a invité tous nos copains. On est une petite quinzaine là, dans le salon. Y a Lucie, une autre Française  avec qui j’étais en contact avant de partir. On est parties avec un jour de décalage et on n’arrête pas de se croiser. On s’était rencontrées sur un forum français qui parlait du PCT. Y en a pas beaucoup. Ce soir, Lucie me dit : « Tu devrais regarder sur le forum, tu vas rire, ils parlent de nous ! ». Je me connecte et je manque m’étouffer avec ma bière. Je découvre que des gens que je ne connais ni d’Eve ni d’Adam et à qui je me suis adressée peut-être 3 fois pour des questions logistiques passent leurs journées à discuter de nos « performances » sur le trail. Des gens qui ont, certes, fait le trail l’année dernière, se permettent de s’aut-proclamer « experts du PCT » et jugent que j’ai choisi de faire un PCT « humain » puisque je préfère traîner avec mes nouveaux copains plutôt que de marcher toute eule comme une forcenée et ils trouvent ça contre-productif. Les commentaires me concernant ne sont pas flatteurs et Lucie n’est pas mieux lottie. Ils ont même fait un graphe pour comparer les différents Français qui sont sur le trail cette année. Je montre ça à mes nouveaux copains qui s’étranglent à leur tour quand ils découvrent que des petits Frenchies se permettent de les traiter de feignasses sous prétexte qu’ils n’enchaînent pas les miles et qu’ils préfèrent profiter de leur aventure en rencontrant des gens, en discutant avec eux et en engrangeant les souvenirs de soirées mémorables et de fous rires.

La soirée se finit avec Josh qui répète à n’en plus finir une bordée d’injures en français, ce qui nous fait hurler de rire…

Juste une petite précision ici. Je n’ai rien contre les gens qui font le PCT pour le côté « sportif » du trail. Moi, ce que j’adore, c’est rencontrer tous ces nouveaux copains, avoir mal aux côtes tellement on rit et avoir déjà un paquet d’histoires différentes à raconter sur chacun. Les miles, on les fera. Jusqu’au Canada. Quoi qu’en disent une bande d’inconnus frustrés qui pensent que réussir le PCT c’est n’adresser la parole à personne pendant 380 miles et dénigrer tout ce qui concerne les Etats-Unis et les Américains. Voilà. Ca, c’est dit.

PCT Day 12 : Paradise Valley Café 

du Mile 149 à Idyllwild (mile 179)

Y a eu énormément de vent cette nuit mais la tente tient hyper bien. Ca n’a pas empêché la poussière de rentrer partout et j’essaye de vider mon sac de couchage avant de le ranger. Je matin, je zappe le petit déj. Pas le temps. On est à seulement 4 miles du Paradise Valley Café, réputé pour servir les meilleurs burgers du trail. Et après, on fera du stop jusqu’à Idyllwild où on a prévu de passer notre premier zéro. Un zéro, c’est un jour où tu fais zéro mile. Tu marches pas. C’est comme un RTT.

Bref, on est tous super pressés d’arriver au café. On a même fini par convaincre Emily de venir avec nous à Idyllwild et de ne pas faire le détour imposé par la fire closure autour de Idyllwild. Oui, on a choisi de skippé 10 miles de trail. Les puristes s’exclameront donc qu’on n’est pas des vrais thruhikers puisqu’on ne marche pas tous les miles du trail mais franchement, ça ne me fait ni chaud ni froid. Et aux autres non plus d’ailleurs. La perspective de passer presque 2 jours complets en ville tous ensemble est bien plus attrayante.

De bon matin et avec le vent toujours bien présents, il fait vraiment super froid et je suis bien contente d’avoir garder mes gants et de ne pas les avoir envoyés à Kennedy Meadows. Le petit dej en terrasse au soleil est un vrai délice. Ils ne servent pas les burgers avant 11h mais l’omelettre au fromage et à l’avocat est un délice…

Une fois les estomacs remplis, on se met au stop. Quelqu’un propose d’emmener 3 d’entre nous en ville contre 10 dollars par personne. Il est encore tôt, je décide de tenter ma chance avec Spider et Josh. Les gens ont l’habitude de voir des hikers sur cette route et s’arrêtent facilement. On va avoir 3 rides différents hyper sympas. Pour un de nos chauffeurs, c’est la première fois qu’il prend des auto-stoppeurs. « Avec vos sacs à dos et vos down jackets, j’ai tout de suite reconnu que vous étiez des hikers !! »

Quand on arrive à Idyllwild, les autres sont déjà arrivés et nous ont trouvé un cabin de luxe pour 9 personnes pour 450 usd et pour 2 nuits. Une maison entière, rien que pour nous. On sautille de joie.

Après, c’est juste un town day ordinaire. Prendre une douche, faire des courses, glander devant la télé, aller à la poste, boire des bières, acheter un pull au thrift shop pour 1 dollar pour avoir quelque chose à se mettre sur le dos pendant qu’on fait la lessive, manger des bonbons allongée sur le tapis devant la cheminée… On regrette pas une seconde de ne pas avoir fait les 10 miles manquants…

PCT Day 11 : Une journée ordinaire dans le désert 

du Mile 131 au Mile 149

Aujourd’hui, c’était juste une journée ordinaire dans le désert. J’ai vu 2 rattle snakes (serpents à sonnettes) et j’ai presque pas eu peur.

Y a vraiment pas beaucoup d’eau dans le coin mais on peut compter sur les water caches maintenues par des trail angels. A la première cache, il y a un registre. Dedans on trouve un petit mot de Bee, une hikeuse allemande qu’on n’a pas vu depuis plusieurs jours, à notre attention. « Spider, Josh, Urs, Emily, Graeme, Anne Lise… we miss you ! » Elle est passée par là la veille. On est contents de se dire qu’on va la recroiser bientôt.

Un peu plus loin, il y a une autre cache. Là, comme c’est pas très loin de la route, y a même une glacière avec des sodas, une table de pique-nique et une mini bibliothèque au cas où on aurait envie de faire une pause culture.

Depuis quelques jours, j’ai pas très faim. Faut dire qu’il fait vraiment chaud et que les menus ne sont pas très variés. D’ailleurs, faut que j’arrête les M&M’s. J’en ai plein dans mon trail mix et j’en suis déjà fatiguée… ça promet !!

On s’arrête pas très tard aujourd’hui. Y a beaucoup de vent et de nuages en cette fin d’après-midi. Comme y a pas grand chose à faire quand on marche pas, on prépare le dîner chacun sur son réchaud. Il est 16h30. J’ai essayé de nettoyer mes mains ce soir. J’ai utilisé 3 lingettes et le résultat était toujours relativement douteux. J’ai abandonné…