T’es cap ou Tekapo ?

(Oui, je sais, c’est nul, mais j’ai les neurones englués dans le sucre, c’est pas ma faute…)

Une fois que j’ai englouti mon quintal de chocolat, j’ai roulé (c’est le cas de le dire) avec Ben jusqu’à Moeraki, un petit village de pêcheurs sur la côte quelques kilomètres plus loin. Sur la plage de Moeraki se trouvent des formations rocheuses étonnantes. Enfin, ça, c’est à marée basse. Parce qu’à marée haute, la plage, elle n’est plus là, restent les dunes. Comme le timing ne peut pas toujours être parfait, j’ai bien failli sauter à pieds joints dans la vase. Et puis, comme quelqu’un quelque part avait dû décider que j’avais eu mon quota de bonnes choses pour la journée, il s’est remis à pleuvoir…

Le lendemain matin, après avoir vérifié les horaires des marées et accompagnée par un soleil radieux et un ciel (presque) sans nuage, je suis donc retournée sur la plage. Et là, j’ai compris pourquoi tout le monde se précipite ici. Il s’agit de contempler les restes d’une partie de pétanque dinosauresque. « Alors ? Tu tires ou tu pointes ? » Visiblement, y en a un ou deux qui ont pointé, sauf que la pierre, ça ne rebondit pas, ça se brise. Mais c’est rigolo. On se demande bien pourquoi ces pierres sont toutes rondes, toutes lisses, toutes bizarres à l’intérieur et surtout comment elles sont arrivées ici.

J’ai décidé ensuite d’aller dire au revoir au Mount Cook. Les nuages semblaient loin, j’avais été obligée d’enlever ma polaire sur la plage tellement il faisait chaud, je me suis dit que pour une fois, je verrai les sommets de ces foutues montagnes. Alors j’ai quitté la péninsule d’Otago et après un petit arrêt à Oamaru, capitale du Steampunk (un art étrange qui consiste à fabriquer des machines à remonter le temps ou à autre chose à vapeur) dont le centre-ville abrite les plus beaux bâtiments victoriens de Nouvelle-Zélande (et les plus mauvais croissants), j’ai pris la route des lacs.

La Nouvelle-Zélande, c’est pas si large. Alors dès qu’on tourne le dos à la mer, les montagnes apparaissent. Mais avant de se retrouver le nez dans les virages en épingle, on traverse de grandes plaines, grandes et vides. Apparemment, y a quand même quelques Maoris qui sont passés par là quelques centaines d’années avant et qui ont laissé quelques peintures rupestres mais honnêtement, faut avoir des rayons X à la place des yeux pour apercevoir la moindre trace de quoi que ce soit.

Et puis, soudain, on y est. Après une large courbe, il apparaît. Bleu fluo, immense, encerclé par les montagnes, beau à couper le souffle (comme d’hab), le lac Pukaki. D’ailleurs, ils ont bien prévu le truc. Juste après le virage, y a le Information Center et un parking grand comme 2 terrains de football parce que tout le monde s’arrête pour prendre LA photo. Faut dire qu’après 2 heures de route dans la cambrousse déserte uniquement parsemée de moutons, ça fait un sacré contraste. Et en plus, comme si ça ne suffisait pas, juste en toile de fond, comme si tout ça avait été prévu pour leur servir d’écrin, les neiges du Mount CookPfff… qu’est-ce que c’est bôôôôôô…

Mais moi, tout ça, ça ne me suffit pas. Alors je roule encore quelques kilomètres pour me retrouver devant la seconde merveille du jour, le lac Tekapo. Bon, bah, c’est tout pareil sauf qu’en plus, des arbres jaunes, orange et rouges bordent le lac et que le camping s’étend jusqu’à la rive. Je peux donc contempler le spectacle couchée à l’arrière de Ben. Et quand la nuit tombe, c’est encore plus fantastique. Comme le lac est un des endroits du monde les plus éloignés de toute ville aux alentours, l’endroit est assez réputé pour l’observation des étoiles. Faut dire qu’il en est plein, le ciel, d’étoiles. Plein, plein, plein, archi-plein. Et rien n’est à la bonne place, foutu hémisphère sud ! Bon et puis de toute façon, au bout d’un moment, il fait bien trop froid dehors et bien trop meilleur sous ma couette, alors rideau !

Le lendemain matin, je grimpe sur le Mount John qui surplombe le lac histoire de m’offrir un petit panorama des alentours : le lac Tekapo, toujours de ce bleu qui pique les yeux, la plaine, jaune d’or, et les montagnes dans le fond avec les sommets saupoudrés… pfff… qu’est-ce que c’est bôôôôô…Et je vous parle même pas de la toute petite église du Bon Berger (qui n’a rien à voir avec le Bâton), toute en pierre, posée sur la rive avec une immense baie vitrée pour que tu regardes le paysage pendant que tu fais semblant d’écouter le sermont du dimanche matin (quoi ? tout le monde sait que tu fais semblant d’écouter !)…

Malheureusement, c’est bientôt la fin de toute cette beauté. Il est grand temps de se retrouver la civilisation et de se diriger vers Christchurch parce que dans 48 heures, je fais le grand saut… Est-ce que l’avion tombe dans le vide quand il arrive au bout du planisphère ?

Photos ici.

AL et la chocolaterie

Les pingouins, les falaises, les bourrasques de vent et les rafales de pluie, tout ça, c’est bien joli mais si je voulais aller passer des vacances en Bretagne, c’était pas la peine de se donner tout ce mal…

Alors, je reprends la route (ou plutôt la piste caillouteuse, parce qu’ici, dans les Catlins, c’est visiblement trop loin pour faire venir du goudron) et je remonte la côte est jusqu’à Dunedin.

Stop. Faisons une pause quant à la prononciation improbable de ce patelin. Non, c’est plutôt une ville. Une assez grosse même. Enfin… pour la région. Bref, quand vous lisez ce nom sur la carte, vous faites comme moi, vous dites Du-neu-dine. Je vous suggère alors de demander à un type du coin si vous êtes bien sur la bonne route, celle qui va à Dunedin. Au regard perplexe qu’il vous lance, vous comprenez qu’il y a un problème avec le nom de la ville. Alors vous tentez Du-neu-daïne ? Du-ni-dine ? Deu-ni-dine ? Et là, vous apercevez une lueur dans le regard de votre interlocuteur : il vient de comprendre de quoi vous parlez. « Aaaaah ! Deuill-naaaaï-din ! » Mouais… c’est ça, c’est ce que je viens de dire, quoi ! Bref, mieux vaut lire les panneaux attentivement parce que vous serez incapable de reconnaître ce mot dans votre prochaine conversation.

En début d’après-midi, j’atteins donc Dunedin. Et sous le soleil, s’il vous plaît ! (C’est suffisamment rare pour être noté.) Dunedin, c’est donc une ville plutôt jolie avec des petits immeubles et une grande place centrale autour de laquelle s’enroulent des cafés et des types qui jouent de la guitare. Y a de jolis bâtiments de l’époque victorienne, une belle église, une petit gare Playmobil (si, si, on dirait vraiment la gare Playmobil) et… l’usine Cadbury. Le premier qui demande « c’est quoi Cadbury ? », je lui fais avaler une boîte de Fingers… avec le papier ! Of course, l’usine Cadbury se visite. Alors pour la science et pour mon amour de l’agro-alimentaire (qui a ri ?), je m’inscris à une visite le lendemain. Ah oui ! Parce que ne crois pas que tu vas te pointer comme ça, la bouche en cœur, et que tu vas pénétrer au paradis comme ça ! Non, ma bonne dame ! Faut ré-ser-ver ! Et ils sont very busy ! Mais heureusement, il leur reste une petite place le lendemain matin à 10h…

En attendant, je pars faire un tour à Tunnel Beach. D’abord, je comprends pas bien. La route pour aller à Tunnel Beach, elle grimpe, elle grimpe, elle grimpe le long de la falaise comme si la plage allait se trouver là-haut. Même le parking est en haut. Et puis, je réalise : la plage, elle est tout en bas évidemment. Va falloir tout dégringoler pour aller voir ce qui s’y passe… Descendre, c’est pas un problème, mais comme ils n’ont pas installé d’ascenseur pour remonter… Mais je ne suis pas une chochotte (et en plus, je croise 2 mamies qui remontent en papotant tranquillement comme si de rien n’était), je me lance. Et bah c’est drôlement joli. C’est un peu le Etretat de la Nouvelle-Zélande. Et caché tout en bas, il y a le fameux tunnel. Percé dans la roche, à peine assez haut pour que je m’y faufile, bien noir et glissant… que du bonheur ! Et au bout du tunnel… la plage ! Une toute petite plage qui n’existe qu’à marée basse (je te conseille pas de te retrouver dans le tunnel quand la marée remonte) et tellement encaissée dans la falaise que même les plus petites vaguelettes font un fracas du tonnerre quand elles roulent jusqu’à mes pieds. Impressionnant.

Je remonte au-dessus de la plage, j’essaye de faire tomber des mouettes dans les vagues mais c’est moi qui manque aller m’écraser un peu plus bas et puis quand le soleil se cache derrière les falaises, je remonte… péniblement, en râlant, pestant, crachant mes poumons, mais je remonte.

Et je me dis que heureusement qu’il n’a pas fait beau les 10 derniers jours parce que la Nouvelle-Zélande, c’est simplement trop beau. Trop de paysages grandioses. Tout simplement trop. Je me dis que c’est pas étonnant que les Kiwis ne quittent pas tellement leurs îles. Moi aussi, si j’habitais là, je me dirais que vu que je suis dans le plus bel endroit du monde, y a peu de chance de trouver mieux ailleurs. Mais comme dit le poète (pouet !), tant de beauté, ça lasse…

Le lendemain matin, à 10h pétantes, je suis devant la porte de Cadbury. Evidemment, comme chez Willy Wonka, on n’a pas le droit de faire de photos à l’intérieur de l’usine, c’est bien trop top secret. Et puis de toute façon, ça ne retranscrirait pas le meilleur… l’odeur ! Tellement sucrée que c’en est presqu’écœurant ! Parce que c’est bien ça le problème du chocolat Cadbury, y a bien trop de sucre dedans. Non pas que j’aime pas le sucre, mais là, c’est à la limite du raisonnable. Pour ne rien gâcher, ils mettent dans leurs barres chocolatées des petits morceaux de Smarties ou de bonbons gélifiés, on frôle le coma diabétique ! Mais en attendant, quand ils font tomber 1 tonne (1 tonne !) de chocolat liquide du haut du grand silo, tu plongerais bien la tête la première dedans… Pour être sûre que le visiteur soit impartial, toutes les 2 minutes, on lui fourre dans la bouche des petits morceaux de la production du jour, comme ça, il ne pose pas de question (il a la bouche pleine) et il trouve que Cadbury, c’est vraiment géniaaaaaaal… Moi, je dis que ça vaut pas Patrick Roger mais bon, on va encore dire que je fais ma snobinarde !

Photos ici.

Au bout du bout du monde

Queenstown, c’est mignon, certes, mais c’est un peu la capitale des sports de plein air alors quand l’air est plein d’eau, ça a tout de suite beaucoup moins d’intérêt. Alors, je me dis, on tente le tout pour le tout, filons vers le sud, encore plus au sud, toujours plus au sud. Mais avant d’arriver au bout (du monde), je suis passée par la Karawau Gorge, une superbe gorge (comme son nom l’indique) creusée par la Karawau River (comme on aurait pu s’en douter) et qui elle aussi, a droit à son quart d’heure de gloire dans le Seigneur des Anneaux. Bon, j’ai pas exactement reconnu l’endroit (faut dire que sans GPS, la géolocalisation précise du lieu de tournage était assez difficile à repérer sur la carte du Lonely Planet…) mais j’ai pu voir des cinglés se jeter dans le vide depuis un pont avec un petit élastique enroulé autour des chevilles. Ça aurait presque pu me donner envie mais, heureusement, comme tout en Nouvelle-Zélande, les tarifs prohibitifs m’ont retenue… Mais y avait vraiment que ça, hein, croyez-moi !

La route qui descend jusqu’à la pointe sud de l’île n’est pas bien palpitante. Enfin, si. Elle est magnifique, elle longe des petits cours d’eau bleu fluo, y a des sommets enneigés en toile de fond et les arbres éclatent de couleurs d’automne qui brûlent la rétine. C’est splendide. Oui mais voilà. Deux semaines à ce régime et moi, je trouve ça… mouais, bof, c’est sympa, mais on va pas en faire tout un fromage non plus. Je me filerai des claques.

En parlant de fromage, je traverse la Gibbston Valley, réputée pour les vignes et les caves qui la constellent. Comment ça vous voyez pas le rapport ? Bah si ! Quand on boit du bon vin, qu’est-ce qu’on mange avec ? Et bah oui ! Du fromage ! Et là, comme par hasard, un panneau « Winery & Cheesery » croise ma route. Comme j’en suis pas encore au point au je m’achète des bouteilles de vin à picoler toute seule, je me rabats sur le fromage (et puis le cheddar plastifié, ça va 2 minutes, mais là, j’ai eu ma dose…). Ils se défendent plutôt bien les Kiwis niveau fromage… Ils font du simple crème, double crème, triple crème, triple pontage à la sortie de la ferme ! Alors, j’en profite pour goûter quelques spécialités. Rien qui vaille un bon munster mais de la chèvre qui fleure bon l’herbe. Bah quoi ? Puisqu’on peut pas admirer les paysages, autant se consoler avec un peu de gastronomie !

Alors pour ne rien laisser passer des spécialités locales, je m’arrête à Gore, capitale de la country music (comme son nom ne l’indique pas), où je déguste une mince pie, une tarte remplie de bœuf miroton et recouverte de pâte feuilletée (pour pas que le bœuf miroton déborde). Un peu… gore… mais nourrissant !

Et puis, d’arrêts gastronomiques en pauses photo-sandwich-essence, je finis par y arriver… Au bout du bout du monde… C’est pas compliqué, si je continue tout droit, je tombe dans l’océan (il est froid par ici il paraît) et puis si je me débrouille pour nager jusqu’à la rive d’en face, je risque d’être accueillie fraîchement par des troupeaux de manchots : en face, c’est l’Antarctique. Quelque part entre les deux, un petit confetti français qui se balade : la Terre Adélie. Et je réalise qu’en fait, on n’est pas si au sud que ça.

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Je me demande bien comment la Terre fait pour ne pas basculer la tête à l’envers comme un vulgaire Culbuto puisque les trois quarts des terres sont agglutinées au nord… ?

N’empêche que ça a quand même un petit goût de banquise tout ça parce que sur la plage, je croise quelques yellow-eyed penguins. Les plus rares du monde, oui Madame ! Je les regarde jouer à la marche de l’empereur, se curer les dents mutuellement (oui, quand t’es un pingouin, t’as besoin que quelqu’un vienne te picorer le fond de la gorge parce que t’as clairement les bras trop courts pour tenir un cure-dents…) et chantonner des berceuses pour leurs bébés. Ils sont kromeugnons… En plus, sur leur plage, c’est pas facile, y a des troncs d’arbres pétrifiés depuis des millions d’années, ça leur facilite pas la tâche.

Alors voilà. Maintenant que je suis là, au bout du bout du monde, je ne peux plus aller plus loin. Et force est de faire le constat suivant : si je ne peux plus aller plus loin… il me reste plus qu’à revenir ! A partir de maintenant, chaque étape me rapprochera du point de départ. Houhou… Drôle d’impression.

Alors je reste un peu là, en équilibre, au bord de la falaise, à écouter les vagues qui s’écrasent 20 mètres plus bas, je regarde à gauche, c’est le Chili, à droite, c’est l’Argentine, je respire un bon coup et je tourne les talons… Heureusement, il me reste encore une bonne moitié du monde à arpenter avant de rentrer !

Photos ici.

Chercher de l’or

Après m’être suffisamment gelée les fesses être redescendue de mon glacier, j’ai poursuivi la route vers le sud, toujours plus au sud.  Je suis donc allée à Wanaka. Et pourquoi pas aller directement à Queenstown, me direz-vous ? (… je sais bien que vous n’avez aucune d’idée d’où est Wanaka, hein, et peut-être pas mieux pour Queenstown, j’essaye juste de vous faire participer un peu !) Et bien parce que il y a suffisamment de choses à voir et à faire pour  y consacrer la journée. Enfin ça, c’est vrai quand il fait beau. Parce qu’on en revient toujours à la même chose : quand la bande sonore de ta journée est le chpouic-chpouic de tes essuie-glaces… ça finit par te rendre ronchonchon.

En route, je m’arrête acheter un beau morceau de saumon dans une ferme aquacole. Il était temps, la ferme est à vendre, le saumon, ça ne rapporte visiblement pas assez (à moins que ce soit le fait que la ferme soit cachée dans un virage sur une route paumée au fin fond de la cambrousse…). Pour vous dire où j’en suis, c’est le « highlight » de la journée, youpi, je vais manger du poisson, j’en avais pas mangé depuis… depuis… j’me rappelle même plus quand ! Voilà où ça mène d’entendre chpouic-chpouic toute la journée…

En plus, la balade que j’avais repérée dans le Mount Aspiring National Park est temporairement fermée parce que soi-disant, ils sont en train de refaire un pont et il n’est pas envisageable de traverser la rivière à la nage… J’vais les emmener se promener dans la jungle thaïlandaise, moi, ça va pas faire un pli ! Et puis le Wanaka Lake, il est bien joli, on pourrait au moins se balader autour, mais je commence à en avoir un peu ras la casquette de devoir déployer tous les soirs des trésors d’ingéniosité pour transformer Ben en séchoir géant. Alors du coup, je fais le tour des campings qui sont scandaleusement chers et je finis par aller bouder loin de la ville, au bord du lac, dans un camping au bout d’une petite piste gravillonnée. Ça a beau sembler être au milieu de nulle part, y a le wifi et un sèche-linge alors j’en profite pour faire ma lessive et je me colle devant les premiers épisodes de Game of Thrones en m’enroulant dans un châle et en buvant du thé (oui, des fois, c’est pas parce qu’on fait un tour du monde qu’on ne fait que des trucs qu’on ne pourrait pas faire chez soi, tranquillement vautré dans son canapé). L’erreur fatale… Au début, je trouve quand même que ça saigne un peu beaucoup là-dedans mais après le deuxième épisode, je suis complètement accro et il me faudra une sacrée dose de volonté pour ne pas avaler toute la première saison d’un coup. Pourtant, la pluie qui tambourine sur Ben m’aurait donné une très très bonne excuse…

Le lendemain matin, … miracle ! j’aperçois un carré de ciel bleu. Je saute dans mes baskets et je pars à l’assaut du Diamond Lake. Bon, le Diamond Lake, il est tout petit, il est mignon mais en soi, il n’a pas grand intérêt. Ce qui en a bien plus, c’est de grimper sur la montagne d’à côté pour admirer le Wanaka Lake et les environs. Bon, normalement on voit aussi le Mount Aspiring. Mais y a beau avoir un bout de ciel bleu, les nuages sont encore bien trop lourds et bien trop bas pour qu’on aperçoive le sommet de quoi que ce soit ! En redescendant, je prends le chemin de Queenstown et pour changer de disque (ça fait 2 semaines que j’ai le même CD qui tourne en boucle dans l’autoradio de Ben…), je prends une auto-stoppeuse… française ! Elle s’appelle Marion, ça fait 2 ans qu’elle habite à Wanaka, elle travaille dans la station de ski juste à côté et là, elle va à Queenstown pour une fête de fin de saison, et elle va aussi retrouver son frère qui est venu lui rendre visite avant de retourner en France chez ses parents en Savoie où elle veut faire la saison d’été en Suisse et… wow ! elle est plus bavarde que moi ! Mais elle est rigolote, elle adooooore la Nouvelle-Zélande et elle est hyper déçue que je ne découvre pas tout ça sous le soleil « parce que c’est vraiment trooooop beau… ». Je sais, on me l’a répété assez souvent, j’ai bien compris que j’ai pas choisi la meilleure saison… Et bah tant pis, ça me donnera une bonne excuse pour revenir ! Et na !

Bref, en arrivant à Queenstown, je dépose Marion et je récupère ma vieille copine la pluie… Le centre-ville est plutôt joli mais ce n’est qu’un alignement de restos et d’agences de parapente-vtt-saut-à-l’élastique-kayak-rafting. Alors je me dis qu’il est temps que je tente ma chance et je vais visiter Arrowtown, à quelques kilomètres de là.

Arrowtown est une toute petite ville qui a vu le jour en 1860 après qu’on ait découvert un peu d’or dans la rivière. Aujourd’hui, il reste près de 60 bâtiments en bois de l’époque et les vestiges d’une colonie chinoise. Parce qu’à l’époque, beaucoup de Chinois, sont venus, comme moi, tenter leur chance en passant la rivière au tamis. On ne peut pas vraiment dire qu’ils aient été bien accueillis. Pourtant, ils ont réussi à sortir plus de lingots de cette rivière que tous les autres chercheurs d’or. Ça n’a pas dû les aider à se faire accepter non plus… Mais en fait, ils s’en fichaient royalement, ils voulaient juste gagner assez d’argent pour retourner vivre comme des nababs dans leur pays.

J’ai peut-être pas trouvé d’or mais j’ai trouvé le Remarkable Sweet Shop. Remarkable parce qu’autour de Queenstown se situe la chaîne de montagnes du même nom. Il paraît. Moi, j’ai rien vu. Par contre, j’ai failli attraper un torticoli à essayer de compter le nombre de bonbonnières sur les étagères. Afin de vous rendre compte de ce qu’il se passe à l’autre bout de la terre et uniquement dans ce but journalistique, j’ai donc acheté quelques sucreries empaquetées dans du papier kraft… Bah, quand y a marqué « Barnetts Rhubarb Mega Sour », vous pouvez me croire, c’est MEGA sour

Et puis je suis retournée à Queenstown où j’ai loupé Tête de Chat qui en avait plein les bottes de cette météo pourrie et qui avait décidé de mettre les voiles à l’ouest. Moi, je suis restée là et j’ai passé la soirée à maudire les sites internet de prévisions météorologiques qui te mettent dans la même case un petit soleil, un petit nuage et 2 bonnes gouttes de pluie… Tu prends ce que tu veux, y aura un petit peu de tout ! Pfff…

Photos ici.

Chausser les crampons

Evidemment qu’il ne s’agit pas de football. Vous m’imaginez, moi, courant derrière une ba-balle avec 21 autres types en short ? Beckham a beau avoir quelques arguments, faudrait vraiment que ce voyage m’ait retourné le cerveau…

Malheureusement, il ne s’agit pas non plus de rugby. Ça serait pourtant de bon ton et je ne désespère pas d’assister fortuitement à une partie de jeu de massacre mais pour l’heure, il n’en est point question.

Non… c’est tout aussi sportif et ça peut aussi être fort dangereux, aujourd’hui, je pars à l’assaut du Fox Glacier et pour ça, je me greffe une paire de crampons parce que la glace… ça glisse.

Je dois vous avouer que ce matin, quand le réveil a sonné et que ça faisait déjà plus d’une heure que j’étais réveillée à cause du plic-ploc incessant au-dessus de ma tête, j’étais pas hyper motivée à l’idée d’aller passer la journée dans le froid et la pluie à crapahuter sur des glaçons géants en prenant le risque de tomber dans une crevasse. Non, j’étais pas emballée.

Mais Internet est un outil fantastique. Non seulement tu peux réserver ton excursion à l’avance mais en plus, tu la payes à l’avance donc tu te dis que y a pas moyen de pas y aller, t’as quand même donné 165NZ$ à un guide, va falloir sortir de Ben pour aller faire sa connaissance. Et puis la vie n’est pas si injuste, il arrête de pleuvoir. Juste le temps de s’habiller, de prendre son petit-déj et de se brosser les dents. Mais bon, maintenant que t’es prête, tu vas pas te recoucher.

Chez Fox Guiding, ils ont tout prévu. Tu peux arriver en short et en tongs, ils te filent le pantalon anti-pluie, la polaire, les gants, les chaussettes, les chaussures de rando, la veste et les crampons. Moi, je ne suis pas une assistée, j’avais juste besoin du pantalon anti-pluie et des crampons. On est une petite vingtaine à s’infliger l’ascension du glacier ce matin (enfin l’ascension… une partie de l’ascension, hein, ne vous méprenez pas, Frison-Roche n’est pas de la partie non plus…). Alors le temps d’équiper tout le monde et de nous expliquer comment va se dérouler la journée, la pluie s’arrête à nouveau. Vous voyez que ça va bien se passer !

Tout le monde grimpe donc dans le bus qui nous dépose 2kms plus loin au parking d’accès au glacier. Après une « marche d’approche » de 30 minutes dans la vallée glaciaire (en « U », c’est comme ça qu’on sait que c’est une vallée glaciaire et pas une vallée creusée par une rivière qui serait en « V », elle), on aperçoit enfin la langue du glacier. Et là, c’est autre chose que le Franz Josef ! C’est grand, c’est haut, c’est plein de crevasses et les gens qui sont dessus ont l’air tout petits dis donc… Alors certes, le ciel est gris, le vent rafraîchit bien l’atmosphère mais hauts-les-cœurs ! on enfile ses crampons et on s’élance sur le monstre…

Au début, on n’est pas très confiants, on dirait une couvée de pingouins qui batifole sur la banquise. Mais au bout d’un moment, ça s’organise et même si les guides passent leur temps à nous hurler dessus « Marchez DERRIERE moi ! », on s’en sort pas trop mal. Le problème, à partir du moment où tu es en groupe, c’est que les premiers doivent toujours attendre les derniers. Et pendant que tu attends, tu ne grimpes pas sur ce foutu glacier et surtout, tu te refroidis. Mais quand même, ça reste impressionnant de gambader sur toute cette glace en mouvement (on entendra un ou deux craquements suspects et quelques éboulis de pierres sur les falaises autour mais rien de sérieux). Et quand on passe à côté de ceux qui ont pris l’option « piolets et escalade », on se laisserait bien tenter… Une prochaine fois ! En attendant, on redescend en prenant bien soin de ne pas s’emmêler les crampons.

Et là, parce que le monde est finalement ridiculement petit, je tombe sur… Tête de Chat ! Himself ! Tête de Chat, c’est un de ceux qui m’ont fait dire « Mais au fait… et si je faisais le tour du monde ? ». Alors se croiser là, au détour d’un petit sentier, c’est une drôle de surprise. Sauf que moi, le bus qui nous ramène en ville m’attend et eux, ils vont voir le glacier. Alors on se donne rendez-vous dans 2 jours à Queenstown et on se dit « A+ ». J’en reviens toujours pas d’être tombée sur eux…

C’est la fin de l’après-midi et le ciel semble s’éclaircir. Avant qu’il fasse nuit, je décide donc d’aller faire un tour au Lake Matheson, à quelques kilomètres de là, fameux pour son effet miroir et le panorama fabuleux sur les deux sommets les plus haut perchés du pays : le Mount Tasman (3498m) et le Mount Cook (3755m). Et là… j’ai droit à 10 minutes montre en main de ciel bleu et les nuages s’écartent juste assez pour me laisser le temps de faire 3 photos de ce paysage grandiose et pof ! toute cette beauté disparaît à nouveau dans la purée de pois. J’ai même droit à quelques gouttes de pluie sur le chemin du retour. Bah… j’avais failli oublier comment ça faisait quand le soleil brille et que le ciel est bleu ! Parce que c’est vrai que le décor est assez fantastique mais quand en plus, on a les sommets enneigés derrière et le ciel bleu, c’est juste… wow ! fabuleux…

Alors même si encore une fois, j’ai été obligée de me calfeutrer dans le ventre de Ben après le dîner (parce que regarder les étoiles, ça, non, il n’en n’est pas question), c’était une belle journée. Vraiment.

Photos ici.

Quelque part entre le Rohan et le Gondor

Si tu viens en Nouvelle-Zélande et que t’as pas vu la trilogie du Seigneur des Anneaux, c’est un peu comme visiter Paris et ne pas passer chez Ladurée : tu loupes quelque chose. Pas tant pour l’histoire (même si l’histoire est géniale, aucun rapport) mais parce que les films ont été tournés ici et que ce n’est qu’une succession de cartes postales du pays.

Alors je me suis faite une petite piqûre de rappel (voilà à quoi servent les longs après-midis pluvieux…) et je me suis mise en quête de reconnaître quelque chose. Pour ça, je me suis dit qu’il fallait arrêter de longer la côte et chercher des montagnes. Alors, j’ai traversé l’île. De part en part. C’est pas complètement dingue, ça ne fait que 300kms de large. Ça te prend quand même la journée parce que la route n’est pas toute droite et pas toute neuve.

Le truc, c’est que j’ai pas dû choisir de traverser au bon endroit. J’ai croisé des moutons, des vaches, encore des moutons, des oiseaux qui n’ont tellement pas l’habitude de voir passer des voitures qu’ils restent sur la route (… oui, certains connaissent une fin tragique), encore plus de moutons et oui, je le dis, il y a plus de moutons dans ce pays que d’hommes ! Mais pas la moindre trace d’une montagne. A un moment, la route s’appelait bien la Lewis Pass Highway (ça passait donc par un col, attention, altitude au moins 907m) mais j’ai attendu, attendu et attendu que ça se mette à grimper un peu et rien n’est venu. Ça n’empêche que c’était joli, hein, mais j’étais un peu déçue. Du coup, le soir, je suis arrivée à Greymouth, de l’autre côté de l’île, sur la côte ouest, j’ai regardé au loin et je me suis dit qu’en face, y avait la Tasmanie (puisque la mer s’appelle la Tasmanian Sea à cet endroit…). Et puis j’ai tourné la tête à droite, y avait des gros nuages qui disaient « Devine quoi ? Il va pleuvoir ce soir… ». « Pfff… »  j’ai répondu et j’ai tourné la tête à gauche. Et là… y avait des montagnes…. Pas des collinettes, non non, des vraies grosses montagnes… avec de la neige dessus… Alors j’ai souri.

Mais comme je voulais pas gâcher le spectacle, j’ai passé la nuit à Greymouth (sous la pluie, bien entendu). Au petit matin, je suis retournée sur la plage pour vérifier que les montagnes étaient toujours bien au bout, j’ai fait faire une crise cardiaque à un lapin qui se trouvait là (depuis quand les lapins ça vit sur les plages ?), j’ai fait le plein d’essence et de sauce tomate et j’ai filé vers les montagnes. Dans le sud-ouest de la Nouvelle-Zélande se trouve donc une chaîne de montagnes que, manquant cruellement d’imagination, ils ont appelé les Southern Alps. La particularité de ces Alpes locales, c’est qu’elles regroupent le plus haut sommet du pays (le mont… Cook, évidemment, 3755m quand même) et des glaciers incroyablement bas (Franz Josef et Fox qui descendent jusqu’à 200m).

Et c’est pas n’importe quelles montagnes… Au sommet de ces montagnes, se trouvent les feux d’alarme du Gondor… Comment ça, keskecé le Gondor ? Bah, c’est le royaume des gentils-beaux-gosses !! Et quand ils sont attaqués par les méchants-très-moches (mais alors vraiment très très moches), ils préviennent leurs alliés du Rohan en allumant des feux le long des crêtes des Montagnes Blanches. Et bah j’y étais !!! Et j’étais pas peu excitée d’y être. C’est vrai, moi, des films comme ça, j’ai envie de croire que ça existe pour de vrai. Et que quelqu’un va écrire la suite pour que ça continue encore et encore. Et que je pourrai continuer à me prendre pour Frodo, à traquer Golum ou à ricaner avec un air maléfique en murmurant : « Mon Préééciiiiiiiieux… »

Pour l’heure, personne n’attaquant personne, on n’a pas allumé de feux de camp. Mais puisque j’étais là, je suis allée inspecter l’état du Franz Josef Glacier. Alors là, je vais faire ma snobinarde mais franchement, y a des trucs plus impressionnants en Islande. Là, tu vois à peine la langue du glacier, c’est tout moche, tout plein de cailloux et de terre, la glace est toute cracra et en plus y avait un vent à décorner les bœufs, j’ai failli m’envoler. Bref, déception. D’autant plus que c’est LE glacier sur lequel tout le monde s’extasie. Moi, j’ai pas été emballée et le ciel gris et les nuages qui cachaient les sommets aux alentours n’ont surement pas aidé.

Du coup, après avoir lutté contre les bourrasques, j’avais un peu de temps à tuer. Je me suis dit que j’allais me faire épiler les mollets. Oui, parce que être obligée d’attendre qu’il fasse nuit pour aller barboter dans le hot pot c’est sympa mais c’est pas tip top et y a que chez les Hobbits qu’on se fait des tresses sur les tibias. Alors, je me trouve un petit resort genre chalet où il y a un spa et je m’allonge sur la table des opérations. C’est quand Dennis (mon therapist, c’est comme ça qu’il s’est présenté) m’a dit qu’il était philippin que j’ai senti que les choses se gâtaient… Dennis n’est pas l’exception qui confirme la règle : les Asiatiques sont des brouettes dans le domaine de l’épilation. C’est encore ni fait ni à faire, j’ose à peine regarder le résultat mais je dis quand même « Merci Dennis… » et je me dis que c’est quand même à peine croyable qu’il n’y ait pas  une esthéticienne compétente dans toute cette moitié du globe.

Bon, de toute façon, ça tombe bien, ce soir, y a pas de hot pot au camping. Et puis il pleut (encore…) alors après avoir englouti ma dose de pâtes, je me réfugie au creux de Ben et on s’endort en écoutant le plic-ploc sur son toit.

Photos ici.

J’aurais bien besoin d’un coup de main de Laurent Romeijko…

J’arrive à Kaikoura hyyyyyper tard. Dans les standards néo-zélandais, hyyyyyper tard c’est après 19h. Là, il est 20h30. Autant dire que quand j’arrive au camping et que je m’aperçois que la réception est toujours ouverte, je pousse un gros soupir de soulagement (pour rappel, j’ai des tas d’affaires trempées à faire sécher, il fait froid et je rêve d’une bonne douche chaude).

Je jette donc tout dans la machine à laver : le sac à dos (au passage, j’ai découvert qu’il n’était pas, mais alors pas du tout, imperméable), le manteau, les chaussures, la polaire… Et pendant que ça tourne, je me laisse fondre sous la douche.

Il est temps de faire un point sur les campings néo-zélandais ou plutôt les holiday parks comme on les appelle ici. D’abord, il y en a plein. Parfois jusqu’en centre-ville. Du coup, tu ne retrouves pas forcément exilé dans la zone industrielle à 10kms de tout. Ensuite, il y a toujours des camp kitchen. C’est une grande pièce où il y a plusieurs plaques électriques et plusieurs éviers, voire des frigos, et que tout le monde peut utiliser. Il n’y a pas de casseroles ou de vaisselle, c’est à chacun de se débrouiller avec ce qu’il a mais quand il pleut, ou qu’il fait froid, c’est bien sympa. Ensuite, il y a souvent une salle avec une télé et des canapés où tu peux te vautrer. Et puis, il y a bien sûr le bloc sanitaire. Et là, rien à dire, c’est toujours hyper nickel. Je ne garde même pas mes tongs sous la douche. Et cerise sur le cupcake, y a toujours des sèche-cheveux… le bonheur ! Tout ça pour la modique somme de 20NZ$ la nuit (en moyenne mais ça peut être moins cher si tu restes dans les petites villes), soit à peu près 13€. Elle est pas belle la vie ?

Bon, de temps en temps, y a des trucs qui t’agacent. Comme cette pancarte « no shoes in the dryer » alors que justement, t’as bien besoin de les faire sécher tes chaussures… Alors tu sors la carte de la fille qui ne parle pas anglais, tu mets discrètement tes chaussures dans le sèche-linge et tu t’éloignes vite quand elles se mettent à faire un boucan d’enfer en tournant là-dedans. Je sais, c’est mal mais à la guerre comme à la guerre…

Le lendemain matin, je découvre que Kaikoura n’est en fait qu’une grande rue principale bordée de restos, de supérettes, de magasins de bonnets (???) et de tour operators. Il faut dire que Kaikoura n’est célèbre que pour une chose, la profusion de mammifères aquatiques. Ici, il y a pas moins d’un millier de dauphins qui batifolent dans la baie, des baleines, des phoques à fourrure (une espèce qu’on ne trouve qu’ici) et pour faire bonne mesure, une palanquée d’oiseaux comme des albatros ou des pingouins.

On ne vient pas à Kaikoura tous les 4 matins alors j’ai décidé de faire les choses bien. J’ai prévu un petit tour en kayak le matin pour chatouiller les moustaches des phoques et un tour en hélico l’après-midi pour traquer les baleines. Ouais, aujourd’hui, c’est la fête. Sauf que.

Sauf que aujourd’hui, il y a une sacrée brise qui souffle sur la péninsule. La mer est toute agitée, y a des creux de 2 mètres. Alors le gars des kayaks, Ty (oui, c’est son nom, lui non plus, j’y peux rien), il me dit : « Vaudrait mieux reporter ça à cet après-midi parce que le vent va faiblir et on aura plus de chance de voir des animaux. Mais on fait comme tu veux ! ». Bon, bah dis comme ça, on va peut-être bien attendre un peu alors… Du coup, je fais un saut au bureau des hélicos pour voir si je peux décaler la balade. Là, le gars me dit : « Bah, le problème, c’est qu’avec le vent, la mer est trop agitée, on n’arrive pas à repérer les baleines. Et en plus, on va être drôlement secoué dans l’hélico. Mais on fait comme tu veux ! ». Alors, je réfléchis et puis je lui dis que je vais attendre un peu, voir comment évolue la météo et que je me déciderai plus tard.

Hé ! Laurent Romeijko ! Qu’est-ce que tu fous ? T’as décidé de me pourrir la journée ou bien ?

Alors moralité, j’irai pas voir les baleines… Ca fait déjà 2 fois que je loupe notre rendez-vous, je pense qu’elles vont finir par se vexer. Je me contenterai du tour en kayak. Quand tu pars faire du kayak, tu dois enfiler tout un équipement qui te donne l’air bien futé. Mais tu dis rien, tout ça est censé être imperméable et vu la température de l’eau et le vent, t’as bien envie de rester au sec. Mais en fait, c’est pas complètement étanche… alors au final, tes manches et des mollets sont trempés. Il semblerait que chaque jour dans ce pays, je doive utiliser un sèche-linge… Mais c’est pas grave, on s’en fout, j’ai vu des phoques à fourrure qui pêchaient et qui se faisaient sécher sur des rochers. Ils m’ont jeté un regard vif (ou pas), on s’est jaugés et on a décidé de rester chacun à notre place. J’avais déjà suffisamment flipé parce que effectivement, les vagues, c’étaient pas de la gnognotte et qu’un kayak, c’est un peu comme une coquille de noix.

Alors après ça, je suis rentrée au camping quasi congelée et je me suis jetée dans le hot tub. Ah oui, parce que j’ai oublié de vous dire. Dans les campings, y a des piscines. Et presque toujours, elles sont chauffées. A 30°C.

Photos ici.

Sauter dans les flaques

Quand le réveil sonne à 5h30, Ben et moi, on sursaute. Je file une bonne claque à cette saleté de truc qui chante et je remets aussi sec le bras sous la couette où il fait bien meilleur que dehors… Malheureusement, si je m’inflige cette punition, c’est pour une bonne raison. Ce matin, on prend le ferry pour traverser le détroit de Cook, on va sur l’île du sud.

Alors, on se fait violence et après avoir avalé un bol de céréales, s’être lavé le visage à l’eau glacée (ça, c’est hyper violent…) et avoir à peu près rangé l’intérieur de Ben, on se met en route. Direction le quai d’embarquement du ferry.

Quand on arrive, y a déjà la queue. Y a des gens qui laissent tourner leur moteur alors qu’ils savent pertinemment qu’ils vont rester là au moins 20 minutes. Résultat : ça pue l’essence. A 7h, avoir la tête dans les vapeurs d’essence… c’est que du bonheur.  Heureusement, y a le soleil qui se lève. Ça fait un joli spectacle d’autant plus qu’il joue à cache-cache derrière les nuages et qu’il y a des troupeaux de mouettes qui complètent le tableau. Et puis, la file de voitures, vans, caravanes, camping-cars, camping-bus (c’est comme un camping-car mais en énorme) se met en branle et tout le monde se dirige doucement vers la bouche du monstre de fer qui nous avale un par un. Bon, c’est pas un énooooorme ferry mais c’est un assez gros ferry quand même. Et moi, c’est la première fois que je monte dans un ferry avec une voiture. Mais en fait, ça n’a rien de bien compliqué. Y a des tas de gars qui t’indiquent où aller, où te garer, quand c’est le moment de mettre ton frein à main, bref, je m’en sors comme une chef. Après ça, je me dis « Bien, je vais profiter du paysage (il paraît que c’est joli cette croisière), je vais me trouver une petite place sur le pont supérieur ». Alors je grimpe les 7 étages (oui, quand même) et je me retrouve à l’air libre. Là, je m’installe et j’attends, paupières mi-closes, que le bateau quitte le port.

A 8h15 pétantes, on largue les amarres (je connais quelques gars de la SNCF qui pourraient venir en stage dans le coin…). Et accompagnés par les braillements des mouettes, on se met à glisser sur la baie. Et c’est vrai que c’est joli. Passé Wellington et les grues du port, la côte n’est qu’une suite de criques et de baies, couvertes de forêts de fougères et l’océan a creusé quelques plages où des vaguelettes viennent lécher le sable blanc. Pfff… qu’est-ce que c’est beau… Et puis le soleil perd la partie de cache-cache et le ciel nous tombe sur la tête. Il est temps de se rapatrier à l’intérieur.

Malheureusement, ça ne va pas aller en s’améliorant. Le ciel, qui était blanc, devient gris puis gris foncé puis il fait nuit. Sauf qu’il est midi. Et que je découvre que mes essuie-glaces n’ont pas passé le dernier contrôle technique. Le temps de débarquer, de faire un petit tour au visitor center (y a toujours un visitor center, c’est bien pratique) et de se trouver un petit camping, il est déjà 14h. Et il fait faim ! Ça tombe bien, au menu on a… sandwich jambon/fromage comme tous les jours… Oui, parce que si je me suis fait bien plaisir en Asie, ici, il est juste impensable d’aller au resto. Alors je fais les courses et globalement, même si j’ai un petit réchaud et un paquet de pâtes, je ne peux décemment pas manger une plâtrée de pasta deux fois par jour. Bien sûr, j’alterne avec quelques soupes en poudre, mais le régime n’est pas folichon. Les fruits et les légumes sont hors de prix et la viande et le poisson ne sont pas conditionnés en portion single. Alors je carbure au sandwich. Le seul truc vraiment sympa, c’est les yaourts. Yoplait leur fait de très très bons yaourts en pot de 1kg vraiment pas chers et leur fait croire que « Yoplait » c’est le mot français pour « yaourt ». N’importe quoi !

Bref, je suis donc coincée dans Ben sous la pluie. Du coup, on s’offre une petite après-midi off à mater des films et à mettre à jour le blog et les photos. Je m’inquiète un peu des prévisions météo pour la suite aussi. Parce que quand tu vis dehors (enfin, que ta maison ne fait que 6m3), faut bien trouver de quoi s’occuper même les jours de pluie.

Le lendemain matin, le plafond est toujours très bas et très gris mais il ne pleut pas. Je décide donc d’aller trottiner sur un bout du Queen Charlotte Track, un sentier côtier de 71kms qui se perd dans le Queen Charlotte Sounds (évidemment). Alors je vais au port et je trouve un bateau-taxi qui m’emmène jusqu’à Ship Cove. Ship Cove, c’est là où le capitaine Cook (encore ??? oui, encore…) a jeté l’ancre du Endeavour la première fois qu’il est arrivé sur les côtes néo-zélandaises. En chemin, on croise des dauphins Hector (oui, c’est leur nom, j’y peux rien) qui sautent dans le sillage du bateau. Il paraît même que parfois, on peut croiser des baleines.

Ship Cove, c’est une jolie petite crique où tu peux presque te dire que rien n’a changé depuis que Cook est passé. Rien sauf l’immonde mémorial dédié à Cook justement, qui défigure la plage… Beurk ! Toujours est-il que le sentier part de là et se perd dans les collines. Mais là, à peine ai-je posé le pied sur la plage qu’il se met à pleuvoir… Heureusement, le sentier est partiellement abrité par la forêt. Ce qui n’empêche qu’au bout de 3 heures, je suis trempée, mes chaussures sont trempées, mon pantalon est trempé et fait 30cms de plus qu’au début de la matinée, du coup, je marche dessus donc en plus, il est plein de boue. Alors arrivée au Furneaux Lodge 14kms plus loin (là où doit venir me chercher mon bateau-taxi), j’essaye tant bien que mal de faire sécher ce que je peux. Et devinez quoi ? la pluie s’arrête…

Le trajet du retour est très sympa. Je suis à bord du mail boat, le bateau qui distribue le courrier. Le bateau fait la tournée des maisons qui bordent le Queen Charlotte Sounds et qui n’ont pas forcément d’accès par la route pour leur distribuer le courrier, filer des gâteaux aux enfants et aux chiens et prendre des nouvelles de tout le monde. Certains enfants sont scolarisés à domicile et attendent leurs devoirs assis sur le ponton. Le bateau circule tous les jours mais ne fait pas tout le temps la même tournée. Les gens ne voient donc passer le bateau que 2 fois par semaine grand max. Quelle drôle d’idée de venir s’installer là… Le paysage a beau être fabuleux, on doit se sentir un peu seul des fois quand même…

En revenant à Picton, il fait nuit (pour de vrai cette fois). Alors, je saute dans des vêtements secs et j’emmène Ben à Kaikoura, à 150kms de là. Demain, on va voir des baleines…

Photos ici.

Wellington

Le saviez-vous ?

Wellington est la capitale nationale la plus australe du monde, avec une latitude de 41° sud. Elle est également la capitale la plus isolée du monde (la plus éloignée d’une autre capitale). Elle est surnommée « Windy Wellington »ou « Windy Welly » à cause d’un fort vent omniprésent, dû à son emplacement dans les quarantièmes rugissants (ouh… ça fait peur…), amplifié par l’effet Venturi (oui, c’est ce qui fait tourner l’eau qui s’écoule dans l’évier si ma mémoire est bonne) dans le détroit de Cook, véritable goulet d’étranglement pour ces puissants courants d’air. La région présente une activité sismique élevée, même selon les standards néo-zélandais, avec une faille majeure traversant le centre de la ville (comme ça, si on veut tout démolir, ça va plus vite), et plusieurs autres aux alentours. Des centaines de failles mineures ont été trouvées dans la banlieue. Les habitants, en particulier ceux qui se trouvent dans les hautes tours du centre-ville, ressentent plusieurs secousses par an. Pendant de nombreuses années, la majorité des bâtiments étaient d’ailleurs entièrement construits en bois.

En 1865, Wellington devint la capitale du pays en remplacement d’Auckland. Apparemment, la rumeur circulait que les régions du sud, où étaient situées les mines d’or, pourraient former une colonie séparée. Il était donc devenu nécessaire que le siège gouvernemental soit transféré vers une localité appropriée sur les rives du détroit de Cook. Des commissaires australiens (choisis pour leur impartialité… ???) trouvèrent que Wellington était parfaitement appropriée vu son port et sa situation centrale. Le Parlement siégea alors officiellement à Wellington pour la première fois le 26 juillet 1865. La population de la ville était alors de 4 900 âmes. Aujourd’hui, c’est la deuxième ville du pays avec 180 000 habitants et le cœur de la vie politique, artistique et culturelle.

Voilà, maintenant, on est bien plus futés, on peut reprendre.

Ce matin, il nous reste donc 150kms à parcourir avant d’arriver à Wellington. 150kms… soit 2 bonnes heures et un arrêt au supermarché pour remplir le frigo, on est arrivés à Wellington qu’à midi. Mais la ville n’est en fait pas bien grande. Coincée entre les collines, elle s’étale plus en hauteur qu’en longueur. Mais faut pas croire, y a fort à faire.

D’abord, c’est effectivement là où se concentrent tous les musées du pays. Trop étant l’ennemi du bien, j’ai sélectionné et je suis allée passer quelques heures au fameux Te Papa Museum, le Louvre local. Sauf qu’ici, point de tableaux de maîtres de la Renaissance (de toute façon, à la Renaissance, y avait que les kiwis-oiseaux qui occupaient l’île), mais des tas de salles interactives où on t’explique l’activité sismique (y a d’ailleurs une petite pancarte qui dit que c’est déconseillé aux gens qui ont vécu les séismes de Christchurch en 2010 et 2011…), l’impact de l’arrivée des hommes sur la faune et la flore locales (y a une espèce de murs des disparus avec toutes les espèces endémiques qui se sont éteintes depuis qu’on a eu la bonne idée de venir s’installer), comment on a pêché et mis dans le formol un calamar géant, quelques explications sur la signification des tatouages maoris, bref, y a de quoi s’amuser.

Après ça, j’ai fait un saut à la New Zealand Film Archive. Alors là, c’est magique. C’est une très grande pièce, remplie de films de/sur/avec la Nouvelle-Zélande et tu peux venir regarder tout ce que tu veux gratuitement. C’est donc rempli de geeks et d’étudiants en audiovisuel. Et à l’entrée, y a un petit café qui sert des muffins et de belles parts de carrot cake. J’avais pas beaucoup de temps, j’ai juste jeté un œil au catalogue et je me suis dit que si il devait pleuvoir pendant 20 ans d’affilée, j’avais trouvé l’endroit où je voulais être enfermée.

Une fois que j’ai été bien imprégnée de toute cette culture, je suis allée prendre l’air et un peu de hauteur. J’ai sauté dans le cable car qui m’a emmenée au sommet de la colline où se trouvent les jardins botaniques (et oui, j’aurais pu y aller à pieds mais 1/ ça grimpe sévère et 2/ ça aurait été moins bucolique…). De là-haut, on contemple tout Wellington et on peut admirer des buissons géants ou des petites fleurs qu’on ne verra jamais ailleurs. C’est kromeugnon.

Et puis je suis redescendue de la colline à cheval, hip, hop, et je me suis baladée dans la ville au hasard. Y a des cinémas, des théâtres, des cafés français, des restos malaisiens, des traiteurs indiens des coiffeurs punks, des ongleries américaines et des burgers kiwis. C’est plutôt sympa.

Et puis, à la tombée de la nuit, j’ai emmené Ben en banlieue et on s’est couché de bonne heure parce que demain, on prend le ferry pour l’île du sud. Et vous savez à quelle heure on se lève ? … 5h30 !!! Même dans mon ancienne vie, j’ai toujours refusé de me lever avant 6h. Alors là, j’ai qu’une peur, c’est de ne pas entendre le réveil et de devoir traverser le détroit de Cook à la nage avec Ben sur le dos. L’angoisse.

Photos ici.

Marcher sur des braises

Je suis quand même pas folle, je vais pas souffler dessus.

Je suis donc arrivée à Turangi. C’est une toute petite ville au nord du Tongariro National Park et au sud du lac Taupo, en plein centre de l’île du nord. Le seul intérêt de Turangi, c’est que c’est à la croisée des chemins mais que ce n’est pas à proprement parler touristique, le camping n’est donc pas cher. Et cerise sur le cupcake, la dame de la réception est extrêmement gentille, elle consulte les prévisions météo pour moi, m’offre une réduc sur le shuttle pour le parc et m’indique toutes les balades à faire le long de la rivière.

Parce qu’une autre raison de venir à Turangi, c’est d’aller pêcher les fameuses truites arc-en-ciel de la Tongariro River. Et devinez comment ça se pêche la truite arc-en-ciel ?… A la mouche. Et pour moi, pêche à la mouche ça veut dire…

truite

Comment ça, c’est un peu cliché ? Pas du tout…

Si je suis venue jusqu’ici, ce n’est malheureusement pas pour aller titiller les truites mais pour faire « the country’s best wilderness day walk », le Tongariro Alpine Crossing. Mais attention, si l’altitude moyenne est en alentours de 1600m, il faut faire attention à la météo qui change particulièrement vite et aux conditions sismiques. Parce que oui, la balade passe dans les cratères de volcans qui font juste une petite sieste, bref, c’est pas exactement une balade du dimanche. Pourtant, Madame Camping me suggère de ne faire mon trek que le dimanche parce que Madame Soleil sera au rendez-vous. Alors comme j’ai une journée à tuer en attendant, je vais me balader le long de la rivière.

Et c’est très joli ce bord de rivière. Le truc, quand tu marches le long de la rivière, c’est que quand tu veux rentrer, faut trouver un pont pour traverser (non, tu ne traverses pas à la nage, tu n’es pas en Thaïlande, l’eau est à 5°C ici…). Et des ponts, y en a pas tous les 20 mètres. Plutôt tous les 5kms. Mais il fait grand beau, grand chaud, j’ai le meilleur sandwich du monde (heureusement parce que ça fait déjà une semaine que je mange la même chose tous les midis) alors, je profite.

J’adore marcher. D’abord parce que ça permet de ne pas avoir les fesses qui tombent et ensuite parce que pendant que je marche, mon cerveau ne pense à rien. Enfin presque à rien. En tout cas, rien qui ne soit suffisamment intense pour que mon attention soit retenue. Des fois, je compte jusqu’à 4 (1-2-3-4… 1-2-3-4…), des fois je chante un truc dans ma tête (enfin, je pense que c’est dans ma tête parce que les gens que je croise ne disent rien), des fois j’écoute les oiseaux ou les bruits autour et j’imagine qu’il y a une monstrueuse araignée qui se dit qu’elle me prendrait bien pour son déjeuner mais que là, elle a la flemme. Oui, parce que le problème, c’est que dans la nature, il y a des bêtes. Oh, je sais bien que c’est pas la petite bête qui va manger la grosse, mais ça n’empêche, tout ce qui a plus de 4 pattes peut potentiellement déclencher une belle crise de panique…

Heureusement, ce jour-là, les seules bestioles que je vais croiser et bah… ce sont les truites arc-en-ciel. Vous avez déjà vu des truites arc-en-ciel ? On les appelle comme ça parce qu’elles ont une bande sur le côté qui change de couleur avec la lumière. C’est très joli. Mais c’est très gros aussi. Et comme elles remontent le courant toute la journée, de temps en temps, elles sont fatiguées. Alors elles s’arrêtent toutes au même endroit et elles continuent à regarder toutes dans la même direction. Elles ont pas l’air air très malignes… C’est un truc tellement énorme les truites arc-en-ciel dans la région qu’il y a même un centre de la truite. Là, ils élèvent des bébés truites, s’assurent qu’ils sont assez costauds et les relâchent dans la rivière. A mon avis, on est à 2 doigts de la surpopulation. Si tu vas à la pêche et que tu reviens les mains vides, c’est que tu fais exprès.

Le lendemain matin, sous un soleil radieux, je prends la route pour le départ du Tongariro Alpine Crossing. En fait, la route est une piste caillouteuse et normalement, seules les 60 premières voitures sont autorisées à la prendre. Si t’arrives trop tard, faut prendre un shuttle qui t’amène au bout de la piste et qui vient te rechercher en fin de journée. Mais ce matin-là, personne ne contrôle l’entrée de la piste et y a pas la moindre trace d’un shuttle. Alors, avec Ben, on s’engage sur la piste en soulevant un énorme nuage de poussière derrière nous.

Au bout de la piste, il y a un parking. Là, la bonne blague c’est qu’il y a à peine 30 places. 60 voitures autorisées, 30 places de parking… va comprendre. Alors, c’est la guerre. Les gens sont garés n’importe comment, à moitié sur des coulées de lave, à moitié dans les fossés. A Rome, fais comme les Romains, j’arrive à caser Ben le long d’une palissade et j’entame le chemin. (NDLR : le Tongariro Alpine Crossing est actuellement fermé à la moitié parce que le risque volcanique est trop important. T’es donc obligé de faire demi-tour et de revenir sur tes pas.)

La première moitié du chemin est assez facile, presqu’à plat. Les 3 volcans sont au bout de la vallée, face à toi, tu te demandes bien par quel côté tu vas grimper dessus mais en attendant, tu marches à travers des champs de pierres en sautant par-dessus des petits ruisseaux oranges (le fer, ma bonne dame, ça rouille…). Et puis, au bout d’un moment, t’es arrivé au bout de la vallée, y a plus le choix, faut grimper. Et là, c’est pas de la tarte. En fait, si. C’est sur-balisé, y a des escaliers en bois partout, y a juste un nombre incalculable de marches mais quand tu finis par relever la tête, t’es au bord du cratère. Et là… wow ! C’est grand un cratère… Tu es sur le qui-vive, tu surveilles chaque bruit, chaque craquement pour être sûr que Monsieur Volcan n’a pas décidé d’éternuer et puis tu traverses. En plein milieu. Tu marches sur des braises… Même si tu sais qu’elles sont pas juste juste sous tes pieds, c’est impressionnant.  Et puis c’est drôlement plat un cratère… Et puis arrivé de l’autre côté, tu regrimpes. Sauf que là, y a plus d’escaliers. Et tu comprends pourquoi y en avait avant. Grimper dans un champ de petits cailloux qui roulent sous tes pieds, c’est marrant 5 minutes mais c’est crevant. Heureusement, quand t’arrives en haut, y a la vue…

Comme c’est l’endroit parfait pour pique-niquer, je m’installe confortablement (enfin, comme je peux) et je profite du spectacle. De toute façon, je ne peux pas aller plus loin, le Department of Conservation a décidé que c’était trop risqué. Et moi, je trouve que je vis déjà assez dangereusement comme ça.

Au moment de faire demi-tour, je m’aperçois que le vent s’est levé. Pas un petit zéphyr qui soufflette gentiment. Non, non. De bonnes grosses rafales bien glaciales qui te plaquent au sol. Très sympa… Et finalement, quand j’arrive au parking et que je jette un coup d’œil par-dessus mon épaule, les volcans ont disparu dans un épais tapis de nuages bien gris. Timing parfait, il est temps de prendre la route.

Parce que les truites, les pâquerettes et les volcans, c’est bien joli, mais il faut continuer à avancer. Alors on trace la route, plein sud direction Wellington. Mais Wellington, c’est loin (et Ben et moi, on roule pas vite…). Alors, quand la nuit tombe, on s’arrête sur le bord de la route et s’offre une bonne plâtrée de pasta avant de se réfugier bien au chaud sous la couette.

Demain, on descend à la capitale !

Photos ici.