PCT Day 89 : Les grandes retrouvailles

du Mile 3 du Oregon Skyline Trail à Sisters (mile 1981)

On a beau se réveiller de bonne heure, les moustiques sont déjà là. On ne traîne pas trop, on a 15 miles à faire pour arriver à Shelter Cove.

Le OST est plutôt joli, y a plein de petits lacs et le trail est facile. Mais on a les jambes fatiguées à cause des 26 miles de la veille et certains (enfin… certain) d’entre nous ont mangé 2 pounds de refried beans hier soir et se sentent un peu lourd… Au bout de 6 miles on croise une route qui a l’air déserte et on arrive près d’un camping. Il y a des chiens qui aboient autour de 4 ou 5 caravanes posées au bord d’un très beau lac et miraculeusement, pas un moustique à l’horizon. Intriguée par les aboiements des chiens, une dame vient à ma rencontre. Elle campe ici avec ses amis tous les étés depuis 25 ans et me confirme que depuis 10 ans, le nombre de PCT hikers qu’elle voit passer a augmenté exponentiellement !

Alors qu’on fait une pause à l’entrée du camping, une voiture passe… Alors quand on entend la suivante arriver, on échange un regard et… je lève mon pouce. La voiture s’arrête. Au diable les moustiques ! On sait pas encore comment mais ce soir, on va retrouver nos copains à Bend ! Mais pas question d’abandonner nos boxes à Shelter Cove. On va d’abord aller les récupérer.

Commence alors une longue série de rides. C’est donc d’abord à l’arrière d’un pick-up qu’on rejoint la Highway 58. Là, c’est une mère et sa fille (et leur bébé labrador) en route pour Eugene qui nous emmène jusqu’à Williamette Pass. On commence à marcher le long de la route qui descend jusqu’à Shelter Cove Resort lorsqu’un van s’arrête et nous prend pour les 2 derniers miles. Il est 12h et on récupère nos boxes. On boit une bière pendant que Spider pille la hiker box. Dire qu’on avait prévu de prendre un zéro là éventuellement… Mais pas le temps de traîner, il nous reste presque 100 miles en stop si on veut rejoindre nos copains qui ont finalement décidé de prendre un zéro à Sisters. On fourre notre resupply dans nos sacs et on se remet en route. On trouve d’abord 2 soeurs jumelles qui possèdent un petit cabin au bord du lac et qui nous ramènent jusqu’à la Highway 58. Puis un gars qui travaille pour une fishing company en Alaska nous dépose quelques miles plus loin et enfin Granny, 94 ans, et son petit-fils, la trentaine, nous amènent jusqu’à La Pine (ça ne s’invente pas…) sur la Highway 97. De là, on se dit que rejoindre Bend va être super facile : c’est à peine 30 miles plus loin ! Sauf que La Pine, c’est carrément loin du trail , que personne n’a entendu parler du PCT et que assis sur le trottoir, on ressemble à des sans-abris crasseux. J’ai beau sortir mon plus beau sourire, pendant 2 heures, personne ne s’arrête… Alors qu’on commence à désespérer et se dire qu’on va passer la nuit à La Pine, un monsieur s’arrête et demande : « PCT hikers ? » YES !!! Il n’a rien de spécial à faire et est OK pour nous emmener jusqu’à Bend. Arrivés là, on lui dit que nos amis sont en fait à Sisters. Sisters, c’est encore 23 miles plus loin. On veut pas abuser de son temps mais il insiste pour nous emmener et on accepte avec soulagement. Et à 18h passés, on finit par arriver à Sisters. On est crevés mais super contents de retrouver nos copains !

On prend une bonne douche et pour fêter nos retrouvailles, on va dévorer de grandes pizzas arrosées de pichets de bière pour le dîner. On finit même dans un ice cream shop.

On finit tous ensemble dans un des lits du motel. Comme au bon vieux temps…

PCT Day 88 : Un autre jour en Oregon

du Mile 1853 au Mile 3 du Oregon Skyline Trail en passant par le Mile 1876

Aujourd’hui n’est rien de plus qu’une journée typique en Oregon. Neige le matin, poussière l’après-midi, forêt toute la journée et beaucoup de moustiques. Mais de sont vraiment des easy miles.

On a repéré un raccourci pour rejoindre Shelter Cove Resort où on a envoyé notre prochaine resupply box. Il faut qu’on prenne le OST (Oregon Skyline Trail) qui, d’après les commentaires qu’on a pu lire, est plus scenic que le PCT. Il n’en faut pas plus pour nous convaincre.

Malgré tout, la journée est longue et on a déjà 23 miles dans les pattes quand on fait une pause à la jonction où est supposé être le OST. On a vraiment du mal à trouver le départ du trail et heureusement que Lucie a les cartes papier parce que les cartes Guthook sur nos téléphones ne nous aident pas du tout. Pour la première fois depuis le début du trail, on utilise les cartes Halfmile et comme aucun de nous n’a utilisé cette application jusqu’à maintenant, on est un peu perdus…

On croise pas grand monde à part un papi australien avec un sac énorme et des mollets de dingues qui marche plus lentement que nous mais nous dépasse alors qu’on est en train de monter nos tentes. Il va continuer encore une petite heure. Nous, on a fait 26 miles et on considère que c’est bien suffisant. En plus, les moustiques nous oublient juste le temps de dîner avant de nous déclarer la guerre à nouveau.

26 miles aujourd’hui. Not too bad… mais j’ai mal aux jambes.

PCT Day 87 : Bye bye Bob !!

de Crater Lake National Park (mile 1818) au Mile 1853

Ce matin on n’est pas trop pressés. On a prévu de prendre le shuttle de 9h pour monter jusqu’au cratère et suivre le Rim Trail sur quelques miles avant de reprendre le PCT. Curieusement, arrivé à Crater Lake, le PCT serpente plusieurs miles à l’ouest dans la forêt alors qu’il existe un trail qui longe le bord du cratère et qui est donc beaucoup plus joli. Bob ne repart qu’en début d’après-midi et il commence donc la journée avec nous.

On avance doucement. Il faut dire qu’on s’arrête toutes les 100 mètres pour prendre des photos. C’est magnifique. « Fifteen trillions gallons of soft water !!! » On finit même par retrouver un peu de neige alors qu’on arrive à Watchman Tower et on décide de déjeuner là, assis face à Wizard Island. Officiellement, Crater Lake est un des highlights du PCT.

On dit au revoir à Bob puis on reprend le Rim Trail jusqu’à retomber sur la route qui longe aussi le cratère puis continue vers le nord. On a un petit bout de road walking pas très rigolo à faire sur le bas côté avec les voitures qui nous rasent de près  alors au bout de 2 miles, je finis par lever le pouce.

Presque immédiatement, une voiture s’arrête. C’est un Néo-zélandais qui va jusqu’à Bend. « Do you want a ride or do you want to walk there ? » La tentation est grande puisque c’est à Bend qu’on fait notre prochain stop et qu’on devrait retrouver Urs, Emily et Eike mais on résiste ! On n’est quand même pas si feignants que ça et en plus les autres ne seront à Bend que dans 2 jours. Notre chauffeur nous dépose donc 15 miles plus loin au bord de l’autoroute.

On fait une petite pause 20 minutes plus tard alors qu’on tombe sur une water cache et que, étrangement, les moustiques sont plutôt discrets. En regardant la carte, on se rend compte qu’entre le raccourci pris avec le Rim Trail et nos 15 miles en stop, on vient de parcourir bien plus que ce qu’on imaginait faire aujourd’hui.

On fait donc tranquillement 8 miles de plus jusqu’à une rivière où on se trouve un grand campsite bien plat et on allume un petit feu pour éloigner les moustiques qui sont revenus. Il faut toujours choisir : soit on campe à proximité de l’eau (ce qui est évidemment plus pratique) et on est harcelés par les moustiques, soit on a à peu près la paix, mais il faut dry camper.

On a du réseau ce soir et on reçoit un message de nos copains qui nous disent détester l’Oregon à cause des moustiques et des blowdowns, les troncs d’arbres couchés sur le trail. Nous, on trouve l’Oregon plutôt cool même s’il faut parfois jouer à saute-moutons. On se dit qu’ils sont juste aigris parce qu’ils font des journées de plus de 30 miles et que ça, ça n’a rien de fun… Ça nous conforte juste dans notre décision de ne pas faire plus de 25 miles par jour et de continuer à profiter du trail à notre rythme.

PCT Day 86 : Zéro à Crater Lake

Pour célébrer la dernière journée de Bob parmi nous et profiter de Crater Lake, on a décidé de s’offrir un vrai zéro comme on sait si bien le faire…

Ça commence par aller avaler un copieux petit déj au resto et traîner un peu au soleil avec les autres hikers puis on prend le shuttle jusqu’au cratère. Pas question de marcher aujourd’hui, encore moins de grimper jusqu’au cratère (on est en vacances ou bien ?), et en plus, le shuttle est gratuit.

Je suis déjà venue à Crater Lake en 2013 et pourtant, en arrivant devant le lac, l’effet est le même… WOW !!! C’est vraiment magnifique et on reste un bon moment juste là, comme ça, assis sur le petit muret à contempler le cratère. On se promène un peu le long du cratère, on fait des photos, on essaye de se fondre dans la masse des touristes « normaux » et franchement, ça fait bizarre de se retrouver au milieu de tant de gens.

Mais on est là pour profiter alors on s’installe dans des chaises longues à la terrasse du lodge qui donne juste sur le cratère et Lucie commande une bouteille de vin pendant que Bob peaufine sa collection de photos souvenirs et que Spider et moi faisons les mots croisés de USA Today.

Puis quand on a bien traîné et qu’il commence à faire faim à nouveau, on décide de retourner au camping : notre budget ne nous permet pas de déjeuner au lodge bien que le menu ait l’air délicieux… On grimpe donc à nouveau dans le shuttle et on rejoint nos quartiers.

Puis on s’assoit à une table de pique-nique et on commence à préparer nos foodbags pour la prochaine section. C’est l’heure du troc avec la hiker box qui est franchement bien fournie ! On est vite rejoint par Mountain Goat & Mountain Woman, 2 hikers avec lesquels on leapfrog depuis quelques jours et qui sont très sympas. Ils ont la soixantaine, vivent dans leur campervan et on déjà fait le PCT il y a 20 ans de ça. On papote un bon moment avec eux pendant que Lucie est de corvée de lessive.

Alors que le soleil se couche, je pars chercher des pizzas pour le dîner. Je ne me suis toujours pas fait au système empirique et me retrouve avec des mini-pizzas (7 inches !!!) qui feront à peine l’affaire pour l’apéro…

Alors que je me couche sous ma moustiquaire, je vois passer une étoile filante.

PCT Day 85 : Familiar faces

du Mile 1803 à Crater Lake National Park (mile 1818)

Aujourd’hui, c’est censé être facile : 15 miles easy jusqu’à Crater Lake. Si on se débrouille bien, on devrait arriver pour le déjeuner. Du coup, on traîne pas. Bob est à deux doigts de l’hypoglycémie mais on faiblit pas et on arrive au trailhead un peu après 13h.

On est épuisés et même s’il n’y a qu’1 petit mile jusqu’à l’entrée du National Park, on tente notre chance et on lève le pouce. Un pick-up s’arrête… good hitching karma again ! En moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, on se retrouve assis devant une pinte de bière, un énorme burger et un gâteau dégoulinant de chocolat pour fêter la fin de l’aventure pour Bob. Ses vacances aux Etats-Unis sont finies, il va rentrer en France.

Une fois les estomacs pleins, on récupère notre resupply boxes pour la prochaine section et on va s’installer au camping (encore une fois, on est relégué en PCT quarantine…). Puis on traîne, on papote, on boit quelques bières, on perce quelques ampoules, on prend même une douche. Pas très chaude mais c’est toujours mieux que rien !

On retourne traîner devant le magasin et on boit encore quelques bières avant de retourner au camping où on retrouve Dora et quelques autres hikers qu’on a pas vu depuis plusieurs semaines. Ils ont allumé un grand feu et on say some shit, tell some lies jusqu’à ce qu’on tombe de sommeil. Ça fait du bien de voir des familiar faces. On est heureux.

PCT Day 84 : Deet myth

du Mile 1782 au Mile 1803

La nuit a été plutôt agréable bien à l’abri sous la moustiquaires mais le bzzz incessant reprend dès le réveil…

Ce matin, les tentes et duvets sont un peu humides et on essaye de les faire sécher comme on peut avant de démarrer. Mais la journée va être longue, 19 miles prévus, on peut pas traîner trop longtemps. Après s’être aspergés d’anti-moustiques, on se met en route à 7h45.

On enchaîne les miles, easy, toujours dans la forêt et quand on passe la cime des arbres… MIRACLE !! Plus de moustiques !! On en profite pour faire une longue pause déjeuner dans une zone brûlée. Alors qu’on est assis tranquillement à savourer les dernières tranches de saucisson et de comté que j’ai rapportés de France, on entend : « Lucie !! Hey !! Lucie !! ». C’est Martin, un hiker corse que Lucie a rencontré la semaine d’avant. On discute un peu (enfin, Martin parle beaucoup et nous on écoute…) et Martin et ses 2 copains continuent leur chemin.

Puis on retourne en enfer…

Soudain, après un sentier sur les crêtes, c’est le grand retour de… la neige !! Martin et les 2 autres hikers sont là. « GoPro !! Men !! GoPro !! » crie Martin qu’on a rejoint alors qu’il descend en glissading. Bien qu’on se gèle les fesses, c’est plutôt fun. Et puis ça faisait longtemps qu’on avait pas fait un peu de navigation à vue !

On fait 2 miles de plus pour ne pas camper dans la neige et on fait un petit feu pour éloigner les moustiques. On n’a pas beaucoup d’eau alors on insiste pas trop et on éteint le feu avec de la terre en espérant que la fumée dissuade les moustiques de nous tourner autour…

Au moment de me coucher, je découvre que j’ai des presque trous dans mon pantalon tout neuf à cause du DEET… Super… J’ai pas été trop piquée aujourd’hui mais je ne peux plus sprayer mon pantalon à moins d’avoir envie de me retrouver à marcher en culotte ce qui n’arrangera rien…

PCT Day 83 : Mosquito hell

du Fish Lake Resort (mile 1771) au Mile 1782

Après la veillée d’hier soir, on se réveille pas trop tôt et on va prendre le petit dej tranquillement devant le resort au bord du lac. Les jambes sont raides, les pieds sont encore endoloris, la motivation… légère…

On commence mollement à chercher un ride pour retourner sur le trail (y a 2 miles à faire et on veut pas les faire à pieds…) mais ce matin, personne ne semble avoir envie de nous charger à l’arrière de son pick-up. En regardant la carte un peu plus attentivement, on s’aperçoit qu’il ne reste que 48 miles à faire en 3 jours et qu’en plus, y a pas beaucoup de water sources à venir. Du coup,  on décide de faire 11, 19 et 18 miles sur les 3 prochains jours. Aucune urgence à quitter le Fish Lake Resort donc.

On en profite pour traîner sur la plage, dévorer un second breakfast avec des œufs et du bacon, Spider nettoie son sac, Bob fait la sieste… On partira juste après le déjeuner. Et ça tombe bien : le camping host nous offre un ride !

On fait 10 miles tranquille dans la forêt quand soudain, on se fait violemment attaquer par les moustiques. Je me dis que ça va aller, je vais tenir jusqu’au campsite. En plus, mon headnet est au fond de mon sac… Ma vessie m’oblige à faire une pause. Erreur de débutante : j’ai plus de 100 moustiques autour de moi ! Je vous fais pas un dessin… J’en profite pour récupérer mon headnet et m’asperger d’anti-moustiques. Malheureusement, ça n’empêche pas les petits vampires de me piquer à travers mes vêtements.

Quand on arrive au campsite qu’on avait repéré sur la carte, y a plein de monde. Tout le monde se dépêche de monter sa tente et de se réfugier dedans. Les moustiques sont vraiment insatiables, c’est l’enfer. On arrive à se trouver un petit spot juste derrière la source. Y a personne et on peut faire un petit feu pour éloigner les moustiques. Comme un petit miracle, ils disparaissent et on peut préparer le dîner sans se faire harceler. Enfin presque. Bob, qui marche en t-shirt et short, s’est fait bouffer tout cru…

PCT Day 82 : Bastille Day

du Mile 1748 au Fish Lake Resort (mile 1771)

Cette nuit encore, les coyotes ont hurlé. Et ils étaient vraiment pas loin. A croire que la meute habite dans le coin.

Au petit matin, notre drôle de voisin quitte le campement. Il a pas franchement été dérangeant mais c’est toujours un peu bizarre un gars qui passe la nuit assis dans sa voiture à boire des bières et fumer des pétards… On émerge lentement puis on plie le camp : on a 25 miles à faire aujourd’hui, 23 sur le trail et 2 pour rejoindre le resort. Rien de bien difficile mais 25 miles quand même et ils vont pas se faire tout seuls.

Bob a mal aux pieds. Faut dire qu’on l’a pas beaucoup épargné. Et pour un « débutant », il se débrouille pas mal. Mais quand on s’assoit enfin devant un 6-pack et des chicken wings… il peut plus se relever.

Mais c’est pas bien grave. Aujourd’hui, c’est le 14 juillet. Bastille Day comme on dit ici. Et comme la team est désormais largement majoritairement composée de Frenchies, on s’offre une bouteille de vin (ou était-ce 2… ?) et encore un peu plus de greasy food et on traîne devant le resort jusqu’à ce qu’il fasse nuit et que subitement on s’inquiète de savoir où on va bien pouvoir camper.

Parce que le resort accepte avec plaisir que les hikers viennent manger et boire sur leur terrasse mais pour camper, alors là, pas question. Faudrait pas déranger les autres clients avec un troupeau de hikers plus ou moins odorants… Du coup, on nous indique un petit chemin à suivre jusqu’à une clairière un peu à l’écart où on pourra monter nos tentes. Mais à cause de la nuit (ou du vin, qui sait ?), on ne trouvera jamais la clairière et on finira par poser nos tentes sur un petit bout de terrain plat caché entre les arbres. Et on achève de célébrer notre 14 juillet en racontant des histoires et en lapant jusqu’à la dernière goutte de notre vin. Waste not

PCT Day 81 : C’est pas tous les jours comme ça !

du Mile 1726 au Mile 1748

Aujourd’hui le programme est simple : mettre un pied devant l’autre et recommencer jusqu’à atteindre le lac à 22 miles de là. Au programme également, faire une pause brunch au lodge dans lequel on avait atterri complètement par hasard la fois dernière.

Et on se débrouille pas trop mal. Arrivés au bord de la route menant au lodge, on tombe sur une petite dame dans un camping car qui fait des photos. Quand elle comprend qu’on est des PCT hikers, elle demande si elle peut nous prendre en photo aussi. « Bien sûr ! » on répond. « Mais en échange… vous pourriez nous emmener 5 miles plus loin sur la route ? » Et 15 minutes plus tard, nous voilà attablés devant des bols de soupes et des sandwiches. « C’est pas tous les jours comme ça » on explique à Bob. Mais y a des occasions qu’on refuse pas !

On se remet en route 2 heures plus tard et on espère bien trouver un ride rapidement pour nous ramener au trail. On a été chanceux la première fois et on se dit qu’il n’y a pas de raison que ça change. Malheureusement, ça marche pas à tous les coups et il n’y a vraiment pas beaucoup de trafic sur la route. En étudiant la carte de plus près, on s’aperçoit qu’en marchant le long d’un autre chemin, on pourrait prendre un raccourci. On se met donc en route sous un soleil de plomb. Marcher le long d’une route n’est jamais très rigolo et on traîne la patte.

Soudain on entend s’approcher le bruit d’un moteur. On se range aussitôt en rang d’oignon et on tend le pouce. Et ça marche ! La voiture s’arrête et on s’entasse dedans avec nos sacs sur les genoux. Bob étant nettement plus grand que tous les autres, il a la place de choix à côté du conducteur et ne comprend pas de quoi on se plaint…

On se remet en route après une autre petite pause. Le lac n’est plus très loin et il y a un camping. Ça veut dire tables de pique nique et douches chaudes gratuites !! « C’est pas tous les jours comme ça !! » on continue à dire à Bob qui commence à avoir de sérieux doutes sur la difficulté de survivre au trail…

L’eau du lac est franchement verdâtre et limite gluante alors on reste un peu loin mais on profite de la vue et on prépare le dîner en faisant sécher nos affaires trempées de sueur… Quand le soleil se couche et que la température se fait plus fraîche, on quitte le camping pour aller camper un plus loin sur le trail. Il y a une voiture garée sur le spot qu’on a repéré et le gars qui est dedans a l’air bien bien high… mais pas méchant. On monte nos tentes et on se couche. Demain, on a 25 miles à faire jusqu’au prochain cheeseburger… mais promis, c’est pas tous les jours comme ça !!

PCT Day 80 : Le petit nouveau

de Ashland (mile 1716) au Mile 1726

Aujourd’hui le plan est simple : initier Bob à la logistique du PCT.

Ça commence donc par aller engloutir une farandole gargantuesque de pancakes, oeufs brouillés, bacon et autres muffins aux marionberries. Marionberries ? That’s just some goddamm blackberries…

Quand on est sur le point d’exploser, on va faire un tour au Safeway faire le plein de trail food pour les 10 prochains jours puis on explose tout sur le parking de la laverie où on prépare nos colis pendant que Spider regarde ses fringues tourner…

Un petit tour à la poste, un petit tour chez UPS et il faut aller rendre la voiture de location un peu en dehors de la ville. Comme on leur fait pitié, ils offrent même de nous ramener en ville. On en profite pour avaler un dernier burger et boire une dernière bière (ou 2) avant de se mettre en ordre de bataille pour faire du stop.

C’est déjà le milieu de l’après-midi et on trouve rapidement un ride. 10 minutes plus tard et nous revoilà au trailhead. Il fait une température idéale pour randonner, le soleil brille, le ciel est bleu et comme je sais ce qui nous attend puisqu’on a déjà fait cette section avec Spider la semaine dernière, je ne force pas et je papote avec Bob qui me donne des nouvelles du Vieux Continent.

On arrive au camp à 20h30, on monte les tentes et on prépare le dîner à la frontale pendant que Spider allume un petit feu. Et c’est comme si on était à la maison…