PCT Day 68 :

du Mile 1367 au Mile 1388

Ce matin, on n’a que 6 petits miles pour arriver à Old Station, un petit morceau de civilisation sur le bord de la route. On s’y arrête pour prendre le petit déjeuner au JJ’s Café et surtout pour se mettre à l’abri de la chaleur encore écrasante aujourd’hui. On traîne un peu allongés dans l’herbe derrière la station service. Aujourd’hui encore, l’ambiance dans le groupe est à l’orage… on n’a pas tous envie de faire de grosses journées et en même temps, il commence à être temps d’accélérer : this trail is not gonna hike itself…

On arrive tout de même à se mettre d’accord sur le fait qu’il fait bien trop chaud en milieu de journée pour grimper sur le Hat Creek Rim et on se réfugie dans une grotte pendant quelques heures. Il y fait 8 degrés et ça aide les esprits à se calmer…

On repart dans l’après-midi. LE trail n’est pas si difficile que ça après tout mais c’est vraiment la chaleur qui est difficile à supporter. On avait convenu de camper près d’une des rares sources du coin. Mais la source est en fait à près de 400 pieds en contrebas du trail au bout d’un petit chemin en épingle particulièrement escarpé. Et pas moyen de camper au pied de la source. Autant dire qu’on n’a finalement aucun des avantages à être près d’une source. Et puis il est encore tôt et les journées sont maintenant vraiment longues. Il ne fait pas nuit avant 21h. Après de longues tergiversations et un brin de diplomatie, on finit par convenir de faire 5 miles de plus (on en avait fait que 15) et de camper près d’une tour de télécommunication sur la crête. En plus, ç a nous permettra de ne faire que 20 miles demain au lieu de 25…

Du coup, tout le monde se remet en route après avoir avalé un rapide dîner et maintenant que la chaleur tombe, on se rend compte que le sentier est vraiment sympa : on longe la crête avec une superbe vue sur la vallée en contrebas tandis que le soleil se couche embrasant le ciel. Même ceux qui râlaient à l’idée de faire les 5 miles supplémentaires finissent par admettre que ça valait carrément le coût.

Alors qu’on monte les tentes dans la pénombre, on aperçoit une biche un peu curieuse qui nous observe à quelques mètres. On se réfugie dans les tentes alors que les moustiques prennent le pouvoir et on dine chacun derrière notre moustiquaire. J’ai la flemme de faire à manger alors j’avale de grosses poignées de trail mix enroulée dans mon sac de couchage. 

Demain, ce sera air conditionné et town food : on retourne en ville.

PCT Day 67 : Quand l’orage menace

de Drakesbad Guest Ranch (mile 1347) au Mile 1367

Encore une journée classique en Northern California. On passe la matinée dans la neige puis il se let à faire très chaud dans l’après-midi mais le trail est facile. PCT flat quoi…

En fin de journée, un gros orage menace : les nuages noirs roulent au dessus de ma tête et le tonnerre gronde. Je veux avoir le temps de monter ma tente avant que le déluge s’abatte alors je finis la journée en courant les derniers 2,7 miles en 35 minutes. J’arrive à bout de souffle et je monte ma tente en 4ème vitesse mais l’orage s’éloigne et on reste allongés sur l’herbe à regarder les nuages.

Le camp est près d’une rivière et il y a beaucoup de fourmis et de moustiques partout. On est tous crevés mais pas Josh qui a encore trop d’énergie et grimpe aux arbres… 

C’est une longue soirée tranquille d’été et on en profite. Et puis il fait bien trop chaud dans les tentes. Pourtant au bout d’un moment, on craque : il paraît que les moustiques de la Sierra sont redoutables mais ceux de Northern Cali me semble déjà bien pénibles…

PCT Day 66 : Drakesbad Ranch

du Mile 1332 au Drakesbad Guest Ranch (mile 1347)

Ce matin, on ne traîne pas. On a seulement 15 miles à faire pour arriver au Drakesbad Ranch. Du coup, on enchaîne les 15 miles en 6 heures et on arrive juste à l’heure pour le lunch buffet. c’est marrant quand même comme à chaque fois qu’il y a une ville ou un semblant de civilisation, on est tout de suite beaucoup motivés… En même temps, les moustiques sont voraces ce matin et ne nous donnent pas vraiment envie de nous éterniser pendant les pauses…

Spider et Urs ne nous ont pas suivi et sont même tellement loin derrière nous qu’on se demande s’il ne leur est pas arrivé quelque chose… Mais pas du tout, ils prenaient juste leur temps et ont pris un side trail pour aller voir un « geyser » qui n’est autre qu’un jet de vapeur façon cocotte minute.

On profite de la gentillesse du propriétaire du Ranch (qui est un lodge plutôt chic où on détonne un peu) qui nous laisse prendre une douche et faire une lessive. On récupère aussi nos colis qu’on a envoyés depuis South Lake Tahoe et on refait nos food bags. Encore une fois on a beaucoup trop de bouffe et on décide de renvoyer des colis avec le surplus. 

On reste encore au ranch pour le dîner. Le serveur est un petit nouveau qui a beaucoup de mal à prendre nos commandes. On se retrouve avec 10 assiettes pour 6 personnes, les assiettes sont énormes et on mange beaucoup trop. Puis vers 21h on se décide enfin à aller jusqu’au camping qui est à moins d’1 mile de là et c’est à la nuit tombée qu’on va monter les tentes en allumant le moins possible nos frontales pour ne pas attirer les moustiques.

PCT Day 65 : Catch’em, Pass’em, Wait for’em

du Mile 1315 au Mile 1332

Ce matin, on retrouve nos réflexes et on est prêts avant 7h30. Enfin on est prêtes… parce que les garçons prennent leur temps…

Spider nous regarde partir en disant : « So… this is the girl team. And we’re the team Catch’em, pass’em, wait for’em… » Piquées au vif, on se promet de pas se laisser rattraper…

En attendant, aujourd’hui, rien de spécial. Encore de la neige toute la matinée et un nombre incalculable de pauses pour vérifier qu’on est bien au bon endroit. Pourtant, le moral des troupes est nettement meilleur que dans la Sierra. Faut dire que le paysage est bien différent et c’est vraiment joli ici. Du coup, on a envie d’en profiter et on se fait une très longue pause déjeuner suivi d’une sieste entassés les uns sur les autres au bord d’une petite rivière. Finis les torrents effrayants ! Ici, y a de l’eau partout mais on ne met pas notre vie en danger toutes les 3 heures ! Enfin presque… Josh aperçoit un ours et arrive même à le filmer quelques secondes. 

En fin de journée, on arrive à l’autoroute qui mène à Chester. Pour une fois, on n’a pas prévu d’aller en ville mais notre camp n’est plus qu’à 3 miles et les garçons veulent faire un aller-retour rapide pour aller chercher de quoi arroser notre dîner. Ils trouvent bientôt un ride et vont chercher des sodas et du vin. La Girl Team continue donc son chemin jusqu’au campsite qu’on a repéré et qui est sans doute und es meilleurs camps qu’on a eu depuis le début du trail : immense, plat, avec une immense fire ring et des rondins pour faire tabourets. Y a uen petite rivière glacée qui passe juste à côté et on se fait un plaisir d’y mettre les pieds. C’est tellement froid que c’en est douloureux mais ça fait vraiment du bien après avoir passé 2 jours à transpirer tout ce qu’on peut !

On s’attendait à ce que les garçons restent en ville un petit moment mais ils arrivent assez rapidement en nous rapportant… des fraises !! C’est grand luxe ce soir…

On allume donc un grand feu et de nouveaux hikers arrivent au camp alors que la nuit tombe. Après 2 mois à voir les mêmes têtes tout le temps, c’est amusant de rencontrer de nouvelles personnes. Cela étant dit, notre petit groupe qui n’est pas si petit que ça, est plutôt sauvage. « Do we talk to strangers… ? »

On va se coucher bien après hiker midnight et au moment de rentrer dans ma tente, j’aperçois une biche à seulement quelques mètres. Pas farouche !

PCT Day 64 : Who said Northern California sucked ?

du Mile 1299 au Mile 1315

Hier soir, pendant que j’essayais de rattraper mon retard sur le blog, un arbre est tombé juste à côté de notre camp. Un gros craquement puis le bruit d’une chute. Juste à côté de nous. Évidemment moi, j’ai cru que c’était un ours qui venait visiter nos food bags… j’ai failli avoir une crise cardiaque.

Ce matin, tout est compliqué. Peut-être parce que ça fait 5 jours qu’on n’est plus sur le trail et que les réflexes se perdent rapidement. En tout cas, clairement, j’ai perdu la main. Je mets plus d’une heure à tout plier. Les autres se moquent, évidemment.

On recommence notre lente progression dans la neige. La nuit n’a pas été très froide et la neige est encore molle de la veille. Du coup on est vraiment lents : 5 miles en presque 3 heures… Spider perd ses lunettes de soleil lors d’une pause crème solaire et Lucie lui sauve la vie/vue grâce à une paire de secours qu’elle avait gardée en back-up. Pas étonnant que son sac soit aussi léger : il passe son temps à perdre ses affaires et à utiliser les affaires des autres… Du coup, on lui interdit de prononcer le mot « shakedown » pour les 4 prochains jours. Un peu plus tard, je renverse par accident mon sac de trailmix sur le sol. J’arrive à sauver les M&M’s mais pas les graines de tournesol qui feront sans doute le bonheur des chipmunks…

Par contre le paysage est vraiment sympa. On est dans la forêt de pins, bien dense, ça nous change de tout ce qu’on a vu jusque là ! Comme en redescend en altitude, on finit par enfin atteindre une zone sans neige et là, c’est que du bonheur ! Pouvoir enfin suivre le trail sans regarder son téléphone toutes les 30 secondes pour savoir si on est bien au bon endroit ni regarder uniquement les 30 centimètres devant ses pieds pour être sûr de pas tomber dans un trou de 2 mètres, ça fait vraiment plaisir. Enfin on peut lever la tête et profiter de la vue !

La Californie du Nord a mauvaise réputation sur le trail. Probablement parce que les hikers la traversent traditionnellement après la Sierra qui est considérée comme les joyaux de la couronne du trail et que du coup, les paysages paraissent un peu fades après ça. Mais nous, comme on n’a eu qu’un petit aperçu de la Sierra, on n’est pas blasés du tout ! Bien au contraire. En plus, comme on est encore tôt dans la saison, les moustiques et autres trucs volants qui font bzzz sont présents en quantité raisonnable. Du coup, on est vraiment contents d’être là et même si on râle pas mal à cause de la neige encore présente, c’est rien par rapport à ce qu’on a eu la semaine d’avant. On se dit qu’on a eu bien raison de faire le choix de skipper la Sierra pour le moment.

On aime tellement ça qu’on arrive à faire 16 miles avant 17h et à se trouver suffisamment de place en bordure du trail pour monter nos 7 tentes à côté de celles de 2 day hikers qui sont venus avec le plein de bouffe, de bières et de cigarettes et qui n’hésitent pas à partager. Trail magic ?

On se prépare à dîner, on papote, on va chercher de l’eau au ruisseau 100 mètres plus bas… Je réopère au couteau suisse le petit doigt de Urs qui s’est infecté depuis la veille mais cette fois j’arrive à retirer l’écharde et à bien nettoyer la plaie.

Et puis comme tous les jours à 19h30… on se met au lit. On n’est plus qu’à 32 miles de notre prochain resupply et on compte bien y arriver d’ici 2 jours.

PCT Day 63 : Finies les vacances !

de Belden (mile 1284) au Mile 1299

Personne n’a mis de réveil et je me lève la première à 7h. C’est déjà foutu pour les bonnes résolutions… On arrive tout de même à démarrer à 8h : pas si pire… 

Ce matin, le trail nous ramène au delà de 6000 pieds et il fait chaud. Très chaud. On transpire comme pas permis. Clairement, on a quitté la chaleur sèche du désert. Après tout, c’est pas plus mal : on a quelques toxines à éliminer après 5 jours en ville. Et puis on se plaint pas : on peut enfin mettre un pied devant l’autre sans se demander si on va tomber dans un trou, glisser sur 30 mètres ou se vautrer sur de la glace. Enfin on peut suivre le trail : on le voit, il n’est plus sous 2 mètres de neige !! Et aussitôt, on retrouve notre rythme de croisière à 3 miles par heure. On est tous très contents d’être de retour sur le trail et la matinée passe rapidement.

Evidemment, ça ne pouvait pas durer éternellement et dans l’après-midi, on retrouve la neige… et la navigation hasardeuse qui va avec. On finit même par perdre Lucie qu’on retrouve devant nous 1 heure plus tard sans trop bien comprendre par où elle est passée. La neige nous ralentit à nouveau et comme on ne veut absolument pas camper dans la neige, on commence à chercher un endroit pas trop mouillé pour se poser. On ne trouvera rien sur le trail mais n peu plus loin en contrebas d’une petite colline. On déblaie un peu le terrain plein de branches et on arrive à caser nos 7 tentes. On a même la place de se faire un feu pour éloigner les moustiques, se réchauffer un peu et faire sécher nos chaussures qui ne seront pas rester sèches bien longtemps…

Après le diner, je mets ma casquette de chirurgien et j’essaye de retirer une écharde du doigt de Urs qui commence à s’infecter. Il ne dit rien mais je vois bien qu’il sert les dents… faut dire qu’avec un opinel stérilisé au briquet, je n’ai pas non plus le matériel le plus adéquat. Une fois la procédure terminée, on éteint notre feu et puis on se couche. Il fait encore jour mais les vacances sont finies et il est temps de reprendre le rythme du trail…

PCT Day 62 : Just another day in Paradise

Spider et Urs se réveillent en catastrophe à 7h56 alors qu’ils ont rendez-vous à 8h avec le propriétaire de Belden pour aller à Chico rendre le pick-up. Les autres grognent et se retournent dans leurs lits : on n’est pas pressés, ils en ont au moins pour 3 heures…Quand on décide enfin à se lever, on se dirige doucement vers le resto où on va ingurgiter encore plus doucement un de ces délicieux breakfasts sur la terrasse avec vue sur la rivière. L’endroit est vraiment joli avec une petite plage sur la berge et on commence à se dire qu’on pourrait bien encore passer une journée à ne rien faire. Après tout… où est l’urgence… ?

Une fois que tout le monde est bien convaincu de l’absolue nécessité de se reposer une journée de plus, il ne nous reste plus qu’à attendre le retour des garçons pour leur annoncer la bonne nouvelle. On s’allonge sur la plage et on laisse couler la rivière…

Quelques heures plus tard, Spider et Urs reviennent et se laissent convaincre plutôt facilement par notre idée de repos forcé. Lucie sort enfin son matériel de pêche et s’installe sur un rocher sous le regard dubitatif de Spider qui ravale bien vite ses commentaires quand elle sort un petit poisson de la rivière : une vraie country girl !

On passe l’après-midi à se déplacer doucement de notre cabin au bar et à discuter avec les gens de passage. Belden est vraiment agréable, loin de tout et on s’y sent bien. Il n’y a aucun hiker ici. Beaucoup de gens sont montés encore plus au nord et prévoit de redescendre vers le sud. En fin de soirée, le patron nous offre une tournée : on a été de bons clients et il nous prie de revenir quand on veut !! On lui dit que Belden sera le point final de notre trail et donc, évidemment qu’on reviendra !!

Et puis c’est la valse des ziplocs pour préparer les food bags et on va enfin se coucher avec la ferme intention de partir dès 7h le lendemain. Il est temps de retourner sur le trail…

PCT Day 61 : Chores Day

de South Lake Tahoe à Belden (mile 1284)

La nuit a été glaciale, j’ai à peine dormi. C’est d’autant plus surprenant que je suis la seule à avoir souffert du froid et que je n’avais pas été gênée lorsqu’on campait sur la neige. Je suis donc la première levée et je rallume le feu de la veille pour me réchauffer. Les autres se réveillent doucement les uns après les autres. On a plein de choses à faire aujourd’hui mais pour l’instant, la priorité, c’est de se trouver un gargantuesque petit déjeuner. On s’entasse donc dans la voiture pour faire… à peine 500 mètres jusqu’à un café par les fenêtres duquel on aperçoit le lac avec ses différents tons de bleu entouré des montagnes couvertes de neige. Rien à dire : la neige c’est une vraie pain in the ass pour marcher mais c’est vraiment joli à regarder…

Une fois l’estomac plein, on commence nos allers-retours en ville. D’abord la poste pour récupérer des boîtes et préparer nos colis puis un, deux et même trois supermarchés différents pour acheter tout ce qu’on veut envoyer en avant et puis un, deux et même trois boutiques différentes pour trouver des sacs étanches, des gas canisters, des sardines pour les tentes… La tension commence à remonter car tout le monde est fatigué par tous ces stops en ville et une fois qu’on est repassé par la poste et que tout le monde a expédié ses colis, on décide d’aller décompresser au casino une petite heure avant de prendre la route. Spider va gagner presque 60USD à la roulette et Urs presque 50. Il est temps de repartir avant de tout reperdre.

On s’entasse donc à nouveau dans la voiture et c’est parti pour 3 heures de route direction Belden. Après une pause au McDo pour remplir les estomacs, on arrive à la nuit tombée et on découvre donc Belden à la lumière des phares. Belden, c’est 5 bâtiments : un resto-bar avec des chambres à l’étage, 4 cabins à louer et un terrain sur lequel les hikers peuvent camper. On s’était dit que ce soir, chacun pouvait dormir où bon lui semblait en fonction de son budget et… on se retrouve encore une fois à s’entasser dans une des cabins. Comme quoi, comme dans les vraies familles, on se déteste mais on n’est vraiment bien que quand on est tous ensemble…

Il y avait quelques section hikers présents dans le bar quand on est arrivés et ils semblaient effrayer par la neige au nord de Belden alors que toutes les infos qu’on a eu ces derniers jours semblent dire que justement, c’est à partir de Belden que ça va mieux. Ils sont très impressionnés de rencontrer des thru-hikers (titre que certains diront qu’on a déjà perdu soit parce qu’on a skippé quelques miles dans le désert, soit parce qu’on a skippé la Sierra). Nous, ça nous fait un peu rigoler : on se trouve pas très impressionnants (et surtout, on se fout bien de s’appeler des thru-hikers ou pas…). En attendant, ils sont partis se coucher et on profite d’être seuls dans le bar pour faire quelques parties de billard, jouer avec le juke-box, danser et boire encore quelques verres.

Demain, il faut aller rendre la voiture à presque 50 miles de là et c’est Spider et Urs qui s’y collent. On les attendra pour reprendre le trail. Enfin…

PCT Day 60 : Road trip

de Bishop à South Lake Tahoe

Ce matin, alors que bizarrement j’ai un mal de tête persistant (ça ne peut pas être dû aux 3 bouteilles de vin d’hier soir… non, non…) je vais chez le loueur de voitures dès l’ouverture. 

Or il se trouve qu’on n’est pas tout à fait les seuls à avoir l’idée de louer une voiture et monter en Northern California. Et le loueur, et bah… il n’a plus de voitures… Tout notre plan tombe à l’eau ! Le monsieur voit bien que je suis embêtée alors il me dit de repasser un peu plus tard au cas où on certaines réservations seraient annulées.

Je retourne à l’hostel rapporter la mauvaise nouvelle. On se concerte et on décide que si on n’arrive pas à avoir de voitures, on fera du stop. Ce sera pas facile mais après tout, on n’est pas non plus hyper pressés et si on doit mettre 2 jours, bah… inch’allah ! Du coup, en attendant, on se recouche. Y a pas que moi qui ait mal à la tête apparemment…

Vers 11h, il faut qu’on libère la chambre alors on fait nos sacs et on descend dans le jardin. Spider, Urs et moi retournons chez le loueur de voitures et ô miracle ! On réussit à prendre un énorme pick-up qui dans la théorie a 6 sièges mais on a largement la place de s’entasser tous les 7 dedans avec les sacs à l’arrière. Du coup, maintenant qu’on a trouvé notre moyen de locomotion, on stresse beaucoup moins et on se dit qu’on ira passé la nuit à South Lake Tahoe qui n’est qu’à 3 heures de route. C’est là qu’on fera notre resupply et de là qu’on expédiera nos box pour la suite. On a aussi quelques achats à faire côté équipements et South Lake Tahoe offre bien plus d’options que Bishop. Du coup, comme on a le temps, Urs offre un ride jusqu’à Independance à Nate et Lisa, un couple de hikers qu’on avait rencontré dans le désert et qui eux, ont décidé de retourner dans la Sierra via Kearsarge Pass. More power to them mais on les envie pas une seconde… Finalement, c’est pas juste Nate et Lisa qui repartent avec Urs mais toute une flopée de hikers qui profitent du pick-up, plein à ras bord.

Quand Urs revient, c’est notre tour de charger nos sacs et puis de quitter Bishop. On sait qu’on reviendra puisqu’on a bien l’intention de revenir dans la Sierra mais quand…?

La route est longue et pas super confortable entassés à 4 sur la banquette arrière du pick-up. On arrive à South Lake Tahoe alors que le soleil se couche. On avait repéré un camping pas trop loin du centre-ville mais qui se révèle être super cher : plus de 40USD pour un emplacement ! Evidemment, comparé à une nuit dans un motel c’est pas grand-chose mais dans un motel, y a des matelas et il fait pas froid. 

Parce qu’il fait froid à South Lake Tahoe ! Du coup on fait un grand feu autour duquel on s’assoit sur nos bear canisters et on discute du programme du lendemain. Les bear canisters ne sont plus nécessaires en Northern California et il est pas question qu’on les garde. Or il faudra qu’on les récupère lors de notre retour dans la Sierra. La discussion sur où envoyer les bear cans est interminable. Vers 23h, on finit par éteindre le feu et se réfugier dans nos tentes. Ça faisait un moment qu’on n’avait plus camper !

PCT Day 58&59 : Double zéro à Bishop

Ce matin on fait la grasse mat’ jusqu’à 9h et on traîne dans notre suite immense jusqu’à ce qu’on décide d’aller passer la nuit suivante à l’hostel. On n’a pas tous les mêmes contraintes de budget et comme on a l’intention de passer encore 1 ou 2 nuits dans le coin, on essaye de faire attention à nos dépenses…

Et puis notre idée, c’est de louer une voiture pour skippé la Sierra ett monter plus au nord mais le loueur de voitures est fermé pour le week-end alors on se retrouve coincés à Bishop jusqu’à lundi. A l’hostel, on négocie une chambre privée pour 6 avec 2 lits doubles et 1 lit simple dans un dortoir. C’est Urs qui se retrouve dans le dortoir et le reste de la troupe s’entasse dans la petite chambre qu’on réaménage aussitôt pour coller les 2 lits. On dormira donc à 5 sur les lits et 1 par terre. A la guerre comme à la guerre.

Il est temps de se mettre à la logistique habituelle des zéros : lessive, petites réparations du matériel, courses au supermarché du coin pour faire le plein de snacks et de boissons fraîches alcoolisées ou pas d’ailleurs… On n’a toujours pas décidé ce qu’on allait vraiment faire ensuite mais on est crevés, la motivation n’est pas vraiment au rendez-vous après cette petite semaine difficile et on a décidé qu’on méritait bien un deuxième zéro. 

Et puis quelques tensions commencent à se faire sentir dans le groupe. Il faut dire qu’on est tous restés ensemble depuis le début et qu’on n’a pas des « petites » personnalités. Ça relève d’ailleurs plutôt du miracle que personne ne se soit tapé dessus depuis presque 2 mois. Mais là, la fatigue et le fait de devoir prendre des décisions un peu drastiques concernant la suite de l’aventure quand personne ne sait vraiment ce qui nous attend, bah… ça n’aide pas.

Au beau milieu de tout ça, je décide d’aller me faire tatouer. Ça faisait un bon moment que j’en avais envie et là, y a un tattoo parlor sur le trottoir d’en face. Ni une, ni deux, accompagnée de Lucie, Emily et Eike, je rentre dans le salon et j’en ressors 20 minutes plus tard avec une petite fleur à l’intérieur de mon poignet. Même pas mal !

Le soir, Spider, Urs, Josh et une fille que Josh a rencontré un peu plus tôt prenons les vélos prêtés par l’hostel et pédalons jusqu’à un resto bien en dehors de la ville qui fait soi-disant les meilleurs burgers du coin. Et effectivement, on n’est pas déçus. Et y a même pas besoin de pédaler avec nos estomacs pleins pour revenir car la route redescend jusqu’à la ville… Les filles sont restées à l’hostel car elles ont préféré se faire à dîner (pour une fois qu’on a une cuisine !!) mais elles n’ont toujours pas mangé alors on ressort boire un premier verre dans un petit bar bien sombre avant d’aller voir Wonder Woman au ciné en se noyant dans un grand seau de popcorn. Puis quand le film est terminé, Spider, Josh et moi retournons boire quelques verres avant de rentrer discrètement nous coucher dans le grand lit familial. La clim souffle fort dans la chambre mais coincée entre les 2 garçons, je risque pas d’avoir froid…
Le lendemain matin, on se prépare un super petit déj dans la cuisine de l’hostel : oeufs brouillés, bacon, fruits, toasts… la totale ! Puis on traîne, on discute avec d’autres hikers, on compare nos stratégies d’évitement de la neige (« Et vous ? Vous allez où après ? ») et en début d’après-midi, alors qu’on a la cervelle pleine d’informations et de contre-informations et qu’on n’en peut plus de discuter et remettre en question nos plans toutes les 5 minutes, on va à la brasserie déguster quelques spécialités locales. Eike décide elle aussi d’aller se faire tatouer et je l’accompagne. Aussitôt entrées, aussitôt sorties, ça ne prend pas plus de 10 minutes ! Et puis Urs et Spider vont faire des courses car ce soir, ce sont eux qui préparent le dîner. La contre partie c’est que c’est le reste de la bande qui est censé faire la vaisselle. Ils passent 2 heures en cuisine et nous préparent un festin mais la cuisine est ruinée et ils ont utilisé tous les ustensiles possibles et imaginables… l’évier déborde !! Heureusement, à 6, on s’en sort rapidement et on s’installe ensuite autour de la grande table où on joue aux cartes un moment avant de tomber de fatigue et d’aller se coucher. Ce soir encore je me retrouve sandwichée entre les hanches pointues de Josh et Spider. Au moins, j’ai toujours un morceau de la couverture…

Demain, on quitte Bishop. On a finalement décidé de monter jusqu’à Belden, en Northern California. Il semblerait qu’entre Belden et l’Oregon, la neige ne soit pas trop présente. On va donc aller tenter notre chance. Reste plus qu’à trouver une voiture…